Prendre réellement conscience du temps qu’il nous reste et de sa valeur

Combien de fois par année voyez-vous vos parents? Quel âge ont-ils?

Combien de fois par année allez-vous en vacance? 1 fois? 2 fois? Y allez-vous tous les ans? Combien de jours prenez-vous? Quel âge avez-vous?

Bien des gens ne voient leurs parents que 2 fois par an. Maintenant, disons qu’ils ont 75 ans… et qu’il ne leur reste que 5 ans à vivre… ceci veut dire que vous ne les verrez pas plus de 10 fois encore. Avez-vous soudainement envie d’aller les voir plus souvent? 10 fois, ça passe vite.

Quant aux vacances… supposons que vous prenez le temps de vous dépayser 1 semaine par an et que vous avez 40 ans. Supposons maintenant que vous allez vivre jusqu’à 80 ans en forme et capable de voyager avec un peu de chance jusqu’à 70 ans. Il ne vous reste alors que 30 séjours à faire. Cela vous donne-t-il envie d’en profiter davantage?

Quel âge ont vos enfants? 5 ans? 10 ans? 15 ans? Un jour où l’autre ils auront leur propre vie, quitteront le nid familial… est-ce que vous les voyez assez? Leur parlez-vous assez? Vous entendez-vous bien ou le climat est-il toxique?

Peut-être est-ce le temps de profiter davantage de leur présence avant de commencer à ne les voir que quelque fois par année.

Nous vivons des vies très remplies. Mais sont-elles surtout remplies de ce qui est le plus important ou sont-elles surtout consacrées à des tâches répétitives et abrutissantes?

Le temps file vite et quand on commence à calculer le nombre de fois qu’il nous reste à faire ci ou ça de plaisant, on se rend compte que chaque jour compte.

S’émanciper d’un travail routinier qui consomme 48 semaines sur 52 par an afin de pouvoir « vivre » ne devrait-il pas être l’une des plus grandes priorités de tout un chacun afin que l’on n’ait plus à compter le nombre de fois qu’il nous reste à voir tel ami, tel parent ou tel endroit?

La covid nous a privé de bien de ces moments déjà… j’ai, par exemple, perdu 2 séjours à la plage aux États-Unis et combien de moments avec des amis? (Je sais je ne fais pas pitié)

Moi, j’aurai 40 ans cette année. Avec un peu de chance, je suis à peine à la moitié de ma vie. Mais, que dire de ceux qui avaient déjà 65-70-75… peut-être se sont-ils fait priver de cette dernière fois où ils auraient pu voir la mer ou leurs petits enfants?

Je ne sais pas ce que les autres font, mais je sais que moi je ne profite pas assez de tous ces petits moments précieux.

Par exemple, mes enfants commenceront le 8 à 4 sous peu (école) et chaque jour ils me demandent « papa peux tu jouer avec nous » et presque chaque jour je dois leur répondre « oui un peu, mais pas longtemps parce que papa doit travailler ».

Et chaque fois je ressens ce même serrement au coeur… je suis un esclave… et je l’ai en quelque sorte choisi… mais existe-t-il beaucoup d’autres options?

On nait dans un monde construit et on se bâtit à partir des épaules de nos aïeux.

Certains ont eu des ancêtres besogneux, industrieux et ils partent dans la vie avec de vives longueurs d’avances. D’autres partent avec des parents inaptes, des agresseurs et commencent leur vie avec quelques strikes et plusieurs handicaps.

Déjà, où l’on nait et de quels milieu nous sommes issus aura un sérieux impact sur notre avenir.

Mais, au-delà de tous ces facteurs, quels sont les réelles alternatives au sempiternel métro-boulot-dodo?

S’habriter coûte cher et bien qu’on soit théoriquement libre de s’installer n’importe où au Canada, ce concept à ses limites… encore faut-il obtenir ce droit par contrat de location ou de propriété. L’un et l’autre valent leur pesant d’or.

Je ne dis pas qu’il est impossible d’être nomade de nos jours, mais c’est plutôt improbable et ça serait mener une vie plutôt marginale. D’ailleurs, même vivre en caravane, par exemple, implique d’obtenir le droit de stationner celle-ci pour y passer la nuit.

Depuis quelques années, on parle de mini-maisons comme d’une alternative à l’inabordabilité du logement, mais les lois et règlements municipaux demeurent plutôt inflexibles à cet égard, sauf si l’on souhaite se terrer à St-Clin-Clin-Du-Creux-Creux et le terrain coûte cher… vivre dans un cabanon à 150-200k (le prix minimum dans certains projets de mini-maisons) c’est un peu intense non?

On peut faire du géoartbitrage, certes, mais alors on se déracine, on laisse notre famille et nos amis derrière? Ou pas… peut-être viendront-ils? Il est clair que ce n’est pas la norme encore une fois.

La nourriture maintenant… pas donné ça non plus et ça ne fait qu’augmenter.

Je continue à être frustré chaque fois que je dois payer 1.50$ pour une tomate ou un poivron… bien sûr, on peut réduire ces coûts en faisant un potager, mais est-ce si rentable un potager? Et puis, il y a l’hiver…. et surtout, on revient au problème du coût lié au logement sédentaire.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de solutions à tout cela, mais s’il y en a, elles ne sont communément adoptées en tout cas. La plupart des gens font du 9 à 5 pour gagner leur croûte et ils s’y résigne toute leur vie durant. Rares sont ceux qui ont trouvé des alternatives attrayantes sans avoir d’abord bâti ou hérité d’une liberté financière.

Bâtir « rapidement » sa liberté financière par l’épargne, l’investissement, la création d’entreprises peut certainement nous aider à changer notre étoile. Il en est de même en tentant de vivre une vie plus simple, plus axée sur l’être que sur l’avoir.

Reste que la trame de fonds reste essentiellement la même. Il faut se loger et se nourrir et rares sont ceux qui ont réussi à résoudre ces deux problèmes autrement qu’en gagnant sa croûte ou en se marginalisant.

Par exemple, peut-être que je pourrais me nourrir a partir des conteneurs à déchets des épiceries ou en grignottant toutes les plantes comestibles des pelouses et des parcs de mon quartier, en prélevant (sauf pour les végétariens comme moi) une petite partie de la pullulente population d’écureuil. Peut-être aussi que je pourrais me loger « illégalement » dans un parc national comme le faisait Lucas, le jeune qui squatait dans le parc de la Vérendrye.

Mais, aurais-je envie de vivre cette vie?

Le temps passe vite, les solutions et alternatives à une vie de labeur semblent peu nombreuses et souvent, peu attrayantes.

Moi, j’ai choisi de tolérer 12 ans « d’esclavage salarié » supplémentaire pour bâtir ma liberté financière. Savoir qu’il y aura une fin à tout cela et que cette fin approche à grands pas m’aide certainement à passer au travers. J’ai déjà 8 ans de fait et encore toutes mes dents…

Mais, dans 4 ou 5 ans, quand cette fin sera à ma portée, mes parents auront déjà 70 ans, s’ils sont encore en vie… je suis passé à 2 doigts de perdre mon père il y a tout juste 2 ans. Quant à mon frère, il aura encore les deux pieds dedans ainsi que la majorité de mes connaissances et amis. J’aurais eu envie de partir à l’aventure avec eux, de faire du kayak-camping, vélo-camping etc… mais ils n’auront vraisemblablement plus l’énergie et les autres n’auront pas le temps.

Ma femme continuera de travailler et mes enfants seront submergés par le système du 9 à 5… encore à l’école primaire, ils seront à des années lumière de la liberté financière.

Au final, cette liberté financière pourrait bien être vécue de façon assez solitaire ou pas… car la plupart des jeunes gens ne réalisent pas vraiment que leur temps est compté…

2 Comments

  1. Naïm Guessous

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