Le danger de devenir un mouton

Avez-vous le temps de faire tout ce que vous souhaitez faire dans une semaine typique selon un horaire qui vous convient? Avez-vous trop de temps, juste assez de temps, pas assez de temps?

Si je pose la question, c’est parce que bien des gens se plaignent de manquer cruellement de deux choses dans la vie, soit de temps et d’argent.

Un vieux dicton dit que lorsqu’on est jeune, on a le temps, la santé, mais pas l’argent.  Alors que lorsqu’on est vieux, on a l’argent, mais de moins en moins de santé et de temps devant soi.

Vous ne trouvez pas que c’est mal fait, mal pensé?  Lorsqu’on prend le temps de bien y réfléchir, c’est absurde.  À quelque part, ça n’a pas de sens et ça défie toute logique.

Je veux dire, lorsque nous sommes relativement jeunes et fringants, dans la fleur de l’âge dirons-nous, nous sommes remplis d’espoir, de soif de découvertes, d’envie de relever des nouveaux défis et de partir à l’aventure.

Puis, à ce moment-là, il faudrait pourtant aller se confiner dans un bureau ou dans une usine, bref chez un employeur, entre 4 murs, pendant 40 ans, entre l’âge de 25 et 65 ans, à faire la même routine un peu moribonde, ad vitam aeternam, jusqu’à ce que vieillesse surgisse, au lieu d’être en train d’utiliser le peu de ce précieux temps qui nous est alloué lors de notre bref passage dans ce monde, une chance exceptionnelle que nous avons lorsqu’on prend le temps de bien y réfléchir, pour découvrir le monde, forger des liens avec d’autres gens et nous émanciper de diverses façons, considérant que le travail n’est pas la seule façon de s’accomplir dans la vie!

Entendons-nous cependant pour se dire franchement que ce n’est pas en passant 2 semaines par année, dans un hôtel tout inclus à Cuba, à grand coup de cerveza, de rhum and coke, de gros cigares, de siestas sur la plage, jusqu’à devenir rouge comme un homard et en s’empiffrant au buffet de l’hôtel l’équivalent de la quantité de nourriture dont un petit village africain dispose pour tout une année, que vous deviendrez un citoyen du monde et un grand voyageur pour autant! 

Virer une brosse dans le sud, avec des amis, pis aller nager avec les poissons exotiques colorés, ça peut être bien amusant, mais ça ne fait quand même pas de vous le grand Commandant Cousteau pour autant!  Peut-être plus un genre de Gilligan, ouais…

Ceci étant dit, dans ce cas, pourquoi la logique n’est-elle pas respectée?  Pourquoi allons-nous plutôt à contresens et sacrifions-nous toutes ces belles années?

Parce que c’est ainsi qu’on nous enseigne que les choses se font, naturellement. 

L’école nous prépare au marché du travail, en prenant bien soin de nous apprendre à respecter des horaires stricts, faire les tâches imposées sans rouspéter, respecter les règlements, sans quoi nous nous exposerons à des conséquences négatives, bref à devenir le parfait Astro le petit robot.  Nous voyons aussi nos parents aller travailler, toute la journée, du lundi au vendredi, +/- 48 semaines par année. 

Alors, forcément, on prend pour acquis que c’est la voie, le chemin tout tracé qu’il nous faut suivre pour se fondre dans la masse et faire parti du troupeau.  Beh, beh, beh! Un peu comme Jesus, le grand pouilleux en robe, qui aimait bien partager son pain avec les petits enfants et ses brebis égarées.

Pourtant, l’être humain veut vivre sa vie, rêver, jouer et se faire raconter des histoires.  Oui, oui, se faire raconter des histoires, tout le temps!

Lorsque nous sommes tous petits, le temps du dodo arrivé, nos parents nous lisent une histoire pour nous aider à nous endormir.  Je me souviens encore de mon père, assis sur le coin de mon lit, en train de me lire, pour une énième fois, un conte de la bande à Picsou!

Et que dire des dessins-animés aux petites heures la fin de semaine?  Babar, Touftouf et les Polluards, Boumbo, Fifi Brindacier, Tic et Tac les rangers du risque, Inspecteur Gadget, Spirou, Doug, les Razmoket, Hé Arnold!, Les super nanas, Johnny Bravo, Minus et Cortex, les Schtroumpfs, Oggy et les cafards…  Captivé par la boîte à images…  Que de souvenirs!

Et puis, on vieillit et l’histoire change.  À l’école, on découvre la littérature et on tombe dans les classiques tels que: Vingt milles lieues sous les mers, les 10 petits nègres, 1984, le Petit Prince, Germinal, Le vieil homme et la mer et pourquoi pas les livres du Seigneur des anneaux, d’Harry Potter, de Game of Thrones ou la collection de romans de Patrick Senécal pour nommer un auteur québécois talentueux et prolifique dans le lot!

Bien que je n’ai jamais été un grand lecteur, j’adore néanmoins lire, de temps à autre, un bon livre avec une histoire captivante!

Une fois rendu à l’âge adulte, nous avons souvent moins le temps ou l’intérêt de lire et bien des gens se tournent alors vers la télévision.  On navigue sur Netflix pour visionner du contenu étranger ou alors on suit des histoires comme celles racontées dans les téléromans québécois tels que: Unité 9, Fugueuse, O’, les beaux malaises, etc.  Bref, encore des histoires!

Alors que nous soyons un ti-cul en pyjama, assis devant le téléviseur, un samedi matin, avec un bol de céréale dans les mains et regardant captivé Pat Patrouille ou bien un adulte habillé en complet cravate et lisant Sérotonine, le dernier de Houellebcq, dans le transport en commun, n’en demeure pas moins que nous sommes en train de nous faire raconter une histoire.

Et c’est ici la force des individus à la tête des entreprises, de réussir à vous convaincre que vous devriez embarquer dans leur histoire, en devenir parti prenante, un genre de roman dont vous êtes le héros, sauf qu’au lieu de chasser le dragon avec une épée ou une lance et d’aller délivrer la jolie princesse en détresse, perchée en haut de la tour du château, votre mission, que vous l’acceptiez ou pas, c’est plutôt de vous claquer toute la paperasse du dernier contrat et de rédiger tous ces documents très importants pour lundi matin au plus tard, sans faute, car c’est d’une absolue priorité!  Vous pensez alors à votre fin de semaine qui sera hypothéquée par ce travail laborieux et la partie de soccer de votre plus jeune que vous allez encore manquer!  Ouin, à bien y penser, c’est pas mal moins captivant ça, non?

Mais alors, pourquoi le faites-vous?  Pourquoi êtes-vous piégé, pris pour répéter les mêmes choses ou poser les mêmes gestes, à longueur de journée, avec des inconnus ou des personnes qu’on vous impose de côtoyer (collègues de travail).  Pourquoi devez-vous supporter les questions stupides et incessantes de la petite Sophie, la mauvaise haleine du gros Martin, l’odeur de macaroni au fromage et fruit de mer qui reste imprégné dans tout le bureau après que Dave ait fait réchauffer son dîner ou bien encore toutes les exigences démesurées et répétées de Rodolfe, votre patron, aux idées d’une autre époque? Oui, je sais, au moins, par chance, il y a toujours bien Jimmy qui est sympathique et compétent!

Je ne sais pas pour vous, mais moi, la réponse que j’y trouve, c’est à cause de l’argent.

Vous manquez d’argent et dépendez entièrement de votre travail salarié pour payer toutes les factures qui s’accumulent à un rythme effréné. 

Et le danger derrière tout ça, c’est souvent de finir par vous réveiller trop tard, comme l’écolier qui doit courir après son autobus. 

Possible alors que vous remettiez en question vos derniers 10-15-20 dernières années ou plus à bosser comme un dingue pour quelqu’un d’autre et vous rendre compte qu’au bout du compte vous êtes épuisé, stressé, tanné, paumé, mais qu’il vous faut encore tenir bon et y rester parce que:  Vous avez peur de vous lancer dans le vide, vous voulez avoir votre fonds de pension, vous devez encore supporter financièrement votre conjointe et/ou vos enfants, vous n’avez pas la formation requise pour travailler dans le domaine que vous convoitez et ça vous obligerait à effectuer un retour tardif sur les bancs d’école, ce faisant vous devrez alors vous endetter ou diminuer votre rythme de vie si vous changez d’emploi, etc.  En clair, les raisons sont multiples et chacun a les siennes.

Et que dira votre conjointe à ce moment-là?  Se montrera-t-elle compréhensive ou pas?  La voiture sport décapotable dans l’entrée l’intéresse t’elle davantage que votre propre émancipation et votre bonheur au travail?  Venez-vous alors de découvrir un second dilemme, d’ordre amoureux cette fois-ci?

Vous étant un peu trop engouffré dans la forêt noire des elfes (ref : Hobbit 2), vous avez fini par perdre de vue le sentier et vous vous êtes malheureusement égaré.  Pauvre de vous!  Pauvre fou! Vous cherchez, encore et encore, mais c’est bel et bien peine perdue.  Hélas, vous ne parvenez pas à retrouver votre chemin!  Vous êtes égaré dans un environnement hostile, peu hospitalier et des dangers vous guettent tout autour. 

Alors, que faire?  Allez-vous combattre ou bien baisser les bras?

Atteindre l’indépendance financière à un jeune âge ne vous permettra pas d’éviter de vivre absolument tous les problèmes de la vie courante moderne.  Notamment, l’argent ne remplace pas l’amour, la famille ou la santé.  Ceci étant dit, ça demeure un joker, soit une belle carte à avoir entre les mains et à jouer en temps opportun.

Avouez quand même que ça vous place dans une position assez avantageuse pour faire des choix pouvant avoir une incidence assez importante sur votre niveau de bonheur relatif et sur le reste de votre vie. 

Pour ce faire, l’effort doit être déployé le plus tôt possible!

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