Résilience alimentaire sur 6000 pieds carrés

J’habite un petit bungalow de banlieue, très classe moyenne. Dès la venue du printemps, mes voisins s’affairent à entretenir leur pelouse de banlieusard… déchaumage, mettre du compost, semer, arracher les pissenlits, mettre de l’engrais et couper tout ça en s’assurant de faire de beaux motifs dignes d’un magazine.

Mme Coutu taille même ses arbres et ses haies au ciseau et passe d’innombrables heures à égaliser l’ensemble avec fierté pendant que Jean-Guy, son mari, pompone sa voiture louée afin qu’elle brille de mille feux.

Je suis le « rebelle » de ce beau décors de fleurs luxuriantes.

Il faut dire qu’un énorme sapin occupe une part importante de ma devanture et acidifie le sol de ses épines en plus d’assombrir ma rocaille.

Ma pelouse ressemble donc davantage à un tapis de forêt boréale qu’à la pelouse riche et grasse, verdoyante, des baby boomers expérimentés.

Mais, vous savez quoi? Personnellement j’ai toujours trouvé cette orgie de pelouse un peu débile…

On a pris parmi les meilleures terres arables du Québec et, tels des tueurs en série, nous y avons implanté des bâtiments de bois et brique et mis ces terres en monoculture intensive. Nous y faisons pousser une plante exigeante en eau, en engrais, en essence (ou électricité pour les tondeuses du 21e siècle), en temps, en argent…

Mais, qui mange du gazon?

Pas moi en tout cas.

Nous avions comme projet de déménager… la covid et les récents événements liés à notre santé font que nous allons finalement vivre ici encore un bout de temps.

J’avais donc un projet que je remettais sans cesse à plus tard : celui de transformer ma court arrière en zone comestible.

Les enfants adorent se promener dans la court et pouvoir grignoter un légule ou une feuille ici et là. Ils prennent grand plaisir à avoir un garde-manger en plein air et j’y prends grand plaisir aussi.

Jusqu’à maintenant, on s’en était tenu aux plantes potagères annuelles communes, mais cette année, je passe à une autre étape et j’intègre des vivaces annuelles à mon aménagement paysager.

Je suis loin d’être bon en aménagement… et j’avoue être pas mal un peu brouillon et planter au fil de mes découvertes. Mais, jusqu’à maintenant, j’ai intégré de nombreuses plantes vivaces (rustiques au Québec) comestibles à mon terrain et pour l’instant, elles accompagnent bien les autres vivaces comestibles de ma pelouse (trèfle, pissenlit, plantain) :p.

En effet, j’ai récemment planté :

  • Topinambour
  • Crosne du japon
  • Oignon égyptien
  • Asperge
  • Livèche des montagnes
  • Camerisiers (2 variétés pour polinisation)
  • Bleuetier (2 variétés pour meilleure polinisation)
  • Mûrier
  • Jostaberry
  • Thym
  • Ciboulette à l’ail
  • Échalottes (de chez IGA mars 2020)
  • Poireau
  • Menthe

Je cherche actuellement du chou marin et des patates en chapelet qui, je l’espère, redeviendront disponibles sous peu chez Terre promise ou le jardin des écoumènes.

Et j’ajouterai sous peu des fraisiers et des framboisiers à mon paysage. J’hesite à me remettre une vigne à raisins… j’en avais une avant et elle était terriblement envahissante… le raisin était délicieux mais, ma pergola était littéralement ensevelie sous des lbs et des lbs de tiges, feuilles, raisins…

Il y a plusieurs avantages à intégrer de telles plantes sur son terrain. D’abord, elles sont très rustiques et demandent peu d’entretien, incluant l’arrosage. Elles sont très résistantes aux maladies, au froid. Elles permettent de débuter la saison plus tôt et de la terminer plus tard.

Par exemple, nous mangeons déjà de l’échalotte et de la ciboulette à l’ail de notre court depuis quelques semaines.

En juin, nous aurons des camerises avant les bleuets, les fraises et les framboises.

À l’automne et durant l’hiver, nous pourrons déterrer du topinambour et des crosnes du japon.

Ça nous fait aussi découvrir de nouvelles saveurs oubliées… à force de manger des carottes, des patates, du celeri, du navet et des concombres, on finit par oublier l’immense biodiversité comestible de notre planète.

Évidemment, il n’y a pas que des avantages à avoir ces plantes sur son terrain. Plusieurs sont tellement rustiques qu’elles deviennent envahissantes (comme le pissenlit).

Il y en a une qui me gosse depuis quelques années déjà : la menthe…

Avant de construire mes bacs à jardins, j’avais déjà planté de la menthe à cet endroit.. un minusule petit plant… j’ai eu beau l’arracher, mettre du carton, 8 pouces de pailli ou de terre par-dessus, chaque année je dois me battre contre elle dans le potager pour qu’elle laisse la place aux tomates, patates, concombres de ce monde.

Certaines de ces plantes devraient donc être cultivées en pot…

Mais bon… je n’aime pas trop encager la nature ou les animaux… je vais laisser ces plantes se battre un petit peu et faire leur place je crois, trouver leur équilibre.

Par exemple, j’ai planté de la ciboulette à l’ail directement dans l’un de mes carrés de jardinage il y a quelques années… chaque année, je dois désherber ce carré car ses graines s’installent partout et il en repousse. D’ailleurs, je me sers de ces jeunes pousses en premier au printemps pour cuisiner.

Un petit plat épicé, accompagné d’un mojito avec beaucoup de menthe et on est en business.

Progressivement, je compte profiter de plus en plus de l’espace que m’offre mon terrain pour y faire pousser des plantes comestibles. Je trouve la possibilité de se nourrir en partie gratuitement de son petit terrain de banlieue très attrayante.

Avez-vous des plantes vivaces comestibles à me proposer?

15 Comments

  1. Yan campion
  2. Anonyme
  3. Kimber
  4. Kimber
  5. Kimber
  6. Philippe de Habsbourg
  7. Bigdji
  8. Bigdji

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