Les dangers d’avoir une job payante

Dans cette société, la plupart des gens souhaitent avoir une job payante. Gagner 500-1000$ voir 2000$ de plus par mois offre de nombreuses possibilités après tout.

Mais il y a des pièges à avoir une job payante.

La complaisance

Le piège le plus important à mon avis c’est la complaisance. On continue à être un esclave-salarié car la cage est dorée.

Pourquoi changer une recette qui fonctionne?

Moi, par exemple, j’ai maintenant une job que je peux qualifier de « payante ». Cette année, je devrais gagner environ 118k pour 37.5h semaine avec 5 semaines de vacances payées. Ça commence à être quelque chose!

Pour être honnête, je n’aurais jamais cru gagner autant un jour.

Ce travail me permet non seulement d’épargner beaucoup, il me permet aussi de ne pas trop regarder la dépense.

Je suis devenu complaisant…

Pourquoi investir en immobilier? Je gagne déjà de bons revenus… sans le trouble de gérer des immeubles…

Pourquoi lancer une entreprise? L’an prochain je vais gagner 5000$ de plus selon mon échelle salariale…

Ma vie n’est pas parfaite mais ça roule bien. D’ici quelques années j’aurai atteint la liberté financière en gardant le status quo. Alors pourquoi prendre le risque de prendre des risques?

Ce n’est pas nécessaire.

Une job payante peut devenir un boulet qui commande l’inaction.

Je regarde notamment aller mon ami Barberiche du défunt blog Barberiche.com qui a eu le guts de lâcher son emploi pour se dédier à 100% à bâtir sa fortune (car comme je l’ai souvent constaté, on prend sa retraite puis on devient riche) et je me dis qu’il y a un coût potentiel de renonciation important à garder le status quo.

Garder le status quo, c’est facile. Mais, ça encadre fortement les possibilités. Et ça limite ici ce qu’on peut faire de notre temps.

Les impacts fiscaux

Plus on gagne en tant que salarié plus on paye d’impôt.

C’est pas sorcier. Je paie au moins 36k$ d’impôt, je n’ai pas droit au crédit de solidarité, au remboursement de tps/tvq et je perds des allocations familiales. Une fois le tout aplani, les écarts ne sont plus si grands que lorsqu’on compare des salaires bruts.

Si je gagnais le même revenu dans une entreprise qui m’appartient, je pourrais mieux contrôler mes impôts et maximiser mes allocations familiales notamment.

À la merci des politiques monétaires

Le salarié gagne de la monnaie de singe.

Que vaut un billet de 20$?

Sa valeur intrinsèque est nulle… c’est un bout de plasto-papier qui ne sert à rien sauf porter la valeur nominale qu’on imprime dessus.

Il n’a de valeur que celle qu’on lui accorde… car on a confiance en la devise.

En ce moment avec 20$ on peine à s’acheter un repas au resto. Si l’inflation grimpait, possible que 20$ ne serait même plus assez pour s’acheter une boîte de céréale.

Les taux et la politique monétaire en général influcencent la valeur de l’argent. Nous sommes donc à la mercie de ces politiques.

Et le salarié investit en général dans des actifs qui ne retiennent pas la valeur tels qu’une maison unifamiliale (valeur fortement influencée par les taux, l’inflation et l’emploi à proximité), une voiture (se déprécie à vitesse grand V), des CPG qui ne retiennent que la valeur nominale et ne protègent pas contre l’inflation ou la dévaluation du dollars, la bourse (fortement influencée par les taux)…

Le salarié est à la mercie du système capitaliste.

Le capitaliste investit au contraire dans le contrôle des ressources. Ainsi, peu importe l’état de la valeur d’un billet de 20$, celui qui contrôle la ressources en contrôle son prix jusque dans une certaine mesure et il est donc potentiellement moins à risque.

Si l’inflation monte, il charge plus cher pour la couvrir, voilà tout.

L’inflation du mode de vie

À force de cotoyer des collègues qui ont le même salaire, on entend bien sûr parler de maisons à 500k, de voyages à 15k pour une ou deux semaines, de vêtements dispendieux, de restos dispendieux, de voitures luxueuses.

L’humain apprend beaucoup par imitation. Il est un animal grégaire et aime en général faire partie de la tribu… Il y a un réel risque à faire de l’inflation dans son mode de vie pour faire comme les autres.

Un gros salaire donne de grandes possibilités, dont celle de dépenser à outrance

Le jugement et le regard des autres

Ma femme est allée s’ouvrir la trappe sur mon salaire à ses amies et sa famille… elle avait besoin de se sentir « admirée » j’imagine…

Sauf que les gens n’admirent pas. Ils jalousent. Et depuis qu’elle a fait ça ils jugent mes moindres décisions comme « comment ça que son sous-sol n’avance pas, il gagne 120k par année, il a juste à payer quelqu’un!!! ».

Pour eux je gagne 120k, pas 120 – 36k d’impôt – 12k de fonds de pension – 6k d’assurances = 66k net.

Ça reste un bon salaire. Mais quand on a des objectifs de vie urgents qui nécessitent beaucoup d’épargne et un remboursement accéléré de beaucoup de dettes (j’avais plus de 200k de dettes au départ et 6 ans plus tard il m’en reste pour 50k), 64k (que je suis loin de gagner depuis longtemps d’ailleurs) ça passe vite.

Et moi je ne suis pas du type à prendre les choses comme ça pour acquis. J’ai perdu ma job cette année et ça fait plusieurs fois que je risque fortement de la perdre depuis quelques années. En changeant d’employeur je pourrais facilement me retrouver avec une correction massive de mes revenus.

Quoiqu’il en soit, ce que je fais ou ne fais pas de mon argent m’appartient mais j’ai remarqué, depuis que je gagne plus d’argent, que les gens ont la jalousie et le jugement plus facile. Pour eux, t’es juste un cave si tu ne te sers pas de ton argent comme s’il était infini pour que les autres fassent tout à ta place.

Ils pensent que gagner 120k brut c’est être millionnaire.

Quand je me suis fait engager chez cet employeur en 2009, je gagnais 57k par an et au net ça me donnait grosso modo 44k clair. Je n’avais pas d’assurance et de fonds de pension à payer… au final j’aurai plus que doublé mes revenus bruts pour gagner 20k de plus. Ici on redistribue l’argent des « riches »… pas des vrais riches on s’entend, mais l’argeng des « hauts » salariés.

Comme j’épargne ce 20k depuis 2013, je n’ai pas plus de moyens que j’en avais il y a 10 ans…

Mais ça, les gens ne le comprennent pas. Ils ne comprennent notamment pas pourquoi j’épargne alors que j’ai un fonds de pension… bref.

Le jugement et la jalousie des autres est un autre piège du haut salariat.

Ils ne m’en parlent plus en pleine face car j’en ai ramassé solide quelques uns, mais ils en parlent dans mon dos et à ma femme qui parfois semble penser comme eux…

Au final, je n’écris pas cet article pour me plaindre, je suis bien heureux de mon sort. J’ai travaillé fort pour me hisser à des postes payants et j’essaie de maximiser cet avantage. Mais j’essaie plutôt de dire que gagner plus ne te rends pas automatiquement plus riche. Le sociocapitalisme dans lequel on vit redistribue beaucoup cette forme de richesse à la collectivité et pénalise le succès.

L’impôt progressif est ridiculememt échelonné. Les vrais riches ne font même pas parti de l’échelle.

À parti de 250k tu as 53% d’impôt… voilà tout.. que tu gagnes 300k ou 300 millions il n’y a plus de progression. Mais entre 12 et 100k, la progression est fulgurante passant de 12 à 46% de tes revenus supplémentaires qui partent à l’impôt. L’impôt progressifs c’est pour les pauvres. C’est une sorte de communisme pour la plèbe. Tu penses être ben plus hot que les autres car tu gagnes plus que 100k mais la réalité est que ta richesse supplémentaire, ton « avantage » est marginal et tient plus de l’apparence que de la réalité.

On te permet de faire plus de levier sur ta consommation. Tu peux emprunter plus et donc t’acheter des choses plus chères, mais tu vas juste en baver plus à les payer car on te qualifie avec ton revenu brut mais au final, tu paies avec ton revenu net.

13 Comments

  1. Librocito
  2. Dboy
  3. BarbeRiche
  4. Naïm

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