Évolution et liberté financière

Il y a 8 ans, je vivais beaucoup de frustrations. Je venais de me séparer. Mon emploi et les revenus que j’en tirais n’étaient pas à la hauteur de mes attentes. L’essentiel de mon temps de vie était gobé par des tâches, du travail, du transport pour me rendre et revenir du travail et tout cela je le faisais pour gagner l’argent nécessaire pour payer mes factures.

Quand le chèque de paye rentrait, je payais mon hypothèque, mon prêt auto, mes assurances, mon hydro, mes services de télécom et ma visa… après, il ne me restait plus rien.

Et quand enfin j’arrivais à mettre 2 ou 3k$ de côté, invariablement, une merde arrivait qui me coûtait toutes mes épargnes.

J’étais fortement insatisfait. Je m’étais coincé dans une belle cage et j’avais fait de moi un esclave.

Oh… j’ai cherché beaucoup les causes autour de moi… mon ex qui n’avait pas rempli mes attentes, l’école qui m’avait enseigné à devenir un esclave salarié, mes parents qui poussaient depuis mon tout jeune âge pour que je rentre le plus parfaitement possible dans le moule, le « système » qui a tout planifié, qui complote pour faire de nous tous des esclaves de notre job et de notre carte de crédit.

Chercher à l’extérieur de soi c’est facile. On y trouve beaucoup de satisfaction et on peut même y trouver un ou des ennemis à combattre, mais se faisant on tombe alors dans un nouveau piège qui gobe notre liberté. Des combats stériles contre la « matrice ».

Il y a 8 ans, j’ai commencé à étudier les riches, à essayer de comprendre comment faire comme les riches. J’ai dévoré des biographies, analysé des parcours, lu des tas de livres et puis j’ai échaffaudé un plan qui allait me permettre de sortir de cette prison.

Je ne voulais plus être l’un de ces zombies anonymes, esclave du 9 à 5 qui sillonnent les transports en commun avec une face d’enterrement pour aller faire un travail inutile dans le seul but de gagner de l’argent pour acheter des futures vidanges afin de combler un vide intérieure, une insatisfaction.

J’ai donc échaffaudé ce plan de 12 ans d’esclavage. En 12 ans, j’allais avoir suffisamment de capital pour générer 15k$ de dividendes en croissance avec un taux de retrait inférieur à 4%. J’allais aussi m’être débarassé de mon hypohéque de 180k$ et de toutes mes dettes personnelles. Après 12 ans, j’allais aussi pouvoir encaisser la valeur de rachat de mon fonds de pension et ajouter un montant inconnu à mes revenus… probablement autour de 15k$ aussi.

Après 12 ans, j’allais être libre.

J’avais 32 ans quand j’ai échaffaudé ce plan. À 32 ans, j’étais devenu une personne très différente de celle que j’étais à 20 ans. Et si le scénario se reproduisait?

À 32 ans, j’avais encore la soif d’explorer le monde, cette soif de faire ma marque et de conquérir l’univers.

Elle était moins grande qu’à 20 ans, mais elle était là, fort vivace. Je voulais conquérir la planète, devenir riche comme crésus.

Aujourd’hui j’ai 39 ans, bientôt 40 et ma vie a bien changé. Me voilà père de 2 jeunes enfants, en couple, avec une bonne partie de mon plan déjà bien réalisé, une hypothèque réamortie sur 25 ans avec un paiement à faire de 375$/mois à 2, un portefeuille pas impressionnant mais respectable et des revenus bruts qui sont presque 3 fois plus importants qu’à 32 ans.

Je ne subit plus le trafic. Je n’ai plus d’horaires stricts, j’ai un emploi qui m’intéresse moyennement mais qui me permet beaucoup de flexibilité. Ma situation a bien changé.

Mais moi aussi j’ai changé. Je ne suis plus frustré contre le système. J’ai appris à me tourner vers moi-même pour trouver des réponses. J’ai vieilli…

Il est vrai que la société « pousse » un parcours, mais elle ne le force pas. J’aurais pu faire 10000 choses différemment. Au final, je suis celui qui est aux commandes. Je ne l’avais peut-être juste pas bien compris.

J’avais peur qu’en vieillissant mon plan ne soit plus valide, que la liberté financière ne soit plus quelque chose que je recherche. Après tout, cette soif de conquérir le monde s’est essentiellement évaporée, comme l’est celle de laisser ma trace autre que dans la vie de mes proches. Je me fous bien que mon nom ne passe pas à l’histoire.

À l’aube de la quarantaine, je suis beaucoup plus zen que je ne l’ai jamais été mais ce que je veux dans la vie a bien changé.

Heureusement, j’ai toujours très soif d’atteindre la liberté financière. J’ai soif de passer plus de temps à me consacrer à ce que j’aime le plus. Mais mon envie d’aventures et d’exploration a essentiellement disparu.

Je suis plus intéressé par des choses « sédentaires » comme prendre soin du nid, fournir un bon terreau fertile pour que mes enfants se développent dans les meilleures conditions, consacrer mon le plus clair de mon temps à faire des choses qui me plaisent aussi simplistes soient-elles.

Travailler prend encore beaucoup de mon temps de vie, mais mon travail est quand même moins lourd en temps et dans ma tête. Il est moins stressant, je le fais de la maison et durant mes pauses, au lieu d’aller jacasser avec des collègues ou manger du junk food, je travaille sur mon potager, ma maison, je joue avec mes enfants… Mon équilibre vie personnelle / travail est sans égal à celui que j’avais à 32 ans.

J’épargne encore beaucoup, mais je dépenses aussi plus qu’avant sur des choses qui me passionnent et me procurent du bonheur : des articles de sport ou de hobbies.

Bien que j’aimerais me débarrasser définitivement du travail, je ressens moins sa pression si bien que je me sens plus zen.

Il reste 4 à 5 ans à mon plan. Je devrais réussir à atteindre mes objectifs financiers comme prévu et ce malgré la pandémie. Je ne sais pas si dans 5 ans j’aurai encore les mêmes intérêts et aspirations, si mon envie de conquérir le monde reviendra ou si mon envie de l’explorer reviendra. Je ne sais pas non plus si je me retirerai à 100% du monde du travail ou si je continuerai cette approche que je vis actuellement. Le temps me le dira.

Une chose est certaine, d’ici là, je vais continuer à éliminer des tâches importantes de ma vie (idéalement les rénovations qu’il me reste à faire) et j’espère aussi que notre vie familiale se stabilisera. Les enfants seront plus autonomes, j’espère voir les problèmes de santé de ma conjointe stabilisés et en équilibre au minimum.

Je suis incrémentalement et drastiquement plus heureux qu’il y a 8 ans. Je me sens plus libre, riche et zen. J’espère bien que dans 5 ans, les choses continueront de s’améliorer.

Et vous, êtes-vous la même personne qu’il y a 5 ou 10 ans? Vos aspirations et votre énergie ont-ils changé?

7 Comments

  1. Bigdji
  2. Bigdji

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