Relativiser les études

On entend souvent dire à quel point c’est important d’aller à l’école longtemps.  C’est une idée très tenace et fortement colportée de la génération précédente à la suivante.

En fait, depuis la Révolution Tranquille, via la démocratisation de l’enseignement, l’éducation est extrêmement valorisé dans notre modèle social québécois pour que les canadiens français puisse accéder à des postes d’importance bien rémunérés au sein de la société.

Étant issus de la génération Y, ayant un rapport différent avec la hiérarchie et l’autorité, je n’ai jamais connu cette époque du patron anglais dirigeant d’une grosse usine qui donnait des cacahuètes aux travailleurs francophones en échange de leur longues heures de labeur, dans des conditions précaires, difficiles et dangereuses. Conséquemment, je n’ai jamais eu de ressentiment ou sentiment d’infériorité envers les anglophones, car ça date d’une autre époque pour moi.

Par contre, une chose dont je suis persuadé, c’est que l’humain cherchera toujours à tirer parti pris des ressources se trouvant sur la planète, incluant les autres individus de son espèce, de même nationalité ou pas et le capitaliste cherchera toujours à tirer avantage du labeur du travailleur à son avantage.

Dans certaines société plus développées, cela se fait encore de façon un peu plus sournoise ou cachée, à demi-couvert et des mesures pour donner un rapport de force au travailleur peuvent être mises en place (ex: syndicats), mais la résultante demeure la même.  Celui qui contrôle les capitaux et créé un système nommé  » entreprise  » contrôle le travail et par la bande les bénéfices qui en résultent.

Pour certaines personnes, l’intelligence se mesure par le nombre d’années passées sur les bancs d’école et le nombre de diplômes récoltés.

Il faut se le dire, les études, ce n’est pas fait pour tout le monde!

Certains s’en tirent à merveille les doigts dans le nez alors que d’autres galèrent rapidement.  En somme, les gens apprennent de différentes façons et à des rythmes variables.

Parmi les gens les plus studieux et ceux qui ont la meilleure capacité de rétention de l’information, donc une facilité à faire des apprentissages,  certains vont viser des professions en apparence nobles et prestigieuses.  

Dans la majorité des cas, on a en tête des professions libérales qui sont régies par un ordre professionnel et un code déontologique.

Parmi ces professions, je pense notamment aux médecins, aux avocats et aux enseignants (ces derniers n’ont pas d’ordre professionnel au Québec).

Ce sont des métiers quand même importants dans une société, car ces gens contribuent à éduquer, soigner et défendre la population.

Dans une société civilisée, évoluée et démocratique, ce sont des piliers importants et de grands vecteurs d’égalité entre les individus.  

Simplement au niveau du budget collectif, ces postes de dépenses accaparent tout près de 75% de l’enveloppe budgétaire provinciale, particulièrement pour la santé et l’éducation.  C’est très significatif!

Or, le chemin pour arriver à destination et obtenir des perspectives d’emplois intéressantes dans ces trois professions est loin d’être simple et facile.

Dans le cas des avocats, après environ 6 d’études postsecondaires incluant le stage et une fois l’examen du barreau réussi, ils se retrouvent souvent à occuper un poste de laquais, peu rémunérateur, au bas de l’échelle, pour des grands bureaux d’avocats bien établis.  Travailler à 25 000$/an en commençant, une fois toutes ces études complétées, avec des dettes accumulées, ce n’est pas la joie! Et il y a aussi toute la question de devoir parfois défendre des causes qui ne sont pas en adéquation avec ses valeurs personnelles ou bien des individus qui font parti de ce que l’humanité à de pire à offrir.

Pour ce qui est des enseignants, après les études postsecondaires pouvant atteindre plus de 6 ans, ils en ont souvent pour plusieurs années à occuper des postes temporaires et courir d’un mandat à un autre avant d’obtenir une permanence d’emploi dans une école.  Qui plus est, avec des classes de plus en plus bondées d’enfants issus de différentes origines ethniques et confessions religieuses diverses en plus de tous les enfants avec des troubles d’apprentissage et d’autres aux multiples allergies, ce n’est pas toujours facile pour eux d’enseigner la matière tout en tenant comptes des particularités de tous et chacun, de devoir jouer un double rôle d’éducateur et de psychologue/motivateur.

Concernant les médecins, on parle ici d’un parcours du combattant au niveau scolaire avec entre 9 et 12 ans d’études postsecondaires et stages pour arriver à décrocher le diplôme selon si vous faites médecin de famille ou médecin spécialiste.  Ça demande une charge de travail incroyable et perpétuelle.  De plus, au bout du compte, peut-être se retrouveront-ils à aller travailler en région éloignée quelques temps, loin de leur famille et amis.  Et je ne vous parle même pas des autres membres du personnel soignant, comme les infirmières, qui sont épuisées et à bout de souffle par le temps supplémentaire obligatoire! Dans leur cas, c’est une abberation.

Voyez-vous, il y a une problématique assez claire au niveau du parcours et/ou des débouchés pour des professions qui sont socialement utiles et très valorisées dans l’imaginaire collectif, alors que ce sont des métiers ayant de nombreuses contraintes et des désagréments à plus ou moins long terme sur sa propre santé et vie familiale.

Par ailleurs, qui dit longues études, dit aussi endettement étudiant conséquent et risque accru d’abandonner en cours de route ou de ne pas réussir à toutes les étapes. Une fois rendu sur le marché du travail, si l’emploi ne nous convient plus ou bien si on s’en lasse, alors on fait quoi?  On recommence un autre cycle de 3 à 5 ans d’études dans un autre domaine?

De l’autre côté du spectre, vous pouvez effectuer un DEP en plomberie et chauffage, en électricité, en charpenterie menuiserie, en soudage-montage et en mécanique automobile d’une durée de 1 an ou 18 mois avec des taux des placements avoisinant les 100% et de très bons salaires à la clef!

Ce ne sont pas des métiers qui sont toujours perçus comme nobles, mais ils sont certainement utiles et peuvent vous donner une belle qualité de vie également!

Alors si vous avez des enfants, peut-être y réfléchir à 2 fois avant de tenter de les influencer à aller dans une avenue plutôt qu’une autre en tenant compte de ces divers facteurs.

Il faut aussi dire qu’à notre époque, sans les contraintes de la langue et avec la mondialisation, les possibilités d’étudier dans de très nombreux domaines, ici ou à l’étranger, peuvent venir brouiller les cartes. Trop de choix tue parfois le choix.

Et ça peut rapidement devenir mêlant pour un jeune de 16-17 ans qui pense parfois plus à faire la fête et voir ses amis que prendre des décisions aussi importantes et lourdes de conséquences pour son avenir.

Personnellement, je suis rendu à viser la réalisation de travail me procurant davantage un sentiment de liberté et d’accomplissement personnel. Je n’aime pas avoir de patron et je veux que mon travail aille un sens concret. Par la bande, j’ai trouvé une façon de faire de l’argent avec ça également.

Bref, chaque personne ayant les aptitudes et capacités de le faire devrait songer à monter son propre système selon ses objectifs personnels.

C’est juste que tout n’est pas  » si simple que ça  » et que ça demande quand même une certaine dose de réflexion!

De votre côté, avez-vous des expériences à partager?

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