Le rendement composé implicite de la croissance du dividende et du dividende initial

Quand je dis que je veux un portefeuille qui verse 3.5% de dividende initial et que je veux une croissance du dividende de 6 à 8%, implicitement je me fixe un objectif de rendement composé.

Prenons un exemple simple.

Le titre de la cie ABC inc se vend 100$ et le dividende initial est de 3.5% ou 3.50$.

ABC inc verse un dividende en croissance de 8% par an en moyenne depuis longtemps… depuis même plus de 25 ans.

La croissance des revenus de cette entreprise supportent bien la croissance du dividende et le payout ratio est à 50%.

Selon mon analyse, je pense que les revenus d’ABC inc continueront de croître de façon similaire à moyen terme.

En général, le rendement du dividende d’un titre reste similaire sur le long terme. Bien sûr il fluctue chaque jour car le prix du titre fluctue alors que le dividende reste stable. Il se peut aussi que parfois, en période de crise ou d’incertitude temporaire, le rendement initial du dividende augmente drastiquement (prix du titre chute et dividende reste constant) ou qu’au contraire, le prix du titre monte en fou et le dividende reste constant.

Mais pour simplifier les choses, prenons pour acquis que le dividende moyen à long terme de ABC inc devrait rester autour de 3.5% de la valeur de son titre.

Ainsi, au moment d’acheter 100 actions à 100$ d’ABC inc, le dividende est de 3.50$ par action.

Avec 10,000$ j’obtiens donc 350$ de dividende initial.

Ajoutons la croissance et le réinvestissement du dividende à l’équation.

Avec un investissement initial de 10,000$, aucun apport supplémentaire d’argent, 10 ans de temps devant soi, on va presque doubler la valeur de son portefeuille. La finale après 10 ans étant de 19990$.

Si on fait un calcul inversé avec la valeur présente et future (CAGR) en utilisant le calculateur de moneychimps on arrive à un rendement composé implicite de 7.17%.

C’est pour ça que je parle souvent de 7% comme rendement à long terme. J’ai bâti mon portefeuille en assumant ce rendement comme cible.

Évidemment, rien de tout cela n’est linéaire.

Par exemple, malgré que je visais 8% de croissance et 3.5% initial, j’ai plutôt obtenu un portefeuille qui me donne 6% de croissance.

Si je refais les calculs, j’arrive avec une valeur finale de 16894.79$ et un taux de rendement de 5.38% composé.

Qu’en est-il de la réalité? J’ai un taux de rendement composé de 15.6%.

Pourquoi autant d’écart? Le marché s’est emballé, comme « preuve », ce que je recherche (3.5%/8%) est de plus en plus difficile à trouver et j’ai aussi quelques titres non DGI qui ont doublé de valeur en peu de temps.

Si j’enlève ces titres de l’équation, il est probable que mon dividende initial était plus près de 4% sur plusieurs titres et que j’ai visé des titres qui sacrifiait la croissance à long terme du dividende pour le dividende actuel.

Si je refais les calculs avec 4% et croissance de 6%, ma valeur finale arrive encore à 16894.79$ et donc à 5.38% composé.

Possible aussi que j’ai eu de la « chance » en achetant des titres offrant momentanément un dividende de 3% ou 3.5% (comme JNJ) alors que leur dividende « normal » à long terme est plus autour de 2% ou 2.5%.

Dans mon calcul j’assume que le dividende initial de 3.5% est le dividende moyen à long terme de mes titres.

Quoiqu’il en soit, bien que le principe de cause à effet ne soit pas complètement direct mais plutôt indirect, je veux dire par là que la seule hausse du dividende ne fait pas augmenter le titre elle seule car pour augmenter le dividende encore faut-il que la cie le puisse (croissance du revenu et cashflow et comment cela s’est-il produit et cela pourra-t-il continuer notamment), en choisissant son approche (dividende initial et croissance du dividende), on se fixe implicitement un rendement composé anticipé.

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