Il est à quel taux votre REER? Et le CELI?

Selon un récent sondage, la majorité des Québécois ne savent pas d’où viendra leur argent à la retraite. (source)

C’est dommage pour eux, car pour tous ceux qui ne s’inquiètent pas de planifier leur retraite et de profiter de la magie de l’intérêt composé, la retraite sera fort probablement maigre.

Mais au-delà de cela, bien des gens ne connaissent pas la différence non plus entre un REER et un CELI. On les reconnaît en général lorsqu’ils demandent « Il est à quel taux votre CELI? »

Je vais donc tenter de vulgariser la chose au maximum pour tenter de les réduire à leur plus simple expression.

Des boîtes

Le REER (régime enregistré d’épargne retraite) et le CELI (compte d’épargne libre d’impôt) sont essentiellement des boîtes.

Il n’y a pas de taux rattachés à des boites. Ce ne sont que des contenants dans lesquels on peut mettre différentes sortes de placements jugés admissibles par l’impôt.

Par exemple :

  • des CPG (certificats de placement garantis)
  • des obligations d’épargnes
  • des actions de cies négociées en bourse
  • de l’argent comptant
  • des fonds mutuels
  • etc…

Mais ces boites ont différentes capacités et l’argent qui y entre et qui en sort est traité de façon différente.

La boîte REER

Dans la boîte REER, on peut déposer 18% de notre salaire annuel chaque année dedans mais le tout est limité à un maximum annuel (27830$ pour 2020).

Ce qui est cool du REER, c’est que l’argent qu’on met dedans n’est pas imposé au moment de le mettre. Donc supposons que vous gagnez 50000$ brut et que vous mettez 5000$ dans votre boîte REER, vous serez imposé sur 45000$ cette année là.

Une fois l’argent déposé dans la boite REER, vous pouvez acheter des placements admissibles tels que ceux énumérés plus hauts.

Tant que vous laissez l’argent et les placements dans la boîte REER, tous les intérêts, dividendes et toute la croissance de la valeur de vos placements restent non-imposables.

Mais, le jour où vous déciderez de sortir de l’argent de la boîte, l’impôt vous attend et tout sera taxé comme du salaire selon les palliers d’impôt habituels.

Le REER devient donc surtout avantageux pour celui qui paie beaucoup d’impôt présentement (en % de son salaire) et qui croit qu’il en paiera beaucoup moins plus tard (toujours en % de ses revenus).

Comme les retraits du REER augmentent le revenu imposable, ceci peut donner lieu à des coupures de rentes et d’autres avantages fiscaux à la retraite.

Donc, le REER n’est pas toujours avantageux même s’il est alléchant car il procure un retour d’impôt immédiat. En général d’ailleurs, pour réellement maximiser l’avantage du REER, il vaut mieux à la fois investir l’épargne ET le retour d’impôt.

Autre fait important à connaître à propos du REER. À 71 ans, la boite REER doit obligatoirement être complètement vidée dans une nouvelle boîte qu’on appelle le FERR (fond enregistré de revenus de retraite).

On peut mettre exactement les mêmes placement dans le FERR que dans le REER. La différence qui est très importante c’est qu’en gros, le gouvernement vous dit que le party est fini et il vous oblige à retirer (pas le dépenser) chaque année un montant minimim prescrit par la loi de votre FERR et de payer votre juste part d’impôt sur ce revenu. Vous pouvez faire ce que vous voulez de ce retrait.

Ceci augmentera votre revenu familial imposable et vous pourriez alors perdre des avantages fiscaux dont le Supplément de revenu garanti (SRG).

Ça ne veut pas dire de ne pas profiter des avantages du REER, ça veut surtout dire que chaque situation est différente et qu’il faut bien planifier.

Par exemple, il est important de savoir que l’intérêt est imposé comme du salaire au Canada. Mais que les dividendes de sociétés canadiennes côtées en bourse sont avantageusement taxées et qu’on pourrait même gagner plus de 50k en dividendes sans payer un sous d’impôt si c’était notre seul revenu. Il en est de même du gain en capital (acheter une action et la revendre plus cher par exemple) dont 50% seulement du gain en capital devient imposable. Le REER annule tous les avantages fiscaux de ces types de revenus et décrète que tout est imposé comme du salaire et vous payez alors le taux d’imposition le plus élevé de votre braquette sur les retraits. Pour rendre ça avantageux il faut donc avoir bien planifié et maximisé l’effet de l’intérêt composé.

Dernier fait important par rapport aux REER, chaque année vous accumulez des droits de cotisation (18% de votre revenu brut – sauf si vous avez un fonds de pension avec votre employeur). Si vous n’utilisez pas ces droits, ils sont reportés et s’additionnent. Vous pourrez les utiliser plus tard. Ces droits de cotisation sont indiqués sur votre avis de cotisation d’impôt fédéral ou sur mon dossier en ligne de l’ARC.

La boîte CELI

Le CELI est un compte fiscal, une boîte, comme le REER, dans laquelle on peut mettre essentiellement les même placements que ce soit des actions de cies côtées en bourse, des obligations d’épargne, des certificats de placement garantis, des fonds mutuels….

Mais, il y a trois différences majeures entre le REER et le CELI. L’argent que vous allez mettre dans la boîte CELI a déjà été imposé par l’impôt. Vous ne recevrez pas de retour d’impôt lorsque vous cotisez à votre CELI. Finalement, lorsque vous retirerez de l’argent de votre CELI, celui-ci ne sera pas imposé du tout. Ça n’affectera donc pas vos revenus familiaux imposables et ne nuira pas à vos rentes ou autres avantages fiscaux.

Donc, le REER sert à repousser l’impôt dans le temps et le CELI à ne pas payer d’impôt plus tard sur l’intérêt composé fait à l’intérieur de la boîte.

L’un n’est pas nécessairement meilleur que l’autre. Il faut bien calculer et planifier.

Les droits de cotisation au CELI sont de 6000$ pour 2020. Donc, il y a un maximum à ce qu’on peut mettre dans cette boîte. Comme pour le REER, les droits inutilisés sont reportés aux années futures.

Maintenant, si on reprend l’exemple d’une personne gagnant 50k$. Si elle décide d’investir 5000$ dans son REER cette année, elle recevra un retour d’impôt de 37.12% de ce montant soit, 1856$. Si elle a bien lu mon article, elle comprendra que le plus brillant est en général de réinvestir immédiatement ce 1856$. Elle aura donc épargné 6856$ cette année.

Elle sera imposée comme si elle avait gagné 45000$ au lieu de 50k$, paiera donc au total 8645$ en impôt et il lui restera 36355$ net pour vivre.

En comparaison, celui qui décide de cotiser 5000$ à son CELI, s’il gagne 50k$ par an doit d’abord payer 10380$ en impôt. Il lui reste donc 39620$ duquel il soustraiera son 5000$ à épargner. Il lui restera donc 34620$ net pour vivre et il aura épargné 1856$ de moins.

Qui est en meilleure posture???

Les deux boîtes offrent l’avantage de faire croître l’argent à l’abri de l’impôt. Donc, disons que les deux épargnent de façon constante pendant 20 ans et obtiennent 5% de rendement composé, celui qui investit en CELI aura 173596$ non imposable et celui qui a investit 5000$ dans son REER plus son retour d’impôt de 1856$ aura 238,000$ mais imposables. S’il ne réinvestit pas le retour d’impôt, il aura exactement le même montant mais il aura eu plus d’argent à dépenser chaque année pour vivre durant ces 20 ans. Sauf que son 173596$ sera imposable.

Ça vous aide à y voir plus clair et à décider ce qui est le mieux pour vous? Non? C’est normal! C’est vraiment très complexe d’optimiser sa situation fiscale future car il y a beaucoup d’inconnus par rapports aux règles d’admissibilité aux rentes de retraite, au rendement que vous obtiendrez sur vos placements, sur les types de placement que vous prendrez, sur les revenus que vous gagnerez etc

Cela veut donc dire plusieurs choses. D’abord, il est important de commencer à planifier sa retraite, ce qui veut dire de savoir combien épargner et dans quoi en fonction de ses objectifs. Ensuite, que la situation fiscale et les objectifs de chaque personne sont différents. Puis, il est important de comprendre qu’il y a beaucoup de mais et de si et de peut-être et que personne ne pourra complètement les éliminer.

Donc, la conclusion est qu’il faut idéalement (si on ne sait ou si on ne veut pas l’apprendre) consulter un vrai planificateur financier ferré en fiscalité qui tiendra compte à la fois de votre situation financière actuelle, de votre tolérance aux risques, de vos aspirations, de vos objectifs, de votre vision de la succession aussi, de vos besoins en assurance etc etc etc…

Mais bon, je parle d’un bon planificateur financier… pas d’un vendeur…. et malheureusement, les vendeurs ont l’air plus faciles à trouver.

6 Comments

  1. Bazoo
  2. Yan
  3. Sandra

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