Les salariés sont-ils drogués?
Ad Blocker Detecté
Ce site web est rendu possible grâce à la publicité. Veuillez considérer de désactiver votre « adblocker » afin de nous encourager à maintenir ce site gratuit.
Refresh
J’ai écrit, il y a plusieurs années de cela, un roman absurde, une critique de notre société capitaliste moderne intitulé « Attention : rien ne va plus ». Ce roman prend la poussière et un jour ou l’autre, que crois que je devrais le faire revivre de ses cendres, car je crois qu’il n’a jamais été aussi d’actualité qu’en ces temps confus où nos habitudes de surconsommation nous mettent face à nous-même et face à un mur aussi.
L’histoire de ce roman débute par un attentat terroriste sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Un ennemi de l’état a littéralement volé toutes les réserves de café. Et sans café, le système est malade car le travailleur est malade et si le travailleur est malade, alors c’est toute notre civilisation qui est en péril! Ce fut donc un attentat sans précédent contre nos valeurs occidentales modernes!
Du workoholic en passant par le caféinomane, bien des gens dans notre société deviennent institutionnalisés et leur survie dépend du travail ou du café.
Sans le travail, ils ressentent un vide immense, leur personnalité se morcelle et l’anxiété s’empare
de leur vie rendue « inutile ».
Sans café, boisson énergisante ou même drogues plus fortes, bien des travaileurs, incluant les médecins, ne seraient pas à même de suivre le rythme infernal que leur impose notre société.
Dans notre société, celui qui ne travaille pas à temps plein est d’ailleurs souvent vu comme un cancre… et ça va loin. Pour être « cool », il faut courrir! Et on aime tellement courrir que tout le monde s’est mis à faire des demi-marathon (wtf??).
Pour être vu comme quelqu’un qui a « réussi », il faut être exténué, café à la main, à se promener dans les couloirs du bureau en marchant vite avec une liasse de papiers… Il ne faut surtout pas prendre toutes ses vacances… et il faut rester plus tard au bureau sans demander à être payé pour les heures d’extra! Diantre, il faut même se vanter de faire des heures impayées! C’est tellement avoir à coeur le succès de la corporation!
Une femme à la maison qui élève ses enfants (ou pire, un homme à la maison) est dénigrée dans son rôle. On la pousse à envoyer les enfants à la garderie, à confier leur éducation aux autres et à aller pousser une souris en plastoche, tapocher des petites lettres en plastique pour écrire des mots souvent inutiles (rédiger de la bullshit corporative), assister à des réunions et faire des photocopies. Tout ça contre un salaire qui est souvent à peine suffisant pour maintenir le modèle en place.
Pourtant, élever ses enfants, en faire de bons citoyens, c’est bâtir la société de demain… Suis-je le seul à penser ça? A-t-on réellement envie de voir une société
d’enfants-drogués
en manque de présence parentale contrôler notre monde de demain? Ça va être le fun pour nous dans les centres d’accueil!!
D’ailleurs dans ce roman j’avais rendu les vieux « utiles ». Ils travaillaient pour l’état afin de financer leur place en centre et ne pas être des poids morts pour la sociéte. Entre autres, les vieux fabriquaient de la bouffe pré-mastiquée (MastiBouffe) pour le travailleur pressé de demain! Tant qu’à gagner du temps, aussi bien laisser quelqu’un mastiquer à sa place. Quelle activité improductive après tout! Mais, c’est un travail difficile quand on n’a plus de dents…
Je sais que mes propos sont durs, mais je n’aime pas me voiler la face devant la réalité. Et la réalité c’est que nos enfants Québécois ont avalé… tenez-vous bien… 41… fuckin’ millions de comprimés de méthylphénidate en 2013 et ça fait de l’intérêt composé à la planche!!!
Alors en plus de les endoctriner au 9 @ 5 dès l’âge de 3 mois à 1 an, on va en plus leur apprendre à se droguer pour se conformer au rythme de la société moderne.
Notons qu’il y a un peu moins d’
1 million d’enfants
âgés de 6 à 17 ans au Québec. Ça fait 42 ‘tites pilules magique par enfant par année… et ça c’est en 2013 uniquement. Évidemment, ce ne sont pas tous les enfants qui en gobent alors… certains en gobent plus que d’autres.
Moi ça… ça me met hors de moi! Ou en tabarn… comme on dit en bon Quoiquoi! On est vraiment un peuple imbécile et irresponsable. 38% des ventes de cette petite pilule au Canada se fait au Québec. Bizarre car aux dernières nouvelles on ne fait pas 40% de la population Canadienne. On est des foutus égocentriques irresponsables pas foutus de s’occuper de nos aînés, pas plus que nous ne nous occupons de nos enfants.
En plus on se plaint de ne plus arriver au niveau du budget de la santé. C’est simple mr le Ministre… coupe la drogue pour enfant de ce qui est couvert sans l’avis d’un psychiatre, tu vas déjà gagner une couple de millions?!
La réponse magique au Québec c’est :
« c’est la faute du gouvernement! »
Je viens juste de faire pareil pour illustrer notre réflexe. C’est toujours la faute du ministre de ci pis du maire de ça pis du parti ci ou ça.
Ben j’ai des petites nouvelles pour toi mon chum tatoué pis percé à 90% de ton corps parce que t’aime ça immortaliser des ‘tits dessins sur ta shape de mr muscle… (je généralise, je le sais, mais j’adore ça), le gouvernement c’est toi, moi, le voisin, tous ceux qui paient des impôts et ceux qui votent. Ah c’est vrai, toi tu ne paies pas ça des impôts… bon, je pousse ça loin je sais.
N’empêche, maudine qu’on a de belles valeurs au Québec. La famille! Au centre de nos préoccupations! On a même créé un Ministère de la famille pour qu’il gère 3 milliards de dollars de garderies qui aident « les jeunes mères à intégrer le marché du travail » sans se demander si c’est une fausse bonne idée.
Oui, c’est vrai que nos familles sont vraiment au centre de nos préoccupations. On cherche en effet toujours mille et un moyens de ne pas s’occuper de nos personnes « à charge » (quelle expression terrible). Ça prend vraiment beaucoup d’énergie pour trouver des stratagèmes d’évitement… c’est pour ça que c’est au centre de nos préoccupations.
Tu sais, quand t’aime mieux écrire des petits emails à 90% inutiles pis boire des cafés en zizaguants dans les couloirs, faire la même chose qu’hier, avant-hier et demain que de t’occuper de ceux qui t’ont mis au monde ou de ceux que tu as mis au monde, peut-être serait-il temps de te poser des questions sur toi-même, ton égocentrisme et tes valeurs.
Quoiqu’il en soit, la plupart des travailleurs sont drogués. Faut l’être pour vouloir répéter de façon incessante les mêmes actions dans le but d’obtenir une vie meilleure alors que clairement ça ne fonctionne pas. Mais nous, travailleurs, nous consommons essentiellement des drogues douces.
Nous sommes drogués à la caféiné, drogués du travail, drogués à l’adrénaline de la course du rat, drogués de notre faculté à rationaliser la stupidité et l’ineptie pour en faire des vérités de la palice.
À quoi se droguerons tous ces enfants déjà habitués de se droguer?
Il faut se poser la question.
Dans mon roman, j’avais même inventé un appareil vraiment cool qui s’appelle Cerv-off. C’est une sorte de casque qui permet de mettre son cerveau en mode attente, ce qui est fort pratique devant ce genre de dilemme ou encore pour les fatiguants comme moi qui remettent toujours tout en question. Et, comme il est dispendieux, on peut le financer en autorisant le dispositif à prendre le contrôle de notre corps à des moments favorables afin de nous transformer en annonceur publicitaire de rue. Littéralement, on pourrait se mettre à giguer au centre d’achat ou au centre-ville en fredonnant un refrain publicitaire! Et, ça vient même avec une déduction d’impôt car les employeurs savent bien qu’un travailleur qui ne se sert pas trop de son cerveau est davantage docile et productif!
Et vous? Êtes-vous drogués? Faites le test, allez passer du temps avec vous-même dans un chalet loin de la civilisation. N’apportez ni téléphone, ni internet, ni télévision. Prenez le temps d’être seul avec vous-même pour une fois dans votre vie….
Combien tiendrons le coup? L’anxiété, les hormones et neurotrasmetteurs vont vous faire capoter… J’en mets ma main au feu! Vous êtes institutionnalisé et c’est pire que de la drogue dure.
Évidemment, personne ne le fera. Quand on a 15 jours de permission par an, comme un détenu en liberté conditionnelle, on le goût d’aller faire la fête. Non?! Aller se saouler entre chumies en se faisant dorer les abdos, c’est pas mal plus l’fun que d’aller niaiser tout seul au sommet d’une montagne pour réfléchir au sens de sa vie.
Reste qu’un jour ou l’autre nous serons tous face à nous même devant l’inéluctable mort. Est-ce que d’avoir poussé des crayons ou empilé des boîtes toute notre vie 5 jours sur 7 aura de l’importance à nos yeux?
Je ne sais pas… en fait moi je connais ma réponse : Non!
Quoiqu’il en soit, le cerveau fonctionne un peu comme un muscle. Et l’une de ses plus grandes forces, c’est la capacité d’imaginer, de créer de l’abstrait et de trouver le moyen de le transformer en concret.
Mais, comme tous les muscles de notre corps, si on ne le sollicite pas, il s’affale, devient gras et paresseux…
La personne qui ne cultive pas son imagination est contrainte de vivre dans le statu quo.
C’est d’ailleurs Boris Vian qui disait :
Les gens sans imagination ont besoin que les autres vivent une vie régulière.
Or, les gens sans imagination et qui vivent une vie régulière m’effraient. Car, puisqu’ils vivent une vie régulière, ils se retrouvent avec peu d’opportunités de cultiver leur imaginaire.
Je trouve personnellement que cette voie est dangereuse. Car les gens qui vivent des vies régulières sont généralement des gens résignés. Et les gens résignés acceptent l’esclavage parce que … c’est la vie! Ils acceptent, l’impérialisme parce que… c’est comme ça! Et ils acceptent l’oppression parce que l’oppression, c’est « normal ».
Si le monde était composé uniquement de gens qui vivaient des vie régulières et de gens sans imagination, la femme n’aurait pas le droit de vote, la démocratie n’existerait pas, les noirs seraient toujours enchaînés, peu de ce qui existe aujourd’hui : télé, outils, voiture etc… existerait et les enfants du Québec « poperaient » 41 millions de comprimés de drogue par année… oups?! Est-ce le monde réel?
Heureusement, plusieurs humains sont imaginatifs!
Pour moi, la résignation est le premier pas vers l’immobilisme, le statu quo, l’oppression et la mort intérieure.
Alors, de grâce, soyons imaginatifs!
Notre société se drogue de ses propres illusions. Les gens rationalisent pour accepter leur mode vie ridicule.
Tant mieux pour eux, mais pour moi, ça ne fonctionne plus.
Je ne vois pas l’intérêt de vivre ma vie inféfiniement comme si c’était une course et je ne vois pas l’intérêt de vivre une vie de mensonges (rationalisations) qui nécessite que je me drogue pour la supporter. Je ne vois pas l’intérêt non plus de droguer les adultes de demain parce qu’ils sont un peu trop énervés par manque d’encadrement parental et par l’absence d’un nid familial stable dans lequel ce sont toujours les même deux oiseaux qui y nichent.
Voilà pourquoi je veux sortir de ce cycle infernal au plus sacrant, quitter la rat race et enfin vivre la vie paisible d’un oiseau, d’un chat ou même d’un écureuil qui au fond, sont bien plus libres que moi!
Je pense que je bois trop de café… ça me rend acariâtre.
Avertissement :
Ce texte peut venir choquer car je prends beaucoup de raccourcis. Je le sais. Je ne critique pas les gens dans leur individualité. Je critique la société dans son ensemble.
Chaque histoire personnelle mérite qu’on s’y attarde et je ne juge pas les histoires personnelles. Qui suis-je pour le faire de toute façon. Mais je questionne ouvertement des tendances lourdes que je remarque à tort ou à raison.
Demandez à n’importe quelle personne âgée de plus de 70 ans ce qu’elle pense de nos noyaux familiaux et de comment on élève nos enfants et elle vous fera probablement des commentaires similaires sur notre monde d’aujourd’hui… sur nos enfants qui prennent des anti-dépresseurs et vivent dans leurs valises… parce que papa-maman ne sont plus ensemble. Peut-être aussi qu’elle trouvera ça ben correct… chaque personne est unique.
Je ne dis pas que ce n’est pas justifié dans certains cas ou même dans plusieurs. Et je ne dis pas qu’endurer un ou une conjointe nocive juste pour les enfants est une bonne idée non plus… ça ne l’est probablement pas.
Je ne veux qu’ouvrir la conversation.
Je manque parfois de réflexion empathique dans mes propos sur le vif. Mais je suis une personne empathique. La souffrance me touche et vient me chercher plus que la moyenne je crois. Ma réaction, mon exhutoire, c’est l’écriture pour le meilleur et le pire.
Il ne s’agit pas d’être d’accord ou non avec moi, il s’agit de lancer la réflexion. La colère, la révolte, nait d’un sentiment intérieur propre à soi. Il ne faut pas l’oublier. Je suis l’allumette mais le bois qui brûle est en chacun de nous.
J’ai ajouté cet avertissement suite à un commentaire que j’ai reçu. Il a raison, je généralise beaucoup.
Je suis 100% conscient que rien n’est noir ou blanc dans la vie. Tout est en zone grise. Tout est multi-factoriel. Rien ou presque n’est linéaire. La garderie en bas âge n’entraîne pas nécessairement une mauvaise éducation et un manque d’attachement parental.
Le fait de se séparer ne garantit pas que l’enfant aura besoin de pilules et souffrira d’anxiété.
Face à un traumastime différentes personnes auront différentes réactions.
Je ne dis pas non plus qu’on n’aime pas son enfant parce qu’on l’envoit se faire garder, qu’on laisse les gens influents nous influencer à lui donner des pilules avec ou sans motif valable. Je ne dis pas qu’on ne les aime pas parce qu’on leur donne du lait en poudre ou qu’on fait le 5-10-15…
Tout part de l’éducation qu’on a et de la capacité de réflexion et d’introspection personnelle à chaque individu, de ses valeurs, de ce qu’il juge comme étant bien ou mal.
Seulement, parfois, en voulant faire du bien, il arrive qu’on fasse du mal.
Je pourrais passer des pages entières à mitiger mes propos, à les personnaliser, à les épurer… je vais m’arrêter ici.