Vivre simplement pour ne plus avoir peur

Lorsqu’on y pense, l’indépendance financière à un jeune âge, grâce à un fonds de liberté bien garni, patiemment et savamment accumulé au fil du temps, c’est accepter de sauter dans le vide, mais tout en ayant un beau parachute doré pour se protéger.

C’est un risque calculé et modéré.

En ce sens que, de «se lancer dans l’inconnu» avec un capital financier de plusieurs centaines de milliers de dollars pour couvrir ses arrières, c’est un peu comme aller en Thaïlande flatter un tigre apprivoisé ayant reçu une bonne dose de tranquillisant tout juste avant. On peut se trouver cool sur le coup et ça fait des belles photos Instagram, mais clairement, ce n’est vraiment pas aussi risqué que ça en a l’air!

Si vous voulez prendre une vraie chance dans ce pays, essayez de ne pas tomber par accident sur un ladyboy dans un bar local après une bonne cuite! Un truc: toujours regarder les jointures et la pomme d’Adam!

Bref, on est un peu pissou (et picsou) quand même. Pour accepter de quitter un emploi ou de se soustraire au monde traditionnel du travail salarié, ça nous prend un bon gros pécule bien garni derrière nous. Ça nous rassure et ça fait du sens, fiscalement parlant, de vivre de notre capital, selon la règle du 4%.

En 2021, est-ce que Picsou achèterait des Bitcoins?

Or, c’est un peu bizarre, vu comme ça, d’accumuler disons 500 000$ pour aller vivre la vie d’un gars qui gagne 15 000$-20 000$/année.

Tu ramasses un demi-million pour aller vivre une vie «de pauvre» pendant quelques années, le temps que ton pécule grossisse de façon substantielle pour te permettre d’augmenter graduellement ton train de vie, si les marchés financiers et l’inflation coopèrent.

AnnéeCapital débutRendementDividendes↑DividendesCapital fin
5%3,8%6%
1402984$20 149 $15 313 $919 $423133$
2423133$21 968 $16 696 $1 002 $444290$
3444290$23 952 $18 203 $1 092 $466504$
4466504$26 114 $19 847 $1 191 $489830$
5489830$28 471 $21 638 $1 298 $514321$
Simulation d’une projection où le capital n’est pas retiré et les dividendes servent à financer le train de vie

Avouez que ce n’est pas sexy. Il n’y a personne qui drague en parlant de son REER… Qui reçoit vraiment des photos non sollicitées de gros REER à minuit moins quart?

De l’extérieur, quelqu’un pourrait se dire, tant qu’à ça, laisse faire l’accumulation du fonds de liberté pendant 10-15-20 ans et commence tout de suite à mener la vie que tu souhaites vivre, c’est-à-dire de gagner moins d’argent, mais d’avoir plus de temps dans le moment présent et pour les prochaines années, pendant que tu es en pleine santé et motivé par la vie.

Dans certains cas, pour une personne qui déteste vraiment son emploi, qui n’a pas vraiment de perspectives d’améliorer son sort à court terme, qui dépense peu, qui n’a personne à charge, et qui a un ardent désir de liberté immédiate, ça pourrait valoir le coup de profiter de la vie maintenant plutôt que de viser mieux pour plus tard. Ça sonne peut-être un peu fataliste ce que je dis, mais c’est parfois une réalité.

Chaque situation est unique et différente, donc exige une analyse personnalisée et approfondie.

C’est important aussi de savoir pourquoi on accumule un fonds de liberté. Les raisons et les objectifs diffèrent souvent énormément d’une personne à l’autre.

Ça peut-être dans l’optique de vivre mieux, de prendre plus de temps pour soi, de voyager davantage, de quitter un emploi de salarié pour devenir travailleur autonome, de pouvoir laisser tomber plus facilement un emploi qui ne nous plaît pas, d’avoir la possibilité d’aider et d’accompagner un proche malade plus tard, etc. Il y a beaucoup de raisons potentielles aussi valables les unes que les autres.

Dans mon cas, je vie bien, mais de façon simple pour que ça reste raisonnable au niveau du budget. Certes, mes conditions actuelles sont bien supérieures à celles d’une personne vivant dans la rue simplement par le fait d’avoir un toit sur la tête et de la nourriture dans le réfrigérateur, mais ça reste que je suis considéré comme une personne frugale dans la société actuelle, alors que je serais probablement un consommateur dans la moyenne-supérieure si on recule de 50-60 ans! Il y a plein de façons de se comparer et ça varie beaucoup selon le contexte, la société, la classe sociale et les époques.

Si on s’habitue au luxe et à mener un certain train de vie plus dispendieux, la perspective de tout perdre un jour est effrayante et le choc peut être brutal. Ça fait peur le mot pauvreté!

Diantre, cachez cette misère que je ne saurais voir!

Deux vieux mangeant de la soupe – Salvatore Ferragamo Goya

Aurevoir la grosse cabane, le chalet, le camion 4×4, le ponton, les beaux habits à 400$, les soupers mondains dans les restaurants chics.

Bonjour le petit loyer, la passe d’autobus, la paire d’espadrilles, le linge du sous-sol d’église, la soupe en canne, les discussions de couloir.

Ça peut faire mal aux gros consommateurs de ce monde! Dans un sens, ça me fait rire un peu que, pour certaines personnes, ce serait vraiment atroce de devoir «se rabaisser» à vivre une vie plus simple et basique, avec moins d’artifices, voire plus réelle et moins factice…

La chance que j’ai en possédant peu de choses et en m’accommodant bien de la base, c’est qu’au fond, matériellement parlant, je n’ai pas grand-chose à perdre. Et ça peut déjà faire de moi un homme plus libre d’une certaine façon.

En axant davantage mon développement personnel et mon accession au bonheur sur des expériences de vie positives et des relations enrichissantes, j’ai moins de chance de tomber des nues si je perds un peu de confort matériel.

Demain matin, si tout mon argent se volatilise, fondamentalement, peu de choses changent dans ma vie. Je continue à prendre soin de mes proches, à aller marcher avec mon chien, à cultiver mon jardin, etc. La vie suit son cours.

Il n’y a pas beaucoup de dépenses que je peux compresser davantage et le fruit de mon labeur suffit plus qu’amplement à payer toutes mes factures courantes.

Au fond, l’argent n’a jamais été l’objectif ultime. La liberté de choix et la tranquillité d’esprit que procurent une certaine aisance financière sont de bonnes et saines sources de motivation.

Rendu à un certain point, celle-ci n’est même plus utile lorsqu’on en possède déjà suffisamment pour combler ses besoins, ceux de sa famille proche et bien vivre le reste de sa vie.

L’autre jour, un peu à la blague, je mentionnais à des confrères frugaux qu’ils pourraient subitement perdre 200 000$ et que ça ne changerait rien pour eux au quotidien (par rapport à la situation financière avantageuse qu’ils possèdent déjà).

Nous sommes assis sur le champ de la Victoire et savourons quelques réconforts bien gagnés. – Pippin

En tous les cas, ça demande réflexion à savoir ce que nous ferons de ce surplus de richesse éventuel parce que l’accumulation massive d’argent pour le plaisir, une fois la liberté financière atteinte, rime un peu à rien de mon point de vue. Certes, on peut toujours trouver des façons de dépenser et d’améliorer son confort, mais si ça ne fait pas parti de notre essence même, on risque d’atteindre notre limite à un moment donné.

Poussé à l’extrême, cet enrichissement considérable peut même conduire à l’avarice et devenir une obsession maladive plutôt que d’être utilisé pour de nobles causes et contribuer positivement à la collectivité.

C’est un pensez-y bien!

2 Comments

  1. Renard Futé

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