IMPORTANT L’argent n’est plus backé par des réserves d’or et 20 piastres ne vaut pas 20 piastres!

Je jasais avec un ami il y a quelque jours qui croyait dur comme l’or que les chiffres électroniques à son compte de banque étaient garantis par des réserves d’or.

Autrefois, l’argent reposait sur l’étalon-or et les billets étaient convertibles en or.

Mais, au début de la première guerre mondiale, on décréta la fin de ce système en même temps que la plupart des grandes puissances mondiales car la guerre et son coût ne permettaient plus de supporter ce système.

Il faut dire aussi que déplacer constamment de l’or est un paquet de troubles.

Après la guerre (plus tard encore pour le Canada soit 1926), on retourna à ce principe durant un certain temps, mais en 1971, le gouvernement américain mit fin au principe de l’étalon-or une bonne fois pour toute.

Toutes les grandes monnaies du monde sont maintenant des monnaies fiduciaires et leur valeur n’est liée qu’à la confiance que les gens ont en son émetteur.

Il faut donc une banque centrale forte pour établir une monnaie et lui donner cours légal.

Mais un chiffre à votre compte en banque ou encore un billet de polymère n’ont aucune valeur intrinsèque en soi. Vous ne pouvez pas aller à la banque et l’échanger contre un effet porteur d’une valeur intrinsèque comme un lingot d’or.

Il vous faut plutôt aller dans une place de marché et y acquérir un actif qui lui gardera une valeur intrinsèque… ou pas… il faut bien les choisir!

Afin de maintenir la confiance des gens en la monnaie, les autorités ont recours à divers outils dont la masse monétaire (imprimer ou déchiqueter des billets) et les taux d’intérêt (pour stimuler ou ralentir la consommation) afin de s’assurer que le billlet de 20$ maintient sa valeur le plus possible.

Ils ont aussi induit une inflation cible entre 1 et 3% par an dans le système.

On juge en gros qu’une inflation de 1 à 3 % par an passe relativement inaperçue et ne cause pas de mouvement de colère dans la masse.

Je simplifie à sa plus simple expression bien sûr. La politique monétaire est un sujet somme toute devenu assez complexe.

Mais en gros, si on retourne à l’explication que j’ai donné du capitalisme, il y a des ressources qui sont au coeur du système et il y a des consommateurs qui veulent ces ressources.

Faire du troc, c’est-à-dire échanger un item ayant une réelle valeur intrinsèque (ex.: une pelle) contre un item ayant une valeur intrinsèque jugée similaire (ex: 250 lbs de patates), est somme toute loin d’être pratique. Mais, ça garantissait au moins qu’on avait quelque chose de tangible entre les mains en tout temps.

Ça ne changeait néanmoins rien au fait que la pelle gardait probablement sa valeur plus longtemps que des patates périssables. Et encore… une pelle vaut plus pour quelqu’un qui en a besoin que pour quelqu’un qui n’en a pas usage.

Aujourd’hui on va vendre la pelle contre une écriture sur l’espace mémoire d’un serveur bancaire et on va ensuite l’échanger contre les 250 lbs de patates ou autre chose.

Vu que le gouvernement contrôle l’inflation, le montant d’argent conserve apparemment sa valeur plus longtemps. Quoiqu’il en soi, c’est définitivement plus pratique que le troc.

L’intermédiaire prend bien sûr sa cote au passage pour le service rendu.

Il y a des risques à ce système comme il y en a à tout système.

Outre le risque de piratage qui devient de plus en plus omniprésent (quelqu’un qui efface vos chiffres électroniques par exemple ou les envoit à son compte ou aussi pire pour beaucoup, quelqu’un qui ajoute une charge à votre compte), il y a aussi le risque de diluer la valeur de votre argent.

Le gouvernement peut imprimer et distribuer des billets et jouer sur la masse monétaire. En théorie, plus on distribue de billets, moins les billets ont de valeur.

Par exemple, sous le gouvernement Trudeau on remet énormément d’argent (allocations familiales démesurées) aux jeunes familles. Cela leur donne des liquidités qu’ils ne devraient pas avoir… cela crée donc une demande artificielle parmi cette strate de la société. Mais ici on ne crée pas nécessairement de l’argent sauf si le Canada s’endette pour le faire. On redistribue plutôt la richesse. Reste qu’on manipule le système… des gens qui ne devaient pas avoir autant d’argent se retrouvent alors avec du pouvoir d’achat qui influence la demande et donc les prix (des maisons par exemple).

Le gouvernement peut aussi jouer avec les taux et favoriser ou réduire l’activité économique en conséquence en diminuant ou en augmentant la marge de manoeuvre des ménages.

Il sait par exemple que 2% d’augmentation sur une dette hypothécaire peut facilement se traduire par 20% d’augmentation sur le paiement mensuel lié au logement… ça plombe un budget et ça réduit l’activité économique globale en concentrant la richesse vers le prêteur.

En même temps, les taux plus haut réduisent la demande et la capacité d’emprunt et donc ça peut faire tomber les prix en immobilier ou les rendre stagnants pendant de longues périodes.

Quant aux banques, elles ne peuvent pas imprimer des billets mais elles peuvent créer de l’argent en allouant des prêts. Car les banques n’ont pas à posséder tout l’argent qu’elles prêtent, seulement la réserve qui est légalement requise.

Il en va de même des actions.

Supposons qu’une cie a lancé 1,000,000 d’actions en bourse et que les actions valent (valeur intrinsèque) 10$ chaque. La cie a une capitalisation boursière de 10,000,000$.

Si vous avez 1000 actions, vous avez pour 10000$ investis dans cette cie et vous détenez 1% de l’actionnariat. Pas mal.

Mais demain, la cie décide d’émettre 1,000,000 de nouvelles actions. La valeur intrinsèque de l’entreprise ne change pas donc chaque action vaut maintenant 5$. On a simplement divisé le même gateau en plus de parts…

Vous avez toujours 1000 actions. Mais du jour au lendemain, elles valent 5000$ au lieu de 10000$. Vous détenez 0.5% de l’actionnariat.

Les cie cotés en bourse ont donc, dans une certaine mesure et un certain cadre, la capacité de diluer votre valeur nette elles aussi.

Donc, la morale de tout cela est que si vous détenez tout votre argent en chiffres électroniques, billets comptants, CPG ou certificats d’action, vous êtes fortement à risque.

Vous avez une grande confiance dans le système, le gouvernement, les banques et les cies dans lesquelles vous investissez.

De grandes forces sont à l’oeuvre et elles peuvent réduire votre valeur nette à peu de choses en un tour de main.

Ne croyez pas que ça n’arrivera jamais. C’est arrivé aux Etats-Unis en 2008, en Grèce, au Venezuela etc… ça arrive relativement fréquemment et constamment.

Par exemple, Trump a présentement un grand pouvoir sur la valeur nette d’un nombre incalculable de gens.

Chaque jour la bourse fait apparaître ou disparaître de l’argent selon les aléas du marché ou les tweets de ce coloré président.

La solution?

Aucune solution n’est parfaite et toutes ont leurs risques.

La plus efficace? Éliminer le plus possible notre dépendance à l’argent en accumulant des aptitudes qui nous permettent de vivre le plus possible en autarcie. Le minimalisme, la simplicité volontaire sont donc des approches à privilégier.

Sinon, l’autre solution consiste à acquérir des actifs qui peuvent maintenir leur cashflow à l’inflation et qui touchent à un besoin essentiel.

Voilà pourquoi l’immobilier a pas mal toujours été un véhicule d’investissement priviégié.

Si l’inflation est de 8%. En théorie on monte les loyers de 8% et notre pouvoir d’achat n’est pas entamé.

Peu importe la valeur de l’actif, ce qui compte c’est que le cashflow puisse maintenir le pouvoir d’achat.

Évidemment, quand je dis que l’immobilier c’est droits/lois et taxes, c’est que pour que l’immobilier conserve sa valeur en tant qu’investissement refuge, il faut que les lois permettent cette flexibilité.

Au Québec, avec la régie du logement, ce n’est pas capitalist friendly disons!

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