Mon concept de l’anti-prenariat

On entend souvent parler d’entrepreneurs à succès, de visionnaires. On les passe en entrevue, on fait des podcasts sur eux, on en fait des dragons.

Ils visent à voir leur produit faire fureur en Chine ou en Europe, voire à travers le monde. Ils veulent bâtir un empire, se hisser à la tête d’une multinationale colossale.

Ce sont des bâtisseurs…

C’est inspirant, c’est beau à entendre et à voir… mais moi, je m’en sacre totalement… j’ai perdu intétêt et la seule chose qu’ils m’inspirent c’est qu’ils ont un fort besoin de reconnaissance et j’aimerais surtout entendre parler de leur enfance et comprendre pourquoi ils se sentent le devoir de se lancer à la conquête du monde, de l’argent et du pouvoir comme si ça allait de soi.

Rien à foutre de devenir Kull le conquérant, Péladeau, Getty, Ray Crock ou Musk… je ne vois vraiment pas l’intérêt de passer ma vie à bâtir un empire, d’être reconnu comme un grand capitaliste qu’on appelle monsieur, d’aspirer à voir mon nom et ma marque dans les annales, de posséder des milliers d’employés de gagner 1200 fois leur salaire moyen…

C’est bien cool, mais ce n’est pas un besoin viscéral que j’ai. Je n’aurai pas le sentiment d’avoir échoué ma vie si je n’arrive pas à laisser ma trace dans l’histoire.

Je ne ressens pas le besoin d’avoir ce genre de reconnaissance. De toute façon, ce n’est juste pas en moi.

Et j’avoue que depuis que j’ai lu Walden de Henry David Thoreau et Comment devenir libre dans un monde qui ne l’est pas de Harry Browne, je me suis rendu compte que l’humain se casse ben trop le pompon pour rien… On n’a pas besoin de grand chose pour être heureux au fond et devenir un « vrai » entrepreneur, c’est vraiment de se mettre beaucoup de pression sur les épaules… pour arriver à quoi au final?

Je vise la liberté financière à un jeune âge. Mes besoins sont simples, mes attentes peu élevées…

Il y a d’autres formes de richesses qui m’intéressent : la richesse intellectuelle, d’expériences de vie, en amour et en amitié…

Une autre forme d’entreprenariat m’intéresse alors davantage, celui qui prend le moins de temps possible et qui génère suffisamment de revenus (idéalement passifs) pour subvenir à ses besoins, le tout, en créant de la valeur pour les autres.

Moi ce sont ces entrepreneurs là qui m’inspirent. Si j’avais à être entrepreneur, ce serait cette voie là que je suivrais.

Mon objectif serait « comment générer 100-200$ par jour en le moins de temps possible et idéalement sans avoir à ne rien faire » puisque les revenus seraient récurrents.

J’appelle ça l’anti-prenariat ou encore le paresseux-prenariat!

Tim Ferris en a jeté certaines ébauches dans son livre « la semaine de 4h ». Si on laisse de côté certaines de ses pratiques plus discutables comme le géo-arbitrage, certains de ses concepts sont quand même intéressants.

Pourquoi c’est gens là m’inspirent?

Parce que je trouve vraiment dommage que l’essentiel des humains passent leur vie à vouloir générer quelque chose d’intangible qui n’a aucune valeur intrinsèque :  de l’argent.

On le voit en ce moment avec la débâcle boursière… l’argent n’existe pas réellement… et beaucoup beaucoup beaucoup d’argent vient de disparaître comme par magie à cause de la peur qu’engendre un virus…

Est-ce que gagner de l’argent est donc la seule et unique raison de vivre?

Pouvoir et argent? Argent et pouvoir? Vanité? Reconnaissance? Narcissisme?

Quand j’ai fondé ce site, je m’intéressais beaucoup aux hommes riches. Je lisais leurs biographies, je les enviais. J’essayais de comprendre comment les imiter.

J’ai fini par me rendre compte que je ne voulais vraiment pas de leur vie. Créer des problèmes et les résoudre. Créer d’autres problèmes et les résoudre… Créer toujours plus de problèmes et engager de plus en plus de monde pour m’aider à les résoudre.

Devenir quelqu’un « d’important » (pour qui?)… Souvent ces gens importants négligent leurs femme et enfants qui finissent par les détester et détester leur empire…

Ces roitelets des temps modernes ne m’inspirent plus. Ils me font en fait pitié. Car je crois que l’accumulation de pouvoir et richesses à l’infini, comme si « assez » n’existait pas, est une quête inutile, vide de sens qui fait passer trop de gens à côté de ce qui est réellement important : la vie.

C’est court la vie. Ça passe vite la vie. Et ça peut s’arrêter n’importe quand la vie…

Aujourd’hui, j’ai passé la journée à travailler en jouant avec mes enfants en alternance. J’ai pu tenir ma fille dans mes bras en lui lisant une histoire, construire un château de méga blocks avec mon fils en vidant le lave-vaisselle. Répondre aux questions des employés en voyant mes enfants s’amuser ensemble à faire de la plasticine.

Pendant ce temps là, mon argent fondait à vue d’oeil sous l’effet de la peur généralisée… mais l’amour de mes enfants, lui reste intact. Ça c’est du solide, du tangible. Des bisous, des sourires, des fous rires!

Pour moi c’est ça la vraie richesse et tout ce qui me permettra de passer plus de temps à faire ce que j’aime avec les gens que j’aime, ça vaut plus que tous les milliards de la terre, ca vaut plus que n’importe quel cocktail avec le « gratin » international, ça vaut plus que n’importe quelle déférence d’un employé qui me considérerait comme un VIP.

Personnellement, j’en suis venu à considérer la surambition de domination capitaliste et d’accumulation de richesses comme une maladie mentale à soigner.

Ces gens qui se calissent de tout et tout le monde, des animaux, de la flore, de l’air et de l’eau pour leur vanité personnelle me puent au nez… Je demeure un hypocrite en l’occurence car je surf sur leurs créations pour me libérer de la rat race, j’en suis conscient… mais ils ont créé la rat race pour nous exploiter et le seul moyen facile d’en sortir, c’est de devenir un peu comme eux… Reste que je ne les envie pas.

Je trouve aberrant et inacceptable de constater que quelques milliers de personnes possèdent autant de richesses que tous les autres humains de la terre. Ne se sentent-ils pas mal de laisser tous ces gens crever de faim, de soif, de misère? Ne se sentent-ils pas mal de les laisser perdre leur vie dans la rat race en tant qu’esclaves-salariés? Est-ce donc la seule chose à quoi nous sommes utiles nous les humains? À produire des cochonneries qu’on sacrera en grande majorité dans les poubelles d’ici 1 à 10 ans pour que quelques milliers de roitelets se la pètent dans les médias, sur des yachts ou des îles privées à regarder le peuple de haut?

J’ai honte pour eux.

Quand j’aurai atteint la liberté financière, je resterai un anti-preneur et toute activitée d’entreprenariat dans laquelle je me lancerai par la suite ne sera qu’une activitée à petite échelle pour le plaisir ou pour agrémenter quelque peu mes revenus et pour apporter de la valeur aux autres. Il est probable que je participerai à des projets sans but lucratif juste pour le plaisir de contribuer.

Je laisse le soin aux fous de bâtir des empires. Bâtir ma propre liberté financière sera mon oeuvre capitaliste à moi et elle me suffira à moi-même.

Quand j’arriverai sur mon lit de mort et que je ferai le bilan de ma vie, je regarderai l’impact que j’ai eu autour de moi, sur mes enfants, mes petits-enfants peut-être, sur ma famille, ma femme, mes amis, mes voisins… Et je mesurerai le succès de ma vie en me basant sur mon bonheur et sur celui que j’aurai apporté autour de moi. Et si ce bilan est positif, je mourrai alors l’homme le plus riche du cimetiere!

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