L’école a-t-elle volé mon enfance et m’a-t-elle réellement préparé à ma vie d’adulte?

Je pose ici une grande question… si vous me lisez depuis quelques années, vous vous rappelerez sûrement que je ne suis pas un grand défenseur du système scolaire en place.

Mon expérience scolaire se résume essentiellement en une série de moments ennuyants, interminables, voir désagréables. J’ai peu de bons souvenirs de l’école en tant que tel.

De toute façon, est-ce que l’école est vraiment nécessaire pour bien réussir dans la vie?

Et c’est quoi au fond bien réussir? On parle de quoi? D’argent? De prestige? De bonheur? De s’accomplir en tant que personne? Sans définition claire, ça devient difficile de mesurer…

Je ne me rappelle plus quel philosophe l’a dit (Nietzche?) mais la clé du bonheur, essentiellement, c’est de bien se connaître et de vivre en adéquation avec soi-même. Pour moi réussir, c’est ça je pense.

Je crois beaucoup à cette hypothèse. Je suis malheureux quand je dois faire des choses ou endurer des choses qui entrent en contradiction avec la personne que je suis ou avec mes valeurs et je suis essentiellement content, lorsque je vis en adéquation avec moi-même.

Je ne crois pas au bonheur en tant qu’état absolu, mais je crois que le bonheur se vit sur un spectre et que plus on peut se donner la chance d’être en adéquation avec soi-même, plus on va se sentir globalement heureux.

Or, l’école n’a pas respecté ma personnalité et m’a forcé toute mon enfance à oeuvrer en contradiction avec qui j’étais.

Je détestais parler en public par exemple… Ça me tuais… et la théorie c’est que plus on te force et plus tu vas être à l’aise. Et bien non! Plus ils m’ont forcé plus j’ai adopté des comportements d’évitement.

En 6e année, j’ai joué le rôle d’un arbre (qui ne parle pas) dans une pièce de théâtre obligatoire… Après mon université je suis retourné faire une technique et il y avait une présentation orale à faire à la fin de la session… j’avais 22 ans.. je me suis présenté face au groupe et j’ai juste dit « j’ai toujours détesté les présentations orales. Ça m’a toujours fait chier… j’ai une moyenne de 95% dans ce cours et cette présentation vaut 5% de la session. Je vais me donner le droit d’avoir 0%. Merci à tous ».

Bon.. le prof n’a pas tripé mais écoute. Le gars y’hait ça depuis sa tendre enfance! Pourquoi forcer quelqu’un à parler en public alors qu’il hait ça et que de toute façon, ce qu’il va dire n’intéresse personne… criss de perte de temps.

Aujourd’hui je peux parler en public sans problème. Mais, c’est pas grâce à l’école. C’est grâce à moi. J’ai choisi de devenir à l’aise en public parce que ça servait mes intérêts. Trust me, le rôle de l’arbre ne m’a pas servi à grand chose en entrevue.. sinon à faire rire un évaluteur qui m’avait un jour complimenté sur mon aisance.

Petit, j’apprenais super vite, j’avais une soif d’apprendre, une bonne mémoire… Mais, on me freinait tout le temps à l’école. On me demandait d’aider les autres pour ne pas prendre trop d’avance et si je voulais dessiner ou lire un livre, on me l’interdisait. Je devais suivre le rythme de la classe…

Suivre le rythme de la classe veut dire suivre le rythme du plus lent et m’empêcher de me développer selon mes intérêts et capacités.

À l’école, on forçait beaucoup le travail en équipe… L’école c’est ça. On te force à venir. On te force à te faire tester. On te force à te fermer la boîte, à suivre des consignes et à adopter les comportements qu’on veut que tu adoptes.

Je me rappelle encore de la comptine qu’on nous forçait à chanter à mon école primaire avant de partir de notre salle de classe vers le gym ou la bibliothèque. « On entendait chut! chut! une mouche voler! Chut! Chut! »

En gros ça voulait dire ta yeule dans les couloirs. Sinon tu vas te faire punir… (l’école, l’endroit pour socialiser…)

J’ai toujours détesté les travaux d’équipe. Et c’est pas parce que l’école m’a forcé à faire des dizaines ou plus de travaux d’équipe que j’aime plus ça aujourd’hui. Je travaille mieux seul. Je travaille mal en équipe… C’est la personne que je suis.

J’ai appris quoi à l’école?

Que les gens pouvaient avoir du pouvoir sur moi!

Je me suis fait dresser (behaviorisme) à faire du 9 à 5, à ramener de la job à la maison, à suivre des consignes, à faire ce qu’on attendait de moi, à éviter les punitions et à rechercher les récompenses, à me contenter de peu de vacances, à fitter dans une boîte…

Le reste? Je savais déjà lire, écrire et compter en grande partie avant de rentrer à l’école et si aujourd’hui je sais mieux lire écrire et compter que la moyenne, c’est parce que j’aimais ça et que j’ai toujours consacré beaucoup de temps à ces activités. Encore une personne sur 2 au Québec est considérée analphabète et à ce que je sache, pas mal tout le monde est allé à l’école et on est pas mal tous allé jusqu’à l’âge de 16 ans…

Je dévorais les livres de ma bibliothèque municipale à l’époque. Je l’ai toujours fait.

Je me dis souvent que si l’école avait pris moins de place dans mon enfance, j’aurais pu apprendre tellement plus de choses… faire plus d’activités sportives et profiter davantage de mon enfance.

À l’école, j’ai aussi appris que les gens ne sont pas tous gentils. Que beaucoup sont hypocrites, que certains disent être ton ami, mais qu’ils te laissent tomber à la première occasion. Je suppose que c’est ça que ça veut dire « apprendre à socialiser ».

J’ai appris qu’il y avait des cliques… et que je n’en faisais pas souvent parti. J’ai appris que même si j’étais excellent dans les sports à l’extérieur de l’école, à l’école je pouvais être le dernier choisi et on me prenait par dépis.

J’ai appris que les gens peuvent devenir sacrément méchants aussi quand ils décident de s’en prendre à une personne (intimidation) et que seul contre 8 plus grands que moi, je ne faisais pas le poids même si je faisais du karaté!

À l’école je me suis aussi fait des amis, mais j’ai appris que bien des gens deviennent nos amis parce qu’ils sont dans le même contexte que soi. On change d’école, de travail, de programme ou de classe et on se perd de vue.

Mais, il y a aussi tout ce que je n’ai pas appris à l’école, le coût de renonciation si on veut…

L’école ne m’a pas appris que dans la vie, la vraie vie, on s’en criss de tes notes… vas-tu rapporter du cash ou pas?

L’école ne m’a pas appris qu’il y avait d’autres voies que le travail salarié après l’école. Elle ne m’a pas appris à devenir riche ou libre, à fonder une famille, à entretenir une maison ou un foyer… D’ailleurs, l’école ne m’a même pas appris ce qu’est le capitalisme??!!! Il a fallu que je me claque Das Kapital au Cegep par moi-même pour commencer à me faire une tête.

L’école ne m’a pas appris à développer mon réseau, mon côté entrepreneurial.

L’école aura été une grande course aux illusions. Obtenir de bonnes notes, obtenir un diplôme, se faire admettre dans un programme etc… la performance, encore et toujours. Suivre les règles, éviter de remettre en question. Rester dans le cadre. Rentrer dans le moule one size fits all.

Je n’étais pas fait pour ce genre d’école. Je n’aime pas la compétition, la performance. C’est sans intérêt pour moi de savoir que tu es meilleur ou moins bon que moi. Tant que j’arrive à faire ce qui est utile pour moi et pour ceux que j’aime, ça va!

J’ai passé mon enfance, puis mon adolescence à regarder les aiguilles de l’horloge dans l’attente de la prochaine récré, du prochain week-end, du prochain congé…

L’école aura été pour moi une vaste perte de temps et j’ai du mettre un bon 15 ans à désapprendre toutes les conneries qu’elle m’a inculqué de force.

Je suis devenu au final ce que l’école attendait de moi. Un diplômé avec une bonne job, un bon salaire, une souffleuse pour l’hiver, une belle maison rectangulaire (comme le disait KCLMNOP – ta yeule).

Je n’ai pas décidé de vivre en adéquation avec moi-même. J’ai simplement fait ce que je pensais qu’on attendait de moi, ce à quoi on m’avait formé. J’en ai souvent honte… et ce plan de retraite hâtive, c’est justement dans le but de rectifier le tir.

J’y travaille encore aujourd’hui. Ce qu’on se fait inculquer jeune dans son enfance, ça laisse des traces. Au moins, j’ai réussi à me sortir des cours de pastorale et religion (yark).

Mes enfants entreront bientôt à l’école… dans 2 et 3 ans et je ne sais pas… je ne me sens pas à l’aise avec cette institution.

Ritalin, TDAH, TDA sans le H, autisme etc… Tous les enfants sont catalogués et triés en fonction de leurs troubles mentaux de nos jours. C’est drôle quand même… pour avoir fait beaucoup de psycho au Cegep et à l’université, j’ai appris 2 choses : éviter de coller une étiquette sur quelqu’un et que la personnalité ne se cristalisait que vers 30 ans. Laissez-leur une chance à ces enfants là siboire! Un peu de stabilité à la maison, lâcher l’esti de tablette, jouer dehors, faire du sport… ça soigne ben des maux.

L’intimidation ne se passe plus juste sur le chemin de l’école mais live sur instagram pour que tout le monde puisse voir à quel point t’es un fucking loser de nos jours! Les views! Les views! C’est important les views!

Le stress des examens aussi… pour moi, enseigner quelque chose à un enfant c’est lui faire un cadeau. Tester, c’est reprendre le cadeau…

Mon ptit gars me fait beaucoup penser à moi petit… je ne veux pas faire de projection mais je constate. Il faut dire que c’est assez évident vu les crises qu’il fait. Il déteste les groupes, quand il y a trop de monde, il est artistique, vif d’esprit, très imaginatif, adore s’instruire et inventer des jeux. Il déteste la routine et les cadres… Je sens qu’il va détester l’école. C’est peut-être une crainte infondée mais… je le sens.

Ma fille est très différente. Elle adore les groupe, la présence d’autrui, se faire remarquer, se faire des amis. Elle aime que les choses soient placées à leur place (cadres). Je crois qu’elle pourrait très bien s’adapter à un cadre scolaire.

Notre société ne laisse pas beaucoup place à l’alternative. Bien qu’en demande, les écoles alternatives demeurent marginales et il reste que ces écoles enseignent le 9 à 5 aussi. Il changent un peu la forme, mais s’entendent sur le fonds alors que je remets en question le fonds et la forme.

Je crois que l’école peut tuer le désir d’apprendre chez un enfant et créer une aversion de l’apprentissage. Je pense que c’est vraiment plus commun qu’on ne le croit.

Et au final, ça sert à quoi l’école?

À te garder pendant que tes parents travaillent pour payer leurs dettes?

À former la main d’oeuvre docile et bon marché de demain?

À former des citoyens ouverts, intelligents, innovateurs et entreprenants? (yeah sure)

Alors je vous le demande… ça sert à quoi l’école? Parce que pour y être allé pendant 18 ans, j’avoue ne pas trop avoir réponse à ça. Mais je sais une chose, quand je suis sorti de l’école, j’ai du apprendre à la dure comment me tailler ma place et plus tard, à planifier ma liberté financière. J’ai du apprendre à faire mes impôts, à gérer un budget, entretenir une voiture et une maison, fonder une famille et même à élever des enfants. Bref, Pythagore le nom de la capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ils ne m’ont pas servi à grand chose.

Dire qu’un jour j’ai déjà su par coeur, le temps d’un examen, le nom de tous les fleuves et capitales du monde… holly shit!

Désolé de ma vulgarité… c’est un sujet qui vient me chercher.

4 Comments

  1. Marie

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