Des dividendes qui fondent à vue d’oeil et l’impact de la fonte

La stratégie d’investissement par croissance du dividende repose, bien évidemment, sur la croissance du dividende!

C’est cette croissance du dividende qui rend le titre attrayant pour plusieurs raisons.

D’abord, la croissance du dividende contribue à faire augmenter la valeur des actions car un actif qui rapporte plus vaut plus… en toute logique et toutes choses étant égales par ailleurs.

Ensuite, la croissance du dividende permet au revenu du rentier de se maintenir face à l’inflation et même de croître. Voilà d’ailleurs l’un des aspects les plus importants de cette technique d’investissement et la raison majeure pour laquelle je l’ai choisie.

Mais qu’arrive-t-il lorsqu’une cie décide de couper son dividende ou de le réduire?

Warren Buffett nous enseigne qu’une cie a les actionnaires qu’elle mérite.

Par exemple, une seule action de Berkshire Hathaway coûte présentement plus de 263000$ US… même en vendant ma maison, mon char et en liquidant mon portefeuille d’actions, je ne pourrais pas me payer une seule action de cette cie!

Berkshire Hathaway mise sur des investisseurs enclin vers le long terme.

Lorsqu’une cie verse un dividende en croissance depuis plusieurs années et en fait une tradition, bien évidemment, elle attire des investisseurs attirés par le revenu et le long terme. Ainsi, la valeur de l’action se met en quelque sorte à dépendre fortement de ce revenu et les investisseurs sont même prêts à payer une prime pour l’obtenir.

Si le dividende est coupé… les investisseurs quittent comme les rats quittent le navire en feu, si je puis dire!

Il n’est donc pas étonnant de voir un titre comme Mattel fondre à vue d’oeil alors que le dividende est passé de 0.38$ par trimestre à 0.15$ par trimestre, une chute de près de 40% du dividende!

Il n’est pas étonnant non plus de voir le titre de Cominar s’effondrer par anticipation et lorsque le management annonce une coupure de 22% dans son dividende!

2017 aura été une année mouvementée et difficile pour le rendement de mon portefeuille jusqu’à maintenant.

Plusieurs cies ont coupé ou réduit leur dividende depuis le début de l’année. En plus de cela, le taux de change CAN/US vient fortement plomber mes rendements à court terme.

Aurais-je pu voir venir la coupure de dividende de ces 2 compagnies?

La triste réponse est « oui »!

Pour Cominar, c’était dans l’air depuis 2 ans.

Pour Mattel, c’était dans l’air depuis 2013-2014…

La croissance des revenus (ou décroissance), la dette élevée, le payout ratio au-dela de 100%…

Tous les signes étaient là, même les analystes s’ouvraient constamment la trappe à ce sujet et le recommandaient.

Et moi j’ai fait quoi?

J’ai attendu… car je suis un investisseur pour le long terme conscient que des anicroches vont arriver. Mais… je me demande si certaines anicroches ne méritent pas qu’on quitte le navire pendant que l’eau monte quitte à revenir quand tout sera réparé?

Je vous l’ai déjà dit maintes fois et je le mentionne dans mon disclaimer, je suis un investisseur amateur.

Mais j’apprends.

Lorsqu’on entend les mots fraudes, décroissance des revenus, payout ratio très très élevé etc… Peut-être faut-il penser à prendre ses profits avant que l’inévitable se produise.

Jusqu’à maintenant attendre sans ne rien faire ne se sera pas avéré être une bonne solution pour moi. Mattel ne fait que s’effondrer depuis 2014. J’aurais eu 2 ou 3 occasions de vendre à profit mais j’ai attendu. Voilà où j’en suis maintenant : un dividende coupé de 40% et dans le rouge de 55% par rapport au prix payé.

Depuis 2014, 3 de mes titres ont coupé leur dividende et chaque fois, ça été catastrophique!

Il faut en tirer une leçon.

En 2017, j’aurai perdu  27.60$ US en revenus récurrent de dividende avec Mattel (sans compter la destruction de capital) et 61.92$ CAN avec Cominar.

Ceci représente grosso modo 3% de mes revenus de dividendes annuels. Ce n’est pas dramatique. Mais ça aurait pu être évité.

Cette baisse aura été absorbée par la croissance de mes dividendes des autres cies mais, là n’est pas l’objectif principal.

Une chose est certaine, je crois que dans le futur, j’aimerais voir mes revenus de dividendes répartis sur entre 50 et 100 compagnies essentiellement également et aussi faire attention à la diversification par secteur.

Par exemple, en ce moment, près de 25% de mes revenus de dividendes proviennent de 4 REITs : Cominar (196$), Realty Income (103.62$), Omega healthcare (317.68$), WP Carey (175.19$).

Cominar vient déjà de me faire perdre du revenu… si une tendance de secteur s’installait et que j’étais retraité, ça serait risqué.

Pour l’instant, je ne me soucie pas de diversification car mon portefeuille n’a atteint que le 1/5 de ce que je vise environ mais plus le temps avancera, plus ce sera un aspect important à considérer. Diversification par secteur mais aussi des sources de revenus.

Par Le blogueur masqué

Bonjour, je suis le blogueur masqué. Comme vous, je suis un esclave moderne confiné au 9@5, propriété d’une grande corporation américaine. Ils nous ont dit, lorsque nous étions jeunes, que nous allions vivre dans une société de loisirs et que les avancées technologiques allaient nous permettre de ne travailler que quelques heures par jour. Pourtant, nous vivons dans un monde où règne le stress et l’incertitude. Ma situation pourrait être bien pire et je le sais. Il y a tant de gens qui souffrent sur cette planète. Mais, une cage en or demeure une cage. Au moins, j’ai un plan pour m’évader. Je vais prendre ma retraite de la « rat race » avant 45 ans et vivre de mes revenus passifs! C’est un rêve si puissant que je vais tout faire pour le réaliser! Pour bâtir ma fortune, j’investis principalement dans des titres boursiers qui versent des dividendes en croissance années après années.

6 commentaires

  1. Ce que tu décris est en fait un argument des détracteurs des titres à dividendes élevés, en croissance et qui ne les ont jamais réduit (les aristocrates): ces entreprises, ayant ces caractéristiques, veulent à tout prix éviter de couper leur dividende… jusqu’à ce qu’il soit parfois trop tard.

    Une entreprise qui n’est pas un aristocrate, lorsque la tempête frappe, peut couper son dividende (qui souvent est déjà moins élevé, donc il y avait déjà une marge de manoeuvre dans le cash flow), préserver son capital et passer à travers la tempête. Une entreprise comme Cominar hésite à couper le dividende, attend, s’endette et ce n’est que rendue en posture insoutenable qu’elle fait l’inévitable. Possiblement trop peu trop tard: en mode délestage, l’entreprise tombe en phase de décroissance. J’espère me tromper, mais j’ai peine à voir le jour où Cominar va remonter son dividende alors qu’elle vend ses actifs pour payer des dettes.

    Pour Berkshire, tu peux toujours acheter des B. Pas cher, pas cher 😉

    1. C’est clair c’est pas parce qu’une cie verse un dividende depuis longtemps qu’elle versera un dividende encore longtemps. Comme dit Buffett, une montre arrêtée peut avoir l’air tjrs en marche grâce au rachat d’actions et à l’augmentation graduelle du payout ratio.
      Il faut porter attention à cela.
      Pour Cominar la situation est plus complexe… hausse des taux, vague de fonds danse retail, office rental et industrial rental.. quelques achats questionnables… mais c’est de l’immobilier et nous sommes de plus en plus d’humains avec de moins en moins de terraisn… sur le tres long terme je n’ai aucun stress.. mais mon cash serait il mieux investi ailleurs?

  2. Belle réflexion! Il va toujours avoir une action qui aura l’air plus attrayante, alors personnellement je garde mes actions lorsqu’ils coupent leurs dividendes. À condition que je n’ai aucune crainte à long terme sur la viabilité de l’entreprise.

    1. Piotr,
      Je pense que certaines cies valent la peine d’être gardées quant à d’autres…. comme Mattel par exemple, je trouve que les gestionnaires ont l’air d’avoir bcp de difficulté à s’ajuster à l’ère électronique du jeu… il y a longtemps que j’ai envie de m’en débarrasser mais que j’attends. Ma position est petite alors je ne m’en fait pas trop avec ce titre mais quand même.

  3. Pour ma part, c’est pour ça que j’hésite à miser gros (en valeur absolue monétaire) dans un titre boursier (peu importe lequel), car même une  » très bonne compagnie  » peut connaître une agonie, lente ou brutale, issue de conditions changeantes.

    En clair, rien n’est figé dans le roc et les gagnants d’hier ne sont pas nécessairement ceux de demain.

    Une nouvelle technologie, une fraude de grande ampleur, une catastrophe naturelle… Certains événements peuvent devenir difficile à surmonter pour une entreprise qui traverse une mauvaise passe et qui se voit entraîner dans un tourbillon, un peu comme le gars qui tombe malade, se divorce et perd son emploi en l’espace de quelques semaines… Il y a des épreuves qui sont difficiles à surmonter et au niveau corporatif je pense aussi que ça peut être le cas, mais à quelque part je comprends qu’on investi majoritairement dans des entreprises possédant un avantage concurrentiel et ayant bâti un système qui a fait ses preuves pour passer à travers des graves intempéries (guerres, récessions, etc).

    Par contre, se montrer trop confiant ou vivre dans le déni est un jeu risqué. À cet égard, c’est pour ça que la diversification des types d’actifs qu’on possède et leur diversification géographique s’avère un élément afin d’amenuiser les risques d’une certaine façon.

    Par exemple, même si la bourse a planté solidement en 2008, l’immobilier canadien a tout de même continué de croître (ce qui n’a pas été le cas aux USA), mais quelqu’un de ce côté de la frontière qui continuait à garder sa maison et à faire ses paiements en est fort probablement heureux aujourd’hui de l’appréciation de la valeur de laquelle il a pu bénéficier (à la revente), de la possibilité qu’il a d’utiliser sa marge hypothécaire judicieusement pour financer des investissements ou pour se donner de la flexibilité ou encore simplement de l’exemption de gain en capital dont il bénéficie à la revente de sa propriété personnelle!

    Plusieurs actifs, plusieurs avantages!

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