Le RAP de la liberté financière

J’ai déjà travaillé, dans un lointain passé, avec les jeunes délinquants.

Outre le fait que quelques-uns étaient carrément violents (méchants) et probablement irréchapables… (je déteste penser ça mais je pense qu’il y a certaines personnes qui sont brisées à jamais), j’ai trouvé parmi ces jeunes des personnes talentueuses, intelligentes qui avaient souvent juste eu un mauvais entourage, de mauvais parents ou encore de graves problèmes à s’insérer dans le moule du 9 à 5… comme moi je dirais pour ce dernier facteur.

La vie en « prison », car c’est bien ce que c’est au fond que l’endroit où on les enferme même si on leur donne d’autres noms plus doux tels que centre jeunesse, c’est assez étouffant et limitant. Et, en tant qu’employé, je vivais au même rythme que les prisonniers avec assez souvent, un break d’à peine 8h entre mes 2 quarts de travail, ce qui me donnait 1h pour revenir chez moi, 1h pour faire ma toilette, 4h30 pour dormir et 1h30 pour me préparer et revenir…

Bref, je me sentais moi aussi comme un prisonnier… la seule différence, c’est que je ne dormais pas là. Et qu’on me payait.

J’ai rencontré là-bas des maîtres aux échecs, des artistes du RAP, des jeunes avec des QI à faire frémir… la plupart étaient en colère et parfois, une bonne façon de libérer cette rage, c’était par l’art et le RAP.

Je ne suis pas un artiste et encore moins un artiste du RAP, mais à cette époque j’avais écrit un petit bout de chanson qui aurait peut-être pu mener quelque part sauf que je n’ai pas su le finir.

Je le partage avec vous et non… je ne vais pas le chanter ahah.

(incomplet) Le RAP de la liberté financière

  • Ma vie est une cage une prison
  • Des fois j’me dit à quoi bon
  • Mon existence est celle d’un détenu
  • J’punch le matin pour vendre mon cul
  • Pis en retour on m’donne un chèque
  • Moi comme une pute je l’accepte
  • Et à mon pimp de l’impôt
  • 50% c’est mon fardeau
  • Y m’reste même pas de quoi m’construire un radeau
  • Pour traverser la rivière que mes pleurs d’hier
  • Cumulés à ceux d’aujourd’hui
  • Remplissent pendant qu’s’écoule ma vie

Bon… c’est pas grand chose… j’avais déjà ajouté d’autres bouts mais je ne les aimais pas et je les ai oublié.

J’en parle parce que je veux illustrer ici que ce n’est pas d’hier que le 9 à 5 m’étouffe. J’avais 21 ans quand j’ai écrit ce rabout de chanson. Je rêvais de liberté déjà à cette époque et travailler en « prison », je trouvais que c’était au final assez cocasse, parce que je sentais que c’était peut-être le travail le plus authentique qu’on pouvait trouver que celui de « prisonnier » salarié.

À cette époque, je ne comprenais juste pas à quel point je pouvais avoir du pouvoir sur ma liberté en épargnant et en investissant.

Des blogs comme le miens, si ça existait, je n’en ai pas trouvé. C’était en 2001.

Le livre de Jacob Lund Fisker n’allait pas sortir avant une décennie, le blog de Mr Money Mustache non plus et je n’ai pas pensé aller lire Thoreau écrit en 1855 à l’époque.

L’autre chose, la bourse ça n’était pas aussi accessible et j’en avais peur de la bourse dans ce temps-là. C’était mystérieux. Les frais de transaction étaient ridicules… 120$ par achat je pense si je me fie à ma mémoire…

Je ne dis pas que je n’aurais pas pu pondre le même plan, mais c’etait moins « mainstream » mettons…

Même mon plan… c’est un peu un hasard qui m’a amené à décider d’épargner drastiquement et à investir dans les titres qui versent des dividendes en croissance.

Je crois être tombé par hasard sur un article de Jason Fieber de Dividend Mantra en cherchant des places où échanger des liens. Car à l’époque j’avais fondé Fais comme Les riches et Quit Your Day Job 101 comme des sites de niche et dans une optique exploratoire.

Mon objectif était d’étudier des biographie et profils d’hommes et de femmes riches afin d’en déterminer des causes et des effets que je pourrais reproduire.

Pourtant, le désir de me libérer du 9 à 5 remonte réellement en fait à mes premières démarches dans le monde scolaire. Dès qu’on m’a enfermé dans le 9 à 5, j’ai eu besoin d’en sortir…

Je suis évidemment un piètre artiste de l’évasion. Si les choses se déroulent comme prévues, j’aurai quand même mis plus de 35 à 40 ans de ma vie, depuis la maternelle, à enfin m’échapper de cet enfer de contrôle, de répétition et d’humiliation qu’est le monde du travail.

Humiliation… oui le mot est fort, mais comment appeler le fait de devoir demander la permission à un jeune homme plus jeune (le patron de bien des gens) et moins expérimenté que soi, pour prendre une journée off, pour aller à la salle de bain (dans certains emplois), pour obtenir une promotion, pour que tout le monde constate que tu l’as pas obtenu, de se faire dire qu’on peut faire mieux, que notre apport ne mérite que la cote « rencontre les attentes » que…

Ce n’est peut-être évident à notre oeil tellement on y est habitué, mais on se fait beaucoup humilier dans le monde du travail, car nous ne sommes pas libres… Alors on pile sur notre orgeuil et on cesse d’être authentiques.

Combien de fois êtes-vous revenu du travail en disant à vos amis, votre conjoint ou conjointe ce que vous lui auriez dit à ce tabarnak là? ou ce que vous lui auriez fait (le pitcher par la fenêtre) tellement vous étiez en colère.

Vous vous imaginiez en super-héro pour redorer votre image, car la réalité c’est que vous avez dit « ok, je comprends Mario que je ne puisse pas avoir ma journée de congé. Je suis sûr que t’as fait ce que tu pouvais… merci beaucoup! » Pas authentique ça!

Humiliation…

J’ai même écrit un roman à cette époque… il dort sur une clé usb depuis 17 ans déjà… il serait temps que j’en fasse la correction et l’edition… Ce roman parlait d’un jeune homme qui commençait son premier jour de travail dans ce monde tellement bizarre et incongru qu’est notre époque. Au même moment, un acte terroriste se produit, quelqu’un a volé tout le café de la planète, cette drogue du peuple qui les fait tenir…

On criait alors à la guerre civile, à la fin de notre ère économique car sans café, les travailleurs ne tiendront pas la cadence…

C’était plutôt Kafkaïen comme décor et teinté de l’écume des jours de Boris Vian aussi, très satyrique et distopyque à la fois.

Clairement, à 21 ans, j’étais déjà en rébellion contre ce système du 9 à 5 qui broie les hommes vivant.

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