Apprendre a lacher prise et a respecter les forces de la nature pour devenir riche

La maison parfaite, toujours bien rangée, pas une goutte de peinture qui ne dépasse au plafond, le gazon toujours bien taillé comme un terrain de golf sans aucun pissenlit ou mauvaise herbe. Les haies taillées finement par un artiste plusieurs fois par été. Durant l’hiver, la neige et la glace sont grattées jusqu’à ce que les beaux blocs de pavé-uni dernier cri soient bien visibles.
Ah, j’oubliais la voiture, toujours bien lavée, cirée, déneigée parfaitement et d’un modèle jamais plus vieu de 2 ans. Les vêtements amidonnés qui semblent sortir tout droit de chez le nettoyeur même à la fin d’une longue journée de travail.
Tout est beau, impeccable, parfait, même la poubelle parait neuve. Un journaliste de « passion-maison » ou d’un quelconque magazine de ce type pourrait passer à tout moment pour faire des clichés de la belle demeure et de la belle famille. Tout est fabuleusement clean, tout le temps, toujours!
En apparence bien sûr…
Soyons honnête, nous aimerions à peu près tous vivre dans un tel paradis, que notre maison ressemble à celle qu’on « fige » dans les magazines ou les émissions de home staging. Pourtant, c’est contre nature à mon avis et poursuivre cet objectif à tout prix est un bon moyen de ne jamais atteindre la liberté financière car la « perfection » coûte excessivement cher en temps et en argent! Les bureaux de crédit nous le disent, les gouvernements nous le disent : l’endettement des Canadiens est extrême! Et cela a beaucoup à voir avec cette folie, celle de suivre ce que les autres font (
keep up with the Joneses
comme on dit en anglais).
La nature est chaotique, désordonnée. Un pissenlit pousse à travers le pavé des rues. Une fleur pousse sur un champs de bataille sans se demander si un char blindé viendra la piétiner.
Laissons suffisamment de temps à la nature et tout ce qui subsitera de nos belles maisons et de nos belles voitures, de tout ce que nous aurons créé, ce ne seront que nos poteries (nos toilettes?) et nos grands monuments de pierre (en construisons-nous encore?).
La nature détruit tout ce que nous construisons, petit à petit. La moisissure et les insectes ravagent le bois de charpente. Le béton et l’asphalte se font fissurer par la pression des racines et par les forces du gel et dégel. Le métal s’oxyde. Nos pelouses issues de la monoculture se font coloniser naturellement par toutes sortes de plantes plus rustiques ou d’insectes qualifiés de nuisibles… Même nos corps se dégradent année après année jusqu’à se faire consummer 6 pieds sous terre.
Si nous désirons vivre dans l’ordre et la beauté figée absolue, il faut comprendre qu’au final, nous cherchons à vaincre des forces plus grandes que nous et que nous ne gagnerons pas cette bataille, du moins pas dans l’état actuel des choses et de la science et surtout pas avec nos moyens financiers limités.
Est-ce que cela tient de la maladie mentale car il me semble que presque tout le monde dans cette société courre pour constamment rendre les choses neuves, bien rangées, « belles ».
Et si moi je trouvais beau le désordre et le chaos?
Pourrais-je avoir une vie plus riche?
Pour moi, les plus beaux arbres sont ceux qui poussent croches, qui ont des branches crochues comme on en voit dans les films d’horreur. J’adore regarder la forêt du haut d’une montagne en automne. Les arbres poussent de façon désordonné et leurs feuilles s’adonnent à un jeu qu’elles seules sont à même de jouer. Leur beauté rivalise et même bat la beauté des toiles de n’importe quel grand peintre ayant vécu jusqu’à aujourd’hui.
Les humains et les animaux vieillissent, mais on peut les trouver beau à leur façon dans leur âge.
Je ne dis pas qu’il faut cesser de rechercher la beauté. Tout le monde aime ce qui est beau. Mais, peut-être faut-il apprendre à regarder la beauté d’un oeil plus naturel.
Se battre contre la nature coûte excessivement cher, car c’est tout le temps à recommencer. Les routes se dégradent à chaque hiver. Les voitures ne sont plus neuves après deux printemps. Le corps humain change, s’affaisse, des rides se creusent, la musculature cesse de croître.
Moi j’y vois de la beauté dans le chaos et j’y vois aussi une plus grande harmonie naturelle.
Voir une femme de 50 ans qui fait de la chirurgie pour en paraître 25 m’apparaît pathétique et signe d’un grave manque de confiance en soi en plus d’être peu viable d’un point de vue strictement financier.
Voir un individu s’échiner à arracher les 2000 pissenlits qui peuplent sa pelouse au prix d’un mal de dos qui risque de perdurer longtemps me rend triste pour lui. Ils repousseront encore et encore… À moins d’utiliser la chimie destructrice d’herbicides qui créeront d’autres problèmes plus graves dans l’environnement immédiat.
Se battre contre la nature coûte cher en temps et en argent et comme l’argent se paye en temps lorsqu’on est salarié, la plupart des gens gaspillent leur temps à rendre tout autour d’eux à la mode.
Si on vivait davantage en harmonie avec l’ordre naturel des choses on aurait beaucoup plus de temps et de richesse pour s’attaquer aux vrais problèmes de notre société.
L’homme occidental est fou. Il est victime d’une maladie mentale collective qui le rend inapte à voir la réalité. Il la nie, il se bat contre et appelle cela le progrès.
Attention, je ne dis pas qu’il faille vivre dans une maison délabrée et qu’il faille laisser toutes nos cochonneries se décomposer partout sur notre terrain. Je dis plutôt qu’il faut penser « durable » lorsqu’on décide de consommer et de « progresser » et qu’il faut penser plus écologique lorsqu’on décide d’adapter notre environnement à notre style de vie plutôt que de s’adapter à lui.
La monoculture fonctionne grâce à des procédés chimiques ou mécaniques, mais elle n’est pas dans l’ordre naturelle des choses. Pourtant nous la pratiquons à fond avec nos pelouses. Cela coûte cher en entretien, en produits de toutes sortes qui polluent l’environnement et en temps. Pourquoi ne pas accepter une pelouse naturelle? Elle sera peuplée de différentes sortes de fleurs, de différentes sortes de graminés et de trèfles. Avec un peu de chance, peut-être pourrions-nous même y trouver un trèfle à 4 feuilles? Qui sait?
Autrefois, nous construisions des maisons de pierre dont certaines ayant plusieurs centaines d’années sont encore debout. C’était de belles maisons, solides et durables à souhait. La grand-mère de 80 quelques années de ma conjointe possède encore son frigidaire qu’elle avait acheté au début de son mariage dans les années 50… Il fonctionne à la perfection!
Quelque part, dans notre histoire récente, nous avons pris un mauvais virage : celui du gaspillage ou plutôt celui du pillage des ressources. Nous brûlons chaque jour des ressources non-renouvelables à un rythme effarant et le rythme s’accélère. Se faisant, nous pillions nos enfants et leurs générations futures. Et nous le faisons avec nos cartes de crédit, nos marges de crédit ou tout autre forme d’argent empruntée…
Cette folie devra cesser un jour, sinon elle cessera d’elle-même par les lois de la mathématiques et par la formule de l’intérêt composé.
Nous commençons à ressentir drôlement notre stupidité. L’intérêt composé est une force puissante et en occident, nous l’avons fait travailler contre nous dans toutes les sphères de nos vies :
– trop de croissance continue de la consommation de gras, viande et sucre = explosion des coûts en santé
– trop de croissance de l’endettement = crise économique
Ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres. Qu’on pense aux forêts dévastées par les coupes à blanc, au océans vides de poissons à cause de notre pêche commerciale excessive, aux innombrables races d’animaux éteintes ou en voie d’extinction à cause de nos activités humaines, aux abeilles en train de disparaître à cause de l’utilisation massive de pesticidides chimiques etc etc etc…
Partout, l’humain approche l’impasse…
« Avatar » est l’un de mes films préférés.
Car au-delà de la science fiction plus que distrayante proposée par le film, celui-ci renferme des messages et des avertissements importants. Je le compare
au film « La matrice »
en tant que chef d’oeuvre cinématographique et je sais que je ne suis pas le seul à avoir adoré ces films. Nous sommes des millions, des milliards peut-être même.
Mais qui en a tiré réellement une leçon? Avons-nous pris le temps de vraiment réfléchir au sens des messages lancés par ces films?
Lorsque j’étais adolescent, j’ai lu un roman qui m’a beaucoup marqué. Je l’ai relu à plusieurs reprises depuis. C’était
« Replay » de Ken Grimwood
.
Dans ce roman, le personnage principal nommé Jeff Winston se retrouve coincé dans une sorte de cycle dans lequel il meurt à 45 ans et se réveille à 18 ans, puis remeurt et se retrouve à nouveau à recommencer le cycle encore er encore. Mais, chaque fois, il garde son savoir et mûrit en quelque sorte.
Il n’était pas le seul à faire ces cycles. Une femme, qui devint par la suite sa compagne durant de nombreuses vies vivait la même chose que lui. Elle a fait durant l’une de ses vies un de ces chefs d’oeuvre cinématographique nommé Starsea. Ce film devait chercher à faire prendre conscience aux gens de leur impact et de leur importance dans tous les problèmes qui affectent ce monde.
Chaque fois que je tombe sur un de ces films marquants, je pense à Starsea. Les gens adorent ces films car ils sont brillants, mais là cesse leur réflexion… et puis on attend le deux, qui n’est bien sûr jamais aussi bon.
Je n’ai jamais été un écologiste dans l’âme, mais en vieillissant et en lisant de plus en plus sur le sujet, je me rends compte de l’impact immense, de l’empreinte immense que nous avons sur le monde et ça me fait peur.
Nous avons dérappé et gravement. Nous sommes devenus pire que les monstres de notre enfance.
Mais en tant qu’humain, je suis bien placé pour savoir que tant que ça ne se passera pas dans nos cours, sous notre toit, dans nos vies, on ne se sentira pas trop concernés.
J’investis dans des titres de grandes cies qui versent des dividendes en croissance. La plupart de ces grandes compagnies font partie du problème, mais je sais qu’elles pourraient facilement faire partie de la solution. Et d’ailleurs, si elles veulent rester en affaire, un jour ou l’autre elles devront changer.
Nous en serons bientôt là.
En attendant, bien que je sois en partie propriétaire de plusieurs de ces grandes corporations, j’essaie de poser des gestes dans mon quotidien qui « étirent » la vie des objets inertes. Je préfère la qualité à la quantité. Je préfère réparer que remplacer.
C’est bon pour la planète et c’est aussi bon pour ma liberté financière.
Chaque petits gestes comptent.
Et vous, êtes-vous en plein délire de rénovation avec les fameux « tant qu’à y être », probablement les 5 mots les plus dispendieux de notre vocabulaire? Êtes-vous du style à jeter pour remplacer par du neuf ou essayez-vous de donner une deuxième vie à l’usagé?

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