Comment réussir à atteindre un objectif difficile (liberté financière) à long terme?

Ce que je tente d’accomplir est difficile. Je veux atteindre la retraite jeune, avant 45 ans, en 12 ans d’épargne intensive ou moins, en partant de zéro. Je veux, au bas mot, accumuler environ 500,000$ d’épargne (hors et à l’intérieur d’un fonds de pension), payer une hypothèque de 175,000$ et avoir 0$ de dettes. En surplus, je voulais aussi me bâtir une entreprise qui me génère au moins 15,000$ de revenus par an sans trop d’efforts. Est-ce un projet insensé? Peut-être…

Me voilà plus de 5 ans plus tard. Il me reste 82,000$ d’hypothèque, j’ai 128,000$ d’épargne et probablement autant en valeur de rachat dans mon fonds de pension.

Essentiellement, je suis à mi-chemin… déjà. J’ai environ 8000$ de revenus passifs provenant de dividendes et de sites webs. J’ai lancé une PME avec ma femme cette année… difficile de dire combien on fera avec çà pour l’instant.

Mais, le chemin est encore long…

Un désir viscéral

La première chose que ça prend, à mon avis, pour atteindre un objectif difficile, c’est un désir profond, viscéral, d’atteindre l’objectif souhaité.

Pour moi, me libérer du 9 à 5 c’est viscéral. Depuis que je suis tout petit (nous allions au bord de la mer sur la côte est), j’ai en tête la plaque minéralogique du New Hampshire : « Live free or die : la mort n’est pas la pire chose de mal qui puisse vous arriver. »

La liberté… rien de pire que de mettre un lion en cage… ça le tue à petit feu.

La liberté se vit sur un spectre. J’ai eu la chance de naître dans un état démocratique où l’on naît « libre ». Notre niveau de liberté initial est déjà pas mal plus élevé que celui de la majorité des gens sur cette planète et même de ceux qui sont nés, ont vécu et sont morts au cours des quelques derniers millénaires.

Il faut chérir et célébrer cette liberté. Mais, il ne faut pas s’asseoir sur nos lauriers car chaque jour, quelqu’un, des puissances économiques ou des gouvernements, remettent en question cette liberté.

L’homme est devenir le pire prédateur de l’homme. C’est ce que la civilisation et la science nous ont apportés.

Néanmoins, à mesure que mes dettes diminuent, que mon épargne augmente, ma liberté relative augmente aussi. De nouvelles portes, jadis fermées par mes choix (hypothèque notamment, manque d’épargne) s’ouvrent…

Viendra le jour où j’aurai suffisamment d’épargne pour me supporter sans travailler (logement, nourriture, santé…), puis viendra un moment où j’aurai suffisamment d’argent pour me garantir un niveau de vie qui inclut aussi un peu de luxe.

Je dois atteindre un état de liberté le plus proche possible de l’état de liberté naturel théorique possible (être 100% libre tient davantage de l’utopie) dans un lapse de temps suffisamment court pour que j’aie le temps d’en profiter en santé. Voilà le défi que me fixe.

C’est viscéral. Pour moi c’est une question de vie ou de mort… car, le 9 à 5, le 48 semaines sur 52 à faire la même chose chaque jour, tous les jours est en train de tuer tout ce qui est beau en moi… je le sens… chaque jour.

Je deviens de plus en plus grognon, de moins en moins empathique, de plus en plus frustré, de moins en moins motivé, je me sens moins créatif, moins intelligent, j’ai moins de rêves… etc etc etc… je suis en train de devenir un zombie de la rat race. Le venin putride est en moi, il fait des ravages.

Et le monde du travail évolue vite. On vient d’annoncer une nouvelle restructuration au sein de mon entreprise. C’est la deuxième en peu de temps… encore du stress, encore de l’anxiété face à l’inconnu…

Je DOIS me libérer car je suis en train de me faire institutionnaliser… comme un vieux détenu qui s’est résigné à son sort et dans ce temps là on risque de faire des conneries : comme acheter une maison à 500k, un chalet, une mercedes etc… parce qu’on se dit, tant qu’à être pris là-dedans, aussi bien rendre l’endroit agréable.

Avoir confiance en soi

C’est un gros défi que de se dire « à 45 ans je cesserai de travailler pour toujours ». Ça prend des couilles. Ça prend une grande confiance en soi et la capacité de visualiser sa réussite pour garder le cap.

Je sais, c’est une connaissance que je ne remets pas en doute car elle repose sur la mathématiques, qu’en épargnant 20,000$ ou plus par an pendant 12 ans (ou plus), en réinvestissant les dividendes, tôt ou tard, j’atteindrai mon objectif. Le rendement est un facteur inconnu mais au pire au lieu de 12 ça en prendra 15 ans ou 18 …. mais à moins d’un crash du capitalisme, la machine est en route et de façon quasi inéluctable, j’atteindrai mon objectif d’avance, à temps ou en retard grâce à la magie de l’intérêt composé. Mais je l’atteindrai.

Il y a des choses qui peuvent arriver qui pourraient faire dérailler le train en marche : drame, maladie, divorce etc… mais ça ne doit pas nous empêcher d’avancer.

J’ai cet optimisme et cette confiance que j’arriverai à mes fins… tôt ou tard.

J’ai confiance qu’avec 28 fois mes dépenses en épargne, je vais pouvoir m’arranger pour vivre jusqu’à ma mort. On ne connait pas l’avenir économique, le rendement futur de nos placements, les futures guerres commerciales ou physiques qui nous attendent mais historiquement, ce taux de retrait reste très sécuritaire.

Sans cela, sans cette conviction presque sans faille qu’on a beaucoup de contrôle sur notre destin, il est difficile de rester concentré sur un tel objectif qui demande des années de discipline et souvent un changement drastiques dans ses comportements.

Et puis ça prend cette confiance pour obtenir le prochain ingrédient.

Avoir une forte capacité d’introspection

Il faut un fort égo pour se convaincre qu’on peut se libérer d’un système aussi puissant que celui de la rat race. Mais, ça prend aussi un solide égo pour accepter qu’on a fait, nous, personne d’autre, des erreurs terribles et des choix stupides qui nous ont conduit à cet état de servitude qu’est le travail salarié.

Je suis responsable de mon sort. J’ai pris la décision d’étudier au départ dans un domaine où le taux de placement est faible et où être entrepreneur est peu envisageable.

J’ai fait l’erreur de m’endetter, d’acheter une maison à quasi reconstruire avec une mise de fonds minimale et un revenu qui me permettait à peine de joindre les deux bouts. J’ai fait l’erreur de ne pas épargner plus tôt. J’ai fait des tas d’erreur… I’m dumb.

Je l’accepte. Je ne cherche pas à trouver des coupables. Certes, la société, l’école, mon entourage, les médias… tout nous pousse vers la rat race mais… ultimement, on fait nos propres choix. Personne ne m’a tordu un bras.

Ça prend cette capacité à sortir du piège de la victimisation. Se positionner en victime et ne pas agir, ne pas prendre sur ses épaules, ne pas s’avouer à soi-même que nous sommes à la fois le problème et la solution, c’est un terrain glissant qui ne mène nulle part d’intéressant et surtout pas à l’objectif de liberté qu’on souhaite atteindre… ça mène plutôt à la résignation.

Conclusion

Ces trois ingrédients à eux seuls peuvent vous mener loin. Ne les sous-estimez pas.

Avoir une forte confiance en soi, un désir viscéral d’obtenir quelque chose et la compréhension que les grandes choses se bâtissent une pierre à la fois, c’est l’essentiel de ce qu’il faut pour arriver à ses fins.

Le combat en est un de longue haleine. C’est une course d’endurance, pas un sprint… il faut donc aussi s’armer de patience.

10 Comments

  1. julien
  2. Dominique
  3. Sophie

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