Radin ou économe?

Une réflexion qui revient souvent est l’association et l’amalgame qu’on a tendance à faire envers les gens qui ont un niveau de vie plus raisonnable et le fait qu’ils seraient alors forcément des radins, des avares, des gratteux, des pingres ou encore des fesse-mathieux.


Or, prioriser l’essentiel, magasiner, récupérer, recycler, réparer et consommer de façon responsable dans un monde où nous sommes constamment bombardé de publicités ciblées et où la consommation d’objets éphémères est valorisée pour combler nos désirs immédiats, il est logique de constater qu’il y a un certain décalage entre les deux façons de concevoir notre mode de vie respectif et les choix de consommations qui s’y rattachent.

Et d’une certaine façon, l’humain est porté à réfléchir à court terme et à ne pas penser aux conséquences externes de ses choix sinon il ferait d’autant plus attention à ses objets, au choix de ceux-ci et réduirait le gaspillage dans une optique de consommation plus responsable.


Lorsqu’il vit dans un certain confort et avec une certaine oisiveté, lorsqu’il se fie sur son gouvernement et son employeur pour se faire vivre, il est moins porté à faire attention à la ressource et à lui accorder une juste valeur, ainsi qu’un juste soin, par rapport au véritable coût économique, mais aussi humain et environnemental entrant dans la composition, la fabrication, le transport et la vente de l’objet.

Comme investisseurs, ce sont aussi toutes des questions que nous devons nous poser.


Dans la crise sanitaire actuelle que nous vivons, ce sont davantage les grosses entreprises telles que les multinationales qui tirent leur épingle du jeu contrairement aux petits joueurs locaux dont leur industrie est plus fortement impactée et qui n’ont pas les reins assez solides, financièrement parlant, pour passer au-travers.  On risque de voir progresser une certaine forme de mondialisation, car le chemin leur est ouvert comme jamais!

Eh oui, même l’incroyable panier bleu, notre toile du Québec, ne parviendra pas à freiner cela!


Pour en revenir à ma réflexion initiale, faire des bons choix plus raisonnables et modérés avec son argent ne signifie pas d’être un radin.

Pour ma part, lorsque je me donne le luxe de faire une sortie au restaurant je ne lésine pas sur le pourboire moindrement que le service est correct.  Autrement, je resterais à la maison et je me ferais à manger moi-même.  En somme, je ne cherche pas à conserver mon argent par avidité ou au détriment des autres!


Par contre, à l’épicerie, le chou-fleur à 8$ je ne l’achèterais pas.  Je vais faire preuve de gros bon sens, de planification et de flexibilité dans mes achats.
C’est ici que réside la différence être une personne avare et une personne économe.


Je vous dirais même qu’autant j’ai tendance à être rigoureux sur mes dépenses personnelles, autant je peux être généreux dans les dépenses ou les investissements que je fais pour des gens de mon entourage, qui représentent, fondamentalement, la plus grande richesse que je possède.
Si, demain matin, par un coup de malchance ou du hasard, je perds toutes les possessions que j’ai et que je me ramasse à vivre dans une grande jarre accompagné de mon chien comme le faisait Diogène de Synope, alors ma vraie richesse, celle qui me restera  beau temps ou mauvais temps, malgré les aléas de la vie, sera mon entourage et les gens avec qui j’aurais développé un fort lien affectif.


En fait, le concept même de richesse est très relatif.  Nous avons un meilleur niveau de vie et une vie plus facile que les grands princes et monarques des époques précédentes.


Par exemple, pour une personne vivant dans un pays du tiers-monde ou en voie de développement, la richesse pourrait être de simplement pouvoir combler ses besoins de base de la pyramide des besoins Maslow à tous les jours. Déjà ça, ce serait un grand accomplissement!


Vous regarderez bien son expression faciale lorsque vous lui direz que vous faites vos besoins dans l’eau potable et que vous arrosez votre entrée asphaltée avec celle-ci pour enlever la poussière.


Encore une fois, il y a une question d’accès à la ressource et l’usage que nous en faisons!

Par ailleurs, je n’aurais qu’à me rendre à quelques kilomètres de chez moi pour constater de mes propres yeux que certains enfants n’ont pas tous la possibilité de déjeuner avant d’aller à l’école tous les jours. En fait, il y a une distribution de paniers de nourriture qui se fait à tous les mardi à la salle communautaire de mon village et il y a du monde en masse! La misère et la pauvreté ne sont pas seulement l’apanage de certains pays.

Bref, pour atteindre l’indépendance financière à un jeune âge, il est important, voire impératif, de bien contrôler ses dépenses.

En contrepartie, si cela se fait aux dépends d’autrui et devient obsessif, alors l’avidité prend le dessus sur le gros bon sens et sur la gestion responsable et économe de son argent!

Ne soyez pas inquiet, ma Donalda passera l’hiver au chaud!

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