bilans des dernières années, au niveau de mes dépenses, il en ressort que mon
train de vie a toujours oscillé autour de 15 000$ à 17 000$ annuellement.
Dans ce budget, il y a
une partie de ces dépenses qui sont associées à des cadeaux que je fais à des
proches.
Par exemple, l’an
passé, j’ai acheté un ordinateur à mes petits cousins (700$) et cette année,
j’ai payé 4 pneus d’hiver neufs à ma copine (300$). De plus, à chaque année, je paie la moitié du
déneigeur de ma grand-mère (200$).
Effectivement, ce ne
sont pas de gros montants dans l’absolu, mais, bon an mal an, ça représente
quand même de 3 à 5% de mon budget total.
Ce que je veux mettre
en évidence ici, c’est que je n’ai pas un gros budget, mais que je suis quand
même capable de faire preuve d’une certaine générosité, aussi modeste soit-elle.
Mais bon, là n’est pas
le coeur de mon propos.
Pour 2019, par exemple, dans une ville comme
Trois-Rivières
, le seuil de pauvreté (ou de
revenu viable
) est de 23 500$ pour une personne seule, 34 200$ pour une personne monoparentale avec un enfant et de 55 000$ pour un couple avec 2 enfants.
Si je consulte les courbes de Laferrière, en tenant compte des TEMI et des mesures socio-fiscales, au NET,
la personne seule
disposera de 21 000$, la
personne monoparentale avec un enfant
(- de 6 ans) de 40 000$ et notre
couple avec 2 enfants
(2 revenus 60/40%, 1 enfants de moins de 6 ans) de 58 500$.
Voici donc le budget hebdomadaire de ces 3 cas de
figure:
1) Personne seule: 402$
2) Monoparental, 1 enfant: 769$ (384$ / personne)
3) Famille de 2 adultes et 2 enfants: 1 125$ (281$ /
personne)
On constate ici que plus de membres contient le
ménage et moindre sera le montant net par personne. Cela pourrait s’expliquer en partie par le
fait que dans le cas d’un couple versus une personne seule, il y a beaucoup de
dépenses fixes qui peuvent être séparées en deux (internet, télé, chauffage,
etc), donc au final il y a des économies.
Dans mon cas, mon budget hebdomadaire moyen est de
327$.
C’est donc dire que, techniquement, je dépense 75$
(ou 20%) de moins par semaine qu’une personne de ma région vivant sous le seuil
de revenu viable.
Me concernant, le fait de vivre » pauvrement » ne m’affecte pas négativement. Au contraire, si je veux maintenir un petit budget, je dois toujours être un peu plus astucieux ou débrouillard que de céder à l’idée la plus facile et la plus dispendieuse. Ça m’oblige donc à réfléchir à diverses options avant d’effectuer une dépense définitive.
Parfois, je ne vois pas la solution, alors je demande à quelques proches et habituellement il y en a un (souvent mon père) qui me sort une bonne idée pas trop dispendieuse! C’est définitivement une plus-value de mon réseau de contacts.
Ce que je veux dire ici, c’est que je trouve que je vis confortablement avec un budget de 15 000$ à 17 000$/an. En fait, les choses de la vie qui me procurent du plaisir ne sont pas dispendieuses.
J’aime beaucoup la marche, le vélo, regarder des
films, écouter la radio ou des balados, cuisiner, passer du temps avec mes
animaux de compagnie, écrire, voir des gens que j’aime, me promener dans la
nature, m’occuper de mon jardin et pêcher.
En somme, je n’ai pas vraiment de passe-temps
dispendieux. Je pourrais dépenser
beaucoup plus, mais je ne le fais pas.
En fait, comme
Blogueur Masqué
et moi on en a déjà discuté, tu veux faire du camping… Ok, ben tu peux t’acheter le V.R. neuf à 250 000$ ou bien une roulotte récente à 20 000$ ou bien une vieille roulotte à 2000$ ou bien t’acheter
une tente
à 100$ ou bien dormir à la belle étoile pour 0$.
L’activité, en tant que tel, qu’est le camping n’est pas dispendieux. C’est plutôt l’équipement que tu achètes pour camper qui peut l’être.
Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis convaincu que le gars qui possède le VR à 250 000$ n’est pas 2500 fois plus heureux que celui qui possède la tente à 100$.
Parce que dans le fond, l’expérience du camping
réside beaucoup plus en l’emplacement, les activités que tu vas faire et les
gens que tu vas côtoyer que seulement l’endroit dans lequel tu dors temporairement.
Au final, dans tout, il y moyen de dépenser ou de ne pas dépenser. C’est un choix. En mon sens, le niveau de plaisir ou de satisfaction est loin de corréler directement avec l’ampleur de la dépense.
Passé un certain point, le luxe coûte cher et
n’apporte pas plus de bonheur.
Par contre, pour en revenir à mon propos initial, je
sais qu’il y a des gens pour qui, disposer du revenu minimum viable, ce n’est
pas la joie pour eux.
Je peux même vous donner un exemple personnel. Pas plus tard que cette semaine, probablement influencée par les mauvaises hormones féminines mensuelles (j’ai tu besoin de préciser davantage?), ma copine a eu un petit moment de découragement dont elle m’a fait part (j’avais pas le choix de l’écouter j’pense).
En travaillant comme caissière, elle gagne environ 27 000$ brut et au net on parle plutôt de 22 000$. Puisqu’elle mange plus souvent que moi de la bouffe du restaurant, qu’elle va souvent faire des achats impulsifs chez Metro et qu’elle fait quand même beaucoup de déplacements avec sa voiture, elle trouve qu’il ne lui reste pratiquement rien sur sa paie une fois qu’elle a payé toutes ses factures (cellulaire, prêt auto, assurances auto, vêtements, alouette…).
Ma compagne n’est pas très dépensière, mais elle n’est pas ménagée non plus, alors elle a clairement un comportement de consommatrice plus typique et représentative d’une personne moyenne que moi.
Et je peux absolument comprendre que, pour bien des
gens qui vont travailler et gagner entre 20 000$ et 30 000$ par an, ils ont
l’impression de travailler pour survivre et non pas pour vivre.
Ma copine me disait justement qu’elle était tannée de passer son temps à juste essayer de se sortir la tête de l’eau pis qu’elle ne trouve pas ça normal de jamais avoir de petit coussin financier (outre le 100$/mois qu’elle cotise à son REER).
Beaucoup de ces gens se sentent coincés, alors
qu’ils donnent quand même beaucoup de leurs temps pour relativement peu
d’argent en retour.
En tant que tel, ce n’est pas un très bon »
deal
» pour l’employé de valoriser son temps si peu chèrement.
Alors, pourquoi ces personnes font-ils cela me direz-vous?
Parfois, ces personnes aiment malgré tout leur emploi et/ou leurs collègues de travail, parfois ils ont peur de quitter vers l’inconnu, parfois ils ont peur de perdre leurs acquis (aussi minimes soient-ils), parfois ils n’ont pas d’autre éducation que leur diplôme de secondaire 5, parfois ils manquent de motivation ou n’ont pas pleinement conscience de leur plein potentiel.
La liste peut être longue!
Bref, il existe plusieurs raisons (rationnelles ou pas) qui peuvent expliquer que des travailleurs vont se ramasser dans des petits boulots non spécialisés et peu rémunérés et vont avoir l’impression de tirer le diable par la queue.
C’est plate à dire mais pour ces gens-là, souvent, leur seul espoir d’aspirer à une retraite avant l’âge de 65-67 ans c’est de remporter le
gros lot
à la loterie.
Évidement, pour ma copine, j’ai 2-3 idées en tête pour l’aider, après avoir atteint ma propre indépendance financière, mais on traversera bien le pont lorsque nous y serons rendu!
De votre bord, comment voyez-vous ça?