Pourquoi cette fixation des millenials sur arrêter de travailler rapidement?

Quand on dit à une personne âgée de plus de 50 ans et élevée sous l’endoctrinement occidental que l’on souhaite cesser de travailler le plus rapidement possible, on a souvent droit à des froncessements de sourcils, suivi de quelques phrases toutes faites.

Comme si celui qui ne travaillait pas n’était qu’un mécréant.

Or, bien que je sois d’accord que l’oisiveté prolongée puisse être mère de bien des vices, je ne crois pas que le travail, tel qu’on le vit dans notre société actuelle soit l’antidote.

Les baby-boomers ont vécu à une période fort différente de la nôtre en terme de relations de travail. Je ne dirais pas que c’était mieux, mais c’était différent.

Ils ont vécu une époque où leur travail pouvait avoir une utilité ou un sens (je reviendrai là-dessus).

Ils ont aussi vécu à une époque où l’on pouvait relativement facilement espérer passer toute sa carrière pour le même employeur dans un rôle qui dans bien des cas, aura peu évolué.

Ils ont aussi connu l’époque des syndicats revendicateurs qui ont apporté, pas toujours avec facilité ou succès, un certain équilibre dans les rapports de force.

Je généralise bien sûr, mais le rapport de chaque individu avec son travail est vécu de façon très individuelle et il m’est impossible de tenir compte de toutes les possibilités dans un petit article.

Reste que beaucoup de baby-boomers ont vécu une plus grande stabilité professionnelle que ma génération.

Je traite donc de tendances lourdes.

La plupart des baby-boomers que je connais ont travaillé pour le même employeur presque toute leur vie… souvent dans le même rôle ou un rôle similaire.

Qu’en est-il de ma génération?

D’abord, on parle davantage de faire carrière dans un domaine de nos jours, pas chez un employeur. D’ailleurs toutes les grandes entreprises se sont efforcées de dépersonnaliser la relation de leurs clients avec leurs employés. On ne fait plus affaire avec Jacques de chez Abc inc… On fait affaire avec ABC inc… Jacques ou Gilles, on s’en fout, il n’ plus aucune identité, aucun pouvoir, aucun impact. C’est la marque et le symbole, l’image de marque qui compte.

Or, en dépersonnalisant, on enlève quelque chose au client, mais aussi quelque chose à l’employé, sa fierté, son sentiment d’être important et de faire une différence.

Dans le milieu bancaire par exemple, on sait que le turnover d’employés frôle les 1 sur 3 par an. Donc, chaque année, la cie voit le 1/3 de ses employés partir ou changer de fonction par eux-même ou de façon forcée. Pourtant, être banquier c’était quelque chose il n’y a pas si longtemps. Aujourd’hui… je me passe de commentaires.

Cette statistique n’est pas égale partout, mais de nos jours, il y a énormément de restructurations.

Si je parle de ma situation, j’ai du changer 11 fois d’emploi en 11 ans au sein de mon employeur et plus de 50% des gens avec qui j’ai travaillé la première année ne travaillent plus pour cet employeur et la majorité de ceux qui restent ne sont plus dans la même fonction.

Je suis loin de vivre de la stabilité professionnelle disons. Pourtant, je la souhaite ardemment. J’aimerais qu’on me laisse tranquille pour au moins 5 ans, pouvoir bâtir un réseau de contacts durable, faire une différence. Mais cela ne cadre plus avec ce qui est attendu…

Pour apprécier son travail, l’humain a tendance à vouloir se l’approprier. MA job. MON bureau. MES collègues. MES tâches, MES employés, MES clients…

Or, dans un univers instable comme celui-ci, il vaut mieux ne pas trop s’attacher et le problème quand on ne s’attache pas, c’est que rapidement, on devient désengagé et on vit au jour le jour… Ce n’est pas ce que l’on veut, c’est ce que l’on vit.

Ce sont les clients de l’entreprise, les employés de l’entreprise car même comme gestionnaire, s’approprier des employés et une équipe est ridicule. Les chances que l’équipe, les tâches ou même soi-même soyons encore là dans 12 à 18 mois sont minces, dans bien des cas.

Ce n’est pas pareil dans tous les domaines, mais il y a une tendance lourde à cet égard dans notre société.

Parlons de l’érosion des conditions de travail maintenant. Les baby-boomers se sont rassemblés et ils ont obtenu une partie de la balance du pouvoir. Ils ont négocié des conventions collectives etc… (pas partout mais chez beaucoup de gros employeurs).

Qu’arrive-t-il dans ma génération? De l’érosion… des stratégies de manipulation bien orchestrées pour détruire les fonds de pension à prestations déterminées, réduire les avantages sociaux, supprimer les clauses d’indexation, augmenter l’apport de l’employé dans les cotisations, mettre les gens à la porte avant d’avoir à leur payer une rente etc….

Et quand on te met à pied, ce qui arrive fréquemment de nos jours, tu te rends compte que la seule chose qui t’appartenait dans ton travail c’était le chèque de paye que tu recevais aux deux semaines. Le reste n’était qu’illusion et on te sort accompagné d’un chaperon, comme on sortirait un sac à poubelle. Ciao bye pis reviens pas…

Parlons maintenant des tâches… Beaucoup d’emplois sont devenus ce qu’on appelle des bullshit jobs.

Comme le dit David Graeber, « …Beaucoup sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles, sans réel intérêt et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société. »

Comment se réaliser dans ce genre de contexte, comment sentir qu’on est utile, qu’on a une réelle valeur ajoutée?

Moi, savoir que ma contribution, que tout ce temps investi ne sert essentiellement à rien me déprime. Et les tâches répétitives tuent mon imagination et ma joie de vivre, tout simplement. J’ai essentiellement une bullshit job. Elle pourrait être et elle sera fort prochainement automatisée. C’est un secret de polichinelle. En attendant, on joue à la chaise musicale.

Beaucoup de gens partent à la retraite de nos jours. Qu’arrivent-ils une fois qu’ils sont partis? Soit on ne les remplace pas, soit on distribue leurs tâches à ceux qui restent, soit on les remplace par quelqu’un d’autre qui devient aussi ou souvent plus efficace après quelques semaines.

Et, dans tous les cas, le nouveau retraité tombe dans l’oubli assez rapidement sauf si sa personnalité était particulière. Mais on se rappelle rarement de lui pour l’importance de son travail.

Je pense que cela en dit long sur son utilité réelle.

Le travail impose en plus des cadres rigides. L’employeur dicte les conditions et l’employé s’y plie.

En général, sans que personne ne remette réellement en question ce cadre, l’employé accepte qu’une semaine de travail c’est 40h (ou 35 ou 37.5), qu’il n’est payé que s’il est présent, que les vacances à espérer sont de 2 à 5 semaines par an et qu’on ne pourra pas les prendre quand on voudra, puis qu’il devra répéter ce manège jusqu’à 65-70 ans…

La résultante est qu’on se retrouve à passer l’essentiel de notre vie à accomplir des tâches essentiellement inutiles et peu gratifiantes pour un salaire de misère, en changeant constamment de fonction/rôle/employeur, avec un taux d’imposition ridicule et sans réelle sécurité d’emploi ou de revenus décents garantis à la retraite afin que d’obscures actionnaires s’enrichissent davantage.

Voilà le réel sort de l’essentiel des travailleurs de ma génération.

Alors pourquoi sommes-nous de plus en plus nombreux dans ma génération à viser la FIRE? pour s’émanciper et se révolter individuellement contre toute cette bullshit.

Dépendre de ce système pour notre subsistance c’est simplement se transformer en esclave salarié. Alors que celui qui arrive à s’afranchir rapidement de cette dépendance pourra alors choisir plus aisément les conditions de sa contribution sociale.

Atteindre la liberté financière rapidement, ce n’est pas atteindre la retraite telle qu’imaginée par les baby-boomers (golf, Floride…), mais bien simplement rééquilibrer le rapport de force entre employeur et employé.

Un employé qui n’a pas besoin de travailler pour se nourrir, pourra alors se permettre le luxe de choisir et négocier adéquatement et en position de force ses conditions de travail car au final, il est indépendant. Travailler n’est plus une quasi obligation, ça devient plutôt un choix. Tu me veux pour ce que je vaux alors donne-moi ce que je vaux.

Ce que les baby boomers ne comprennent pas de ce mouvement c’est que ce n’en est pas un de paresseux. La plupart des gens de cette communauté ne cherchent pas l’oisiveté, ils visent la liberté, ils veulent faire une différence dans leur vie, celle de leurs enfants et dans la société. Ils veulent reprendre du contrôle et du pouvoir sur comment ils dédieront leur temps plutôt que de se laisser flotter à la mercie des employeurs.

Ce mouvement se compare donc au mouvement syndicaliste si on veut mais aujourd’hui, penser se syndiquer est plutôt utopique dans le meilleur des cas… surtout en finance.

Ils veulent aussi faire partie de ces obscurs actionnaires pour qui on fait mer et monde et pour qui on restructure toutes les grandes entreprises au gré du vent. Car ce sont eux qui récoltent les bénéfices du travail de la masse.

Il y a bien sûr d’autres façons de changer notre rapport face au travail. Changer de domaine ou devenir entrepreneur sont d’autres approches.

Mais nous n’avons pas tous ce qu’il faut pour devenir entrepreneur à succès et les sacrifices requis pour changer de domaine sont parfois trop grands versus le chemin qui reste à parcourir pour devenir libre financièrement.

Quand une bataille sociale est trop grosse pour nous et son sort trop incertain, parfois il vaut mieux mener sa propre révolution individuelle. On a davantage de contrôle sur les résultats.

Bien que j’aimerais que tous les employeurs traitent décemment leurs employés, qu’ils les traitent avec respect, avec empathie, qu’ils partagent réellement avec eux le fruit de leur travail (les employés reçoivent souvent moins de 10% de ce qu’ils rapportent), qu’ils investissent dans leurs employés avec une vision et un partenariat à long terme, je pense que cette bataille est vaine.

Mais, si nous étions légion à choisir la liberté financière et donc la liberté de travailler pour le plaisir du travail à accomplir plutôt que pour payer nos factures, le rapport de force entre employeur / employé changerait… Cette version là aussi est utopique je suppose. Mais elle peut être réalisée en individuel en se constituant ce qu’on aime bien appeler un « F… you fund » tel que le film « The Gambler » l’a justement appelé.

Je ne cesserai pas d’être actif lorsque j’atteindrai la liberté financière, mais je ne pense pas que je continuerai à dépenser le temps qu’il me reste à accomplir des tâches répétitives et essentiellement inutiles.

Car, s’il y a un autre point important à considérer entre la vision baby-boomers et millenials, c’est que les milléniaux croient que la vie est faite pour être vécue, pas pour la passer enfermé dans une shop ou un cubicule à faire la même chose jour après jour.

Il y a tant de choses à voir et à découvrir, à apprendre, d’endroits à visiter, de gens à rencontrer, de livres à lire, de films à voir… pourquoi se fermer à tout cela et se cantonner bêtement à la répétition en échange d’un chèque de paye dont plus de la moitié part en impôt? Déjà qu’on ne se fait pas verser notre juste part de ce que notre travail gènère, l’impôt vient nous ponctionner encore davantage. Est-ce que le travail, dans ce contexte, est vraiment salutaire?

Les gens intelligents ne travaillent pas. Travailler à salaire c’est pour les cons comme disait un auteur dont j’ai oublié le nom.

Nos ancêtres ont peu à peu construit un monde et par tradition, les gens répètent souvent avec une grande naïveté les mêmes erreurs que leurs ancêtres.

Il est temps de repenser le monde du travail, notre apport dans celui-ci et ce qu’on devrait pouvoir en retirer.

Car, la plupart de ces grosses corporations ne peuvent plus prétendre être face à des risques indus qui justifient que l’employé ne récolte qu’une maigre partie des fruits de son travail. Au contraire, les barrières à l’entrée sont si énormes que dans beaucoup de domaines, il est impensable qu’un petit bonhomme comme moi puisse même rêver de se tailler une place profitable en y partant une entreprise au cours de sa vie entière.

Le résultat est que la masse s’appauvrit et les riches s’enichissent.

A l’époque de Germinal, le peuple partait en grève parce que le capitaliste gagnait 40 fois le salaire moyen de ses employés.

Aujourd’hui, gagner 1000 fois le salaire moyen d’un employé, sans compter le gain en capital sur ses actions, la croissance du prix des actions grâce au rachat d’actions à même les revenus de l’entreprise et les stocks options qui viennent démultiplier ce revenu de façon décadente c’est rendu banal. On va même jusqu’à donner le statut de vedette à ces demi-dieux qui servent de PDG et qui souvent débitent un tas de conneries sur Twitter pour se la jouer influenceur et ajouter l’insulte à l’injure.

Quoiqu’il en soit, ces vieilles approches dictatoriales et hiérarchiques, la parcellisation des tâches jusqu’à l’abrutissement complet de l’ouvrier ne sont pas compatibles avec le bonheur humain, du moins par le mien.

Alors moi, je fais la révolution. Une toute petite révolution toute privée et individuelle. J’épargne, j’investis, je me libère.

Voilà pourquoi, moi, je cherche à me libérer de l’esclavage-salarié moderne.

Publié le
Catégorisé comme Propagande

Par Le blogueur masqué

Bonjour, je suis le blogueur masqué. Comme vous, je suis un esclave moderne confiné au 9@5, propriété d’une grande corporation américaine. Ils nous ont dit, lorsque nous étions jeunes, que nous allions vivre dans une société de loisirs et que les avancées technologiques allaient nous permettre de ne travailler que quelques heures par jour. Pourtant, nous vivons dans un monde où règne le stress et l’incertitude. Ma situation pourrait être bien pire et je le sais. Il y a tant de gens qui souffrent sur cette planète. Mais, une cage en or demeure une cage. Au moins, j’ai un plan pour m’évader. Je vais prendre ma retraite de la « rat race » avant 45 ans et vivre de mes revenus passifs! C’est un rêve si puissant que je vais tout faire pour le réaliser! Pour bâtir ma fortune, j’investis principalement dans des titres boursiers qui versent des dividendes en croissance années après années.

26 commentaires

  1. Bonjour FCLR, je ressens la même friction lorsque je discute de mon projet avec des gens des générations précédentes. Comme tu dis plusieurs ont une vision très différente du travail et de comment on se réalise à travers le travail. Beaucoup de nos emplois sont des Bullshit jobs comme tu dis et moi aussi j’ai l’impression souvent de faire une tâche qu’un singe ou un AI pourrait faire. Tu as bien résumé pourquoi tant de jeunes veulent faire le FIRE. Mais a-t-on des chiffres ? Combien passent de la parole à l’acte ? Je parierais une minorité encore, entre ceux qui manquent de volonté ou ceux qui mangent un trop gros coup de pelle de la vie en pleine face.

    1. L’ingenieux, au-delà de le vouloir, encore faut-il se donner les moyens… faire place à l’épargne dans sa vie, comprendre que c’est comme ça qu’on se libère, qu’on s’émancipe, en épargnant, en investissant, en créant de la valeur à travers une entreprise.
      Je pense que bcp ne voient que la montagne à gravir au lieu de voir le chemin et finissent par se résigner…
      On le sait tous les deux, épargner bcp, encore et encore, ça demande quand même une certaine volonté. Ça devient plus facile à l’usage, mais au départ, ce n’est pas si évident.
      Bcp ne voient pas leur bullshit job comme une bullshit job. Aussi simple soit-elle, ils ont l’impression de contribuer à quelque chose et c’est tant mieux pour eux. Je ne les juge pas. Je connais des gens qui adorent déplacer des produits avec leur transpallette ou préparer des commandes encore et encore, année après année. Ils se sentent utiles.
      Moi… pas capable… j’ai peut-être trop d’imagination, l’esprit trop rêveur, trop de curiosité ou trop de je ne sais quoi, ou pas assez d’autre chose, mais la répétition, pour moi c’est ça l’enfer, pour paraphraser un auteur dont je ne me rappelle plus le nom.
      J’aurais pu choisir de devenir chercheur, ou de travailler en stratégie ou en R&D mais j’ai fait des choix qui m’ont amené vers un domaine payant, mais ennuyant… si je recommençais je ferais des études différentes et possiblement que j’aurais une attitude différente face au travail, mais le contexte dans lequel je me suis placé, le fait que je n’ai pas vraiment envie de gérer une entreprise avec toute la paperasse et le stress qui viennent avec, font que pour moi, poursuivre ce trajet vers la liberté financière demeure la meilleure solution. À chacun sa vie, ses projets et son trajet.

  2. Bonjour FCLR, un excellent mais un excellent article!!! Je suis de la génération X (modèle 1972), entre les baby-boomers et les milléniaux. Mais il est clair qu’avoir 25-30 ans aujourd’hui, je ferais du FIRE, j’aurais le pied au plancher (pédale à gaz) bien que je travaille très fort dans les coins de la patinoire pour prendre ma retraite dès que je pourrai… C’est pour moi aussi la seule solution viable et sensé compte tenu de ma situation personnelle. On « tuff la run » mais je ne suis pas au niveau du calvaire quand même.

    1. Merci Yan, il est clair que les situations varient d’un individu à l’autre. J’ai surtout travaillé pour de grandes corporations ou le gouv dans ma vie. Alors c’est à ça que j’ai goûté… bullshit corpo, retruscturations, destruction des acquis du passé, instabilité, discours manipulateur etc… et bcp de bullshit jobs qu’on peut apprendre en quelques heures à quelques jours et qui souvent pourraient etre supprimées ou automatisées sans réelle conséquence pour l’entreprise alors ça teinte ma vision. ahah

      Mais, je ne crois pas que le passé était plus rose. Le monde du travail a ete depuis bien longtemps un monde d’esclavage salarié. Je pense que c’est surtout la stabilité et la dépersonnalisation du travail qui a pris le bord, ce a quoi au moins on pouvait quelque peu s’attacher, devenir quelqu’un de reconnu dans sa communauté par exemple.

      Mais bon, rester la dedans est un choix… jusqu’à un certain point.. il faut bien manger aussi.

  3. Je suis en plein dans la génération que vous dénoncez. Vous l’appelez « baby-boomer » mais ce terme ne conviendrait qu’à une mince portion des gens de mon âge. Vous estimez être la première génération à désirer moins travailler mais vous vous trompez lourdement. Tout le monde, de toute temps, espère travailler le moins possible TOUT EN PROFITANT DU TRAVAIL DES AUTRES, BIEN SÛR. Ceci dit, je suis assez d’accord avec celui qui se cache dans le pseudonyme « le bloqueur masqué » quand il écrit « Mais, je ne crois pas que le passé était plus rose. Le monde du travail a ete depuis bien longtemps un monde d’esclavage salarié. Je pense que c’est surtout la stabilité et la dépersonnalisation du travail qui a pris le bord, ce a quoi au moins on pouvait quelque peu s’attacher, devenir quelqu’un de reconnu dans sa communauté par exemple. « 

    1. André, j’ai écrit cet article justement après avoir lu votre commentaire sur le site des ingenieux où vous disiez « …Personne, mais absolument personne, parmi les commentaires de ce fil d’échange, ne paraît valoriser le travail comme accomplissement nécessaire du soi mental comme de son être physique….  »

      Comme je ne réalise pas grand chose de « mental » dans mon travail de bureau répétitif et surtout pas quelque chose de physique (engraisser ça compte? avoir mal au cou à force de rester assis devant un ordi ça compte? avoir mal aux tunnels carpiens à force d’écrire des choses inutiles?), je me suis senti interpellé. Pour moi, ce commentaire était le reflet d’un bon endoctrinement occidental judéo-chrétien.

      Je n’ai rien contre travailler je ne suis pas un paresseux, j’en ai contre le monde travail, le travail en tant qu’institution d’oppression de la masse et toute la propagande qui l’entoure.

      Là où je me réalise mentalement et physiquement c’est bel et bien hors du travail parcellisé, répétitif et fortement inutile que je fais.

      Je ne dénonce pas une génération en soi, bien que je nomme « baby boomers ». Il y a des courants de pensée et il y a des individus. Mais quand on écrit un article (et non une bible), on généralise… on ne peut pas aller dans la nuance sur tout et tenir en compte l’expérience personnelle et individuelle de 8 milliards d’individus.

      Il s’adonne, et je pense que la plupart des gens de la communauté FIRE s’il en est une diraient de même, que les gens de plus de 50 ans ont beaucoup adhéré au profil de vie « naissance > école > travvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvail > mort ou retraite pour les chanceux » et qu’ils ont une nette tendance à désapprouver ou ridiculiser notre tentative de réecrire le schéma.

      J’ai écrit un article il y a quelque mois qui explique que même si l’âge moyen de décès de la population tourne autour de 80, à partir de 65 ans, même s’ils décèdent à 80 ans, la plupart des gens verront leur qualité de vie et leurs capacités fortement handicapée de façon exponentielle. Donc, la retraite à 65 ans pour moi est un leurre, un grand mensonge destiné à faire rêver les gens pour qu’ils acceptent leur condition misérable.

      Je me donne donc le droit de ne pas être d’accord avec ce schéma de vie… pour moi. Les autres feront ce qu’ils veulent bien.

      Notre génération a beaucoup plus d’opportunités de repenser ce système. Partir une entreprise n’a jamais été aussi facile, investir n’a jamais été aussi facile, faire l’école à la maison est plus envisageable, les gens sont en général aussi plus éduqués et l’accès à plus d’éducation n’a aussi jamais été aussi facile.

      Notre génération n’aurait pas accès à toutes ces opportunités sans les efforts et sacrifices des gens des générations précédentes.

      Cela étant dit, tant qu’on ne réglera pas le problème d’équité dans la distribution des richesses, il y aura tjrs de l’exploitation… Par exemple, je rapporte plusieurs millions par an à mon employeur et on me paie moins de 5% de ce que je rapporte… Arriver à un partage plus équitable entre employés et actionnaires serait souhaitable mais malheureusement utopique dans notre contexte. Alors, oui, on achète des actions ou des immeubles à revenus pour siphonner un peu de notre propre travail et bcp du travail des autres au lieu de laisser quelques uns tout garder pour eux.

      J’ai créé ce blog en 2013 pour justement montrer à des gens du commun comme moi qu’on peut se sortir de ce schéma, je leur explique pourquoi le faire, comment le faire et je le fais… c’est ma maigre contribution. J’aurais aimé qu’on m’enseigne ça au lieu de m’enseigner à coudre des bobettes au secondaire dans mes cours d’économie familiale…

      Quoiqu’il en soit, c’est ainsi que le système est construit. Soit on se laisse manger la laine sur le dos, soit on devient capitaliste ou alors on devient un marginal qui s’extraie du système. Changer ce système demanderait une révolution/révolte assez monumentale et loin d’être évidente et on le remplace par quoi? L’homme aime asservir la planète, les insectes, les atomes, les animaux et l’homme. C’est en nous… Alors soit on joue à l’hypocrite et on reste un pion, soit on prend notre part du gâteau.

      Je ne dis pas que c’est bien ou mal de profiter du travail des autres. Je dis que c’est une solution plus adéquate, pour moi du moins, que celle d’accepter son sort d’esclave-salarié jusqu’à ce que mort physique s’en suive bien après notre mort intérieure pour trop de gens.

      Sauf que lorsqu’on soulève cette possibilité d’évasion à bcp de baby boomers ou personnes de plus de 50 ans, on reçoit en général des commentaires désobligeants, décourageant, des « tu vas faire quoi de tes journées, paresseux, des tu verras… etc etc etc ».

      Ils sont résignés… et tentent de bloquer la réflexion. Pour eux, la vie ne peut être vécue que d’une seule façon. Va à l’école, obtient de bonnes notes, fonde une famille, achète une maison, trouves toi une bonne job steady avec un bon salaire pis assis toi dessus jusqu’à ce que mort s’ensuive.

      Évidemment je parle de courants dominants, pas d’individus. Bien sûr que les baby boomers ne sont pas tous fermés d’esprit ou résignés.

      Quand au pseudonyme sous lequel je me cache André, je le fais non pas parce que je ne m’assume pas et que je n’assume pas mes opinions, mais encore une fois à cause du travail qui m’interdit d’exister en tant qu’individu opiniâtre car je représente la sacro-sainte marque et image d’entreprise et si on nuit à l’image par nos propos incendiaires ou nos opinions, la foule et l’employeur nous passe au piloris de nos jours.. fini la job et en trouver une autre sera difficile car l’on devient alors un risque majeur d’entreprise. Les employeurs veulent des employés soumis et insipides en public, pas des têtes fortes qui osent s’exprimer publiquement. Voilà une autre raison pour laquelle le travail m’énerve…

      Voilà. Je me cache, car je ne suis pas libre d’exprimer mes opinions sans risquer mon gagne-pain. Et, pour l’instant, je suis encore dépendant de ce gagne-pain…

      merci pour ton commentaire,

    2. Et voilà.. il tombe à point celui-là… encore un baby boomer qui vient ridiculiser notre tentative de déconstruction du concept et il ne sait pas tant de quoi il parle.. d’ailleurs il ne lit même pas les ouvrages. https://www.journaldemontreal.com/2020/10/17/quel-prix-etes-vous-pret-a-payer-pour-lindependance-financiere

      De la propagande journalistique… je ne parle pas de complot évidemment, mais ça devient tout de même une oeuvre de propagande qui tient du concept expliqué dans le film la Matrice. Toute personne vivant dans la Matrice peut être un agent de la Matrice.

      C’est ce que ce journaliste fait. Il donne son opinion basée sur des a priori et juge d’un mouvement sans le comprendre, sans connaître tout en le ridiculisant pour justifier SON mouvement.

      Il est vrai qu’un travail motivant épargnerait bcp de gens d’adhérer au mouvement FIRE, mais bon, on a déjà parlé du monde du travail et mon opinion est assez claire sur le sujet.

  4. FCLR, tant qu’à parler de nos bugs respectifs, je ne vois plus la case à cocher « m’avertir par courriel de prochains commentaires à cet article ». Je ne sais pas si tu peux regarder de ton côté si ça fonctionne. Merci !

  5. On te l’a probablement déjà mentionné dans le passé, mais tu es une machine à écrire, FCLR!! 🙂

    Merci pour cet article, qui vient juste à point, et toujours très à propos. Justement, j’étais moi aussi dans un article de L’ingénieux, il y a quelques minutes,

  6. Quand à l’article de Daniel Germain, c’est comme s’il a découvert les intérêts composés un peu trop tard dans sa vie.. il est peut-être jaloux? 😀

    1. Peut-être… on a quand meme la chance d’avoir facilement acces a la bourse vs la generation precedente qui devait passer par un courtier en valeurs mobilieres et souvent faire de tres gros achats pour justifier les coûts.

      Mais, dans ma tete a moi, quand tu publies dans un journal, prends au moins le temps de faire des recherches…. ça fait article de blog cheapo sinon… comme ici

  7. Daniel Germain, c’est un journaliste qui a un style d’écriture plaisant à lire (à mon avis bien personnel), mais ce n’est pas un gars dont la vie personnelle tourne autour des finances personnelles. Il va souvent consulter des experts dans le domaine puis rapporter leurs propos et tenter de vulgariser ça le mieux possible en y ajoutant sa touche.

    Souvent, il y arrive quand même bien. De plus, pour le suivre un peu sur les médias sociaux, ce n’est pas quelqu’un qui semble jaloux.

    Depuis qu’il est passé des Les Affaires au Journal, il doit aussi raccourcir ses textes et en écrire davantage. Le Journal mise plus sur la quantité que sur le qualité et le profondeur des articles en quelque sorte puisqu’ils sont un média généraliste.

    Par ailleurs, il n’y a pas un gros appétit dans la population moyenne pour entendre parler des sujets liés aux finances en général. Le canal argent a même fermé lors des dernières années. Vous allez avoir des meilleures cotes d’écoute avec une émission phare comme la poule aux oeufs d’or par exemple!

    D’ailleurs, pourquoi pas un article sur où l’on peut les trouver ces fameuses poules pondeuses d’oeufs en or pour prendre sa retraite jeune!

    1. Max, je ne le connais pas et ne le juge pas. J’ai aimé lire son article au final, mais c’était un peu tendancieux. Il part en disant qu’il n’a pas lu le livre de Jean-Sébastien puis dit  » Je n’ai aucun doute que ces bouquins consolideront la liberté financière de leur auteur, ce même objectif, justement, que le lecteur est convié à poursuivre. »

      D’abord, J-S il est déjà retraité. Ensuite, pas mal tout le monde sait qu’on ne fait pas fortune en écrivant en français au Québec… Il écrit pour les Québécois dans un sujet niche… il ne va pas vendre 3 millions d’exemplaire là… tant mieux s’il fait de l’argent au final aussi. L’auteur de l’article aussi gagne de l’argent avec sa plume.

      Se faire publier, c’est déjà difficile… on peut tu laisser un peu tranquille les auteurs?

      J’ai juste trouvé que c’était gratuit et plate… et vraiment un bel exemple de ce qu’on entend toutes les fois qu’on parle de notre projet à une personne de 50 ans +… ça cherche des raisons pour te dire que t’es nono.

      Et moi quand je lis une phrase comme celle-là, je lis « nono….il t’enseigne la liberté financière mais c’est en te vendant son livre qu’il peut se permettre de consolider la sienne… tu te fais prendre ».

      Anyways, j’aurais pu tomber sur un article de n’importe quel journaliste sur le sujet, ils le traitent à peu près tous de la même façon… avec peu d’ouverture et en tournant la démarche en ridicule. C’est d’ailleurs la raison #1 pour laquelle je ne leur repond meme plus… trop de mauvaises experiences avec eux aussi. Ils spinent trop souvent les sujets pour faire du drama et du sensationnel au lieu de parler des problemes de fond. Je comprends pourquoi ils le font, les lecteurs veulent ça, mais je n’ai pas envie d’être le dindon de la foire.

      Ce sont simplement 2 possibilités de vie qui se confrontent ou s’affrontent. D’un côté celle mainstream qui veut que les gens restent dépandants d’un chèque de paye toute leur vie et de l’autre un mouvement qui dit plutôt, devenez indépendant le plus rapidement possible et ne cessez pas nécessairement de travaillez, mais faites le selon VOS conditions. Reprenez du pouvoir sur votre vie.

      On parle bien de liberté financière… pas de retraite au sens visualisé par les baby boomers (devenir inactif, oisif). Cessez de donner à la « société » et plutôt « prendre ».

      Toute communication produite par un média peut devenir une oeuvre de propagande qui influence les lecteurs. Ici, on cherchait a dire au lecteur que ces jeunes sont un peu naifs… et qu’il ne faut pas trop les écouter.

      Il parle du mouvement FIRE en disant qu’on préconise la marche et les dominos… qu’on se distingue de la simplicité volontaire car on préconise de « …profiter du système ».

      Si c’est pas tendancieux ça, je ne sais pas ce que c’est…

      Il nous compare à une secte… très drôle, Max, quand est-ce qu’on va sacrifier un coq à la pleine lune chez toi?

      « … il n’y a souvent qu’un FIRE pour en endurer un autre… » Il pretend qu’on ecoeure nos conjoints…

      Il parle des cas extrêmes… pour bien illustrer qu’on a de quoi qui tourne pas rond..

      C’était quoi le but de cet article au final? Discréditer le message et le message c’est quoi?

      Le message du FIRE c’est reprenez le contrôle de votre vie, émancipez vous de la dépendance à un chèque de paye, à un employeur, à vos parents.

      Pour y arriver, ne surconsommez pas vous-même, investissez et participez donc au système dans son entier car ce qui est naïf, c’est de croire que l’on ne peut et que l’on ne doit occuper qu’une seule place dans le système : porteur d’eau…

      Si c’est ce que l’auteur de l’article souhaite à ses lecteurs il ne fait que véhiculer encore et toujours la vieille mentalité Québécoise : né pour un petit pain…

  8. Je pense qu’il faut voir le côté caricatural et 2ème degré de la chose aussi.

    Ceci étant dit, plusieurs constats sont vrais: Commencer à épargner tôt aide, il faut privilégier des activités peu coûteuse, ce n’est si pas facile de se mettre en couple avec une personne qui veut aussi vivre un mode de vie similaire, etc.

    Sans aborder l’aspect sectaire de la chose, c’est simplement que peu de gens veulent le faire et arrivent à le faire. Beaucoup vont plutôt privilégier un modèle hybride et c’est correct aussi. La meilleure solution, c’est celle qui fonctionne pour soi-même.

    Sinon, tu peux aussi te dire que de nommer d’entrée de jeu les livres dans le premier paragraphe, ça peut inciter des gens à les acheter ou les emprunter pour les découvrir.

    Et finalement, j’aurais juste le goût de te dire…. Ouin, pis? Il y aura toujours du jugement et de la mauvaise perception d’autrui à certains égards et pour ma part je préfère vivre ma vie que de tenter de changer la perception des autres.

    1. ahah bah j’ai cité l’article parce qu’André me disait que j’accusais à tort une génération de véhiculer un schéma de vie et l’IA de google est venue me pitcher cet article là dans la face juste après ahah

      Effectivement, ouin pis… on s’en fout. Chacun est libre de penser et faire ce qu’il veut.

      Je répondais à une question posée par André sur le site de les ingénieux quand j’ai écrit cet article.

  9. Je comprends.

    À chaque époque, il y a des modèles dominants véhiculés par la doctrine morale sociale et d’organisation sociétale au-travers de divers courants idéologiques ou institutions, que ce soit les gouvernements, le clergé, un roi/empereur ou autre…

    À chaque fois, l’histoire se répète, alors que certains y trouvent leur compte et d’autres non.

    Écoute, juste dans les 50 dernières années, on a changé combien de fois de modèles familiaux ou de travail dominants, 2-3-4 fois? Rien n’est statique et tout va encore plus vite de nos jours avec la technologue, l’intelligence artificielle, les moyens de communications (réseaux sociaux), ainsi de suite. Notre façon de communiquer et nos rapports humains changent.

    Un exemple bête me venant en tête… les tatouages! Si tu en avais avant tu étais marginal et si tu n’en as pas aujourd’hui, tu es un marginal!

    Pour ma part, j’ai beaucoup de respect pour des gens qui choisissent de vivre des chemins alternatifs, dans le respect d’autrui.

    La liberté, c’est beaucoup un état d’esprit aussi.

  10. L’article de Daniel Germain… pas tendencieux du tout! « Je n’ai pas lu ces lires, mais je bitche pareil! »

    En passant, les plus vieux baby-boomers du Quebec on 57 ans.

    A 45 ans, un logement semblant être payé, pas de voiture et pas trop de restaurants, il devrait être en fort meilleure posture…

    1. Yoda, t’as raison, mais rendu là… 50 ans, 57 ans.. lol
      Reste que c’est facile dépenser toute sa paye. Regarde… j’ai reçu ma paye hier et après mon double versement hyp, mes épargnes de 850$, ma réserve de taxes, épicerie, assurance et services, il ne me reste que 100$ dans mon compte pour les 2 prochaines semaines

  11. Je voulais dire « plus JEUNES » baby-boomers…

    Les 40-55 ans sont des X et ont une autre relation avec leur travail, ayant eu le « privilège » d’être des employés jetables avec pas de fond de pension.

    Un double versement hypothécaire, c’est aussi un investissement, pas une dépense!

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