Les bons, les méchants et tous les autres!

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Ce que je trouve particulièrement amusant dans les films populaires, dans les superproductions américaines, c’est de la façon habile dont l’on fait souvent ressortir, à l’extrême, un seul côté de la personnalité des personnages principaux.  Concrètement, le ‘’ bon ‘’ est toujours un super gentil alors que le ‘’ méchant ‘’ est toujours un super vilain.  Et naturellement, le chemin de ces personnages finira par se croiser et s’ensuivra un affrontement épique et sanglant dont nous connaissons tous (trop souvent) l’issue. C’est très cliché. Par conséquent, c’est souvent un combat entre le bon père de famille aimant, ultra patriote, bon travaillant et issu de la classe ouvrière versus un quelconque personnage obscur, autoritaire, cruel, armé jusqu’aux dents et chef d’une bande de criminels sans vergogne semant la terreur dans toute la ville!

C’est un peu comme à la lutte, car d’un bord tu as les bons et de l’autre côté les méchants.  Dès lors, ne reste plus qu’à choisir son camp!  C’est aussi simple que ça.  Étant enfant, les dimanches, j’aimais bien regarder la lutte à la télévision avec mon père qui préparait pour l’occasion de succulentes frites maisons, à l’époque des sacs d’épicerie en papier (bon truc pour enlever l’huile des frites).  Mes lutteurs préférés étaient Kane, Sting et The Undertaker.  Par ailleurs, j’ai toujours eu une certaine fascination envers les personnages un peu plus sombres et glauques.  Dès mon plus jeune âge et d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été un grand amateur de films d’épouvantes et d’horreurs.  Michael Myers, Freddy Krueger, Chucky, ça, c’était ma tasse de thé!  J’allais me louer ces films-là, en cachette, au club vidéo du village et au grand dam de mes parents lorsqu’ils s’en sont rendu compte!  Mon père s’est même déjà vraiment fâché lorsque j’ai loué ‘’ Face à la mort ‘’ (m’ouais).  Par curiosité, j’ai aussi visionné plusieurs documentaires sur divers tueurs en séries.  Il y a quelques années, j’ai bien aimé regarder la série de films Décadence.  J’apprécie beaucoup les films de ce genre, dont les personnages sont confrontés à des choix ou à des jeux macabres pour tenter de survivre.   Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de ‘’ méchant ‘’ pour autant?  Non, pas du tout.  Ces films ne génèrent aucune violence ni animosité ou admiration en moi-même, car c’est tout simplement une forme de divertissement tout bête sur lequel j’accroche particulièrement. Rien de plus banal que ça.

Sauf que la vie, ce n’est pas si simple que ça.  Tout n’est pas si blanc ou si noir.  À l’exception de quelques individus marginaux, les nuances de gris sont ce qui ressortent le plus souvent.  Personne n’est totalement bon ou totalement mauvais, mais la vérité se situe plus souvent qu’autrement entre les deux.

Sans parler du bon et du méchant, on peut aussi faire la comparaison entre le révérend d’une Église qui apporte une certaine paix spirituelle à sa communauté et qui participe à la cohésion sociale versus l’alcoolique sans emploi du village qui commet des petits larcins tel le vol…

Deux individus, au même endroit, au même moment, dans une même ville et pourtant des trajectoires de vies si différentes!  Qu’est-ce qui explique cela?  Après tout, ne sommes-nous pas tous des humains, descendants de grands primates et issus du fruit un peu hasardeux d’une lente évolution (théorie des espèces de Darwin)?  Oui, mais…  Pour autant que l’on accepte ce précepte, cela engendre néanmoins des différences significatives.  Notre vécu, nos expériences personnelles, notre comportement, notre éducation, notre jugement, nos émotions, notre quotient intellectuel, notre milieu socio-culturel, notre héritage familial, voilà tous des éléments qui risquent d’influencer la personne que nous sommes et que nous allons devenir.

Ce qui nous distingue de l’animal, ne serait dont il pas notre plus grande intelligence relative, notre plus grande conscience du monde qui nous entoure, le langage que nous avons développé mais aussi un peu la perte de notre instinct de survie en contrepartie?

C’est tout de même particulier que le niveau de stress augmente lorsque je dois m’adresser à un inconnu, parler en public ou intégrer un groupe, alors que mon intégrité ou ma santé physique ne sont pas menacés pour autant.  Pourquoi devoir composer avec autant de situations compliquées ou stressantes dans notre quotidien si nous sommes pourtant le fruit d’une évolution qui devrait plutôt nous rendre ‘’ meilleur ‘’ et davantage en adéquation avec notre environnement?  Lorsque je regarde mon chat qui passe la journée à dormir, manger et faire la paresse, je ne le vois pourtant pas stressé par son environnement et son mode de vie.  Il ne ressent pas le besoin de boire ou de fumer.  Alors, nous sommes-nous monté de toute pièce un monde ou un mode de vie qui nous rend inutilement anxieux et dans lequel notre corps, sous l’impulsion de notre cerveau réagit fortement face à différentes personnes et situations représentant potentiellement une menace qui n’en est pourtant réellement pas une?  Est-ce qu’on ne se créé et qu’on entretient pas nous-même des peurs et des barrières mentales à force de réflexions limitatives?

Je travaille beaucoup ces temps-ci et un soir je me suis dis ‘’ Je suis trop fatigué, alors je ne me fais pas de lunch pour le lendemain‘’.  Ce que j’ai fait le lendemain midi?  J’ai grignoté quelques croustilles que j’avais dans ma voiture et lors d’un petit moment de répit j’ai découvert une belle talle de framboises sauvages dans laquelle j’ai allègrement pigé pour m’alimenter.  Aussi simple que ça!  Je ne le ferais pas tous les jours, mais à l’occasion, pourquoi pas?  Notre environnement regorge de ressources et de victuailles en abondance avec lesquels nous pouvons survivre si nous les utilisons avec parcimonie et dans un esprit de conservation à long terme.  Après tout, nos ancêtres étaient des cueilleurs, des chasseurs et des agriculteurs.  Ce n’est pas compliqué de trouver ou de produire, en bonne partie, sa propre nourriture lorsque nous acquérons le savoir et les compétences nécessaires à cet effet.

C’est un peu ça une certaine partie sombre, un drame, de l’évolution, alors qu’une personne sait vous vendre un type d’assurance complémentaire très pointu (protection contre les oiseaux migrateurs qui causeraient des dommages à votre 2ème cabanon), mais n’est même pas capable de faire pousser un plant de tomate dans son jardin.  La perte de tout ce savoir si rudimentaire, mais pourtant ô combien essentiel à notre survie dans l’histoire de l’humanité est quelque chose de significativement alarmant (à mon avis).

Parce qu’après tout, dans le grand jeu capitaliste des échanges auxquels se livrent les travailleurs, celui d’un temps donné (heures) en échange d’un montant (argent), j’ai l’impression qu’on n’en ressort pas toujours des plus gagnant d’un point de vue pratico-pratique et au niveau de l’intelligence manuelle et fonctionnelle puis d’un point de vue survivaliste et de la simplicité volontaire.

Ce qui me fait un peu suer en vieillissant, c’est que plus le temps passe et plus je remets de choses en doute.  Mes opinions sont moins tranchées (au grand dam de Richard Martineau).  Plus je me questionne, plus mes certitudes sont ébranlées et moins j’arrive à dire qu’une chose et nécessairement toute blanche ou toute noire (excepté pour les corneilles ou les bonhommes de neige, là, ça va). Plus les zones de gris, de diverses teintes, font leur apparition.  Souvent, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse et tout dépend de l’angle en soit sous lequel nous analysons la question ou la problématique.  À priori, c’est trop facile de se faire un jugement sur quelque chose sans prendre en compte le contexte et les facteurs ayant mené à un geste, une décision ou des paroles.

Par exemple, à l’adolescence, j’étais un étudiant assez modèle et je dois vous dire que de m’être conformé au code de fonctionnement des institutions d’enseignements n’a pas vraiment fait de moi une meilleure personne sur le plan personnel.  Je veux dire, c’est bien beau d’arriver à l’heure, d’être habillé propre et de s’asseoir en silence pendant des heures en écoutant l’enseignant(e), mais au final, dans la vraie vie et sur le marché du travail, on n’est plus sur un banc d’école.  Dans le monde corporatif, ce n’est pas nécessairement le ‘’ plus fin, obéissant et docile ‘’ qui gagne, mais davantage celui qui a une grande capacité à trouver des solutions, promouvoir ses idées, qui sait diriger une équipe, qui a confiance en lui, qui s’exprime haut et fort et qui est capable de faire son chemin parmi la masse.

Par exemple, je me souviens que suite à un cours d’histoire, mes amis et moi avions créé une fausse Constitution de la classe dans laquelle nous avions créé une nouvelle législation créative à partir des notions apprises en classe.  Nous l’avions affichée sur les murs de la classe pour le plaisir de la chose puis un jour une enseignante suppléante (fort incompétente, et une vraie pimbêche) est tout bonnement tombée là-dessus.  Au lieu de s’en ficher et de continuer son chemin, comme toute bonne Germaine indignée par tout et rien, elle est plutôt allée voir illico le directeur qui nous a convoqué dans son bureau pour des réprimandes sévères (faut croire qu’il n’avait rien de mieux à faire).  Suite à ça, deux de mes amis ont même été suspendus et ont dû faire des excuses devant toute la classe!  Quelle belle brimade de la créativité et de la liberté d’expression pour des jeunes de 15-16 ans qui voulaient juste s’amuser un peu en classe et appliquer en pratique des notions théoriques dans un cadre hors du cursus pédagogique prévu, mais pourtant tout aussi pertinent.  C’était quand même mieux que les exercices boboches dans les cahiers, mais ça n’a pas passé, car des pédants de la haute étaient offensés et ont pris cela pour un affront envers leur autorité suprême (hahaha, mais quel délire de gros égo).

Bref, ça m’a un peu écœuré ce que l’école a fait de moi au niveau du conditionnement et les limitations que cela m’a apporté aujourd’hui d’un point de vue personnel et professionnel.   D’une certaine façon, au sens large, cela m’a incité à me rebeller et à m’exposer tel que je suis, donc à sacrer allègrement lorsque j’en ai envie, à faire parfois des blagues de mauvais goût, à me laisser pousser les cheveux et la barbe lorsque ça me chante, à m’habiller en mou n’importe quand, à ne pas parler à des gens que je trouve méchant ou ennuyant, à garder le silence pendant des heures, à pas aller à des événements que je trouve plates ou insignifiants, ainsi de suite.  LIBERTÉ.  Mais je me permets aussi d’être bon et généreux avec des gens pour qui j’ai particulièrement de l’affection sans absolument rien leur demander en retour.  Je ne compte pas les heures que j’ai mises pour aider des amis ou de la parenté parce que, l’essentiel est là!  Dans l’absolu, je crois que ce n’est pas le prix de tes jeans ou la quantité de gel que tu as dans les cheveux qui te définissent en tant que personne, mais plutôt ce que tu fais pour donner un coup de main aux gens autour de toi et ultimement essayer d’apporter une contribution un tant soit peu significative à ce monde en fonction des moyens et aptitudes dont tu disposes.

C’est d’ailleurs l’une des facettes qui me motive dans ma quête de la liberté financière, soit de pouvoir utiliser mon temps libre et mes connaissances à bon escient.  Le jour où j’aurais assez d’argent pour assurer mes vieux jours et ceux de ma copine, alors que faire?  En ramasser encore davantage pour ‘’ le plaisir ‘’ de la chose d’être un bon capitaliste gras dur et se mettre à augmenter son train de vie pour se créer de nouveaux besoins?  Ne nous leurrons pas, c’est ce qui arrive dans le cas de bien des ménages pour lesquels le niveau d’endettement personnel a augmenté suite à l’accessibilité du crédit et les bas taux d’intérêts.  Plutôt que d’en mettre de côté et accélérer les paiements sur ce qu’ils possédaient déjà (à crédit) ils ont préféré augmenter leurs dépenses et leur train de vie, ce qui les condamne donc à devoir irrémédiablement faire encore plus d’argent pour subventionner leur ‘’ nouveau ‘’ train de vie!  C’est leur choix, mais personnellement, ce n’est pas du tout à ce à quoi j’aspire.  Je préférerais 1000x plus donner un 10$ par semaine à un petit gars de mon quartier pour qu’il puisse déjeuner le matin que de m’acheter une chaise dernier cri qui me masse le cul dans tous les sens lorsque je suis assis dedans (je caricature fortement, mais vous comprenez l’essence du commentaire).

Après tout, ultimement, l’argent vous change-t ’elle ou ne fait-elle pas plutôt amplifier le meilleur ou le pire de vous-même, tel le personnage principal du dernier blockbuster américain?

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