Principe de l’entonnoir : Comment bien vivre avec 15 000$ par an au Québec?

Pourquoi limiter ses dépenses ?

Pour quiconque désirant atteindre l’indépendance financière relativement rapidement ou encore à un jeune âge dans sa vie, le contrôle de ses dépenses, de son train de vie, est un élément primordial, fort déterminant, voire même crucial, dans l’atteinte de l’objectif fixé.

À partir de la règle du 4%, le taux annuel de retrait sûr afin de préserver son capital à vie, pour des dépenses annuelles de l’ordre de 15 000$, vous aurez besoin d’amasser un capital de 375 000$ afin d’atteindre l’indépendance financière.

Avec cette même règle, mais pour des dépenses de 40 000$ annuellement, vous aurez plutôt besoin d’accumuler 1 000 000$. Somme toute, c’est une différence notable de 625 000$ ! En terme d’années de travail, cela peut représenter un nombre d’années considérable!

Combien au juste? Regardons cela de plus près.

 

Selon le calculateur en ligne Networthify :

Scénario 1) Monsieur X gagnant annuellement 33 000$ net, en économise 18 000$ et en dépense 15 000$, supposant un rendement de 7% et un taux de retrait de 4%, à partir d’un portefeuille de 0$, il en a pour 13.5 ans à atteindre l’indépendance financière.

Alors que,

Scénario 2) Monsieur Y gagnant 58 000$ net par an, en économise aussi 18 000$, mais en dépense 40 000$, supposant un rendement de 7% et un taux de retrait de 4%, à partir d’un portefeuille de 0$, il en aura pour 23 ans à atteindre l’indépendance financière.

Donc, même avec un revenu net plus élevé de 25 000$ par année compte-tenu que ses dépenses sont aussi plus élevées de 25 000$, cela représente quand même un écart notable du nombre d’années requis afin d’atteindre l’indépendance financière. Concrètement, ça représente une différence de 10 ans, toute une décennie, alors ce n’est pas rien!

 

À elle seule, cette prise de conscience pourrait être assez brutale pour faire débarquer quelqu’un du projet d’indépendance financière, en refusant de consacrer presque 25 années, un quart de siècle, à ce projet. Rendu à un certain âge, la personne pourrait plutôt décider de baisser les bras et attendre la pension de son employeur ou celles des gouvernements. Il est donc plus difficile pour une personne normalement constituée de se projeter dans un horizon de temps aussi éloigné.

Par contre, se projeter dans une 12 aine d’année, ça semble déjà, à première vue, beaucoup moins décourageant! Oui, c’est encore loin, oui ça demande de la discipline, mais quand même, considérant ce que vous avez à gagner en bout de piste (+/- 2000h de temps libre de plus, par année, à vie, woot) je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Personnellement, je suis ce mystérieux monsieur X évoqué dans le scénario 1. Lorsque j’ai amorcé ce périple vers l’indépendance financière (pas la retraite) en septembre 2015, je suis parti avec environ 40 000$ en valeur nette, investis en immobilier et en actions boursières, pour lesquels, en contrepartie, j’ai échangé beaucoup de temps de travail lors de ma jeunesse.

En somme, cela m’a fait gagner environ 2.5 années que je peux ainsi retrancher au temps requis par rapport à si je partais de zéro. Si on compte le temps fait jusqu’à présent à épargner, un autre 2.5 années, alors théoriquement, dans le scénario optimiste (13 – 2.5 – 2.5), il me resterait quelque chose comme environ 8 ans ou bien 11 ans dépendamment de mes choix en matière d’hébergement. Je m’explique.

 

Voici les deux scénarios sur la table :

Scénario 1 : Environ 8 ans restants, si je vends mon immobilier et deviens locataire pour utiliser et investir le capital dégagé par la vente des bâtiments pour financer une partie de mon train de vie (selon la règle du 4%).

ou

Scénario 2 : Environ 11 ans restants, si je demeure propriétaire et que je conserve mon immobilier en n’utilisant pas ce capital pour financer une partie de mon train de vie.

Dans tout cela, ça demeure quand même intéressant et excitant que mon immobilier me donne cette opportunité de devancer l’arrivée de mon indépendance financière en plus de diversifier mes actifs!

Alors, lorsqu’on regarde cela avec une certaine perspective, il me reste encore, grosso modo, une 10 aine d’années avant d’atteindre l’indépendance financière.  C’est très intéressant en regard des immenses possibilités que cela offre.

Quels choix de consommation faire ?

Maintenant, une fois que nous savons à quel point le contrôle de ses dépenses est important dans un projet d’atteinte de l’indépendance financière relativement rapidement, regardons plus précisément du côté des dépenses et des alternatives s’offrant à nous!

Selon le principe de l’entonnoir, je vais vous énumérer différents postes de dépenses d’un ménage moyen, les principaux, et les alternatives qui sont disponibles, en partant des plus coûteuses aux moins coûteuses.

Hébergement : Le château, le manoir, la maison bourgeoise, la maison standard, la mini-maison, le condo, l’appartement de luxe, l’appartement standard, le HLM, chez ses parents, la roulotte, la tente.  Dans cette catégorie, l’emplacement a un impact important également.

Alimentation : Le restaurant de luxe, la pizzeria du coin, la restauration rapide, les services de boîte à lunch, les mets préparés à l’épicerie, les aliments frais et cuisinés à la maison de l’épicerie de luxe, les aliments frais et cuisinés à la maison de l’épicerie à escompte, le jardin, la pêche la chasse et la cueillette, la banque alimentaire, les tablées populaires, dans les ordures.  Êtes-vous plus du type restaurant, épicerie ou dépanneur?

Transport : La voiture de luxe neuve, la voiture neuve standard, la voiture usagée récente, la voiture usagée de quelques années, la minoune fonctionnelle, le covoiturage, le taxi ou uber, le scooter, le métro, l’autobus de ville, le vélo, le roller, la marche.  Dans cette catégorie, le potentiel d’économie est relativement élevé.

Télécommunication : Le gros forfait (câble, cellulaire, internet) avec l’appareil neuf chez un gros fournisseur (Rogers, Telus, Bell), un plus petit forfait (câble, cellulaire, internet) sans appareil neuf chez un fournisseur secondaire (Ebox, Maskatel, Telebec), un petit forfait non complet (câble ou cellulaire ou internet) sans appareil neuf et chez un plus petit fournisseur, utiliser seulement un vieux téléphone à carte, avec un abonnement internet chez un petit fournisseur et regarder des films sur Netflix ou un site de streaming gratuit, ne pas avoir de câble, de téléphone et d’internet.

Bref, j’imagine que vous comprenez le principe.

Ça peut être intéressant de faire l’exercice pour voir à quelle partie de l’échelons nous nous situons selon chaque poste de dépense pour se donner une idée du type de consommateur que nous sommes et des possibilités que nous pourrions avoir de réduire nos dépenses annuelles.

Pour ma part, je suis un propriétaire de petite maison, se nourrissant principalement à partir des aliments que je cuisine moi-même et achetés à l’épicerie à escompte, se déplaçant en minoune fonctionnelle avec seulement la moitié d’un compte d’internet à payer pour lequel j’ai négocié le téléchargement illimité sans frais supplémentaires. C’est quand même pas si mal.

Serais-je prêt à me restreindre davantage dans certains postes de dépense? Oui, car j’accepterais de vivre dans un appartement de base, de jardiner plus & de me déplacer davantage à pied ou en vélo. Cela me donne donc encore de la latitude dans mes choix. On ne peut pas dire que je suis accoté, mais présentement je suis somme toute quand même assez près de mon scénario minimal acceptable!

15 000$/an, ça ressemble à quoi ?

Au niveau de ma situation conjugale personnelle, je fais partie d’un couple, sans enfant, partageant le même toit.

Voici à quoi peut ressembler mon budget de 15 000$/an:

 

365 52 12
Postes de dépenses Annuel % dépenses   par jour par semaine par mois
Besoins Hébergement 3 000 $ 20% 8 $ 58 $ 250 $
Besoins Épicerie 2 200 $ 15% 6 $ 42 $ 183 $
Désirs Restaurants 700 $ 5% 2 $ 13 $ 58 $
Désirs Alcool 2 000 $ 13% 5 $ 38 $ 167 $
Désirs Voiture 2 000 $ 13% 5 $ 38 $ 167 $
Besoins Électricité 700 $ 5% 2 $ 13 $ 58 $
Besoins Internet 500 $ 3% 1 $ 10 $ 42 $
Besoins Pharmacie/Hygiène 300 $ 2% 1 $ 6 $ 25 $
Besoins Vêtements 500 $ 3% 1 $ 10 $ 42 $
Désirs Activités 1 000 $ 7% 3 $ 19 $ 83 $
Désirs Voyages 800 $ 5% 2 $ 15 $ 67 $
Besoins Taxes 2ème terrain 500 $ 3% 1 $ 10 $ 42 $
Besoins Animaux 300 $ 2% 1 $ 6 $ 25 $
Désirs Autre 500 $ 3% 1 $ 10 $ 42 $
Total 15 000 $ 100% 41 $ 288 $ 1 250 $
Besoins 8 000 $ 53%
Désirs 7 000 $ 47%

 

Dans l’ensemble, vous remarquerez que j’ai pris soin de séparer mes besoins de mes désirs. Survivre, au sens strict du terme, selon mon scénario le plus financièrement serré, me coûterait 8 000$ afin de combler mes besoins de base.

Si je veux ajouter un peu d’agréments à la chose, me faciliter la vie et avoir un peu de latitude afin de combler mes désirs, je dois ajouter un autre 7 000$ pour pouvoir me gâter un peu avec du restaurant, de l’alcool, avoir ma voiture, faire des activités de toutes sortes avec des amis de temps en temps et 1 ou 2 voyage(s) par an.

Je peux donc en conclure que je suis un homme aux goûts modestes, sachant me contenter des principales choses de la vie et étant capable de vivre avec peu.

 

Conclusion 

 

En conclusion, il est important de réaliser que votre comportement en tant que consommateur aura un impact indéniable et majeur sur la suite des choses concernant vos finances personnelles et aura ainsi une grande incidence sur la venue proche ou lointaine de votre indépendance financière.

Pour ce faire, il vous faut prendre pleinement conscience de votre situation actuelle et des alternatives s’offrant à vous afin de réduire la facture dans certains postes de dépenses les plus importants selon le principe de l’entonnoir.

Après tout, le temps que vous pouvez consacrer à générer des revenus supplémentaires ainsi que la progressivité de l’impôt ou bien à des possibilités de trouver un emploi plus payant, ce n’est pas toujours évident à faire pour tous et chacun, mais réduire ses dépenses, c’est pas mal à la portée de la plupart des gens et ça ne demande pas d’aptitudes particulières ou de sacrifices démesurés, seulement un peu d’organisation, d’optimisation et de réflexion.

Ce cheminement vers le minimalisme ou la simplicité volontaire, peu importe comment vous l’appelez, nous amène aussi à mieux cerner sur ce qui nous rend fondamentalement heureux.  En somme, l’essentiel, ça tient souvent en bien peu de choses.  Encore faut-il être dans un état nous permettant de les apprécier.

Dans votre cas, êtes-vous satisfait de votre situation?  Est-ce qu’il y a place à l’amélioration ?

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