Destination liberté financière : À la recherche de mon enfance

Si comme moi vous êtes nés fin 70 début 80, fortes sont les chances que vous vous rappellerez de Remi, ce petit garçon sans famille qui arpentait la route avec un vieux vagabon, ce bon vieux Vitalis et quelques animaux de cies qui étaient devenus pour lui des amis proches.

Tous les samedi matin, en pyjama devant mon bol de céréales Captain Crounch, j’écoutais Remi et d’autres dessins animés en compagnie de mon petit frère pendant que papa récupérait du sommeil et que maman se faisait des toasts et du café.

La vie de Remi n’avait qu’un seul but, retrouver sa mère. Et chaque fois qu’il semblait s’en rapprocher, son rêve s’évanouissait en même temps que sa joie immense à l’idée de la revoir.

Très triste, cruelle même, pour une histoire destinée aux enfants.

Pour ceux que ça intéresse, cette histoire est en fait tirée du roman « Sans Famille » (livre audio gratuit, version électronique gratuite) écrit par Hector Malot et relatant la vie d’un enfant vendu par son père adoptif à un saltimbanque.

Entre les matinés à écouter des « bonhommes », les jeux entre amis, les après-midi à courrir partout dans le quartier vers des quêtes que seuls des enfants peuvent inventer, le retour pour souper avec l’odeur épicée du bon ragoût de boulettes que ma mère avait fait mijoter pendant que je jouais, ma vie était belle et douce.

Nous avions, mon frère et moi, toujours quelque chose à nous mettre sous la dent, des parents unis qui nous donnaient un amour inconditionnel et la santé.

Ma quête de liberté financière est un peu similaire à celle de Rémi… Non, je n’ai pas perdu mes parents, grand bien m’en fasse. Mais, quelque chose d’important m’a été enlevé subitement par la dureté de la réalité : ma liberté, mon enfance et mes illusions et comme Rémi, je veux retrouver ce qui m’été enlevé.

Nous avons probablement tous, à des degrés divers vécu une telle déchirure. D’ailleurs, comme pour Maxime dans son récent article, il semble qu’il est venu un moment dans ma vie où tout s’est mis à débouller, comme si j’étais assis sur une couverture et que quelqu’un avait décidé de tirer dessus d’un coup sec pour me faire tomber de mon nuage.

Tout à commencé quand j’avais 12 ans. Non… tout a commencé lorsque j’ai vécu mon premier véritable échec et que j’ai compris que je n’étais pas superman, qu’Astro le petit robot, que les GI Joes ou Spiderman se sacraient bien que je mange des volées matin et soir en revenant de l’école par des p’tits baveux qui s’acharnaient sur moi pendant que mes anciens amis d’enfance, effrayés et impuissants, n’osaient rien dire ou faire de peur de se retrouver à ma place.

C’est là que j’ai compris que dans la vie, un homme ne peut compter que sur lui-même.

Mais, je n’étais pas encore un homme à cette époque. Je n’étais qu’un enfant naïf qui n’avait pas encore goûté à la violence du monde et qui pleurait seul dans le noir le soir en s’imaginant avoir de super pouvoirs ou être fort comme Van Damme pour leur faire passer le goût de s’acharner sur moi.

Comme tout un chacun, j’ai grandi et j’ai vécu mon lot d’émotions. J’ai aimé à m’en déchirer les trippes et j’ai pleuré à m’en arracher les yeux croyant que plus jamais je ne vivrais un tel amour.

Je me suis attaché à des gens qui sont devenus le centre de ma vie puis qui sont disparus aussi vite qu’ils sont arrivés.

Le temps a filé et j’ai vieilli. Mon navire a été secoué par d’innombrables tempêtes et aussi porté par des vagues qui m’ont fait contempler la beauté du monde et celle des eaux bleus des rivages des mers des Bermudes.

Je me suis noyé dans les yeux exotiques de certaines femmes, je me suis senti immensément seul même en compagnie d’autres, j’ai été viré, promu, malade et en grande forme.

J’ai même vécu deux fois la plus belle chose qui puisse arriver à un homme, voir ses propres enfants venir au monde!

Bref, j’ai vécu une vie bien remplie malgré mon jeune âge. Je ne souhaite pas mourir demain mais si c’était le cas, je considérerais avoir somme toute eu une belle vie et beaucoup de chance.

Reste que si j’ai appris quelque chose dans la vie, c’est que le doux n’est jamais aussi doux si on n’a pas connu l’amer.

Comment savoir que ce que vous avez est merveilleux, comment en prendre pleinement conscience si vous ne réalisez pas vraiment que tout cela pourrait vous être enlevé… aujourd’hui… demain… n’importe quand. C’est trop souvent quand on perd quelque chose qu’on réalise à quel point c’était précieux.

Je ne souhaite malheur à personne, mais une bonne débarque ça te remet les idées en place et ça te rend humble.

Je sais que je ne pourrai jamais retrouver mon enfance. Ce temps est révolu. Il s’est écoulé comme l’eau du ruisseau devient rivière, puis fleuve avant de se jeter dans l’océan de la vie.

Mon radeau est devenu navire. Et le capitaine a maintenant de la barbe, des cheveux gris et deux petits mousses à son bord. Impossible de faire marche arrière. Désormais, je ne peux naviguer que sur les eaux troubles de l’océan.

Ce que je peux faire par contre, c’est choisir le cap que le bateau prendra, c’est d’offrir, au meilleur de mes capacités, une douce enfance à mes bébés mais sans non plus trop les protéger des horreurs de ce monde car mentir aux enfants ne les prépare pas bien à affronter la réalité de la vie.

Quant à moi, je ne peux me payer qu’une seule chose, la liberté toute relative qu’apporte la liberté financière… une liberté similaire à celle que j’avais jadis, étant enfant, mais moins naïve et plus appréciée. Car je sais ce qu’il en coûte de se bâtir cette forteresse et de la protéger contre vents et marées. J’y consacre parmi les plus belles années de ma jeunesse.

Je veux pouvoir goûter à nouveau à la liberté de me lever le matin avec la quasi insouciance et la quasi naïveté d’un enfant qui se fait un bol de céréales et le mange assis en pyjama devant les mystérieuses cité d’or ou Remi cet enfant sans famille qu’on a tous eu envie d’adopter comme petit frère sans avoir à penser aux mille problèmes et obligations de la vie courante.

Je veux goûter à nouveau à cet instant où l’on a l’impression que tout est possible, que quoiqu’il arrive, tout ira pour le mieux… avoir à nouveau devant moi mille portes ouvertes et choisir en pleine connaissance de cause celles qui me mènent à la vie que je me suis bâtie, sans remords ni regrets car je n’en voudrais aucune autre!

Quelque part, comme Remi ou encore comme Esteban (Les mystérieuses cites d’or), je sais au fond de moi que je poursuis en partie une chymère, que la liberté financière ne sera pas tout à fait ce que je m’imagine.

Quoiqu’il en soit, plus de liberté ne peut qu’être bénéfique, ne serait-ce que pour pouvoir être un père plus présent pour mes enfants et un conjoint moins stressé aussi et pour me payer le temps de vivre un peu et à un rythme plus lent.

Et vous, pourquoi cherchez-vous à atteindre la liberté financière?

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  1. Maxime
  2. Maxime
  3. Maxime
  4. Maxime
  5. Maxime
  6. Maxime
  7. Maxime

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