La liberté est un concept hautement débattu et fortement abstrait. Nombre d’hommes, femmes et enfants sont morts au nom de la liberté sans probablement réellement comprendre ce qu’est la liberté. On clame haut et fort notre droit à la liberté.
Même moi, j’aspire à la liberté… financière.
Ici, en démocratie occidentale moderne (oligarchie commerciale), on parle souvent de liberté d’expression, de liberté d’opinion, de liberté de presse, de liberté de religion, de liberté d’agir et d’être. Or, force est de constater que la liberté s’inscrit dans un continuum et qu’elle fait dans tous les cas face à la liberté des autres, mais aussi au déterminisme social.
Je n’ai pas choisi de naître au Québec, de parler français, de m’appeler Alain, de naître à la fin du 20e siècle. Je n’ai pas choisi de vivre dans une démocratie occidentale doublée d’un régime capitaliste sauvage. Je n’ai pas choisi de vivre dans un monde pollué, endetté où l’exploitation des faibles par les forts prend chaque jour de plus en plus d’ampleur.
Nous naissons dans un monde construit et cela détermine en grande partie nos actions, nos réactions et nos options.
La liberté d’opinion prend fin lorsque l’opinion est contraire à la norme et touche un sujet sensible. La liberté de presse prend fin lorsque la police décide de mettre des journalistes sur écoute pour identifier leurs sources ou lorsque le patron dicte la ligne éditoriale. La liberté d’expression prend fin lorsque le terroriste nous pousse à dire « je suis Charlie » ou que la foule s’acharne sur notre commentaire comme des chacals. La liberté de religion prend fin lorsqu’elle sort de chez soi et s’expose au yeux du public contrit. La liberté de se déplacer prend fin aux limites du pays. Et la liberté d’être soi-même à 100% s’arrête lorsque le patron décide d’imposer des valeurs, des façons d’être et d’autres formes de bullshit corporatives invasives.
Alors qu’est-ce que la liberté? Vous croyez réellement que j’ai la réponse?
Descartes, Spinoza, Kant, Schopenhauer, Bergsen, Sartre… tous ont tenté de résoudre ce concept, de le mettre en boîte une fois pour toute, mais malheureusement, et c’est peut-être de là que la liberté tire tout son attrait, c’est impossible.
Reste que celui qui se rapproche le plus de ma vision de la liberté, c’est Descartes.
on est d’autant plus libre que l’on est déterminé par des motifs valables et qu’est-il de plus motivant que d’être en accord avec soi-même ? : là est la véritable liberté humaine. Une liberté qui nous autoriserait à nous porter vers une chose ou une autre indifféremment
Nous ne serons jamais 100% libre. Notre éducation, notre conditionnement social et scolaire, la pression sociale, le monde construit par nos ancêtres etc… sont tous des facteurs déterminants qui influencent nos perceptions, notre vie, qui teintent nos choix et nos réactions.
Que rechercher alors? Eh bien, comme Descartes le suggère, je crois que le plus important c’est la liberté d’être en accord avec soi-même. Et ensuite, de pouvoir choisir d’agir en fonction de cela. Car c’est ce qui amène du bonheur et peut-être qu’au fond ce qu’on doit pousuivre, ce n’est pas tant la liberté en elle-même, mais le bonheur.
La liberté perçue ou nécessaire varie en fonction de nos motivations de toute façon. Si toutes mes pensées sont tournées vers la réalisation d’un projet dans le ici et le maintenant, est-ce que je me sentirais contraint si j’étais limité à ma ville dans mes déplacements? Probablement pas. À moins de pressentir un besoin futur de sortir de cet espace.
Alors qu’est-ce que la liberté financière et pourquoi la poursuivre coûte que coûte?
Pour moi la liberté financière n’est pas une destination, elle est plutôt une étape ou mieux, la clé vers plus de liberté d’être, d’agir, de me mouvoir et de penser sans avoir à me sentir ou à me mettre en péril face à mon futur financier.
Car lorsqu’on dépend de quelqu’un d’autre pour sa subsistance, forcément on doit se plier à ses caprices et à sa liberté de nous contraindre par la force ou la peur.
Nous ne vivons pas en démocratie au sens strict du terme. Nous vivons une démocratie utopique dans nos têtes. Dans les faits, nous passons le plus clair de notre temps, en tant que salarié, dans une dictature oppressante et en tant que citoyen, dans un cadre hautement règie par des briques et des briques de lois, règlements et normes sociales.
Et ces dernières années, il y a un fort courant suivi par bien des PDG d’entreprise qui est celui de faire chier les employés et de leur rappeler qu’ils sont des sujets du roi. On fait faire n’importe quoi aux employés. On les force à s’humilier devant leurs pairs. On les met à pied pour faire peur aux autres… On les torture mentalement en instaurant un régime de peur tout en leur sussurant des mots rassurants à l’autre oreille…
On leur demande constamment de faire acte de double-pensée comme dans 1984 de Orwell et donc d’accepter 2 idées contraires comme vraies toutes les deux alors qu’elles sont en totale contradiction. La confusion paralyse l’acte de rébellion encore plus que la peur.
Que poursuivez-vous lorsque vous rêvez de liberté financière? Pourquoi vouloir atteindre cet objectif?