La cuillère n’existe pas!

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Je suis un fan du film « La matrice 1 » que je considère comme un chef d’oeuvre alliant à la fois science fiction et réflexions philosophiques sur notre mode de vie en société.

Chaque fois que j’écoute ou repense à ce film, j’en découvre de nouveaux aspects et c’est ce qui fait que je reste accroc à l’oeuvre.

Par exemple, il y a une scène durant laquelle Neo va voir l’oracle. Et en attendant son tour il rencontre une sorte de jeune Padawan qui tord une cuillère par la pensée. Neo essaie alors à son tour mais ne réussit pas. C’est là que le jeune prodige lui dit :

N’essaie pas de tordre la cuillère car c’est impossible. Tu dois essayer de te concentrer pour faire éclater la vérité : la cuillère n’existe pas. Et là tu sauras que la seule chose qui se plie ce n’est pas la cuillère, c’est seulement ton reflet.

Bon… je crois qu’on peut faire dire des tas de choses à une telle scène. Moi, ce que j’en dis, c’est qu’on parle ici, encore une fois, de la société. Le jeune est en train de préparer Neo à garder un esprit ouvert.

Notre société est un concept abstrait qui tient par un ensemble de normes non-écrites et de règles écrites convenues par consensus.

Il y a eu des tas de sociétés et des tas de règles formelles et informelles à travers les âges, mais une chose demeure identique dans toutes les sociétés et c’est la force avec laquelle les vivants cherchent à l’imposer aux nouveau-nés… et même aux autres vivants par la force de la guerre ou par d’autres forces plus subtiles (propagande, religion etc…).

Dès notre naissance, elle devient « … le monde qu’on superpose à ton regard. »

Qu’est-ce que la société au fond? Est-ce que de se lever aux aurores tous les matins pour aller respirer des hydrocarbures consummés dans le trafic afin d’aller passer 8h par jour à faire la même chose qu’hier et que demain est une loi de la nature? 

Bien sûr que non. C’est une règle que nous avons construite par concensus… comme tout le reste. 

La société est en fait le résultat d’une grosse « psychose » collective (ouiais! J’adore dire ça). Elle pourrait éclater en un claquement de doigt suite à une grosse crise économique, à une guerre ou à un cataclysme naturel. 

La société dans laquelle nous évoluons n’est pas la réalité naturelle. Elle est une réalité construite à partir d’abstractions mentales, de concessions, de soumissions, de rapports de force…

Ceux qui détiennent le pouvoir détiennent les clés qui ouvrent toutes les portes. Ils détiennent aussi le pouvoir de modeler la société à leur image, d’imposer leur volonté sur le peuple.

Dans une société capitaliste, ceux qui détiennent le pouvoir sont ceux qui possèdent le capital.

Mais, l’argent aussi est une abstraction… qu’est-ce que l’argent sinon un symbole de valeur, un joli bout de papier « officiel » ou encore des chiffres enregistrés dans un registre?

Car, ne vous y trompez pas, l’argent ne vaut nécessairement ce que ce que les gens veulent bien qu’il vaille. La valeur de l’argent est déterminée par consensus elle aussi et elle fluctue constamment… à chaque minute, chaque seconde en fonction de facteurs essentiellement extérieurs à nous-même et sur lesquels on a peu de contrôle.

D’ailleurs des tas de gens jouent avec ça pour faire de l’argent par arbitrage avec les FOREX.

Une mauvaise nouvelle et hop, la valeur de l’argent s’évapore tout à coup. 

La valeur nominale, elle, ne bouge pas, mais sa valeur réelle change constamment. On appelle ça « le pouvoir d’achat ».

Les riches ne détiennent pas tant d’argent en tant que tel. Ils détiennent surtout les moyens de production, la main d’oeuvre, les brevets, les ressources, les alliances stratégiques, le pouvoir de légiférer en infiltrant les gouvernements, des actifs qui rapporteront ce qui a une vraie valeur peu importe la valeur de l’argent, soit des actifs qui rapportent du cash flow positif!

Car la valeur de l’argent peut s’effondrer à tout moment. 

Et qu’en est-il des prix? 

Vous croyez que les prix sont établis selon des concepts fondamentaux naturels du type :

– ça coûte 1$ de matériaux + 1$ de salaire + 1$ de transport + 1$ de marketing + 1$ de frais administratifs + profit 1$ = 6$

Eh bien non! Si vous croyez cela vous êtes bien naïf.

On crée des buzz, on invente des besoins, on utilise des vedettes ou leaders de foules pour en mousser la demande, on limite l’offre en créant une fausse rareté et on pousse le prix jusqu’au point le plus élevé que les gens sont prêts à payer psychologiquement après tout ce lavage de cerveau! 

Un bon exemple? Ce sont ces cochonneries de « spinners »! Common… c’est une bebelle de magasin à 1$ et certains paient jusqu’à 50$ ou 100$ pour faire tourner ce bidule fort inutile qui finira sous peu dans les vidanges.

Et avec les consoles de jeux vidéos, on fait de l’écrémage en vendant deux fois plus cher en « pré-commande' » aux fans finis drogués de jeux vidéos en leur faisant croire qu’ils sont privilégiés, puis on abaisse tranquillement le prix pour que de plus en plus de gens s’en achètent une une fois que l’egouement est lancé, car posséder la console devient signe d’appartenance ou de statut social et ne pas la posséder devient presque anormal…

Pourquoi je parle de tout cela?

Parce que les gens en général prennent la « réalité » pour du cash, comme l’unique avenue, l’unique dimension, l’unique façon de vivre sa vie. 

Or, si vous admettez que la cuillère n’existe pas, cela ouvre tout à coups de toutes nouvelles dimensions insoupçonnées. 

Soudainement, au lieu de vous retirer à 65 ans comme c’est convenu dans le « contrat social » (encore un concept abstrait), vous pouvez vous retirer à 30 ans, 40 ans, 50 ans ou quand bon vous semble si vous vous en donnez les moyens. 

Si vous décidez qu’à 45 ans il n’est pas trop tard pour faire un BAC… alors vous en faites un!

Et au lieu de meubler votre temps de vie à faire un travail routinier, vous pourriez tout à coup choisir comment vivre votre vie.

Les gens vous trouveront bizarre, certains vous traiteront de lâches, de marginal etc… 

Mais, c’est normal car, comme on le dit si bien dans le film, « toute personne dans la matrice est potentiellement un agent de la matrice ».

Hier, je parcourais le blog de MrJack qui après avoir passé 13 ans à épargner et investir son argent, atteindra l’âge de la retraite dans moins de 99 jours à 42 ans! 

Il faisait référence « au couloir avec toutes ses portes qu’on pourrait ouvrir », rappelant qu’adolescent, on a la vie devant soit avec toutes ses possibilités. 

Puis, on fait des choix et certaines portes se ferment, puis d’autres et d’autres… et il vient un moment ou revenir derrière pour ouvrir de nouvelles portes devient compliqué. 

On se rentre la tête dans les épaules, on accepte son sort, on se cramponne à la rat race, on roule dans la roue du hamster, on pédale et stopper la roue ne vient pas sans conséquence. 

On a l’hypothèque, le paiement sur l’auto, des enfants à nourrir… ça prend le chèque de paye aux deux semaines pour y arriver. 

Lui nous explique qu’il a l’impression de se donner le droit de retourner dans ce fameux couloir afin de pouvoir faire de nouveaux choix. C’est excitant et effrayant à la fois… On est tellement institutionnalisé!

Quand on y pense, depuis qu’on a 5 ans, nous avons le nez plongé dans un système qui accapare tout notre temps, qui dirige toutes nos pensées et qui nous modèle afin de faire de nous des citoyens « parfaits » qui rentrent dans le moule, paient leurs factures, sortent leurs poubelles et paient leur impôt pour que le système bien huilé continue sa ronde infinie.

Imaginez la génération CPE qui se fait endoctriner dès les premiers instants… déjà à 12 mois, des tas d’enfants se retrouvent à vivre le 9 @ 5 nord-américain.

Il y a bien de choses que l’argent permet de s’acheter, mais le temps perdu n’en fait pas parti. 

Chaque année, j’épargne plus de 45 000$ à 50 000$ si je calcule mes épargnes investies, mon fonds de pension et le capital remboursé sur mon hypothèque. 

Je pourrai bientôt m’acheter une Lamborghini si je le veux… mais moi ce que je veux m’acheter, c’est un billet pour retourner dans le couloir des choix!

Et tout cela est rendu possible parce que j’ai compris que la cuillère n’existe pas!

Il est rare que je fais des liens vers un article du JdeMontréal, mais celui-ci vient supporter mon point.

16 Comments

  1. younes
  2. Dom
  3. Maxime
  4. Petes
  5. Petes
  6. Petes
  7. Petes

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