L’avenir n’appartient pas aux ambitieux!

Plus j’avance dans ce voyage vers la liberté financière, plus je me rends compte que la seule chose qui brime réellement et durablement ma liberté, c’est moi-même.

Je suis mon geolier et mon bourreau parce que j’ai écouté ce que la masse avait à dire sans remettre le tout en question et sans réellement admettre qu’il y avait des alternatives par centaine ou par millier à la vie que j’ai choisi de vivre.

En tant qu’être vivant, il y a deux besoins essentiels que nous devons combler pour nous maintenir en vie. Soit, se nourrir et se protéger des intempéries (conserver sa chaleur).

La nourriture sert à bâtir le corps, le réparer et à produire la chaleur et la force musculaire qui nous permet de se mouvoir.

L’abri sert à conserver cette chaleur, à nous protéger du froid, des intempéries et des prédateurs.

Les animaux comblent ces besoins sans avoir à travailler 40h semaine pendant l’essentiel de leur vie… Les hommes préhistoriques et même les aborigènes y sont aussi arrivés.

L’homme moderne… est un idiot… assoifé de satisfaire son égo fragile ou démesuré, il se place lui-même en situation précaire et construit autour de lui une belle cage d’objets divers accumulés grâce au temps qu’il passe à gagner de l’argent.

Quand on regarde les technologies du 19è siècle, elles offraient essentiellement tout ce qui était nécessaire au bonheur et au bien-être.

Je ne dirais pas que la vie n’est pas moins pénible aujourd’hui. Nous avons des luxes et commodités qui sont pratiques comme l’électricité, l’eau courante, des moyens de voyager partout sur la planète et de communiquer instantanément ou presque avec quiconque dans le monde.

Mais la question est… est-ce que tout cela en vaut le coût?

Je ne connais personne à l’extérieur du Canada et même ici dans ma ville, je dois connaître à peine 0,0001% des gens… Qu’est-ce que j’en ai à foutre au fonds de pouvoir parler à Babuscha en Guinée ou ben à Binh Nguyen au Vietnam? J’sais pas c’est qui et honnêtement, ça change quoi?

Un puit artésien, une toilette à compost… tout cela ferait le travail. A-t-on réellement besoin de toutes ces infrastructures terriblement coûteuses à entretenir?

Il y a eu une grosse panne au Québec il y a peu… je n’ai pas de poêle à bois chez moi… j’ai perdu toute la nourriture que j’avais au congélateur et dans le frigo… la tv n’était plus que bibelot inutile comme tous les autres électro-ménagers… Il n’y avait plus de lumière, plus d’eau chaude… plus de four pour la cuisson… un poêle à bois ca ne tombe pas en panne.

Nous sommes devenus dépendants de ces systèmes extrêmement coûteux qui nous forcent à des paiements mensuels, qui nous forcent à travailler pour gagner de l’argent.

Car même une fois que la maison sera payé, j’aurai encore pour au moins 7000$ par an de charge qui croîtera au moins aussi rapidement que l’inflation à assumer… (hydro Québec et taxes foncières).

Je me suis lancé dans cette vie à cause de l’ambition. On recommandait que je sois bon à l’école, que je gagne bien ma vie, que j’aie des promotions, une bonne job, une belle maison, une piscine, une voiture, que je voyage etc…

Plus on en a, plus on en veut.

Mais à travers tout cela, j’ai perdu ce que j’avais de plus précieux! Mon temps de vie, ma jeunesse, ma liberté! J’ai perdu tout ça à courrir après une chymère, puis une autre et encore une autre… pensant chaque fois que le bonheur était au prochain tournant, à la prochaine promotion…

Une fois qu’on est au chaud et à l’abri des prédateurs, le besoin de l’abri est comblé. Plus d’abri ne comble pas plus le besoin.

Il en est de même en tout. Une fois l’estomac rempli, plus de nourriture n’apporte pas plus… au contraire, ça peut même commencer à nuire.

Depuis le 19e siècle, nous avons été plutôt ingénieux à tenter d’améliorer tous les gadgets autour de nous pour les rendre plus ergonomiques, plus technologiques mais au final, y avons-nous gagné au change?

Un bodum, ça ne coûte pas cher et ça fait un excellent café par exemple. Certes une Keurig fait un café plus rapidement, mais ça coûte 10 fois le prix et ça consomme de l’énergie ($), sans compter que le coût de chaque café est probablement 10 fois plus cher en plus d’être moins raffiné et de laisser derrière un autre bout de plastique.

Les quelques secondes gagnées par café, il faudra les payer au centuple en temps de travail pour assumer la différence de coût.

Cette petite machine en elle-même ne frappe pas l’imaginaire, mais on peut y additionner toutes les autres améliorations techologiques qui embourbent nos maisons pour se rendre compte que le gain ne valait pas temps qu’on a du échanger en travaillant pour se payer cette technologie.

Henry David Thoreau dans son livre « Walden » écrit en 1855 expliquait à un ami qu’à pied, il arriverait n’importe où avant lui même si celui-ci prenait un moyen de transport plus moderne.

Je ne sais pas si ca tient toujours à 100% car l’avion c’est quand même dur à battre, mais prenons la voiture pour illustrer l’exemple de Thoreau.

Supposons qu’on veuille tous les deux aller à 50km de distance. Moi j’y vais à pied et toi en voiture.

Je marche à raison de 4 ou 5 km/heure. En me levant tôt, je peux y être d’ici la fin de la journée.

Mais toi qui prend sa voiture… tu dois d’abord travailler pour en assumer le coût, l’entretien, le permis, l’assurance, l’essence, son espace de stationnement… tu risques de ne pas partir de sitôt!

Évidemment, le crédit à la consommation permet de camouffler cet état de fait. Mais il n’en reste pas moins que c’est la réalité.

Tôt ou tard, il faudra travailler pour assumer ses frais de transport.

Or, la majorité des gens se cantonnent dans leur maison, vivent autour de celle-ci (magasin et services), côtoient les même gens et vont aux mêmes endroits l’essentiel de leur vie…

Donc ces services et possibilités (communication rapide/transport rapide) sont-ils réellement essentiels? Ça remonte à quand la dernière fois que vous avez fait une ride de 3 jours dans votre voiture? Auriez-vous pu en louer une pour cette occasion?

Parlez-vous souvent avec Cherry et Amanda en Colombie Britannique ou Robert au Colorado? Le fait de pouvoir le faire apporte-t-il réellement une grande plus-value à votre vie, une plus value suffisante pour avoir à sacrifier une part de votre liberté pour ça?

Nos besoins de vitesse sont apparus parce que nous avons besoin d’argent rapidement pour payer pour tous ces surplus qui apportent peu de plus value.

Si vous aviez tout le temps du monde, marcher jusqu’à l’épicerie serait-il si pénible? Si ça se trouve ça serait même plaisant.

Aller à l’épicerie serait-il même une si grande nécessité? Avec du temps on peut s’adonner à faire pousser notre nourriture… pas besoin de 50 acres pour se nourrir… En achetant légumineuses et céréales à l’épicerie en gros, on peut très bien faire pousser suffisamment de légumes sur une petite parcelle de terrain urbain à ne plus savoir quoi en faire.

Notre désir d’avoir toujours plus, toujours plus gros, toujours mieux, d’avoir des choses neuves… voilà ce qui nous encage!

Je ne dis pas de cesser de consommer mais de commencer à consommer plus intelligemment.

Un meuble usagé se vend une fraction du prix d’un neuf. En plus on ne paie pas les taxes et ultimement, on peut souvent le revendre au même prix après quelques années.

L’avenir n’appartient pas aux ambitieux, il appartient aux hommes raisonnables.

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