La liberté financière n’est qu’un aspect de la liberté globale et pas le plus important

Plus j’avance dans cette aventure vers la liberté financière, plus je me rends compte de l’importance de maîtriser l’aspect abstrait et philosophique de la liberté.

Si on vous donnait 5 millions de dollars mais que vous n’aviez pas l’esprit de l’homme libre, vous ne vous sentiriez probablement pas plus beaucoup plus libre après la joie temporaire des premiers moments. Vous ne seriez probablement pas vraiment plus heureux non plus et gageons qu’en peu de temps, vous aurez perdu vos millions… comme pas mal tous ceux qui se font donner de gros montants ou en gagnent.

Je connais une personne, par exemple, qui n’a pas besoin de travailler. Toutes ses journées lui appartiennent. Mais, elle est tourmentée par une relation conflictuelle avec sa mère et une confiance en soi fragile.

Ses journées, elle les passe à réparer sa confiance en soi et son ego fragile constamment brisé et reconstruit dans un cycle incessant. La moindre critique banale contre elle est prise comme une attaque nucléaire, son égo se brise, sa personnalité se désorganise. La moindre injustice de ce monde fait naître en elle une colère incontrôlable et une tristesse inconsolable. Elle n’est pas libre.

Elle est en quête de « likes » sur les réseaux sociaux, de marques de reconnaissance et d’affection de la part des autres. Ses « bons » moments sont publiés sur Facebook pour que les autres puissent lui dire « Nice! trop cool » et ses bonnes actions sont publicisées de la même façon afin que les gens la reconnaissent pour ce qu’elle « est », croit être ou aimerait qu’on croit qu’elle soit pour se donner confiance en elle… une bonne personne au grand coeur!

Elle n’est pas libre.

Sa cage est mentale et c’est elle-même qui l’a construite.

Des millions de gens de notre époque carencée en affection et attachement passent leur vie à rechercher l’approbation des autres et à se raccrocher à un sentiment d’appartenance ou la passion des premiers moments d’une nouvelle relation amoureuse pour se sentir vivants! Vous en côtoyez probablement plusieurs.

Ces gens ne sont pas libres… Ils sont piégés par leur personnalité et leurs troubles affectifs. Donnez 2 millions à ces gens et ils le claqueront en apparence et en expériences. Après quelques mois ou années, tout ce qui restera de ce montant, ce seront des photos publiées sur les réseaux sociaux avec des likes en-dessous… j’en suis éminament convaincu. Ceux qui auront réussi à se rendre riche et libre avec ce montant seront des exceptions.

L’argent n’apporte pas la liberté. L’argent n’est qu’un symbole qui n’a que la valeur que la société consent à lui donner… l’argent canadien, par exemple, n’a pas la même valeur d’échange que l’euro, que le dollars américain et il n’a aucune valeur dans bien des pays… tendez un billet canadien à un marchand étranger et dans la plupart des pays, il refusera de le prendre.

L’argent, sous le phénomène de l’inflation, peut perdre énormément de sa valeur d’échange comme on a pu le voir dans l’histoire récente de l’humanité… alors qu’il fallait une charette de billets pour acheter pain et beurre dans plusieurs pays du monde.

Au Venezuela, par exemple, l’inflation en 2018 a été de 130060%! Oui, cent trente mille %. Vous lisez bien… c’est un désastre économique… et ce n’est pas fini…

Et le Venezuela n’est qu’un exemple parmi tant d’autres du 20 ou 21e siècle.

L’homme s’encage à cause de sa consommation. Donnez une augmentation de salaire à quelqu’un et en général, il ajustera son mode de vie à ces nouveaux revenus. Est-il libre?

Consommez et s’endetter et surconsommer empêche l’homme d’atteindre la liberté financière et si vous donniez un gros héritage ou un gain de loterie important à un homme qui ne le comprend pas, il va probablement s’acheter une plus grosse voiture, une plus grosse maison, faire de plus gros voyages et sa condition d’esclave ou d’esclave-salarié perdurera…

C’est triste… mais je ne crois pas que l’esclavage a été essentiellement aboli pour des raisons purement humanitaires… Le capitaliste a réussi à y trouver son compte…

L’homme émancipé est-il réellement plus libre que l’homme-esclave si on le tient par sa consommation? On lui a donné un certain pouvoir et l’espoir d’une vie meilleure, ce qui le rend probablement plus productif et grâce à des cycles de restructuration, on lui montre qu’il vaut mieux pour lui d’être docile. Et bien que ses conditions se soient fortement améliorées, il n’en reste pas moins que la majorité des hommes libres de la modernité ont choisi d’échanger leur liberté démocratique contre la contrainte d’un régime dictatorial où le président de leur entreprise dicte le contrat et les tient comme le propriétaire d’esclave tenait ses esclaves.

Ajoutons-y le banquier qui peut prêter de l’argent presque à l’infini  et tous ces stratèges publicitaires qui donnent le goût d’en emprunter et nous avons la recette parfaite pour tenir sous le joug de l’esclavage celui qui se pense libre.

Je sais que j’exagère la situation et que le patron (en général) de l’esclave-salarié moderne ne soumet pas aux contraintes physiques, sexuelles et de mouvement que l’homme-esclave du passé pouvait être soumis. Il ne le prive pas d’espoir non plus, car au fond, l’espoir est l’un des moteurs qui le garde en route et motivé. Mais il le soumet à des contraintes psychologiques et des clauses contractuelles qui le tiennent autant en laisse. L’absence d’espoir rend certainemement la vie amer et triste… mais bien des gens de notre société ont peu d’espoir d’un jour se libérer de leur endettement ou de la rat race… tout est relatif et même si le degré et l’intensité de la condition d’esclave-salarié est différente de celle de l’esclave-objet, les faits restent les même, les deux sont esclaves.

L’homme endetté et dépendant d’un chèque de paye émis par son patron annule une très grande part de la liberté qu’on lui a « offert »…

Le pire, c’est qu’il ne comprend pas que c’est son comportement qui le rend esclave et pas son patron.

Comprendre qu’on est essentiellement l’artisan de sa condition est l’une des premières étapes vers la liberté. Admettre qu’on a beaucoup de contrôle sur son avenir et sur son argent est certainement une autre des étapes à passer.

Car au final, la pizza et la poutine a beau exister… il n’y a personne qui vous l’enfonce dans la gorge sauf vous-même… n’est-ce pas?