Il a tout dit en 1854!

La soif de liberté ne date pas d’hier… visiblement.

Non! Ce n’est pas de Doc ou Marty McFly dont je parle. Je suis plutôt en train de lire Walden par Henry David Thoreau, publié en 1854!! Ce qu’il disait à l’époque, je le dis aujourd’hui. Non pas que je me compare en quoi que ce soit à ce personnage, mais simplement, face aux mêmes réalités, j’en viens aux mêmes déductions.

The spending of the best part of one’s life earning money in order to enjoy a questionable liberty during the least valuable part of it, reminds me of the Englishman who went to India to make a fortune first, in order that he might return to England later and live the life of a poet. He should have gone up garret at once!

1854… l’homme n’évolue pas beaucoup et refait, de génération en génération, les mêmes erreurs stupides.

Il parle notamment de l’école où le jeune homme apprend les théories de l’économie, où il lit Adam Smith, payant autant par an en loyer que le coût total de la maison construite par Thoreau.

Et pendant qu’il apprend toute cette théorie, il ne se rend pas compte, ironiquement, qu’il est en train d’endetter son père de façon irrémédiable.

Il parle aussi de cet engouement à assurer des communications plus rapides entre le Maine et le Texas sans même se demander si le Texas a quelque chose à dire au Maine.

Tout comme on veut relier le vieux continent au nouveau pour ensuite recevoir en nouvelle des banalités telles que le fait que la princesse Adelaide a attrapé un rhume…

C’est comme si on en oubliait que parler plus rapidement ne faisait pas davantage avancer l’objectif de parler.

Évidemment, Facebook et les médias sociaux nous aurons bien démontré que ce n’est pas parce qu’on parle plus et plus rapidement qu’on dit des choses plus utiles et intelligentes.

Le logement

Thoreau a réussi à construire sa maison pour 28$… lui-même, alors que le salaire d’un homme était d’environ 1$ par jour.

Comme en tout, je pense que le constat de Thoreau est que nos avancées technologiques ne font pas nécessairement avancer la race humaine vers une plus grande liberté.

Il fait notamment référence aux amérindiens qui possédaient tous des wigwams, fabriqués par eux-même et répondant au besoin essentiel de se loger.

L’amérindien était libre et non emprisonné dans des engagements qui prennent une vie à repayer, reléguant l’abri de l’homme à l’état de prison. Mais, la vanité de l’homme le conduit à désirer toujours plus, ce qui finit par l’emprisonner.

La valeur de la terre

J’entends souvent dire que la terre est un superbe investissement… de mon côté j’en doute… Thoreau explique qu’en 1855, les acres d’extra de sa terre se sont vendues 8.08$/acre. J’ai appliqué  un calcul d’inflation de 3% par an à ce montant et j’arrive à 1060$/acre… en 2019. Oh… c’est pas mal le prix d’un acre de terre non aménagée.

Le transport

Même à propos du transport, Thoreau a quelque chose à dire. Un de ses amis lui demande, pourquoi ne sors-tu pas un peu d’argent pour voyager et voir du pays. À cela il répond que Fitchburg est à 30 miles et que le coût pour s’y rendre est de 90 cents, une journée de travail. Il lui dit alors qu’en partant à pied, il sera toujours en avance sur lui… alors à quoi bon payer.

Car en se levant tôt, il y sera en soirée. Alors que toi, mon ami, tu devras faire ta journée de travail et partir demain matin. Quant à l’expérience de voir du pays, l’homme qui marche la vivra plus pleinement.

Avancement technologique

Essentiellement, ma compréhension de ce que Thoreau explique de l’avancement technologique est plutôt similaire à la vision de Jacob Lund Fisker et de celle que je partage. Lorsque les besoins de base sont comblés, les améliorations technologiques incrémentales n’apportent en général pas grand chose de plus pour remplir le besoin.

Par exemple, pour ouvrir une can de tomate, on peut prendre un ouvre boîte manuel à 10$ et l’ouvrir en quelque secondes. Ou alors, on peut acheter un ouvre-boîte électrique à 30$ et l’ouvrir en quelque secondes… Le deuxième est une avancée technologique mais au global elle nuit davantage qu’elle apporte de bien.

D’abord, car le temps requis pour financer son achat est plus grand, mais aussi parce qu’ensuite elle consomme de l’énergie pour laquelle il faut encore échanger du temps de travail et elle prend aussi plus d’espace et donc il nous faut une maison incrémentalement plus grande pour chacun de ces appareils qui au final, n’apporte pas réellement de valeur.

Thoreau ne parle pas d’ouvre-boite évidemment, mais il parle, par exemple, du travail de fermier qui doit passer de longues heures à travailler sa terre, à faire travailler des animaux, à prendre soin de ses animaux, à vendre ses récoltes et tenir sa comptabilité… pour finir par pouvoir se nourrir et se loger.

Alors que s’il s’était contenté de cultiver une petite fraction de cette ferme, il n’aurait pas eu besoin de faire toutes ces choses et il aurait pu se nourrir de sa terre.

Les gains des uns sont-ils réellement les gains des autres? Ou alors sont-ils les pertes des autres? Car au final, l’essentiel des profits de ce travail va au repaiement des dettes et de l’hypothèque, aux taxes et au financement de l’année qui vient.

Évidemment, je prends des raccourcis, mieux vaut lire le livre. 😉

Le travail et bâtiment

Thoreau laisse entendre que beaucoup du travail de l’homme n’apporte au final pas grand chose. Il parle notamment de tous ces palais, ces pyramides qui au final ne font que faire perdre leur vie à des miliers voire des millions de pauvres diables. Il dit, par exemple, qu’il n’y a rien à s’émerveiller des pyramides autre que le fait que tant d’hommes on du se dégrader à passer leur vie à construire un tombeau pour un pauvre fou imbu de lui-même. Il aurait été, selon lui, plus intelligent et masculin de simplement le noyer dans le nil et de le donner à manger aux chiens!

Oh! les éditeurs censuraient moins les textes à l’époque… n’empêche.. j’aime lire ces écrivains francs qui ne mâchaient pas leurs mots!

Selon lui, le coût de ces constructions ne vaut pas leur valeur et la seule motivation qui a permis leur érection, c’est la vanité.

Pour lui, une maison n’a qu’une seule fonction : protéger des intempéries. Le reste n’est que vanité et la vanité coûte cher en liberté.

Ça ma rappelle drôlement notre époque des maisons trophé!

Pour Thoreau, l’homme, comme l’animal, a deux besoins essentiels à combler, se nourrir et se vêtir. Tout le reste est superflu et ne devrait être considéré que s’il ne brime pas la liberté naturelle de l’homme.

À réfléchir…

5 Comments

  1. Maxime

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