La zone de confort

La zone de confort personnelle:

Je m’en souviens encore comme si c’était hier lorsque cet homme vêtu d’un long manteau noir et arborant un magnifique chapeau gris descendait de son Buick.  Quelques instants plus tard, on cognait à la porte.  Tout sourire, je lui ouvrais.

– Salut ti-gars.  Es-tu prêt?

– Oui, je mets mes souliers pis j’arrive.

– Ok parfait, je vais t’attendre dans la machine.

Cet homme, c’était mon grand-père qui venait me chercher aux petites heures pour aller ramasser des légumes avec lui!  Souvent, c’était pour aller casser du maïs frais du jour pour le vendre à son kiosque chez lui.  On embarquait dans la voiture et on se rendait au champ pour ramasser quelques poches de maïs sucré.

-Là, n’oublie pas, on ramasse surtout les gros épis.  Regarde la couette pour t’assurer qu’il soit bien mûr et vérifie aussi qu’il n’y aille pas de trous de pyrale sur l’épis.  Ah pis, tu regarderas en passant voir si les maudits chats sauvages sont encore venus manger notre blé d’inde.  J’ai apporté des boules à mites.  On ira voir tantôt s’il y en a dans les cages.

Je prenais ensuite ma chaudière et je m’exécutais à ramasser les beaux gros épis.  Par la suite, nous mettions le tout dans des grandes poches vertes.  Après la récolte, nous retournions au kiosque avec notre butin sucré, tout fier de notre mirifique récolte!

-Bon, maintenant, aide-moi, on va préparer des sacs de 13 épis.  Ensuite de ça, je vais rester au kiosque pendant que nos clients viennent chercher le stock.  En attendant, tu peux en profiter pour aller cueillir les autres légumes qui sont prêts.  Fais le tour des tomates et cueille celles qui sont bien rouges.  Mais fais pas comme ton père quand il était jeune, la fois qu’il avait peinturé toutes mes tomates parce que je trouvais qu’elles ne mûrissaient pas assez vite!

Je m’exécutais alors méticuleusement à la cueillette des divers légumes du jardin.  Peu à peu l’étalage du kiosque commençait à se garnir de bons légumes frais pendant que les clients réguliers se succédaient tour à tour.  Mon grand-père, leur vendait avec fierté ses bons légumes, en profitait pour piquer un brin de jasette avec eux, tout en étant fier de leur dire que son petit fils adoré (préféré) était dont ben travaillant pis que c’est lui qui avait cueilli ces bons légumes-là!

S’ensuivait un copieux dîner avec ma grand-mère qui avait préparé de la bonne soupe avec des légumes du jardin ainsi qu’un bon repas consistant avec de la viande et des légumes.

-Saint-Christ qu’elle est bonne ta soupe!  Ça paraît que tu as mis du céleri sauvage dedans!

– Oui, elle est très bonne ta soupe grand’ma.

– Tu as travaillé fort, alors mange ti-gars.  Gêne-toi pas, il y en a en masse!  Pis garde toi de la place, il y a du dessert.

Après dîner, mon grand-père allait faire une sieste sur son fauteuil de prédilection.  Pendant ce temps, je jouais quelques parties de carte avec ma grand-mère.  Je m’occupais aussi de servir les clients qui venaient faire leurs emplettes au kiosque.

C’est ainsi que, petit à petit, en travaillant durant tous les étés de mon enfance, j’ai développé ma passion pour l’agriculture ainsi qu’un amour inconditionnel pour mes grands-parents.

Dans ma tête de jeune enfant, je ne voyais pas cela comme un travail, mais plutôt comme une activité plaisante en compagnie de personnes que j’aimais.  Je me sentais bien et j’étais dans une certaine zone de confort.  J’avais ainsi l’impression de me sentir en adéquation avec mon environnement, c’est-à-dire à faire la bonne chose, au bon endroit, au bon moment et avec les bonnes personnes.

Durant mon enfance, j’ai donc passé énormément de temps chez mes grands-parents.  Lorsque j’étais avec eux, je me sentais libre, je me sentais bien.  Je me sentais dans ma zone de confort.  Je pouvais leur parler de choses que je ne pouvais pas toujours discuter avec mes parents.  Je me sentais aussi utile et valorisé par l’accomplissement de multiples tâches manuelles au quotidien.  Bref, j’étais dans mon élément.

Aujourd’hui, mes grands-parents sont décédés depuis plusieurs années, 16 ans pour mon grand-père et 2 ans pour ma grand-mère.  Évidemment, j’aurais bien aimé les garder à mes côtés à jamais et continuer à partager de nombreux moments avec eux.  À défaut de cela, je conserve ces précieux souvenirs qui resteront bels et bien gravés dans ma mémoire à tout jamais en sachant qu’une partie de ce passé a contribué à façonner l’homme que je suis à présent.

La zone de confort de l’investisseur:

Pour en venir au monde de l’investissement, une recommandation générale souvent mentionnée et d’investir dans des entreprises ou des secteurs d’activités que nous comprenons bien et dans lesquelles nous sommes à l’aise d’investir.  Ces entreprises font donc partie, jusqu’à un certain point, de notre cercle d’expertise et de nos champs de compétence.  Elles font partie de ce que j’appellerais un genre de safespace, une zone de confort.

Une erreur qu’on voit fréquemment est qu’un investisseur mise un gros montant sur une entreprise qu’il n’a pas étudié en profondeur et dont il n’a pas fait une analyse rigoureuse de ses activités, de son bilan, de son évaluation, de son potentiel, etc.  Moi-même je me suis déjà fait prendre au jeu!

Ça me rappelle d’ailleurs un commentaire, sur un autre site traitant de liberté financière, d’une personne affirmant avoir misé autour de 40 000$ sur le titre d’une pharmaceutique à petite capitalisation (de mémoire) et demander si c’était un bon investissement.  Bref, c’était vraiment un très gros bet, un pari très risqué qui me semblait effectué sans que la personne concernée n’aille vraiment pleinement connaissance du niveau de risque associé à son investissement!  Si votre objectif est de perdre beaucoup d’argent à la bourse, peut-être, mais sinon, c’est généralement déconseillé pour monsieur madame tout-le-monde.

En ce moment, je vois beaucoup de gens se lancer dans l’achat de crypto-monnaies, mais ne connaissant absolument rien dans ce créneau tout en n’ayant jamais pris le temps de lire pour la peine sur le sujet et sur le principe de la technologie blockchain derrière cela.  Parce que c’est à la mode, parce que ça monte sans cesse, parce que c’est médiatisé, bien des gens achètent des Bitcoins avec de réelles économies durement gagnées, ou pire sur marge.  Elles n’utilisent pas seulement du play money, comme ça devrait être le cas pour un tel type d’investissement, en pensant que ça peut seulement monter et que ça ne descendra jamais.

Et je ne dis pas que le Bitcoin, ou toute autre monnaie virtuelle, va plonger du nez demain matin jusqu’à perte totale.  Non, je mentionne seulement que c’est un investissement volatile, dans un secteur en effervescence, qui s’adresse à des gens ayant une très grande tolérance au risque (salutations distingués M. Barberiche).

Bref, si vous grincez des dents à chaque fois que la caissière oublie de vous remettre 5 sous après avoir acheté votre pinte de lait au dépanneur du coin, le Bitcoin n’est très certainement pas le meilleur investissement pour vous.

Ce n’est donc pas parce qu’une entreprise, une nouvelle monnaie ou whatever génère de gros rendements sur le court-terme ou que parce que notre beau-frère vous en parle avec insistance qu’on est nécessairement obligé d’embarquer en grande pompe dans la vague, sans se poser des questions et avoir fait ses propres vérifications au préalable!  Les partys du temps des fêtes approchent à grand pas, alors de grâce, ne vous faites pas enfirouaper!

C’est surtout ça mon point.  Investissez plutôt dans ce que vous connaissez, comprenez et aimez selon la technique de votre choix tout en respectant votre profil d’investisseur.  Vous vivrez probablement moins de montagnes russes, mais au moins votre progression sera constante et vous garderez toujours le cap!

6 Comments

  1. Maxime
  2. Maxime
  3. Eric
  4. Maxime

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