Un retour à l’essentiel

On dit souvent que les périodes de crises poussent les gens à retourner à l’essentiel.

Après tout, lorsqu’on est serré financièrement et qu’on a de la difficulté à faire l’épicerie, on a moins tendance à faire du chichi avec les détails comme la couleur de la tapisserie.

Pourtant, le beau a la cote.

En cette période trouble et d’incertitudes, on aime se divertir et se changer les idées.  

Hébergement

Grâce au mois gratuit de Crave, ma copine et moi avons commencé à regarder la très peu intellectuelle, mais ô combien divertissante, télésérie: Vendre ou rénover au Québec.

Grosso modo, on suit l’histoire d’un couple d’un certain âge (X ou baby boomers) vivant à Montréal ou en banlieue et dont l’un des deux veut déménager, car il ne trouve plus sa maison fonctionnelle ou elle manque d’amour alors que l’autre binôme veut rester, mais une fois les rénovations effectuées.

On suit les aventures de notre couple de classe moyenne supérieure visitant des maisons et suivant l’évolution des travaux dans leur demeure avec le suspens du résultat final.

Souvent, le designer attitré au projet décloisonne la maison, ajoute du rangement et on la met au goût du jour.

En regardant la série, quelques éléments m’ont frappés:

1. Ça coûte cher une maison potable près de Montréal!  On voit majoritairement des maisons à vendre entre 350 000$ et 550 000$.

2. Les gens recherchent beaucoup du clé en main. Peu de gens ont envie de faire des petits ou gros travaux.

3.  Une grande cuisine fonctionnelle est un critère qui revient souvent.

4. Les aires ouvertes et la luminosité sont très recherchées.

5. Les gens ont parfois des attentes très élevées ou irréalistes.  Beaucoup de couples recherchent une grande maison récente, tape-à-l’œil, au goût du jour, avec un garage double, avec 3-4 chambres à coucher au même étage, avec une cours aménagée et de l’intimité, près des services, mais à proximité de la nature ou d’un bord de l’eau, près de leur travail et le tout pour pas trop cher… Un chausson aux pommes avec ça?

6. Bien des ménages ont de gros budgets de rénovations, de 65 000$ à 100 000$, et n’hésitent pas à magasiner des maisons qui valent plus que la maison qu’ils habitent actuellement, souvent dans les mêmes proportions que leur budget de rénovations.  On augmente donc l’hypothèque à presque tous les coups. Le piège c’est de devenir prisonnier de sa maison.

Bref, je trouve ça assez fascinant de voir que les humains peuvent dépenser autant d’argent pour avoir un toit sur la tête!

Je pense que la crise actuelle saura modérer un peu les ardeurs de certains pour les comptoirs de quartz, les électroménagers en inox et les foyers d’ambiance.

Alimentation

Mais qui dit essentiel, dit aussi bouffe.

Du côté de l’alimentation, je suis content de constater l’engouement pour la consommation d’aliments locaux et un désir de retour à la terre pour certaines personnes.

L’agriculture intéresse plus de gens que je l’aurais crû à prime abord.  Il me semble que 2020 sera peut-être l’année des agriculteurs.

Make farming great again!

Après tout, lorsqu’on vit en situation d’incertitude au niveau des approvisionnements de denrées et d’essentiels, on a tendance à feeler doux et à faire des beaux yeux aux gens qui peuvent mettre du manger sur notre table!

Mais ce que je remarque aussi, c’est un intérêt pour les paniers de fruits et légumes provenant de producteurs locaux.  À titre personnel, c’est un modèle d’agriculture à échelle humaine que j’apprécie bien.

Si vous souhaitez vous abonner à un service du genre, je vous invite à consulter le répertoire des fermiers de familles pour identifier ceux près de chez vous. Ne tardez pas trop!

Cependant, je crois que si vous êtes en mesure de vous faire un grand jardin et de produire vous-même votre nourriture, vous avez une longueur d’avance sur les autres, car vous serez partiellement indépendant.  Et moins vous dépendez des autres pour combler vos besoins primaires, plus vous serez libres.

Pour ma part, je recherche la liberté financière, mais également la liberté alimentaire notamment. 

Petite parenthèse, mais l’autonomie énergétique ou l’utilisation de plusieurs sources d’énergie est également une avenue intéressante.  Si vous avez une forêt boisée, vous pourriez faire de la coupe sélective de certaines essences de bois dur pour chauffer votre maison.

Le retour à la terre se veut essentiel dans une perspective de renouer avec la base.  Savoir produire sa nourriture et la cuisiner, c’est fondamental.

Vous savez, je ne suis vieux que d’une 30 aine de printemps ou presque et j’ai encore, bien humblement, beaucoup de choses à apprendre et à découvrir.  

J’ai cependant pu expérimenter quelques modèles d’agriculture jusqu’à présent et j’ai mes préférences.

Je suis tombé en amour avec l’agriculture lorsque j’avais entre 6 et 11 ans et que j’ai travaillé avec mon grand-père.  À sa maison, il avait un grand jardin où il faisait pousser de tous les légumes, avec également des arbres fruitiers et un petit champ de maïs sucré sur son terrain.  Il vendait tout ça à un petit kiosque chez lui devant sa maison et les gens du village venaient acheter leurs légumes frais cueillis du jour. Il avait ses réguliers.  C’était très convivial et familial comme ambiance.  C’est un modèle d’agriculture que j’aime beaucoup.

Par la suite, entre l’âge de 12 à 16 ans, j’ai travaillé pour un petit producteur maraîcher diversifié des environs avec plusieurs autres jeunes de mon âge.  Il y avait plusieurs tâches à effectuer, mais c’était essentiellement de la cueillette de petits fruits et du sarclage durant l’avant-midi.  Ce qui était quand même plaisant c’était l’effet de groupe.

Ce fût mes deux plus belles expériences de travail.

Bref, si vous aimez l’agriculture, le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est de vous diversifier dans votre production de fruits et légumes et de garder votre production à une échelle de subsistance pour vous et votre entourage parce qu’à partir du moment où vous grossissez la production, vous grossissez aussi les coûts, le travail, les équipements requis et ça fini par devenir davantage un travail qu’un amusement.

Pour ma part, j’opterais également pour l’implantation de cultures durables demandant relativement peu d’entretien.  Lorsque vous implantez des arbres ou des arbustes fruitiers que ce soit des framboisiers, des bleuetiers, des pommiers, des vignes, vous en avez pour plusieurs années à récolter les fruits. L’effort initial rapporte longtemps.

Si vous avez des érables sur votre terrain, ça peut aussi être amusant d’entailler quelques érables à sucre et érables rouges (plaines).  L’eau d’érable consommée fraîche est très bonne, même si elle ne se conserve pas très longtemps.  Si vous voulez la faire bouillir et la transformer en produits d’érable à 104 degrés Celsius, vous en ferez du sirop d’érable à 112 degrés Celsius du beurre d’érable et à 114.4 degrés Celsius de la tire d’érable! Miam miam!

Voyez-vous, je ne vous ai pas encore parlé d’animaux d’élevage, car ça ne fait pas vraiment parti de mon quotidien.  J’ai déjà été exposé à la réalité de ces fermes et nous avons déjà eu des poules, chèvres, oies, lapins et cochons à la maison lorsque j’étais jeune, mais ça demande tellement de soins au quotidien, à chaque jour, qu’il faut bien y penser avant d’avoir des animaux, car c’est relativement exigeant puisque vous travaillez avec du vivant!

Si vous êtes un Charles de Shawinigan dont le principal passe-temps consiste à vous enfoncer un coton tige le plus loin possible dans l’oreille et que vous en faites une compétition avec votre cousin le plus consanguin, l’élevage d’animaux n’est peut-être pas fait pour vous!

Si vous voulez lire un vieux livre qui parle de notions et connaisances de base dans l’agriculture d’antan, je vous recommande le livre du colon que Bazoo nous a présenté sur le forum Liberté Finance.

L’erreur que trop de gens font en agriculture, c’est de ne pas avoir la marge de manœuvre financière pour supporter ses ambitions.  Les grosses entreprises investissent beaucoup en terres, machineries, bâtiments, intrants, main-d’œuvre, fertilisants, pesticides, énergie, etc. mais ont parfois beaucoup de pertes au champ ou en entreposage et ne sont pas capable d’avoir un prix de vente adéquat, donc une bonne mise en marché en retour pour écouler leur production.

C’est facile de produire des aliments, mais c’es beaucoup plus difficile de le faire à grande échelle, à moindre coût, avec un bon rendement et peu de pertes ainsi qu’à un bon prix de vente!

Pour ce faire, il faut avoir de la valeur ajoutée et ça peut passer par le contact que vous avez avec le client, des variétés et des cultivars différents, de la transformation créative de produit, des formats particuliers, de la production biologique ou sans intrants chimiques, etc.

Rendu là, votre imagination est votre alliée la plus précieuse.

L’important c’est surtout de vous amuser en produisant des bons aliments!

À vos fourches!

5 Comments

  1. Kimber

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