Qu’est-ce que ça veut dire « être à la retraite » pour moi?
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S’il y a une chose qui fait lever les yeux des gens en l’air c’est lorsque je dis que je veux prendre ma retraite jeune. Bizarre quand même parce que ce sont exactement ces même personnes qui passent la moitié de leurs heures éveillées à idôlatrer des jeunes (et moins jeunes) retraités du monde du travail tel qu’on le vit presque tous.
Je parle ici bien sûr d’à peu près toutes nos vedettes millionnaires qui peuvent se permettre d’aller s’effouarer sur un divan avec un verre de vin à la main pour aller raconter leurs anecdotes de vie à « matante bla bla bla » dans un talk show quelconque devant quelque millions d’auditeurs qui les écoutent béats en mangeant leur steak-blé d’inde-patate. Ne nous y trompons pas, presque tous ces « artistes »et joueurs de sports professionnels sont des retraités au sens où je l’entends. Car ils peuvent se permettre le luxe de vivre de leur passion ou même de cesser d’avoir à générer des revenus activement comme bon leur semble.
Clairement, les gens qui me côtoient ne m’assimilent pas à ces vedettes… et pour cause! Je n’en suis pas une, je n’aspire pas à en devenir une et j’espère même ne jamais en devenir une (ça devrait être assez facile de rencontrer cet objectif!).
Je ne sais pas ce que les gens ont comme image dans les yeux quand je prononce le mot « retraite » mais clairement, ils n’ont pas les même images que moi.
Ma retraite n’est pas faite de yacht de 50 pieds, de manoir avec des comptoirs en quartz, de villa au bord du pacifique avec une floppée de serviteurs, de parties de golf à 90$ par jour sur les plus beaux terrains du monde, de Tesla et de millions de dollars à flamber à tout vent lighter à la main juste pour le plaisir.
D’ailleurs, la très grande majorité des Québécois prendront une retraite avec beeeeeauuuuucccoupp moins qu’1 million de dollars! Quand on sait que la grande majorité des gens de 50 ans et plus n’ont même pas 100,000$ en banque et que les deux tiers n’ont pas non plus de fonds de pension….
La retraite que je m’imagine est au contraire faite de simplicité et de temps libre, de temps de qualité passé avec mes proches, de travail mais au sens plus traditionnel du terme (création, artisanat, agricole, entretien de ma propriété et de mon corps, peut-être aussi générer des sources de revenus passifs ou quelque fois actifs dans le but d’apprendre de nouvelles choses) etc…
Voyons voir comment le dictionnaire Larousse décrit le mot « retraite » :
Action de se retirer de la vie active, d’abandonner ses fonctions ; état de quelqu’un qui a cessé ses activités professionnelles :
Prendre sa retraite.
Bon… J’imagine que le problème se trouve exactement là. La définition du dictionnaire est fortement teintée par notre culture.
Qu’est-ce que la « vie active », « ses fonctions »…
Personnellement, je n’appelerais pas travailler dans un bureau avoir une « vie active »… ahahah On est tous en surpoids et comme je le dis parfois à des nouveaux qui me disent que la chaise commence à prendre la forme de leurs fesses :
Dis-toi que c’est la première étape, après ce sont tes fesses qui prendront la forme de la chaise! (Malheureusement vrai…)
Au contraire, je veux prendre ma retraite pour pouvoir avoir une vie active!
Mais, laissons de côté les mots car on peut jouer avec eux presqu’indéfiniement. Ce que je cherche personnellement c’est à m’approprier mon temps et donc d’avoir plus de temps libre.
Lorsqu’on veut épargner plus, il est fortement recommandé de mettre ses efforts là où ça paie le plus :
Logement
Transport
Nourriture
Et ne s’attaquer au reste que si ces trois postes de dépense sont optimisés.
Si une personne veut se libérer du temps libre, il est clair que de s’attaquer à ce qui en gobe le plus est aussi une excellente idée :
– travail/emploi à temps plein (gobe le plus clair de notre temps)
– dépenses qui créent une haute dépendance à des revenus élevés (logement, transport, nourriture) – ce qui nous force à garder un emploi très longtemps.
Voyez-vous, tout cela est interrelié.
Si vous avez « besoin » d’une maison à 450,000$ et d’une Mercedes neuve tous les 2 ans, alors vous aurez « besoin » de gagner 150,000$ par an et de garder cet emploi pendant 35 ans pour maintenir votre mode de vie.
Alors que celui qui a besoin d’un logement plus modeste et qui s’accomode de voyager à pied, en vélo ou transport en commun ou même en voiture usagée pourrait n’avoir besoin que d’un emploi à temps partiel dans une librairie…
Et si vous n’avez pas de temps et peu de compétences manuelles (ou même intellectuelles) en dehors de « votre champs de compétences » liées à votre emploi, il est probable que vous aurez fortement besoin des autres (lire ici les grandes corporations surtout) pour régler tous vos « problèmes ». Ceci en retour vous forcera à conserver un emploi pour toujours parce que dans la vie, il y a toujours des problèmes ou des imprévus. Apprendre à les gérer en devenant compétent est donc une sacrée bonne idée.
Car, d’un autre côté, si vos besoins en revenus sont limités et que vous avez beaucoup de temps pour développer vos compétences dans une foule de domaines, vous commencez alors de plus en plus à vous libérer de tous ces faux besoins créés par la société de consommation qui a fait de nous une masse d’incomptétents assez notablement ignorante en comparaison à nos pairs d’il y a un siècle à peine.
Aucun homme n’est une île et il est clair que nous avons besoin de la communauté pour prospérer. D’un autre côté, les gens en général monnayent leurs compétences en argent et
avec un emploi salarié, l’argent s’échange contre du temps et si on ne l’investit pas adéquatement, il a une date d’expiration à cause de l’inflation qui lui en fait constamment perdre sa valeur.
J’ai mis le précédent passage en italique car il est très important de comprendre que l’argent gagné aujourd’hui n’a pas la même valeur le mois d’après à cause de l’inflation. C’est un beau tour de magie car il est toujours écrit 20$ sur le bill de 20. On appelle ça la valeur nominale. Mais sa valeur intrinsèque n’est déjà plus 20$ après un mois, un an, dix ans… La valeur intrinsèque correspond au pouvoir d’achat du billet et elle diminue (de façon générale) à cause de l’inflation des prix à la consommation.
Alors que nos compétences, elles, n’expirent pas aussi rapidement. Je savais changer une toilette à 25 ans et aujourd’hui à 35 ans je sais encore changer une toilette.
Ma quête n’est donc pas celle de l’argent. Je ne cherche pas à devenir milliardaire. L’argent est un outil et on peut soit le maîtriser et le faire travailler pour soi ou alors devenir son esclave et travailler pour lui.
Mon objectif c’est d’acheter l’une des choses qui coûtent le plus cher au monde : mon temps!
Car rappelez-vous que le salarié échange son temps de vie contre de l’argent. Moi je veux utiliser mon temps de vie à d’autres fins.
Je veux l’utiliser pour passer du temps de qualité avec mes proches, voir mes enfants grandir et m’investir à fonds dans leur éducation car je crois qu’on est jamais aussi bien servi que par soi-même et
parce que je ne veux pas qu’ils finissent comme tout le monde.
Quant on y pense bien, les capitalistes ont fait de notre une commodité au même titre que l’or, le pétrole ou n’importe quel autre produit de base. Nous sommes une ressource renouvelable, interchangeable, une pièce très commune et peu dispendieuse d’un engrenage social destiné à créer de la richesse pour quelques-uns.
Or, on connaît les stocks approximatif d’or. On connaît aussi les stocks approximatif de temps / travail disponible (nous sommes entre 7 et 8 milliards d’humains dont X nombre sont aptes à travailler et ils disposent de X temps par jour, par mois et par an.
Cours d’économie 101, la balance entre l’offre et la demande détermine le prix. Le libre marché s’exerce donc avec comme balise le salaire minimum et ainsi nous sommes des milliards à offrir notre temps contre un salaire. Ça se fait donc relativement à bas prix. D’autant plus que les capitalistes aiment se garder une réserve de main d’oeuvre affâmée (chômeurs).
Or, du point de vue capitaliste, ils adorent cette commodité. Chaque jours, des millions d’humains naissent et la population s’accroît, leur assurant ainsi une main d’oeuvre renouvellée et donc un maintient des faibles salaires (on gagne en gros 10-15% de ce qu’on rapporte à l’entreprise et le capitaliste engrange le reste).
Mais, du côté du travailleur, la vue est bien différente. Notre temps n’est pas renouvelable. Le temps perdu ne peut être récupéré. On ne peut pas acheter du temps. Le temps coule et nous vieillissons, voilà tout.
Le pire c’est qu’on ne sait pas combien de temps il nous reste.
Donc, si on reprend le cours d’économie 101, on a tout de suite un problème très important pour déterminer la valeur de notre temps : on ne peut pas quantifier notre propre stock d’offre.
Je vais essayer d’être plus clair.
Si tu as 20 ans et que tu penses avoir toute la vie devant toi et qu’on t’offre 20$ de l’heure pour faire une tâche, que tu as besoin d’argent en plus, il est probable que tu seras satisfait.
Maintenant, si tu as 20 ans, que tu es atteint d’une leucémie en phase terminalr et qu’on t’a dit qu’il te reste au plus 2 semaines à vivre, échangeras-tu ton temps contre 20$ de l’heure?
Voyez-vous que notre négociation salariale (échange de notre temps contre un salaire) ne peut se faire qu’en fonction de perceptions très personnelles face au temps dont on croit disposer.
On ne connait pas la date de notre mort alors on ne peut pas donner de valeur à notre temps.
Comme le temps perdu ne peut être récupéré, comme on ne sait pas combien de temps il nous reste, je considère que le temps est ma plus grande richesse.
Ainsi, ma quête n’est pas celle d’accumuler et de stocker de l’argent pour le plaisir très passager de me déclarer riche, mais plutôt d’acheter tout le temps qu’il me reste à vivre et de pouvoir en disposer comme bon me semble.
C’est ça pour moi la richesse!
Avec tout ce temps libre je pourrai me dédier à mes passions.
Voilà ce que ça veut dire la retraite pour moi et les principales raisons pour lesquelles je veux me « retirer » le plus rapidement possible.
Je finirai avec une citation tirée du livre de Mark Fisher « La bible de l’homme riche » (difficile à trouver) :
Travailler… c’est pour les cons!