L’art de la vente

Partout où vous allez, on essaie de vous vendre quelque chose…

Une barre de chocolat, un 6/49 ou un contenant de lave-vitre avec votre plein essence, monsieur?

Parce que oui, c’est sur ce principe que notre système économique, le capitalisme, est basé.  Sur une offre et une demande pour des biens et services en contrepartie d’argent.  Tout simplement.

Dans votre temps actif, en semaine, vous travaillez et dans votre temps libre, les soirs et les fins de semaine, vous consommez!  Et plus pénible est votre travail, plus vous aurez envie de consommer pour vous sentir mieux, pour fuir le poids de l’ennui ou de vos responsabilités.  L’évasion, aussi éphémère soit-elle, se paie, parfois même chèrement.

Car c’est le jeu auquel on vous fait jouer.  Plus vous êtes un élément productif, plus on vous en demande et plus on vous paie bien en retour de votre travail.  Sinon, foutez le camp de là et ça presse!

Vous entrez donc dans une course folle pour vous démarquer de vos congénères afin d’avoir le privilège de vous élever dans l’échelle corporative.  Après tout, on cherche le petit singe le plus malin afin de faire rouler la boîte!

Ce que bon nombre d’entreprises recherchent ce sont des bons vendeurs, des gens qui vont réussir à faire augmenter le chiffre d’affaire en offrant les produits et/ou services de l’entreprise.

Si vous avez du charisme et que vous être habile dans l’art de persuader les gens, il est possible que vous puissiez être un bon vendeur.  Or, cela résulte davantage d’aptitudes personnelles et d’intelligence émotionnelle que de formations académiques.  Si vous êtes bon vendeur, peu importe le produit ou le service, vous allez vous organiser pour bien le connaître et le vendre aux clients, mais surtout lui vendre les avantages ainsi que toutes les belles choses agréables et positives qui en résultent!

Il y a cependant souvent une question d’éthique qui se pose.  Vous pouvez vous demander : ‘’ Suis-je en train de vendre un produit ou un service dont le client a réellement besoin.  Si oui, est-ce que ce produit ou ce service que je propose est le mieux adapté à sa situation?’’  Ultimement, si vous êtes un peu écolo, vous pourriez aussi vous questionner sur l’impact environnemental de ce que vous vendez.

Si je vends des assurances inutiles à un client ou bien que je lui propose un produit maison, mais que je sais que les compétiteurs en ont un meilleur, ne devrais-je pas lui dire?

À la limite, pouvez-vous vendre de la merde avec un beau gros sourire, en toute connaissance de cause?

Si je travaille dans un centre d’appel, que le client me téléphone pour un problème relié à l’un de ses services et que j’essaie de lui vendre un abonnement à un autre service plutôt que de régler son problème initial en priorité, suis-je en train de veiller à son meilleur intérêt?  Je ne sais pas, on  » cause  » là…

Voyez-vous, ça devient facile de rejeter le blâme sur le consommateur et de dire que c’était à lui de s’informer, de faire ses recherches et d’être plus allumé, mais à quelque part, je trouve que c’est un peu cheap de profiter de cette asymétrie de connaissances en sa faveur, pour ses poches ou celle de son entreprise.

Sauf qu’en même temps, l’entreprise qui vous emploie souhaite que vous vendiez, alors votre travail et le destin de votre famille en dépend.  Il vous faut faire un effort pour faire ce qu’on attend de vous.  À ce moment-là, vous pourriez avoir le réflexe de survie du chacun pour soi!

Récemment, j’ai regardé le film le Loup de Wall Street et ça m’a rappelé que la finance peut être un monde de requins.  En même temps, j’imagine qu’il y a des opportunités en or d’y faire de gros sous, car c’est un domaine où l’argent circule abondamment, où les gens en connaissent généralement peu sur le sujet et où il y a un paquet de petits détails à vérifier dans les contrats.

On joue avec l’avidité des gens (faire beaucoup d’argent) ou leur insécurité (peur de la perdre ou d’en manquer) pour leur faire souscrire à un tas de produits contraignants dans lesquels leur argent restera immobilisé et livrera un rendement global très moyen.

D’ailleurs, si les planificateurs financiers vendaient des FNB’s indiciels à bas frais au lieu des fonds communs à gros frais ce serait déjà un gros avantage pour le client!  Ils font quand même 2.5-3% sans risque avec TON argent, juste en frais de gestion!  Ils le savent, mais perpétuent ce système, car il sert leur intérêt avant tout.  Dans ce cas-là, bien souvent, le vendeur/conseiller arrive à berner le client et l’enfumer pour qu’il mette son argent dans le produit le plus rentable pour l’entreprise.

En même temps, le consommateur influençable et désorganisé a certainement une responsabilité qui lui incombe dans le processus.  Ceci étant dit, est-ce que cela justifie automatiquement la vente?

Est-ce que le vendeur peut se dire : ‘’ Bah oui je lui vends des fonds communs à frais élevés, mais ça cadre avec son profil d’investisseur, sa tolérance au risque et son horizon de temps, alors je l’aide et ce serait mieux que s’il n’était jamais vu me voir et avait dépensé cet argent-là autrement, pour consommer.  En plus, c’est l’entreprise qui m’impose les produits, alors ce n’est pas moi qui décide. ‘’

Peut-on raisonner de cette façon, se déresponsabiliser totalement, y croire et bien vivre avec ça?

Ultimement, est-ce que des gars comme le Blogueur Masqué (avouez qu’on dirait un nom de lutteur en sous-vêtements) et Mr Jack qui vont souvent prendre de leur temps pour répondre à des questions au sujet des finances personnelles et de l’investissement boursier pour vous faire sauver de l’argent et optimiser votre situation fiscale ne devraient pas recevoir un petit chèque de votre part grâce à leurs judicieux conseils?  Au moins un merci de temps en temps.

S’ils travaillaient dans un média financier, ils seraient payés pour leurs articles, genre une coupe de 100$ par article de 500 mots!

Le planificateur financier ou tout autre professionnel trouvera un moyen de vous charger à gros prix pour ses services (les avocats vous chargent même à la minute au téléphone, tab…) alors qu’eux répondent gratuitement à vos questions.  Et comble de l’ironie, certains trouvent quand même parfois le moyen de vous plaindre de la publicité sur le site qui couvre à peine les dépenses liées au nom de domaine et à l’hébergement…  Tk.

J’attends encore le jour où vous réussirez à faire monter le niveau de cynisme du Blogueur Masqué au point où il vous vendra sa fameuse formation ‘’ miracle ‘’ à 1999$!  Ce jour-là, vous l’aurez cherché.

Est-ce ce genre d’attitude qui fait que des gens en viennent à se dire : ‘’ Ah pis, tant pis, mes intérêts en premier et au plus fort la poche ‘’.

Car on connaît tous quelqu’un qui vendrait une motoneige à un haïtien et un congélateur à un eskimo.   

 

Par ailleurs, il me semble que la capacité d’attirer des capitaux est une grande force.

De plus, comme je l’ai déjà évoqué dans un commentaire sur InfiCafé, la mise en commun de l’expertise et des ressources d’une poignée d’individus semblables poursuivant des objectifs communs, lorsque bien exécuté, permet d’atteindre des résultats supérieurs à du travail en silo et individuel.

Pour nous qui désirons atteindre la liberté financière à un jeune âge, ça aiderait d’être des bons vendeurs sur des produits payants et à forte marge.

Mais ça prend du temps, de l’énergie et de la persévérance pour celui qui se dit :  ‘’ Je fais beaucoup de téléphones, je gère des petites annonces pour arriver à rejoindre un maximum de clients et je persévère coûte que coûte. ‘’

J’imagine qu’après 1000 appels on commence à pogner des trucs!  En même temps, il faut avoir une carapace pour se faire dire ‘’ non ‘’ à plusieurs reprises.

Mais la vente, c’est l’art de capter l’attention et d’attirer le client vers vous comme l’araignée qui tisse lentement sa toile avant que la proie ne vienne s’y coincer.

La vente de masse par internet, ne nécessitant pas de déplacements et de rencontres physiques mais seulement l’envoi d’un produit me semble plus flexible et c’est probablement celle que je privilégierais.

Pour celui qui passe de simple ouvrier à vendeur, sa situation, sa condition de vie tend à s’améliorer car le labeur physique devient alors un labeur davantage mental et relationnel, mais à condition que les ventes se concrétisent.

Bref, ce n’est pas un métier qui est fait pour tout le monde.

 

Quelle est votre opinion des vendeurs en général?

Avez-vous des expériences de vente, bonnes ou mauvaises, à nous partager ?

9 Comments

  1. Yan

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