L’art de se raconter un rêve pour le réaliser

Chérie, ferme les lumières… on va sauver au moins 10$ par mois.

Mon amour… fais tes cafés à la maison voyons! On va pouvoir épargner 2$ par jour, 220 jours par an, c’est presque 500$!

Poussin… pourquoi t’as pris cette marque là? La marque maison est 35 cents de moins. À la longue ça paraît!

Vous voulez connaître le meilleur moyen de ne pas atteindre la liberté financière? Relisez ces quelques passages et demandez-vous quels impacts ça a sur vos relations interpersonnelles et conjugales.

Devenir la police des 30 sous c’est pas super inspirant… mettons! Ça peut même devenir franchement gossant pour votre entourage et à la limite vous risquez de finir tout seul… avec une pension alimentaire de plusieurs centaines de dollars à payer que monsieur ou madame se fera un plaisir de dépenser en achetant du « vrai Kraft dinner » au lieu de la marque qui goûte la marde en carton à 12 cents de moins la boîte!

Il ou elle rugira intérieurement de bonheur à l’idée de laisser sa lumière ouverte en sortant de la pièce et à celle d’acheter des cans de tomates en dés de marques réputées avec l’argent de votre pension!

Si vous voulez atteindre la liberté financière et vous assurer que les gens autour de vous y adhèrent, jouer à la police des détails est une très mauvaise idée.

Comme le disait Benjamin Franklin (m’essemble c’est lui), si vous voulez convaincre, ne faites pas appel à la raison, faites appel à l’intérêt!

Chérie, imagine si la maison était payée, tu pourrais lâcher ta job et devenir prof de pilates à temps partiel, ben relax, comme t’as toujours voulu!

Mon poussin, si on n’avait plus de paiements de char, on pourrait prendre le 350$ par mois et aller le faire ce safari en Afrique dont on rêve tant.

Ma licorne, si on arrivait à avoir 15000$ chaque par année en dividendes et la maison payée, on pourrait rester à la maison avec les enfants au lieu de courrir comme des poules pas de tête et vivre 2 mois par an au bord de la mer en Floride avec la roulotte.

Pour atteindre la liberté financière rapidement, ça prend une image forte, un désir intense et brûlant de sortir de la situation présente et d’aller vers la situation désirée.

Je blaguais à moitié autrefois en suggérant que de cultiver la souffrance de son état pouvait devenir un puissant motivateur.

Quand j’ai commencé à épargner une forte proportion de mon salaire dans le but d’atteindre la liberté financière en 10 à 12 ans, j’étais en colère, en colère contre moi-même et contre ce que ma vie était devenue par ma faute.

Arrivé à 32 ans, séparé, endetté, avec des revenus précaires et sans épargnes, ça faisait dur mon affaire. Je portais à bout de bras une hypothèque trop grosse sur une maison trop maganée avec un emploi contractuel loin d’être garanti. J’étais à quelque chèques de paye de la faillite. Si je perdais mon emploi, je devais prendre le premier qui passait juste pour ne pas devoir rendre les armes.

C’était une situation vraiment merdique, stressante et c’était ma faute si j’y étais.

Je me suis alors mis à faire 2 choses, diaboliser mon état et idéaliser un rêve en me mettant en tête cette image du passée, ce rêve dd liberté financière à un « jeune » âge.

Depuis tout jeune je me suis toujours dit qu’à 45 ans au maximum je serais retraité et que je pourrais me consacrer à mes passions. Je ne sais pas trop d’où ça me vient… possiblement d’un policier de la SQ que j’ai connu et qui vit encore aujourd’hui mais qui a pris sa retraite vers l’âge de 48 ans quand j’étais tout jeune.

Mais je n’avais rien fait pour y arriver. À 32 ans, j’étais encore à la case zéro et même à la case -1.

Cette image de liberté faisait fortement contraste avec ma réalité. Je m’étais mis en position d’esclave et je voulais me voir libre comme l’écureuil, l’oiseau ou le papillon demain si possible. Je voulais moi aussi jouir de cette liberté sauvage et naturelle.

Je me suis mis à imaginer ce que serait ma vie si je n’avais pas à travailler 5 jours sur 7, de 9 à 5, 48 semaines sur 52 et ce que j’ai découvert c’est que je me privais de tant de choses, de tant de beautés.

Il y a tant de films à voir, de livres à lire, de gens à rencontrer, de choses à apprendre, de lieux à voir.

Et ma vie à moi se passe dans une boîte. J’étais et je suis encore beaucoup, confiné à mon aquarium.

Ce qui m’a motivé à passer d’une valeur nette négative à une valeur nette de plus de 280,000$ en 6 ans. Ce qui m’a poussé à passer d’une hypothèque de 172000$ à une hypothèque de 66000$ en 6 ans, ce ne sont pas les économies de bout de chandelle. Car, bien qu’elles peuvent aider, je considère que les changements drastiques offrent bien plus de certitude pour permettre de réaliser de grandes choses.

Ce qui m’a poussé à transformer un salaire de 56k$ à 32 ans en des revenus totaux de plus de 120,000$ à 37 ans (salaire, revenus en ligne, dividendes, bonus) sans compter ce que ma petite cie me rapportera, ce qui m’a poussé à épargner plus de 50% de ces revenus et ce qui m’a permis d’obtenir un rendement composé de 15.4% par an sur mes placements ce n’est pas la joie de sauver 10 cents sur une can de soupe en passant la moitié de mes week-ends à courrir les spéciaux, c’est plutôt cette image apaisante de l’homme libre de son temps.

Comme un gladiateur dans l’arène, je me suis battu pour mon rêve. J’ai gravi des échelons, j’ai mangé des coups. J’ai bûché fort.

Dans quelques années, j’aurai racheté ma liberté naturelle. Mon temps de vie sur cette planète m’appartiendra.

Je n’aurai pas à penser à mes revenus plus qu’au réfrigérateur ou au fait que le gazon pousse.

Je pourrai me consacrer à découvrir tout ce que je ne connais pas, à rencontrer des gens et à voir ce que je n’ai jamais vu sans avoir à me soucier de devoir rentrer au bureau dans 48 heures.

Je pourrai me lever à l’heure qu’il me tente, me dédier exclusivement aux projets qui m’allument, passer plus de temps de qualité avec mes enfants, prendre plus de temps pour moi, pour m’épanouir en tant qu’humain et non en tant que robot qui répète des tâches routinières quotidiennement.

Le rêve, l’espoir sont de puissants motivateurs.

Si on a ça, le reste peut suivre presque sans effort.

Les milliers de dollars prennent chaque année avec joie le chemin de l’investissement et parfois même, on achète sans trop y penser la can de tomates de marque maison mais c’est inmanquable, chaque fois chérie me dit « Yark achetès pas c’te marde là pour sauver 10 cents, j’vais les sacrer aux vidanges et tu vas perdre 1$. Pas rentable ton affaire! ».

3 Comments

  1. Petes

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