Comment je mitige le risque de devise?

Si vous avez jeté un oeil à mon portefolio, vous avez sûrement remarqué qu’une bonne partie de celui-ci est composé de titres US.

Normal, faut dire, puisque la plupart des grandes cies sont listées à la bourse de New York ou sur le Nasdaq.

On peut, bien sûr, choisir de n’investir qu’au Canada et ainsi éviter le risque de devise. Mais, à mon sens on prend alors un risque bien plus grand, soit celui de manquer de diversification et de passer à côté des plus grandes et meilleures cies du monde!

Investir aux USA est donc un moindre mal. Évidemment, quand on investit aux USA on paye en US, on est donc soumis au taux de change qui fluctue constamment.

Et quand, comme moi, on vise à vivre de ses dividendes, on est aussi soumis aux aléas du taux de change sur les dividendes que l’on reçoit.

Ceci peut représenter un risque plus ou moins grand, mais aussi des coûts importants en friction.

Notamment, lorsque j’achète à partir de mon REER CAN un titre US, je paye le taux de change et la cote que mon courtier se prend sur le taux.

Quand je reçois le dividende, je perds encore en friction puisque mon courtier se prend une cote sur le taux de change.

Et comme je réinvestis mes dividendes, je paie encore une cote sur le taux de change.

Non seulement je me fais gruger sur toutes ces transactions, mais il y a aussi le risque bien réel que le taux auquel j’aurai acheté mes actions soit plus élevé que le taux auquel éventuellement le taux de change sera à un point X dans le futur.

Ainsi, si j’ai acheté ABC inc à 100$ US avec un taux de change à 1.30, il m’en a coûté 130$ Canadien par action. Supposons maintenant que ABC inc fasse 15% de rendement et que le titre s’échange maintenant à 115$ US mais qu’au même moment le taux de change soit maintenant à 1.05. Si je décidais de vendre mes actions pour empocher ce 15% de rendement, je me retrouverais en fait avec une perte d’environ 10$ l’action, plus les frais de transaction, plus la friction sur les taux de change…

Ce risque là s’applique aussi à mes revenus de dividendes.

Présentement, j’ai un revenu de dividendes projeté de 5955$ dont 3444$ sur le total qui est en fait du revenu US converti en Canadien.

Si le taux de change tombait de 1.31 (taux approxitif actuel) à 1.04, je perdrais quand même une quantité importante de revenus…

Alors, qu’est-ce que je fais avec ça?

La réponse simple… rien…

J’ai regardé les stratégies de hedging et l’impact me semble faible vs le travail requis…

J’ai aussi ouvert un compte REER US pour réduire au moins la friction sur les dividendes reçus et réinvestis… mais l’impact est si mineur dans mon contexte puisque je compte réinvestir les dividendes uniquement pendant 12 ans total (dont 6 sont écoulées) que je trouve le travail peu utile…

Si je voulais optimiser à l’extrême, je devrais me servir de mon compte REER US. Je ne l’ai pas fait encore…

Voici pourquoi j’ai choisi de ne pas trop me casser le pompon avec tout ça. Simplement, je fais des achats fréquents et des dépôts fréquents. J’applique donc la technique du « average down »… celle recommandée grosso modo par tous les conseillers en fonds…

Cette technique est simple. Investis chaque mois essentiellement un montant égal sans égard aux marché. Des fois tu achèteras haut, des fois bas, des fois au milieu… au final tu obtiendras la moyenne…

Ça s’applique sur mes achats et ça s’applique sur le taux de change.

Une partie non-négligeable de mon portefeuille a été bâtie alors que les taux étaient beaucoup plus bas qu’aujourd’hui.

Avec des taux de change autour de 1.3, on est pas mal dans la moyenne des taux de change à long terme entre le dollars Can et US… donc ça ne me stresse pas trop dans mon cas particulier.

D’autant plus que puisque mon REER est plein, je me concentre essentiellement sur des achats de titres canadiens dernièrement et ce sera le cas prochainement aussi.

Au final, quand mon portefeuille sera complètement bâti, même avec un taux de change en ma défaveur (disons inférieur à 1.25), je ne vais pas trop mal m’en sortir et l’impact ne sera pas si grand sur mes revenus.

Et comme ces revenus seront pour le restant de mes jours (+/- 30 à 50 ans de retraite), je pense que les taux vont de toute façon éventuellement refluctuer en ma faveur à un moment ou un autre.

Comme je l’ai déjà dit, je pense que le plus important c’est le temps dans le marché, pas de timer le marché. Je pense que ça s’applique aux taux de change aussi.

Un investisseur plus sophistiqué que moi s’amusera certainement à utiliser différentes techniques pour tenter de réduire ses frais et risques de taux. N’oublions pas que ces techniques impliquent en général de nouveaux frais, qu’ils peuvent aussi faire prendre davantage de risque et parfois réduire le rendement. En plus, ça gruge du temps…

Avec les montants avec lesquels je jongle, je juge que le jeu n’en vaut pas la chandelle… maintenant, si j’avais plusieurs millions sous gestion, je prendrais peut-être le temps…

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