L’interminable lutte des classes sociales

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S’il existe de bien vilains défauts, la jalousie et l’envie en font forcément partie.  L’être humain est une créature qui aime se comparer à ses pairs.  C’est pourquoi, dans certaines analogies consuméristes, on parle du syndrome du « voisin gonflable » afin de dénoncer le dérapage que peut entraîner la surconsommation en voulant toujours posséder plus et mieux que le voisin, en se lançant tête première dans une interminable et inlassable quête de l’avoir.

Je dépense, donc je suis.

Cela donne droit à de nombreux raisonnements du genre : « Après tout, si le voisin l’a, alors moi aussi je peux bien me le permettre! » ou bien encore : « J’ai travaillé fort, alors je le mérite bien! » Ainsi s’ajoute à l’arsenal bien garni des joujoux : le nouveau tracteur de pelouse deluxe qui va chatouiller finement le brin de votre gazon dans tous les sens grâce à ses huit lames bien tranchantes en acier inoxydable, le gros spa possédant 32 jets à intensités variables, la piscine creusée au sel dernier cri avec le tremplin de 10 pieds, le nouveau patio en composite facile d’entretien, la rangée de haies de cèdres taillées au niveau, la belle entrée en asphalte chauffante & le gros garage double pour entreposer la voiture de luxe.

Bref, pour quelqu’un qui veut consommer à outrance, pour celui qui en veut toujours plus, pour l’insatiable bipède des centres d’achats, il n’y a pratiquement aucune limite pour assouvir ses fantasmes!

Vous souvenez-vous du personnage principal dans le film « Fight Club » qui cherchait le bonheur en achetant toujours les gadgets derniers cris?  Sa quête perpétuelle, était assez représentative de celle d’une frange importante de la population nord-américaine.  Après tout, le système capitaliste n’est-il pas justement basé sur une consommation en croissance de biens et de services non durables?

Quelle est donc la conséquence de toujours en vouloir plus?  Inévitablement, assouvir ainsi ses désirs, amène plus de dépenses.  Qui dit plus de dépenses de consommation, dit moins d’argent disponible pour les autres dépenses essentielles, pour combler ses besoins de bases ou bien pour épargner en vue de préparer convenablement sa retraite sans être dépendant de l’aide de l’état, voire même idéalement de personne d’autre.

De plus, lorsque ces dépenses sont mises sur la carte de crédit, les intérêts s’ajoutant au coût du bien peuvent considérablement faire augmenter la facture, les paiements et le coût réel final du bien en question.  Et lorsqu’un nouveau modèle plus beau ou plus performant fera son apparition sur le marché et que le voisin l’achètera, que se passera-t-il à votre avis?  On efface et on recommence, encore et encore?  C’est le cercle vicieux sans fin, le piège dans lequel il est facile de tomber.  En apparence, tout est beau, alors que derrière la façade, les comptes s’accumulent et l’angoisse se manifeste.

Par ailleurs, il est bon de garder à l’esprit que le dollar qui n’est pas dépensé aujourd’hui dans un bien de consommation éphémère ou pour un service non-essentiel avec une durée de vie prédéterminée peut devenir un dollar investi dans des actifs qui vont vous générer des revenus en croissance.  Ainsi, au lieu de s’évaporer, votre dollar continuera de prendre de la valeur et de vous enrichir davantage au fil du temps.  Elle est là l’astuce du magicien!

Pour revenir au sujet de l’envie et de la jalousie, l’autre angle que je voulais aborder est celui de la lutte des classes sociales qui fait rage au sein de toutes les sociétés.  Après tout, si on est pauvre, ne voudrait-on pas que les riches paient davantage pour maintenir ou bonifier certains services et programmes sociaux publiques et, à l’inverse, lorsqu’on est riche, ne trouve-t-on pas qu’on contribue allègrement (trop) au système à cause de la progressivité des impôts sur le revenu?  En réalité, l’humain veut du changement en autant que ça ne l’affecte pas directement et négativement.  Autrement dit, il est pour, mais en autant que ce soit les autres qui paient pour…

Dans le monde du travail, on remarque de plus en plus un clivage, un climat de suspicion et de jalousie non seulement entre riches et pauvres, mais aussi entre les ouvriers manuels versus les travailleurs de bureau, les gens qui sont syndiqués versus ceux qui ne le sont pas, ceux qui travaillent pour le secteur public versus le privé, ceux qui ont un fond de pension versus ceux qui n’en ont pas, ceux qui font partie d’une génération versus une autre.

Bien souvent, un groupe moins favorisé va prendre à parti un groupe perçu comme étant plus favorisé en le blâmant de profiter d’avantages auxquels eux n’ont pas droit.  Cela va donner lieu à de nombreuses phrases commençant par la fameuse formulation : « On le sait bien, vous les assistés sociaux/chômeurs/parents/riches/syndiqués/pdg/fonctionnaires/baby boomers, vous avez droit à tel avantage ou à tel privilège dont nous on n’a pas droit, alors vous êtes des profiteurs/paresseux/parasites/privilégiés/gras durs et on devrait vous les enlever ».

Au lieu de chercher à améliorer leurs conditions, ces personnes préfèrent plutôt déverser leur fiel sur les autres groupes et militer pour que les conditions des autres soient revues à la baisse.  Dans bien des cas, ce sont des travailleurs qui en jalousent d’autres ou, à tout le moins et de façon plus basique, des humains déçus face à leur sort et en colère contre d’autres humains qui s’en tirent mieux qu’eux selon leur perception des choses.

Après tout, ne nous a pas dit et répété à maintes reprises, dès notre plus jeune âge, que nous vivons dans un système social dans lequel nous sommes tous égaux?  Or, il y a de grandes différences entre l’égalité & l’équité.  Par ailleurs, il est bien évident que, comme êtres humains, nous n’avons pas tous le même potentiel, ni les mêmes capacités, ni le même environnement, que nous sommes issus de différents milieux et qu’en réalité cette supposé égalité s’arrête dès le moment où nous sortons de l’utérus de notre mère…  La vie n’est pas toujours juste et tout ne nous est pas nécessairement dû.  Plus vite on l’accepte et plus rapidement on peut cheminer. Notre existence sera plus souvent qu’autrement une lutte perpétuelle ponctuée d’échecs et de réussites, de recommencements, avec aussi et surtout beaucoup de journées assez banales et routinières.

Pour en revenir à la lutte des classes sociales, à quelque part, n’est-il pas illogique de militer afin d’abaisser les conditions générales d’autres groupes de travailleurs?  Ne serait-il pas plutôt logique de militer afin d’améliorer les siennes plutôt que de jalouser celles du voisin?  Concrètement, préférez-vous gagner 2-3$ de l’heure de plus ou bien qu’un travailleur que vous considérez comme choyé perde son fond de pension?  Personnellement, le malheur d’autrui ne me réjouit pas, mais j’ai un grand intérêt à vouloir améliorer mon sort et ma situation personnelle.

Ceci étant dit, c’est plus facile de demander plus et d’améliorer vos conditions de travail lorsque vous êtes en mesure de démontrer ce que vous apportez en termes de valeur et de gains à l’entreprise.  En étant mieux formé, plus performant, plus polyvalent, dans un domaine en manque de main-d’œuvre, vous serez davantage capable de vous vendre et d’expliquer pourquoi vous méritez ce que vous demandez comme salaire, conditions de travail, fonds de pension et avantages sociaux.  Après tout, il n’y a rien de mal à négocier.  N’est-ce pas que tout se dit, mais l’important est dans la façon de le dire? Si vous êtes persuadé que vous valez plus et qu’il y a de l’ouverture ainsi que de la marge de manœuvre à la négociation auprès de votre employeur, alors pourquoi ne pas tenter votre chance?

Bref, il n’y a pas de réponse toute faite et rarement de chemins faciles.  Les bonnes choses arrivent souvent avec le temps, le travail & les efforts déployés à l’intérieur d’un plan structuré.  Ceci étant dit, l’essentiel est souvent intangible.  J’ai quand même espoir que le bon sentiment l’emporte sur le ressentiment et qu’un jour les individus en viendront à réclamer plus et mieux pour eux plutôt que moins pour les autres.

Image courtesy of Sira Anamwong at FreeDigitalPhotos.net

7 Comments

  1. Diane
  2. Maxime

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