Sommes-nous des être-humains ou des avoir-humains? – Vivre différemment

Ad Blocker Detecté

Ce site web est rendu possible grâce à la publicité. Veuillez considérer de désactiver votre "adblocker" afin de nous encourager à maintenir ce site gratuit.

Vaut-il mieux privilégier l’être et le devenir à l’avoir et au posséder?

C’est une question qui taraude de plus en plus de gens ici et ailleurs et surtout, c’est une question qui me taraude depuis toujours puisque je déteste l’illogisme et la stupidité et notre société est basée sur l’un des plus grands illogismes qui soit :

La croissance infinie dans un monde aux ressources finies.

N’importe quel enfant de 5 ans peut comprendre que 1 plus 1 n’égale pas deux avec ce principe et qu’un jour ou l’autre, les ressources seront épuisées. Ainsi, tant qu’on n’aura pas démocratisé le voyage spatial intersidéral, nous ferons face à des ressources limitées qu’il faudra apprendre à partager si on veut éviter les guerres civiles ou totales.

D’une façon ou d’une autre, ça arrivera. À nous de décider quelle est la meilleure façon de gérer la situation.

Des documentaires intéressants

Voici une liste de plusieurs documentaires que j’ai écouté récemment et que j’ai apprécié. D’autres pourront se rajouter à cette liste éventuellement. Pour sélectionner celui que vous voulez écouter, simplement cliquer sur la liste déroulante en haut en gauche. J’ai particulièrement aimé « Moins c’est mieux » que je viens juste de terminer mais tous ces documentaires sont intéressants et apportent quelque chose de différent :

Des tonnes de communautés et d’éco-villages au Québec?

Fait intéressant, grâce à ces documentaires et aux recherches qu’ils m’ont amené à faire, j’ai découvert qu’il existait de nombreuses « communes » au Québec ou éco-villages et même qu’il y avait, semble-t-il, une « route des éco-villages » en Amérique. Il me reste encore à la découvrir…

Drôle, parce que dernièrement, en blague, je suggérais qu’on se regroupe pour acheter un village « fantôme » et qu’on se bâtisse une communauté anti-consummériste d’entrepreneurs avant-gardistes.

Il semble qu’il y a donc déjà beaucoup de gens qui vivent autrement ici même au Québec ou en Amérique du nord et plusieurs de ces communes permettent aux touristes de venir les visiter.

Je suis principalement intéressé par la commune suivante et il est probable que j’irai la visiter cet été juste pour voir comment ils vivent :

La cité écologique de Ham-Nord

De l’extérieur, elle m’apparaît une communauté solide, expérimentée, avant-gardiste et elle est dans le paysage Québécois de longue date (début des années 80).

Par exemple, il est interdit de fumer depuis belle lurette sur les lieux. Ils ont créé une école alternative, cultivent de la nourriture bio etc…

Évidemment, il y a eu quelques articles de journaux les appelant « secte », mais tout en restant prudent face au phénomène des sectes, je pense que dès qu’on sort un peu du moule « café-trafic-métro-boulot-dodo-gaspille-dépense-pollue-gâche ta vie et meurt », on est un weirdo à enfermer. Alors, il faut aussi faire attention aux articles de journaux sensationnels. Notre mode de vie n’est pas nécessairement le meilleur et le seul à imposer.

De toute façon, avant ma visite, je vais creuser davantage.

Pour les autres « communes/écovillages » la ressource est ici :

Liste des écovillages Québécois

Après quelques vérifications, je pense que plusieurs des ces communes ne se sont pas perpétuées dans le temps. Normal, vivre en commune ça ne doit pas être facile tel que l’atteste un des documentaires ci-haut « A simpler way : crisis as an opportunity », documentaire sur une expérience de vie en communauté d’un an.

Comme dans le film « La plage », tout le monde est arrivé motivé, mais les conflits etdivergences de vue semblent avoir pourris l’expérience.

voir aussi :

Des éco-villages s’ouvrent au tourisme 

Ce qui me gosse avec les communes

La principale chose qui me dérange avec le principe de commune, c’est l’étiquette des années ’60 qui reste collée.

Moi, qu’on s’assoit en rond sur des tapis tissés en fibre de chanvre biologique en jouant du tam-tam faits de matériaux recyclés pour chanter en coeur des louanges à Gaya et démoniser le culte de la surconsommation… Hummm non merci! À la limite je te dirais « prends une tite pilule ça va te passer le zouave! ».

Et m’habiller en Passe-Partout pour aller vendre du pain écolo-énergétique dans le village en m’y rendant en poney et charette… hummm non merci! J’ai lu le livre sur « La secte de Moïse » et il faut vraiment rester vigilant à ce type d’approches.

Toutes ces patentes-à-gosse là qui cherchent à exagérer la « communion » avec la nature, le vivant, la terre, notre moi-intérieur… j’ai ben ben ben de la misère.

Je suis anti-religion, pas anti-spiritualité, car je n’aime pas le culte et le brainwash organisés et ma spiritualité je peux la vivre seul. Je n’ai pas besoin de me la faire imposer, dicter, de la symboliser par des prières, des signes de croix ou d’autres trucs bidons et ridicules de la sorte.

Non pas que je sois vide spirituellement parlant ou que je sois contre le fait d’avoir des valeurs, seulement, je ne ressens pas le besoin de déifier ou de démoniser, ni même de célébrer avec une ode à la vie quoi que ce soit. Je pense que d’avoir de belles valeurs c’est juste du savoir-vivre. Je n’ai pas besoin d’un chaman pour me prêcher qu’on devrait partager, s’entraider, éviter la violence, ne pas voler, tuer ou faire du mal intentionnellement… C’est juste du gros bon sens.

Je sais que la vie c’est beau, miraculeux, qu’on est loin de tout comprendre et qu’il faut avoir du respect pour les grandes forces de l’univers. Mais de là à créer des statuts, des cérémonies, des pendentifs protecteurs, des soirées tam-tam au bord du feu… Bof. Je vais laisser ça aux illuminés et à ceux qui en ressentent le besoin réel et profond.

Si c’est fait pour le spectacle c’est autre chose. J’ai assisté à une cérémonie chamanique Maya et j’ai trouvé ça très beau. Mais, à des fins de divertissement uniquement.

Personnellement, je crois que le libre-arbitre et le respect de l’intimité, le respect de la propriété individuelle aussi doivent être maintenus sous une certaine forme. Peut-être qu’on devrait limiter la possession. Il y a clairement des gens qui prennent l’acte de posséder trop au pied de la lettre (posséder 38 maisons et avoir des milliards en banque au détriment du peuple), mais avoir droit à son intimité est important pour moi.

La commune, je vois ça au sens plus large, à l’échelle d’un quartier, d’un village ou d’une ville, de la planète peut-être même. Cela étant dit, mieux partager, partager les ressources, partager des tâches communes pour la communauté, ça je ne suis pas contre, mais de façon volontaire.

Si tu veux de la bouffe gratuite offerte par la communauté, travaille au jardin. Si tu ne veux pas, débrouille-toi à ta façon.

Je pense que personnellement, je m’insérerais mieux dans une « commune virtuelle », lieu d’échange de services, d’idées etc…

Peut-être que ça existe déjà, peut-être que c’est à créer. Peut-être aussi que ça n’est pas nécessaire, car Kijiji existe et il y a des réseaux de troc qui existent, des sites de socio-financement etc… Nous avons accès à une commune virtuelle mondiale grâce à internet.

Quoiqu’il en soit, il y a longtemps que j’y songe. Ensemble, on peut clairement faire mieux. Mais encore faut-il être capable de vivre ensemble.

Faire des achats groupés (pas comme Groupon…), se prêter des biens qu’on utilise peu souvent (une outils-othèque?), se transmettre des biens à faible usage (vêtements et jouets d’enfant), s’échanger des services, peut-être même posséder un lieu physique (en plus du lieu virtuel) de rassemblement pour faire du marchandage sans monnaie et se regrouper peut-être quelques fois par année pour échanger, proposer des idées novatrices, lancer des projets éco-responsables et durables etc…

Mais, les communes amènent des conflits et s’il y a quelque chose que je n’ai pas envie d’avoir dans ma vie, c’est plus de conflits. Alors je pense que je préfère garder la pleine gestion de ma vie.

De toute façon, je déparle. Je ne vais probablement jamais fonder ce type de truc, ni me joindre à une commune. Ça ne colle pas vraiment avec moi.

Conclusion

Je n’aime pas l’extrême. C’est souvent impressionnant, ça choque, mais je me sens mieux quelque part entre les deux extrêmes.

Je ne crois pas en la totale autarcie ni en la totale auto-suffisance. Je ne crois pas non plus en la viabilité à très long terme de notre société de surconsommation.

Le minimalisme poussé à l’extrême (posséder moins de 100 objets) est intéressant à voir en vidéo, mais je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’aller jusque là pour mieux vivre.

Vivre dans un système « démocratique » et capitaliste offre quand même beaucoup d’avantages tel que celui de pouvoir parler pas mal librement, de posséder son petit lopin de terre, de déménager où l’on veut quand on veut et même de choisir de consommer trop, moins, peu ou pas. Ça permet la possibilité de penser essentiellement comme on veut, d’investir dans le marché et de se libérer de l’esclavage du travail à temps plein. Ça permet aussi la possibilité de se promener à pied, en vélo, en avion ou en train, de ne pas avoir à se geler le derrière lorsqu’on doit aller à la toilette l’hiver et d’avoir des fruits et légumes frais à l’année…

Qu’on profite de toutes ces largesses ou pas, en avoir la possibilité c’est déjà posséder une certaine liberté et j’aurais vraiment beaucoup de difficulté à perdre ça.

Vivre avec moins, moins gaspiller, partager davantage, mieux contrôler sa nourriture voir même en produire une partie, travailler moins, profiter davantage des plaisirs gratuits de la vie, ceux qui sont reliés à « l’être » plutôt qu’à « l’avoir », c’est ça qui m’attire de tous ces vidéos.

La vie en commune et partager tous mes repas avec les membres, vivre dans une maison en crottes de bison séché, faire la danse de la pluie et toutes ces bizarreries, je laisse ça aux autres.

À chacun ses façons…

Au final, chacun doit trouver son équilibre, le plus possible dans le respect du fait que les autres aussi ont droit de trouver leur équilibre.

Quand j’apprends qu’en 2010, 388 personnes possédaient autant que 50% de la population la plus pauvre de la planète (3,7 milliards d’humains) et qu’en 2016, c’est maintenant 62 personnes, je ne peux que me dire que la partie tire à sa fin. D’ici 10 ou 15 ans, 1 seule personne possédera autant que la moitié de la planète et peu de temps plus tard, elle possédera autant que 99% de la planète. C’est le principe de l’intérêt composé.

Soit ils devront redistribuer, soit ils vont opprimer davantage. Nous autres occidentaux ne connaissons pour la plupart pas ce que c’est que l’oppression et j’espère bien qu’on ne le connaîtra pas.

C’est d’ailleurs l’un des principes que j’ai aimé du vidéo ci-haut « Vivre sans argent ». Dans cette communauté, ils utilisent des « Talers », billets de banque créé de toute pièce et le principe qui les guide c’est que :

L’argent doit circuler

Ainsi, pour joindre la parole aux actes, il est interdit pour tout membre de posséder ou de s’endetter de plus de 500 talers.

Un taler a un équivalent en temps de travail. Ainsi, s’il me faut 30 minutes pour faire 1 pot de confiture, je peux le vendre 1 Taler. Si ça me prend une heure alors c’est 2 Taler. Et je peux donc acheter les produits et services de mes voisins en échangeant mes Talers.

Voilà un système où la monnaie ne peut pas s’accumuler au détriment des autres et où le risque de crédit ne peut dépasser un certain seuil. Tôt ou tard, tu devras rendre à la communauté.

Évidemment, il faut une certaine maturité et qu’une grande confiance règne entre les membres pour qu’une communauté arrive à maintenir un tel système en place. Après tout, c’est tentant d’imprimer des « faux Talers » ou encore de mentir sur la valeur temps de certaines tâches. Flâner sur les tâches pourrait aussi devenir très tentant pour certain.

Ahhh l’humain!

Livres sur le sujet :

Vivre autrement : écovillages, communautés, cohabitats

Ecovillage living : restoring the earth and her people


Leave a Reply