Je ne sais pas si c’est parce que mon rêve de petit garçon d’avoir ma propre cabane dans un arbre ou dans les bois n’a jamais été complètement assouvi, mes ces mignonnes micro maisons ne cessent d’accaparer mon esprit! Si bien, que j’ai décidé de mettre ma petite famille dans la voiture et de prendre la route de Lanthier pour aller voir le
Festival des mini-maisons
qui avait lieu du 28 au 31 juillet 2016.
C’est un jeune festival et j’avoue que j’ai été un peu déçu du peu qu’il y avait à visiter (surtout pour 30$ pour le couple en plus du gaz pour se rendre), mais n’empêche, je dois avouer que j’ai eu du plaisir à m’y promener.
Pour atteindre la liberté financière, épargner beaucoup et chercher à gagner plus peut certainement aider, mais le vrai pouvoir, ce qui pourrait faire toute la différence, ça serait d’arriver à réduire drastiquement mes dépenses.
Il est clair que l’un des plus importants postes de dépense, sinon le plus important poste de dépense d’un ménage, c’est définitivement le logement de nos jours. J’en sais quelque chose! Dans mon projet de retraite jeune, payer entièrement mon solde hypothécaire est en haut de la liste et coûte annuellement 29,640$ de nos revenus nets à
mon ménage en remboursement de principal, intérêts et taxes. Il nous reste 4 ans 4 mois de ce régime pour arriver à nous libérer de notre fardeau. Et ça, c’est sans compter les 234$ par mois de frais de chauffage et 75$ par mois de frais d’assurance et combien en frais de rénovation et entretien???
Une maison peut facilement gober l’essentiel de notre paye et transformer notre refuge en prison… ou pas! Le pire, c’est qu’on utilise pour notre part essentiellement 50% de notre aire habitable. Le reste, en plus du grenier, n’est que gaspillage d’espace et d’énergie.
Dire qu’autrefois, dans des temps pas si lointains, construire une maison ne coûtait qu’un peu de savoir faire et d’huile de coude et on n’avait pas à s’embourber l’esprit de tous les règlements municipaux et normes qui régissent notre vie d’aujourd’hui.
C’est dans ce contexte que de nombreux ménages cherchent le moyen de réduire drastiquement leurs dépenses d’habitation.
Et c’est dans ce contexte et surtout dans le contexte de la crise financière de 2008 qu’est né le mouvement des mini maisons aux États-Unis, là où le climat est autrement plus favorable à leur implantation qu’au Québec.
Mais, les mini maisons sont-elles l’avenir ou une solution réellement viable?
La première chose qui m’a frappée à ce festival : l’âge de la clientèle
A priori, je m’attendais à voir beaucoup de jeunes couples à ce festival… des jeunes qui n’ont pas envie de s’embarquer avec une hypothèque de 250,000$ @ 300,000$ qu’ils devront rembourser pendant l’essentiel de leur vie. Bizarrement, j’étais parmi les plus jeunes.
J’ai plutôt vu beaucoup de gens dans la quarantaine ou même dans la cinquantaine à ce festival. En fait, l’essentiel des visiteurs que j’ai vu avaient plus de 40 ans.
Il y avait quelques plus jeunes couples, mais très peu avec des enfants. Il faut dire que je vois mal comment on pourrait vivre dans une roulotte ou un joli cabanon (c’est à cela que me faisaient penser ces petites maisons) avec un ou des enfants. Il faut quand même un minimum d’espace personnel à soi pour se sentir bien. Du moins, je le crois. Et à 3 ou 4 dans un espace à aire ouverte de 150-200 pied carrés… oufff
Honnêtement, je m’attendais à voir un type de clientèle totalement différent, plus « bohémien » disons.
Le stationnement était rempli de voitures récentes, le site rempli de gens d’âge mûr… complètement à l’opposé des gens que je pensais voir visiter ce festival.
Sauve-t-on vraiment beaucoup d’argent avec une micro-maison?
Ma visite ne m’en a pas convaincu…
D’abord, le concept même de « mini-maison » m’est apparu large et employé à toute les sauces.
On y retrouvait de tout. De la maison luxueuse de « petite dimension » à déposer sur fondation (800 @ 1000 pi carré environ), en passant par la yourte, la tente gonflable et la remorque avec un « cabanon » fixé dessus, j’avoue sortir de là en me disant que c’est encore un concept en chantier au Québec.
D’abord, le climat se prête mal au type de micro-maison sur roues – alimentation en eau potable – gestion des eaux de rejet et installations sanitaires etc..Toutefois,
Gabriel Parent-Leblanc d’Habitation MicroÉvolution
semble avoir résolu ce problème et a d’ailleurs fondé sa propre compagnie pour vendre ses concepts. En fait, grâce à une toilette au compost, il n’y a aucune gestion d’eaux noires à faire. Il ne reste que les eaux grises provenant de la douche et du lavabo à gérer, mais en utilisant des produits biodégradables, on peut facilement rejeter ces eaux ou les utiliser au jardin.
Reste la question du gel…
Ça demeure possible et ça j’y crois, mais rapidement un deuxième obstacle lourd se soulève : les règlements municipaux ne sont pas très tolérants à l’égard des habitations mobiles ou de petite superficie utilisées à l’année comme habitation principale. Et les prêteurs hypothécaires et les assureurs non plus d’ailleurs.
Mais, comme le dit M Parent-Leblanc dans cette courte entrevue, les Québécois sont prêts, les municipalités finiront bien par suivre!
La plupart des micro-maisons sur les lieux étaient néanmoins de type « roulotte » ou « cabane sur remorque ». Il faut dire que ce sont celles qu’on peut aisément déplacer à un festival. À elle seule, la remorque sans la cabane, capable de supporter la charge d’une telle demeure, peut coûter dans les cinq à dix milles dollars. Et, en fonction du poids de celle-ci une fois la micro-maison construite sur cette « fondation », on peut être soumis une inspection obligatoire par la SAAQ annuellement… difficile de s’installer à demeure dans ce contexte. Et être condamné à un mode de vie nomade est-il une solution viable avec une jeune famille?
Bien sûr, on peut s’installer sur un camping une partie de l’année ou sur le terrain d’un particulier à long terme par exemple. Acheter un terrain demeure une option, mais là on se frotte aux règlements municipaux…
Et puis, comment déplace-t-on une telle mini-maison? Je m’y connais un peu en capacité de remorquage étant moi-même propriétaire d’une roulotte de camping et je peux dire un mot ou deux là-dessus. Pour déplacer ma roulotte de 3500 kg (sans compter nos possessions à l’intérieur), il nous faut un véhicule de type SUV qui coûte plus de 35,000$. Sans ce véhicule, qui s’avère être le minimum pour remorquer une telle charge, la belle mini maison n’ira nulle part… Et je peux aussi vous dire qu’une roulotte de 3500 kg c’est plutôt léger en passant. Les mini maisons que j’ai vu pesaient beaucoup beaucoup plus que ça et nécessitaient pour la grande majorité la force de moteur d’un pick up robuste ou davantage.
Bien sûr, si on a à déplacer la mini maison que quelques fois par année, on peut certainement louer les services de quelqu’un de mieux équipé mais j’aime être autonome pour ma part.
Quant au prix des mini maison sur roues, on peut dire que les constructeurs ne les donnent pas… entre 30,000$ et 40,000$ pour de petits modèles sans compter les taxes… et plusieurs ne vendent que la coquille, la finition, le cablage électrique, les installations sanitaires et l’énergie (solaire, propane essentiellement) devant être réalisée par l’acheteur selon ma compréhension.
Les coûts peuvent monter rapidement!
Honnêtement, je pense que ce genre de projet devrait être mené à bien en auto-construction question de contrôler les coûts. Personnellement, je me suis récemment construit un cabanon de 10×14 par 12 pieds de haut avec un plancher surélevé comportant des solives en 2×10 et un plancher de plywood 1″ pour 1750$ en auto-construction incluant revêtement et toiture et j’ai refait une cuisine en mélamine de 22 portes et 6 tiroirs avec nouveau lavabo et nouveau comptoir pour moins de 2000$. Alors je vois difficilement comment une coquille vide similaire à un cabanon déposée sur une remorque peut coûter 40,000$ ou 50,000$ à faire soi-même, mais, il semble que ce soit le cas parait-il.
En fait, quand on y pense, juste l’isolant peut coûter pas mal cher. Le système d’alimentation en énergie aussi et le système sanitaire… oupelay! J’ai vu là-bas un système de toilette sèche à compost qui semblait plutôt pratique coûter au moins 1200$ juste pour la toilette!!
Néanmoins, je persiste à croire qu’un gars débrouillard peut se construire une mini maison pour bien moins cher que ça, mais je ne pense pas me lancer dans ce genre de projet un jour, alors je laisserai cela à votre analyse.
Maintenant, c’est bien beau d’avoir une « roulotte » à 40,000$ jolie à voir mais encore faut-il avoir un terrain pour l’installer à demeure.
Un couple sur les lieux racontait vivre sur un camping durant l’été mais ils ne savaient pas encore ce qu’ils allaient faire à partir d’octobre… pas évident! Et puis vivre sur un camping avec 3 services coûte facilement 2500$ pour 4 @ 6 mois par an.
Peut-être serait-il possible de passer l’hiver sur le terrain d’un ami ou d’un parent ou encore sur la terre d’un inconnu ouvert à gagner quelques revenus mais…
Bref, j’aime regarder les mini maison sur roues mais…
Personnellement, bien que j’aime le concept des mini maisons sur roue, je ne suis pas convaincu que ça serait une approche viable pour moi et ma famille.
D’abord l’espace trop limité me rebute. Je suis prêt à vivre dans plus petit, mais il y a petit et petit.
Ensuite, considérant notre climat et les réglementations en vigueur, aller vers une maison fixe sur dalle m’apparaît être une meilleure solution que d’opter pour la remorque d’habitation.
Certains exposants proposaient des solutions « all inclusive » à partir de 99,999$ à Ste-Marguerite du Lac Masson. Comparativement à une remorque à 40-50k plus taxes et au prix de la location ou de l’achat d’un terrain… Je pense qu’il est plus avantageux d’opter pour une installation fixe.
Bon… Il me reste à aller visiter leur projet, mais j’ai assez d’expérience de vie et en immobilier pour me douter qu’à ce prix il doit encore manquer bien des milliers de dollars pour arriver avec un projet complet et habitable. Ne serait-ce que le raccordement, les taxes et puis la fondation était-elle incluse? Et le terrassement?
J’irai visiter ce projet sous peu et je pourrai vous en dire davantage. Mais déjà à 100,000$ plus taxes, ça commence à faire cher pour une mini maison… et une fois tous les frais additionnés et tous les besoins comblés, je doute de m’en tirer avec une soumission en-dessous de 150,000$.
À ce prix là, aussi bien mettre un peu plus et avoir une « vraie »maison qu’on pourra revendre rapidement sans perdre au change en cas de besoin non?
Le concept m’appelle mais j’ai encore des réserves
Dépenser moins. Privilégier la vie à l’extérieur plutôt qu’une vie casanière. Être éco-responsable, efficace énergétiquement et chercher à réduire son emprunte. Tout cela m’appelle.
Mais, je n’ai pas trouvé le coup de foudre que je m’attendais à trouver en allant à ce festival.
Je sors de là un peu déçu honnêtement.
Mon projet se précise néanmoins
Le point le plus positif de cette visite pour moi et ma famille, c’est que de voir ces habitations de nos yeux nous a permis de réaliser une chose : on ne se voit pas vivre dans une habitation de moins de 800 pi carrés habitable avec deux enfants qui grandiront et auront besoin d’ espace et d’intimité.
Pour moi, l’option de la mini maison sur roue est une solution à court terme ou encore pour personne seule, retraité avec une faible rente ou couple sans enfants et sans le désir d’en avoir.
Et, nous voulons des installations fixes (dalle, fosse septique, puits) et un terrain en forêt semi-boisé d’au moins un demi acre à un acre.
Il y avait des
projets de « communes » offerts sur les lieux
impliquant un lot de 15,000 pi carré et des espaces communs avec 5 autres couples ou familles selon ma compréhension. La ville de Lanthier permet, semble-t-il, des constructions sur dalle d’habitation d’au moins 350 pieds carrés.
Le projet me semble à creuser. J’aurais en effet aimé voir de mes yeux quelque unes de ces constructions, mais je n’ai trouvé qu’un chantier au stade de la fabrication de sa fondation. L’an prochain peut-être…
Sur les lieux, internet haute vitesse par cellulaire fonctionnait, ainsi que le réseau cellulaire et selon le site d’Habitat Multigénération, l’internet haute vitesse est disponible à Lanthier.
Clairement, si je pouvais m’installer dans une maisonnette de 850 pieds carrés pour ±100,000$ en forêt et travailler sur internet… hummm… ça ça me fait rêver.
Bref, les micro maisons me font rêver, mais pour l’instant, elles demeureront au stade de rêve pour moi.
Que pensez-vous du concept?