Apprendre à laisser aller pour repartir sur de meilleures bases

Accepter ses échecs n’est pas quelque chose de facile pour la plupart des gens. Accepter de perdre beaucoup d’argent non plus.

À 26 ans, j’ai fait un mauvais achat immobilier… J’ai acheté une maison qui s’est avérée avoir besoin de beaucoup plus de rénovations que ce que j’étais à même de gérer physiquement et financièrement.

J’ai fait une erreur. Et, j’ai gardé cette erreur dans ma tête au cours de la dernière décennie, comme une pensée qui me rongeait peu à peu de l’intérieur.

Je me suis enfermé dans une cage et ne sachant pas trop par où commencer pour en sortir, j’ai choisi le status quo en quelque sorte. Mais, jamais je n’ai cessé de me battre en même temps.

Cette maison aura été un puissant moteur qui m’aura poussé à obtenir des promotions et des hausses de salaire. Il me « fallait » gagner plus pour arriver à payer les quelques 100k$ en rénovations potentielles à mettre sur cette maison.

Néanmoins, malgré que je savais à tout instant, qu’un jour où l’autre j’aurais à débourser de gros montants pour remettre cette maison en état, je me refusais à le faire. Je laissais courrir… Gagner de l’argent est difficile, le conserver encore plus…

Oh j’ai rénové des tas de choses dessus au fil des ans, mais pas le plus important, l’essentiel, le plus coûteux.

Une perte sur papier n’est pas une vraie perte tant qu’on ne la réalise pas… non?

La maison comblait mes besoins. Elle me procurait un toit, de l’intimité, un espace pour ranger mes milliers d’objets.

Mais, au cours des 3 dernières années, ma situation familiale a changé. J’ai maintenant 2 enfants qui grandissent, une femme qui n’en peut plus de cette maison et on manque cruellement d’espace vital.

Mes enfants ne pourront jamais jouer dans la rue ici, nous sommes mal situés. Il y a vraiment très peu d’enfants dans le secteur et je n’en ai vu aucun de leur âge à date…

Bref, cette maison ne convient plus notre famille.

On ne l’aime pas. On ne s’y sent pas bien. Elle est davantage notre « ennemie » qu’un havre de paix. Bref, il faut qu’on sacre notre camps d’ici!

Je me suis mis comme objectif de me débarrasser de ma maison, ou de la rendre propre la vente, d’ici fin 2019 et mon second objectif, c’est d’arriver à le faire sans perdre d’argent (coût nul, pas de profit) au minimum, mais aussi de partir la tête claire (pas de risques de poursuite par le nouvel acheteur).

Au cours des deux derniers mois, je me suis donc mis à dépenser beaucoup et à cesser temporairement d’épargner pour me concentrer à pouvoir me départir de cette maison sans y laisser trop de plumes.

Les choses avancent lentement mais sûrement.

La prochaine maison coûtera vraisemblablement plus cher et la hausse des prix des 10 dernières années n’arrivera au mieux qu’à éponger ma « perte » que j’ai contractée en achetant cette maison. Je vais donc fort probablement me ramasser avec un nouveau solde hypothécaire supérieur à 200k mais une valeur nette similaire.

Si je reste ici et que je fais tous les travaux, j’aurai peut-être 50k de solde de moins, mais une maison que je n’aime pas…

Laisser aller, accepter ses pertes est souvent une bonne idée. Ça permet de repartir sur de meilleures bases.

C’est en investissant à la bourse que j’ai fini par réaliser cela. Garder ses titres perdants… espérer que le vent tourne et ensuite les voir s’enfoncer encore davantage, m’a fait prendre conscience qu’être trop conservateur n’est pas toujours une bonne chose.

En vidant mon sous-sol, j’ai aussi réellement réalisé que je conservais vraiment beaucoup de choses inutilement. Pourtant, j’avais fait plusieurs clean-up minimalistes… J’avais encore beaucoup de mes livres d’université, des recherches faites au primaire pour l’école, des PS1, PS2, de vieux ordis kaput, des lecteurs cd, walkman, appareils photos à pellicule et même des pellicule photo neuves… ahah.

J’ai conservé ces choses trop longtemps et j’ai conservé cette maison trop longtemps.

Je pense que ça me définit bien… je garde tout ce que j’ai même quand ces choses ne me font plus sentir bien, même quand ces objets ne serviront plus jamais, même quand ces gens qui furent jadis mes amis ne m’apportent plus rien de positif.

Il est grand temps de faire ce grand clean-up.

Mon projet de retraite hâtive continue d’avancer de lui-même. Je n’ai pas ajouté d’épargne (sauf dans mon fonds de pension) au cours des 2 derniers mois, mais je réinvestis les dividendes et je clenche mes dettes.

Hier mes placements totaux (incluant REEE) ont dépassé le 180,000$. L’intérêt composé continue sa lente marche même sans moi!

Ça fait du bien de voir les choses bouger. Le futur reste encore à définir.

Où allons-nous déménager? À quoi ressemblera notre maison? Les enfants y seront-ils heureux? Et nous?

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