L’université ou le travail?

Ad Blocker Detecté

Ce site web est rendu possible grâce à la publicité. Veuillez considérer de désactiver votre "adblocker" afin de nous encourager à maintenir ce site gratuit.

Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous avez eu à faire la file ou que vous vous êtes retrouvé coincé dans une salle d’attente pendant un long moment?  L’attente semble parfois interminable, n’est-ce pas.

Entouré de gens qui, tout comme nous, tentent, tant bien que mal, de garder leur calme et de faire preuve de patience en sachant pertinemment que leur tour viendra à un moment ou à un autre.  Mais quand exactement?  Ça, chers amis, c’est la question à 1 million de dollars.

Ceci étant dit, au bout d’un certain temps, l’attente peut devenir longue alors vous commencez à vous impatienter et à vous demander si vous n’êtes pas en train de sérieusement perdre votre temps ici.

Au moins, toujours est-il que vous n’êtes pas coincé dans une tranchée à Paschendale, en 1917, dans un champ de boue, sous le bruit assourdissant des tirs d’obus et du feu nourri des troupes allemandes avec l’ordre de reprendre la crête à tout prix, coûte que coûte! * Moment de silence *

Pour ma part, cette sensation de perdre mon temps, je l’ai trop souvent ressentie, non pas en faisant la queue au restaurant ou en attendant à l’urgence de l’hôpital du quartier, mais bel et bien à l’université, ce haut lieu du Savoir!

Un cours de 3 heures avec un prof monotone et blasé, lisant textuellement ses notes, ça peut devenir lassant très rapidement!

Dans le contexte élargi de la chose, c’est aussi d’attendre de finir un cours afin de pouvoir en commencer un autre et un autre, ainsi de suite, jusqu’à l’obtention du sacro-saint diplôme, le signe ultime de triomphe, le Saint-Graal vous ouvrant instantanément d’un coup les portes du marché du travail et à un éventail de possibilités!  Alléluia!  Loué soit notre sauveur, le diplôme, ce fameux bout de papier approbatif vous reconnaissant un certain niveau d’érudition et de réussite dans le système scolaire actuel.

Comme un petit singe savant qui fait une pirouette sur sa branche en échange d’une banane, vous avez réussi à passer à travers le fameux programme que le système scolaire a concocté pour vous.

Félicitation cher primate évolué!  Votre statut social vient de s’accroître et vous êtes maintenant un membre à part entière d’un regroupement, celui se rattachant désormais au titre de votre profession.  Désormais, pour participer au grand Mirage, vous devez avoir une apparence impeccable, porter du beau linge propre qui match ensemble et traîner une petite mallette noire pour démontrer aux autres que vous êtes quelqu’un d’important et de travaillant.  Vous pouvez alors partir à la quête de l’emploi de vos rêves et vous définir par ce que vous faites, plutôt que par ce que vous êtes.  N’est-ce pas magnifique?  Alors, choisissez-vous la vie?

Oui, la vie!

Pierre-Paul, le vénérable avocat, lui, pour le reste de ses jours, jamais il n’aura à flipper des boulettes au restaurant rapide du coin, car maintenant, il est bien évidemment rendu au-dessus de la plèbe composée de cette vulgaire main-d’œuvre non spécialisée, bon marché, et sous-éduquée!  Le diplôme accorde même à ce bon vieux Pierre-Paul la légitimation de donner des ordres et de se montrer plus exigeant envers ces petites gensses, car après tout, ils sont en-dessous de lui dans la hiérarchie sociale! J’ai travaillé fort pour me rendre où je suis, alors c’était à eux d’aller à l’école et de décrocher un diplôme dans une profession payante et socialement valorisée, se dit-il.

Et des Pierre-Paul, dans la société en général, il y en a un bon paquet…  Pourtant, la valeur d’un homme ne se définit-elle pas, dans une certaine mesure, à ses actes et à la façon dont il traite ses semblables, y compris les gens de qui il n’espère rien en retour?  Je crois bien que si.

Pour bien des gens faisant parti de la rat race et aspirant à une retraite standard à 65 ans, le diplôme universitaire est mis sur un piédestal, perçu comme un idéal à atteindre, alors que pour un quidam comme moi visant l’indépendance financière à un plus jeune âge, la réponse est bien loin d’être un oui catégorique et sans équivoque.  Elle comporte plutôt de nombreux bémols et une panoplie questionnements sous-jacents.

Mon opinion sur le sujet varie dépendamment des réponses aux questions suivantes :

  • Est-ce que j’aime réellement l’emploi en question?
  • Combien d’années d’études sont requises dans ce domaine?
  • Puis-je me contenter seulement de la technique au CEGEP ou d’une autre formation écourtée?
  • Est-ce que l’emploi en question est en demande et offre des débouchés tangibles?
  • Quelles sont les probabilités que je travaille encore dans ce domaine à moyen et long terme?
  • Dois-je payer un appartement et/ou voyager sur de longues distances?
  • Dois-je quitter mon emploi actuel pour retourner aux études?
  • Quel sera le coût total de mes études?

Sur le dernier point, il faut inclure les frais scolaires, de transport, d’hébergement ainsi que les autres dépenses discrétionnaires de tout bon étudiant modèle (frais de pubs * toussote *), mais aussi calculer le coût d’opportunité, à savoir le salaire auquel on renonce pour se consacrer à ses études.

Ainsi, quelqu’un qui travaillerait à temps plein, advenant le cas qu’il ne soit pas aux études, 35 heures par semaine, 50 semaines par année (1750h) à un taux horaire de 15$/h renonce à 26 500$ brut si ses études sont tellement accaparantes qu’elles l’empêche de travailler. Pour la réalisation d’un baccalauréat dans les temps, durant 3 ans, l’étudiant en question renoncerait ainsi à près de 80 000$ de revenus d’emplois + le coût de ses études (+/- 10 000$) ainsi que de l’hébergement (+/- 5000$) et du transport (+/- 5000$).  Donc, pour faire un chiffre rond, une personne dans cette situation précise se prive ainsi de près de 100 000$ afin de décrocher son diplôme universitaire!

Si l’individu en question est presque garanti en sortant d’avoir un emploi payant dans un domaine qu’il aime et auquel il ne pourrait pas accéder autrement sans ce fameux diplôme, par exemple dans le secteur de la santé, alors ça peut quand même être une bonne affaire.  Cependant, à l’inverse, si c’est un baccalauréat offrant peu de perspectives, en philosophie ou en récréologie par exemple, alors le jeu peut alors ne pas en valoir la chandelle du tout et le pari sera assurément beaucoup plus risqué!

Ceci étant dit, pour les parents, rien ne vous empêche de vous y prendre à l’avance pour financer les études de vos enfants au cas où ceux-ci seraient tentés un beau jour par cette aventure académique.

One Response

Leave a Reply