La liberté avec des enfants

Nul doute que des enfants ça change une vie. Je souhaite ardemment récupérer le plus rapidement possible ma liberté. Or, avoir des enfants ne rend pas les choses si simples.

Non content d’enfermer les hommes dans le 9 à 5, la société y enferme aussi sa progéniture, souvent dès son plus jeune âge de nos jours avec l’avènement des garderies.

Alors, la question se pose, supposons que je me libère à 43-45 ans de la rate race, mes enfants auront alors plus ou moins 7 et 9 ans et ils seront pile dedans… Comment pourrai-je alors être libre de ce foutu 9 à 5, si mes enfants y ont les deux pieds dedans???

Ce système est un sacré fléau. A priori, chaque fois qu’on tente de s’en sortir quelque chose nous y ramène. C’est comme si on te disait « je te coupe la main droite ou la main gauche? car d’une façon ou d’une autre, je te couperai une main… »

Je déteste le 9 à 5. J’ai toujours détesté le 9 à 5 et je détesterai toujours le 9 à 5. Alors pourquoi est-ce que j’envisage d’y précipiter mes enfants?

Je pourrais faire d’autres choix.

Les alternatives ne sont pas nécessairement nombreuses mais elles existent même s’il est clair qu’elles viennent avec leurs conséquences, positives et négatives.

Ce que je trouve dommage dans notre société c’est qu’il y a plusieurs débats, mais que ces débats portent pas mal exclusivement sur la forme, pas sur le fond.

Par exemple, on va parler d’ajouter une récréation à l’école, du salaire minimum à 15$ de l’heure, de la semaine de 4 jours potentielle, des congés parentaux…

Mais, on ne parle pas des concepts fondamentaux de notre société… pourquoi l’école à temps plein? Pourquoi le concept de corporation à responsabilité limitée qui écrasent et opressent tout le système? Pourquoi même parler de semaine de travail au lieu de parler de résultats? Moi si j’avais un employé je me calisserais bien de combien d’heures il fait, tant qu’il livre ce que je lui demande dans les temps et de bonne qualité.

En fin de compte, on n’y apprend pas grand chose à l’école de 5 à 16 ans… L’ecole sert alors de grosse garderie pendant que les parents travaillent…

Mon plus vieux a 4 ans. Je peux maintenant dire avec confiance qu’il sait compter jusqu’à 10 (et plus) et qu’il comprend ce que ça représente en terme de quantité. Il sait faire des opérations de base sur les chiffres de 1 à 10 (addition/soustraction, plus grand et plus petit, égal) et on a commencé la phonétique lentement mais sûrement.

Il rentrera en 1ère année le 3e mois de septembre qui vient soit dans un peu plus de 2 ans et demi… Je pense que d’ici là, il saura lire, écrire et compter de façon convenable.

L’école n’est pas la seule façon d’apprendre. Un parent patient, imaginatif et attentionné peut faire le même travail.

Évidemment, tôt ou tard, ça va se complexifier. Il n’y a rien que je ne pourrais pas enseigner (chimie, physique, maths allant jusqu’à 536) jusqu’en secondaire 5 avec un peu de volonté. Mais après… c’est certain que non.

Donc en termes académiques, que je leur enseigne avec ou sans support externe, je pense qu’on pourrait très bien s’en tirer jusqu’à 16 ans pour ce qui est de la scolarité minimale en tant que tel.

Sauf qu’il y a des choses que je ne peux pas enseigner. Il faut les vivre.

Vivre avec sa génération. Comprendre ce qui anime les jeunes de son âge. Comprendre les dynamiques de groupe, l’autorité et ce qui arrive quand on ne la respecte pas, l’hypocrisie, les jeux de pouvoir, les cliques, vivre le rejet, avoir peur ou être content d’aller rejoindre ses pairs.

En toute conscience, je ne me vois pas priver mes enfants de ces  apprentissages très importants. Mais, même en le vivant depuis leur tout jeune âge, beaucoup d’adultes ne comprennent toujours rien aux dynamiques de groupe et ça se répercute dans leur carrière par la suite car ils ne comprennent rien aux jeux politiques qui ont lieu dans les corporations dont ils sont les employés.

Alors même avec l’expérience, il n’y a que l’introspection, l’analyse et parfois de bonnes petites discussions de rétroaction qui peuvent permettre de bien assimiler et comprendre ce qui se passe autour de soi.

Je ne pense pas que je ferai l’école à la maison à temps plein.

Je ne pense pas que je les enverrai à l’école à temps plein non plus.

Je pense à quelque chose d’hybride.

Ils seront inscrit à l’école, mais on risque de partir en milieu d’année pendant une certaine période durant laquelle on s’éduquera sur la route.

Difficile de bien entrevoir tout ça à ce stade, mais ça mijote beaucoup dans ma tête depuis que ma femme est tombée enceinte il y a de cela plus de 4 ans déjà…

La liberté avec des enfants, je suppose que c’est possible… dans une certaine mesure!

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