Avez-vous l’âme d’un esclave ou l’âme d’un homme libre?

L’homme libre, le roi de sa contrée ne combatterait-il pas ses ennemis de toutes ses forces et de toutes les façons afin de conserver sa liberté?

L’homme qui a l’âme d’un esclave, ne se résigne-t-il pas trop facilement à son sort, acceptant sans combattre sa triste situation?

L’homme libre ne voit-il pas les problèmes de la vie comme des épreuves à surmonter alors que celui qui a l’âme d’un esclave ne fait-il pas que s’apitoyer sur lui-même?

Nul besoin de dire que je ne cherche pas à porter jugement sur l’un ou sur l’autre mais bien à jauger l’âme qui m’est propre.

Celui qui se sait coîncé dans un piège ne devrait-il pas aller jusqu’à se ronger la patte pour en sortir?

Je pense qu’un combat rugit en moi. D’une part j’ai cette âme d’homme libre qui veut coûte que coûte atteindre un état de liberté et de l’autre cet homme résigné qui voit tout comme un fardeau et une montagne.

Pourtant, tel le compte de Monte Cristo, je ne cesse de creuser un passage à la petite cuillère hors de cette immense prison mentale que je me suis construite.

Je crois avoir davantage l’âme d’un homme libre que l’âme d’un esclave, si tant est que l’âme existe. De tout temps j’ai rêvé de cette liberté tant et chèrement anticipée.

Petit, j’avais hâte d’être grand pour être enfin libre. Mais une fois adulte, je suis tombé dans les pièges de la société et je me suis enchaîné moi-même à mon sort… j’ai failli m’y résigner… jusqu’à ce que l’âme gronde, jusqu’à ce que la colère sourde qui montait en moi explose comme un volcan!

Je devais faire quelque chose pour accomplir ma destinée. Je devais agir pour me sortir de ce cauchemar qu’est la répétition de ce cycle ridicule qu’est le travail à la chaîne.

Ma vie ne pouvait tout bonnement pas se résumer à ça…. échanger mon temps contre de l’argent pour payer des factures… jusqu’à ce mort s’ensuive.

Tel le gladiateur qui défend sa vie dans l’arène pour gagner sa liberté, je me devais de me battre dans ce monde pour gagner la mienne.

Avec acharnement, je me suis évertué à gagner plus d’argent et plus d’argent encore et encore, en accumulant promotion par-dessus promotion…

Mais, la société taxe le succès… Mon revenu net a certe augmenté, mais jamais aussi rapidement que mon revenu brut.

À chaque coup de pelle pour creuser ce tunnel, il y en a un qui pellette le tunnel d’un autre.

Je me bats avec acharnement et patience. Je me bats à contre-courant de la masse.

Mais creuser un tunnel assez large pour y faire passer toute ma personne et tout mon bagage prend du temps. Et durant ce temps, mon âme d’esclave refait surface et embourbe parfois le chemin…

Le combattant qui veut arriver à ses fins ne doit-il pas se rendre un jour à l’évidence? Et si tout ce bagage faisait partie de la prison au fond?

Celui qui a l’âme d’un esclave ne préférera-t-il pas sacrifier sa liberté pour son bagage? Accumulant dettes et possessions…

Je m’accroche à mes possessions depuis le début de mon aventure, croyant que ces possessions c’était le strict minimum auquel je devais m’accrocher. Mais le fait est que je mange ma liberté et que je roule ma liberté et que j’accumule ma liberté sous forme d’objets de consommation éphémères qui ne pourront jamais plus être ré-échangé contre le temps total qui a été sacrifié pour les accumuler.

Ce combat qui fait rage en moi, l’âme de l’homme libre doit le gagner!

Les semaines, mois et années qui viennent devront être consacrées à ma consommation. Je dois réapprendre à mieux consommer, à réduire le gaspillage, à mieux planifier mes dépenses.

Si j’y arrive, le tunnel pourra être d’autant plus petit, car mon bagage s’y glissera plus aisément.

Gagner plus n’est pas suffisant. Il faut dépenser moins.

La simplicité volontaire ou le minimalisme c’est clairement une façon à la portée de tous d’accéder à un état de liberté financière, à tout le moins.