Liberté financière jeune : Les médias et leur façon de présenter les choses…

De temps à autre, je me fais contacter par quelqu’un des médias qui dit s’intéresser au « phénomène » de la retraite hâtive. Je refuse systématiquement pour plusieurs raisons dont l’une très importante, l’inévitable côté sensationnel qu’ils « doivent » donner à tout…

Je l’avais manqué, mais l’émission 56 de banc public parlait à de jeunes retraités ou à de jeunes aspirant retraités. Ils y flashent mon site web 2 fois.

http://bancpublic.telequebec.tv/emissions/emission-56

L’émission banc public est du type plutôt soft et gentil. Et dans cet épisode, on présente différents jeunes retraités et on raconte en peu de mots leurs motivations.

Mais, comme avec n’importe quel autre média, ils n’ont pas su résister et se sont sentis « obligés » d’inviter un « expert » pour contredire les autres invités.

Ainsi, ils demandent à cet expert de commenter notamment sur la fameuse « règle » du 4%.

L’expert explique très brièvement que c’est une règle risquée (quasi utopique) et on s’en tient pas mal là. Je pense qu’on s’entend tous sur le fait que la règle du 4% est peu prudente pour une retraite jeune et demeure une règle de pouce…. je ne connais pas un seul jeune retraité qui s’est uniquement fié sur cette règle pour faire le saut… mais ça on n’en parle pas.

On ne parle pas des superbes calculateurs qui font du backtest sur 150 ans de données boursières. On ne parle pas de la façon de répartir ses actifs (bonds, actions etc…) pour réduire la volatilité et les risques liés à un effondrement du marché boursier. On ne parle pas vraiment non plus du fait que bien des jeunes retraités ont profité de leur retraite jeune pour lancer des entreprises ou se lancer en politique. On ne parle pas des possibilités de convertir une partie de ses actifs en rente viagère à 50 ans qui, avec la PSV et le RRQ à 60 et 65 ans viennent stabiliser la suite des choses.

Moi, c’est ça qui me gosse des médias. Tu fais parler des gens et ensuite, tu les traites de con (subtilement ou carrément) en présentant un « expert » qui critique MAIS qui n’apporte pas de solutions.

Je ne critique pas l’expert. Je suis sûr qu’il aurait pu étoffer sa réponse pendant des heures si on lui avait laissé la place de le faire. Ce que je critique c’est la façon de présenter les sujets en surface.

J’aurais aimé l’entendre nous expliquer comment mieux planifier une retraite jeune mais tout ce qu’on l’entend nous expliquer c’est que la trentaine ou la quarantaine est le moment de notre vie de salarié durant lequel on a le plus de valeur sur le marché… super! Fak continue à travailler l’épais… ta richesse elle est là et tu la gaspilles à aller surfer ou te coucher dans un hamac (Jeune retraité et sa femme… les méchants parasites fiscaux – référence à l’émission)!

C’est de cette façon que le montage a été fait…

Bon, j’avoue qu’ici c’était soft et quasi subtil, mais à quoi servait l’apparition de l’expert dans le contexte sinon à ridiculiser le projet?

La question reste donc en suspend. Tu dis aux gens que la règle du 4% c’est de la marde mais tu ne leur dis pas comment améliorer leur plan pour en augmenter les chances de succès.

Et puis, un peu plus tard on présente le blogueur de Se Payer En Premier. Lui, le bon gars, il blogue à visage découvert et s’achète une poche de légumineuse de 25 lbs et un baril d’huile de Canola chez un distributeur de bouffe en gros.

Je ne le critique pas, je critique la mise en scène. Évidemment on lui pose la question du « pourquoi lui blogue sans masque et pas les autres ».

Je me doute que la recherchiste à du se frapper à plusieurs refus ils se sentaient donc obliger d’en parler.

Ils auraient pu parler du fait que les employeurs n’aiment pas trop que leurs employés critiquent sur les médias sociaux le monde du travail ou aient des opinions qui vont à l’encontre de la masse.

Nous, on signe des ententes nous contraignant à faire bonne figure plublique et on nous déclare ambassadeurs de l’entreprise 24h/24h et 7 jours sur 7… si je suis un ambassadeur, paie-moi logement, voiture et chauffeur et service de sécurité et donne-moi l’immunité diplomatique… bullshit. On nous donne même des formations pour ambassadeurs yeah!

Une infraction à cette nouvelle norme corporative entraîne des sanctions disciplinaires pouvant mener au renvoi si on juge que la réputation de l’entreprise a été entachée. Et de temps en temps on accroche une ou deux personnes au pilori pour faire peur aux autres.

Je pense pourtant que les gens sont assez intelligents pour comprendre que si un gars plug sur Facebook que Trump est un twit, ça veut pas dire que c’est la position officielle de son employeur… Mais les employeurs mêlent tout et se dissocient rapidement des propos et des gens qui les ont tenus en les licenciant… ce qui, bien souvent, peut causer de graves préjudices à la dite personne qui a dit quelque chose souvent innocemment.

Moi je vois plutôt ça comme une chaîne… En gros tu me dis, tu as le droit à tes opinions et d’avoir une présence en ligne. Mais tu prends le risque de perdre ta job, tes contrats, tes clients etc… Alors profites de ta liberté de penser et de t’exprimer en démocratie mais … fais-le dans ta tête.

Alors voilà notamment pourquoi bien des blogueurs ne tiennent pas à montrer leur grosse face à la TV avant que la retraite soit atteinte.

Ça non plus on n’en parle pas de cette fameuse règle du « ferme ta gueule et gardes tes opinions pour toi » qui à mon sens font aussi partie des raisons qui font que d’être salarié ça fait chier. On te supprime le droit d’être toi-même.

Moi, ce droit de dire des conneries (et dieu sait que j’en dis souvent des conneries), j’y tiens.

Trouvez-moi une seule personne qui n’a pas dit au moins une fois quelque chose d’imbécile dans sa vie?

Les employeurs ne se gênent plus de mettre des clauses t’interdisant de travailler pour un concurrent, t’interdisant de parler aux médias, t’interdisant d’avoir des opinions publiques…

Bref… après 22 min d’écoute, je ne retiens pas grand chose de cette émission et je suis bien heureux de ne pas y avoir participé.

Si le phénomène de la retraite hâtive existe, c’est qu’il y a des raisons… on aurait pu prendre ce 20 minutes et attaquer le sujet en 2 angles :

1) Pourquoi de plus en plus de gens en ont plein le cul de ce sytème de 9 à 5, des grandes corporations qui nous bullshit et qui veulent étendre leur contrôle dans de plus en plus d’aspects de nos vies, du stress de ce rythme éffrené et popent alors des pilules comme des bonbons pour tenter d’oublier tout ça?

2) Comment s’en sortir? Comment regagner une portion de cette liberté?

Il y a d’abord les aspects sociologiques de la chose et ensuite les aspects pratiques.

Invites des experts en planification financière, fiscalité etc et crée un 20 minutes course to early retirement.

Ou alors, invite des psychologues, sociologues etc… et demandent leur de se pencher sur le sujet.

Est-ce que la société de performance, le stress pousse les gens à se questionner sur leur cheminement de vie? Est-ce que le phénomène des sectes corporatives commence à faire des ravages? Est-ce que les bullshit jobs créent un sentiment d’inutilité qui finit par faire son chemin dans nos têtes? Est-ce que l’incompréhension de ce qu’est l’amour vs la passion et le fait de courrir partout à la garderie, au boulot, chez l’ex ou le nouveau chum jetable rend nos vies instables et a des répercussions qui touchent toutes les sphères de nos vies incluant nos enfants et leur stabilité psychologique, sans compter nos finances?

Moi je remarque que les gens qui atteignent la liberté financière jeune ont des vies plutôt stables contrairement à la moyenne des ours et ont bien souvent des partenaires de vie de longue date. Un projet comme ça, ça se planifie et s’exécute pendant de longues années et ça prend de bonnes assises.

Je ne pense pas que la majorité des jeunes retraités ont pris la décision de se retirer sans réfléchir aux risques de la retraite jeune… après tout, ce sont des gens assidus et capables de se dédier à un projet difficile à réaliser pendant de longues années.

Reste que notre société souffre… les enfants sur le ritalin, les parents sur les anti-dépresseurs, les jobs précaires, l’anxiété de performance…

Notre société change et se battre contre ces changements est un peu inutile. Par contre, prendre un temps d’arrêt pour s’y adapter et y trouver ses opportunités, ça ça apporte quelque chose.

Je ne crois pas qu’être un salarié traditionnel (un exécutant) c’est l’avenir. Je pense qu’il faut apprendre à se créer d’autres opportunités et l’atteinte rapide de la liberté financière peut permettre cela.

Les emplois salariés sont de plus en plus mesurés, surveillés, parcellisés au point de les rendre quasi inutiles dans une foule de domaines et ce n’est que le début.

L’avenir se trouve dans l’abstrait, le créatif, la capacité à s’adapter rapidement et à penser à l’extérieur de la boîte.

Pour en revenir à ce que je disais, 61 millions de comprimés de ritalin ont été engloutis par nos enfants au Québec en 2014 et c’est un phénomène en croissance. Je ne comprends pas qu’on en parle pas plus que ça. C’est un scandale terrible… on drogue nos enfants pour cacher les problèmes sous-jacents… ça va nous péter dans la face tôt ou tard!

Un Québécois prend en moyenne 62 doses d’antidépresseurs par an. Calcul rapide, c’est environ 495 millions de pilules d’antidépresseurs par an juste au Québec… C’est normal ça???

Je veux dire… moi je n’en prends pas de cette merde là… peut-être que je devrais car mon rythme de vie me stresse, ma job me rend anxieux, la pression, le trafic, l’impression d’être un mauvais père (absent) pour mes enfants etc… Mais au lieu de prendre des tites pilules, je travaille sur des solutions à long terme : i.e. atteindre la liberté financière rapidement et générer des revenus intelligents.

Au Québec et un peu partout en occident, les gens se droguent pour calmer leur angoisse ou pour rester réveillés (café, boissons énergisantes ou autres stimulants…) et tenter de surperformer.

Ça c’est un fucking gros problème de société et c’est à mon avis à la base même du projet de retraite de bien des futurs jeunes retraités et milléniaux de la spend generation qui déclarent à tous YOLO.

Notre société est stressante et anxiogène. Nos corps nous demandent de ralentir le rythme.

Bref, je trouve qu’ils ont raté une belle occasion de parler d’un sujet important, d’un phénomène de société qui prend bien souvent racine dans la colère, la frustration et l’impression d’être échec et mat. Le goût de la retraite hâtive n’est pas une mode, c’est un symptôme de quelque chose de plus profond. C’est une stratégie d’adaptation et de survie qui permet de cristalliser une certaine stabilité, de se bâtir un noyau dur pour affronter le monde et y trouver sa place et son bonheur.

L’atteinte de l’indépendance financière n’est pas une fin en soi, c’est un outil vers l’émancipation et la pleine prise de contrôle de sa vie et de son temps.

Voilà… just my two cents!

15 Comments

  1. Yan

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