Mon initiation au monde du travail & mes premiers contacts avec l’argent.

Ad Blocker Detecté

Ce site web est rendu possible grâce à la publicité. Veuillez considérer de désactiver votre "adblocker" afin de nous encourager à maintenir ce site gratuit.

Premier emploi: Ramasseur de canettes vides.

Tout débute, dès mon plus jeune âge, alors que j’étais âgé approximativement de 4 ou 5 ans.  Mes souvenirs précis, dans le moindre détail, de cette brève époque de ma vie, sont quelque peu flous, mais l’essentiel demeure bien gravé dans ma mémoire encore aujourd’hui.

Je suis tout jeune et c’est à ce moment-là, sans en être encore réellement pleinement conscient, que commença tout bêtement mon initiation au travail et ma première exposition à l’argent.

Pour vous mettre en contexte, j’habite en campagne, dans une modeste maison centenaire située à côté d’un grand entrepôt. À proximité, tout s’active.  On entend le bruit du marteau et des tracteurs qui se mélangent aux cris et aux rires des ouvriers.  Vous l’aurez peut-être deviné, j’habite sur une ferme.

Donc, après avoir mangé un énième œuf à la coque, dont jadis je raffolais tant, je sors à l’extérieur avec ma mère.  Muni d’un grand sac poubelle noir, nous nous dirigeons vers l’entrepôt à patates.

Quelques travailleurs nous saluent au passage et une fois à l’intérieur nous marchons vers un coin où plusieurs canettes de boissons gazeuses jonchent le sol.  Nous nous promenons et ramassons celles que nous apercevons éparpillées ici et là. Oui, les gars sont pas mal traineux…  Ma mère me dit de toutes  les ramasser et je m’exécute alors sans poser de questions.  Je les ramasse une par une, sauf celles qui sont trop abîmées et petit à petit, je remplis mon sac jusqu’à la moitié.

Finalement, je retourne chez moi, sans comprendre immédiatement le but de l’exercice.  Non, mais si elle pense que chaque semaine je vais ramasser les déchets des autres pour le plaisir, elle se trompe!  Néanmoins, je suis content d’avoir pu voir les travailleurs et les gros tracteurs.  Ces bolides-là sont très impressionnants pour le jeune enfant que je suis et qui rêve déjà d’un jour être assis derrière le volant de l’un de ces mastodontes!

Je laisse donc mon sac dans le garage et je répète le même manège la semaine suivante.  Petit à petit, à force de me voir passer chaque semaine, les ouvriers rassemblent leurs canettes vides au même endroit et ils se font une joie de me les donner lorsque je passe faire ma tournée.

Au fil du temps, les sacs s’accumulent. Vient alors un jour où ma mère sort un calepin et un crayon.  Elle me dit qu’il est temps de compter le nombre de canettes et bouteilles que notre collecte hebdomadaire quotidienne nous a permis d’accumuler.

Le décompte s’amorce et ça ne prend pas beaucoup de temps pour que déjà, après le premier sac, j’aie les mains toutes collantes. Maudit que c’est dégueu la liqueur!  Je continue mon décompte et après chaque sac ma mère prend en note le total.

Une fois l’exercice terminé, nous chargeons les sacs dans le camion de mon père.  Ensuite, nous nous rendons au dépanneur du coin.  Mon père se charge d’apporter la feuille du décompte total au commis-propriétaire.  Pendant ce temps, je m’occupe de décharger le camion et d’aller porter le tout à l’arrière du dépanneur.

Une fois cette tâche complétée, je me rends au comptoir où mon père est en train de discuter avec le propriétaire.  À ce moment-là, en m’apercevant, il ouvre son tiroir caisse et me remet quelques billets.

Hein, quoi, il me remet toute cet argent-là en échange de ces vieilles canettes vides! Wow, c’est génial.  Environ 30$, je suis riche!

Ensuite, il me demande si je souhaite acheter quelque chose et je lui réponds que non, ça va aller, je préfère garder mon argent pour le moment.

Tout fier, je repars avec mon père en direction de la maison, satisfait de l’argent que j’ai pu ramasser en échange de ces quelques sacs de vieilles canettes.  De retour à la maison, je place mon argent dans un tiroir et je n’y touche pas, du moins, pas encore!

Je recommence ensuite le même processus à toutes les semaines.  Au fil du temps, à coup de 5 sous la canette, mon épargne passe de quelques dollars, à quelques dizaines de dollars jusqu’à quelques centaines de dollars.

Gêné que je prenne toujours l’argent au dépanneur sans ne rien acheter en retour, mon père commence à acheter sa bière là-bas pour encourager le commerçant qui semble toujours un peu découragé de me voir arriver avec autant de canettes et bouteilles vides sur une base quotidienne!

C’est génial pour moi, car ça me permet de retourner ses bouteilles de bières vides en même temps et en plus elles valent le double des canettes! $$$

C’est ainsi que, durant toute ma jeunesse, je me suis fait un devoir de ramasser toutes les bouteilles et canettes vides que j’ai pu trouver et qui m’ont permis de me ramasser de l’argent pour me payer notamment mes premiers jeux vidéo!  Ah, toutes ces cassettes grises de Nintendo achetées au marché aux puces.  La bonne vieille époque.

Bien malgré moi, à l’aide de cet exercice, en apparence banal, répété quotidiennement, à temps perdu, mes parents m’avaient inculqué la valeur du travail et de l’effort en retour d’argent.  Je commençais déjà à comprendre, en partie, le système.

Encore aujourd’hui, je ramasse les contenants recyclables consignés.  Ma vision a quelque évoluée depuis mes débuts, mais je n’ai pas perdu cette bonne habitude.

Apprentissage № 1: Répétez régulièrement des petits gestes payants qui feront boule de neige et vous permettront d’épargner des montants considérables au bout du compte.

Deuxième emploi: Jardinier et homme à tout faire

Bien sûr, vous devez vous douter que mon expérience avec l’argent ne se termine pas ainsi.  Après mon père et ma mère, ce sont mes grands-parents qui m’ont permis de vivre ma deuxième expérience et de franchir une nouvelle étape.

Vers l’âge de 6-7 ans, j’étais encore trop jeune pour pouvoir travailler sur la ferme agricole familiale.  Avec les grosses machineries qui circulaient dans les alentours, ce n’aurait pas été très sécuritaire.  Par contre, j’étais en âge d’aider mes grands-parents à travailler dans le jardin et dans les champs.

C’est ainsi que l’été, je commençai à travailler chez mes grands-parents en effectuant des petits travaux pour eux.  Mes principales tâches consistaient à enlever les mauvaises herbes dans le jardin et à récolter les fruits et légumes rendus à maturité.  S’ajoutait à cela, toutes autres tâches connexes, comme couper le gazon et rentrer du bois de temps en temps.

Vous trouvez que c’est peut-être un travail exigeant pour un jeune de cet âge.  Oui, ça l’était parfois, mais je vous assure que ce n’est pas si pire que ça en a l’air et que de plus, c’est très bénéfique à plusieurs niveaux.  J’y reviendrai plus loin.

Donc, je me souviens que ça a toujours été une fierté pour moi de passer mes étés à aider mes grands-parents!  Oui, j’en ai ramassé des poches de blé d’inde, des crêtes de framboise, des mannes de concombres et des paniers de petites fèves.  Parmi toutes les tâches, je pense que c’était celle que je détestais le plus; ramasser les fichues petites fèves…  Les jaunes ou les vertes, peu importe, je les détestais égal. Mautadine que le panier ne se remplissait pas vite et j’étais découragé à chaque fois que Mme Lacerte en commandait!

C’est drôle car mon grand-père le savait et la plupart du temps il les ramassait lui-même, mais, à son âge vénérable, je n’aimais pas le voir à genoux dans le jardin, alors j’essayais toujours d’en ramasser quand même avant lui quand elles étaient prêtes au cas où il aurait une commande cette journée là.

D’ailleurs, à ce jour, c’est très rare que je mange des fèves…  Si vous me le demandez, je ne crois pas tellement aux coïncidences.

Grâce à un charmant petit kiosque, situé dans sa cour, nous réussissions à vendre directement les fruits et légumes à des gens du village qui venaient faire leurs emplettes ainsi qu’un brin de causette en même temps.

Des souvenirs et anecdotes… Oui, j’en ai tout plein!  Comme la fois où mon grand-père a subitement pogné le va-vite, alors que nous étions en train de casser du maïs dans le fin fond d’un grand champ.  Je peux vous dire que la ‘’machine’’ n’a pas touché terre lorsque nous avons sauté une grande côte dans le rang et que quelques secondes plus tard nous avons rentré sur un temps riche dans sa cour! D’ailleurs, en y repensant, j’en riais encore ce soir-là dans mon lit.

Je me souviens également de la fois où mon grand-père, n’arrêtait pas de sacrer après les maudits chats sauvages (ratons laveurs) qui avaient mangé une partie de la récolte et que par la suite nous avions littéralement étendu une cargaison de boule-à-mites dans le champ.

Ou encore la fois où j’avais cassé la mauvaise variété de concombres dans le champ et que mon grand-père avait été pogné pour essayer de les vendre avant le temps, alors qu’ils n’étaient pas rendus à pleine grosseur… Oups!

Tout ça pour dire que j’en ai passé des étés à travailler avec mes grands-parents.  Oui, j’ai travaillé dur, mais j’aimais ça!

Je me souviens que je ne voulais jamais me faire payer parce que ça me faisait plaisir d’aider, mais mon grand-père finissait toujours par me donner des sous et m’obligeait à les prendre.  Ensuite, j’essayais d’expliquer ça à mon père…  Pour moi, j’étais heureux de simplement pouvoir passer du temps avec eux, de dîner là-bas et d’y coucher à l’occasion.  Dans ma tête, ça payait en masse mon salaire pour le travail que j’accomplissais.

C’est aussi là que j’ai appris l’importance de la récompense après le travail.  Vous trouverez peut-être cela banal, mais, après chaque journée de travail, mon grand-père m’envoyait chercher une barre glacée Fudge dans le congélateur du sous-sol et moi je prenais une barre glacée Revello.  Ce n’est pas grand-chose me direz-vous, mais pour moi cette petite récompense, ça signifiait beaucoup.

C’est ainsi qu’au fil des étés de mon enfance, j’ai pu avoir la chance de me ramasser des sous en travaillant avec mes grands-parents.  Ça demandait plus d’efforts que le commerce des canettes vides que j’opérais toujours en parallèle, mais c’était aussi plus payant et plus enrichissant comme expérience de travail.

À ce jour, mon grand-père est décédé.  Cette journée-là, je venais d’avoir 12 ans, 2 jours avant.  Nul besoin de vous dire que le premier deuil n’est jamais facile pour un enfant.  Je vais toujours me souvenir que c’était un homme dévoué pour sa famille, bon, travaillant et honnête puis qui m’a beaucoup appris et inspiré par ses gestes ainsi que ses paroles et pour lequel j’ai un immense respect.  D’ailleurs, je crois qu’il serait fier de moi s’il me verrait aller aujourd’hui.

Apprentissage № 2 : Prenez l’habitude de vous récompenser de façon raisonnable après avoir fourni un effort hors de l’ordinaire et prenez du temps avec les gens que vous aimez.

Troisième emploi : Cueilleur de petits fruits

Suite au décès de mon grand-père et à notre déménagement dans un secteur résidentiel, vers l’âge de 12-13 ans, je n’étais pas encore tout à fait assez vieux pour travailler sur l’entreprise familiale, alors j’ai commencé à travailler dans une ferme locale.  Le propriétaire était un homme très enjoué et fort sympathique. Je bossais donc pour un petit producteur maraîcher de la région qui se spécialisait dans la production de petits fruits et plus spécifiquement dans les fraises à cette époque.  De ce fait, j’ai commencé à ramasser des fraises à 2$ du panier.

Nous étions des dizaines de cueilleurs qui, chaque matin, nous levions aux aurores pour aller faire la cueillette dans les champs. Je me souviens que je prenais ce travail énormément à cœur et que j’essayais toujours d’être celui qui ramassait le plus de paniers de belles grosses fraises juteuses!  En plus, j’étais en compétition avec certains de mes cousins plus vieux qui travaillent là eux-aussi. Alors, il va s’en dire qu’on ne rit plus. C’était du sérieux!

Dans un avant-midi, tout dépendamment des commandes et de l’état des champs, nous pouvions ramasser entre 25 et 45$ pour quelques heures de travail.  Pour un jeune adolescent, c’est un beau montant.  Dans l’après-midi, nous avions parfois la possibilité de continuer à travailler en faisant des menus travaux d’entretien des champs comme du sarclage des mauvaises herbes et nous étions payés à l’heure, au salaire minimum. Une bonne journée de travail pouvait donc nous rapporter jusqu’à 75$.

L’avantage que j’avais sur les autres, mis à part de mon entrain au travail, était, vous l’aurez sans doute deviné, l’expérience que j’avais acquise, dès mon très jeune âge, dans la cueillette et l’entretien des cultures.  De ce fait, je performais bien dans ce petit travail et j’ai ainsi pu me ramasser une belle somme d’argent, tout en socialisant un peu avec des jeunes de mon âge et en prenant du soleil.

Encore là, je me faisais un devoir de ramasser mon argent le plus possible tellement je travaillais d’arrache-pied pour la gagner.  Je voyais beaucoup de mes collègues de travail qui dépensaient, en bonne partie, le fruit de leur labeur pour se commander de la nourriture au restaurant le midi et des collations dans l’après-midi.  Pour ma part, j’essayais d’être discipliné là-dessus.  J’apportais souvent mes propres collations que ma mère achetait, en grosse quantité et bon marché, à l’épicerie. Je me gâtais une fois de temps en temps, mais en évitant que cela devienne monnaie courante et une mauvaise habitude.

Apprentissage № 3 : Ne dépensez pas tout de suite l’argent que vous venez de gagner et prenez l’habitude de contrôler vos dépenses de façon raisonnable.

Mon quatrième emploi : Manœuvre agricole

À 16 ans, j’ai obtenu mon permis de conduire et acheté ma première voiture.  Il s’agissait d’une vieille Ford Escort que j’avais acquis pour des peanuts.   Pour une première voiture d’étudiant, elle faisait la job comme on dit!

Durant l’été, j’ai commencé à travailler sur la ferme familiale.  À ce moment-là, vu les nombreuses heures de travail, je recevais une paie à chaque semaine.  Pour un adolescent, c’est quelque chose de significatif que de recevoir 400 à 500$ par semaine!  Au bout de quelques mois, ça fait une belle somme.

Sur la ferme, j’effectuais alors des petits travaux de diverse nature.  Cependant, ma principale tâche consistait à préparer la bouillie de pesticides qui était épandue sur les cultures.

Pour moi, ça a été une période d’apprentissage et de formation que de commencer à travailler dans une entreprise agricole plus grosse, plus spécialisée et mieux équipée.

Même si c’était une entreprise familiale, j’ai du commencer par faire mes classes en bas de l’échelle.  J’ai donc touché au balai avant d’utiliser toute la machinerie agricole.  Je considère cette gradation des apprentissages et des responsabilités comme étant normale.

Apprentissage № 4 : Commencer au bas de l’échelle est un cheminement normal afin de bien se familiariser avec une entreprise et gravir les échelons en fonction de ses expériences, connaissances, capacités et aptitudes.

Études :

Arrivé à l’heure du choix de carrière, à 17 ans, j’ai décidé d’aller me former en agriculture à l’extérieur de la région. 3 ans et de nombreuses bières plus tard, tout en continuant à travailler sur la ferme l’été, j’en suis ressorti avec un diplôme (DEC).

Par la suite, à 20 ans, j’ai décidé de me former davantage sur le plan des affaires et j’ai été suivre un cours en  administration.  3 ans et 1 copine plus tard, toujours en poursuivant mon travail sur la ferme durant la période estivale, je suis ressorti de l’école avec un autre diplôme (BAC).

Durant mon parcours scolaire postsecondaire, j’ai encore une fois pris la décision d’utiliser mon argent avec rigueur, donc pour payer principalement mon auto, mon logis, mon épicerie et mes études.  Parallèlement à ça, mes parents m’ont aussi donné un coup de main pour m’encourager à poursuivre dans cette voie.  Durant mes études universitaires, mes parents m’ont logé et nourri gratuitement.  Je leur en serai toujours reconnaissant.

En travaillant dès mon jeune âge et en gérant bien mon pécule, je n’ai jamais eu besoin d’avoir recours à de l’endettement étudiant.  Je suis même ressorti de l’école en ayant encore des épargnes.  D’ailleurs, une partie de cet argent a servi comme mise de fond pour mon achat immobilier.

Mon cinquième emploi: Entrepreneur en déneigement

Lorsque j’étudiais à l’université, entre l’âge de 20 et 23 ans, je travaillais sur la ferme durant tout l’été et j’étais aux études à temps plein le reste de l’année.

Mon père, occupant un second emploi de déneigeur, m’a offert l’opportunité de partir ma propre petite entreprise de déneigement pour des particuliers.  Ça me permettait de profiter de son aide et de ses conseils dans ce secteur d’activité en plus d’ajouter un volet pratique à ma formation académique. Alors, sachant l’exercice rentable, pourquoi ne pas essayer et tenter le coup?

Je me suis donc trouvé un associé avec qui diviser les tâches en 2 volets, administratif et opérationnel, puis nous avons fondé une petite entreprise de déneigement.  Un ancien déneigeur  qui cessait ses activités, à ce moment-là, nous a donné la liste de ses clients que nous sommes allé voir pour leur offrir nos services.  Nous avons loué de l’équipement, engagé un chauffeur de tracteur et nous voilà parti en affaire.  Nous avons ainsi passé deux ans à gérer cette petite activité en parallèle de nos autres occupations principales.

Je dois vous dire que c’est une première expérience très formatrice sur ce qu’est la vraie vie quand on est au commande d’une petite entreprise et qu’on doit gérer employés, clients, fournisseurs, créanciers, imprévus, etc.  Il nous est arrivé toutes sortes de péripéties, comme de perdre une roue de tracteur  ou encore de devoir aller réveiller notre chauffeur de tracteur pendant une tempête, mais on est toujours venu à bout de passer au travers.

Les profits réalisés nous ont permis d’ajouter un petit revenu d’appoint à notre revenu principal ce qui, dans les circonstances, se prend bien.

Par contre, dans notre cas, l’expérience n’a durée que 2 ans, puisque mon associé a ensuite décidé de se consacrer à d’autres projets, alors j’ai préféré arrêté plutôt que de continuer à tout gérer seul.  Par ailleurs, le déneigement ne me passionnait pas tant que ça.

Être entrepreneur, c’est de la job, alors il faut être organisé et bien entouré!

Apprentissage № 5 : Trouvez une façon de générer des revenus supplémentaires, via une activité connexe, qui ne vous demandera pas trop de temps et d’investissements.

Mon sixième emploi : Chargé de projet dans un OSBL

Une fois arrivé à la fin de mon parcours universitaire, il ne me restait plus qu’un stage de travail à compléter afin d’obtenir mon diplôme.  Il m’incombait alors de trouver une entreprise qui accepterait de me prendre au sein de son équipe pour une durée d’environ 2 mois.

Suite à quelques approches et entrevues infructueuses auprès de plusieurs entreprises, j’ai dû élargir mon champ de recherche.  Par ailleurs, je dois mentionner que les entrevues n’ont jamais été ma force et que j’ai parfois de la difficulté à faire une bonne première impression.

Après ces recherches infructueuses, je décide de me tourner vers des entreprises moins convoitées; les O.S.B.L.  Pourquoi est-ce que j’utilise ce qualificatif?  Tout simplement car les stages proposés ne sont pas rémunérés. De ce fait, la majorité des étudiants ne postulent pas sur ces offres.

J’applique donc pour un regroupement œuvrant dans le domaine de la santé mentale dans ma région et quelques jours plus tard je reçois un téléphone.  On me convoque alors en entrevue.  Je me rends sur place et on m’accueille de façon très chaleureuse.  On m’offre même un café! Je suis mes deux intervieweuses jusque dans la grande salle et l’entrevue commence.  On me pose plusieurs questions sur mon parcours, mes motivations, etc.  Bref, on me bombarde de questions.  Je déteste cette partie, la partie de l’interrogatoire où l’on se fait juger.

Après environ une demi-heure, l’entrevue est terminée et je retourne chez moi sans trop savoir, à ce moment-là, si ma candidature serait acceptée, mais j’avais un bon pressentiment.  J’étais tellement nerveux que j’ai failli oublier mon manteau sur place!  Quelques heures plus tard, je reçois un appel et on m’annonce que j’ai été choisi.  Je n’ai jamais osé demander si j’étais le seul candidat à avoir postulé pour ce poste, mais je crois bien que oui… Bon, au moins, si je veux être positif, suite à mon entrevue, ils ont préféré me prendre plutôt que de ne prendre personne!

Au cours des deux mois suivants, j’ai eu la chance de travailler avec une équipe formidable sur des dossiers entourant la santé mentale.  Bref, j’ai donné 300 heures de mon temps, 8 semaines, pour ce que je considère être une bonne cause en aidant, d’une certaine façon, les personnes les plus vulnérables et les « laissés pour compte » de notre société.  J’ai eu l’opportunité d’en apprendre beaucoup sur la maladie mentale.  J’ai rencontré et travaillé avec des gens passionnés, des gens de cœur.

Je n’ai pas reçu d’argent en retour de mon travail.  Par contre, j’ai eu droit à quelques repas au restaurant, du café gratuit, une carte avec de bons voeux ainsi que bien des remerciements lors de mon stage et de mon passage au sein de ce que je qualifierai de grande famille.  Et encore aujourd’hui, je suis heureux d’avoir eu la chance de vivre cette expérience unique et enrichissante.

D’ailleurs, à ce jour, j’ai plusieurs amis qui font du bénévolat, à l’occasion, pour des causes auxquelles ils croient.  Lorsqu’on fait parti des gens qui ont été choyés par la vie, ça peut nous inciter à donner de son temps à ceux qui n’ont pas eu cette chance.

Pour ma part, l’activité qui m’a le plus interpelée s’est produite lors de mon bénévolat, pendant l’école secondaire, avec l’aide aux devoirs pour des enfants issus de milieux défavorisés. Les enseignants n’arrivaient pas à leur donner tout le soutien requis pendant la journée et les parents ne les aidaient pas le soir, soit par manque de temps et/ou bien de connaissances, alors c’était à nous de les aider avec leurs devoirs.  Je trouvais que ça pouvait avoir un impact positif pour certains d’entre eux dans leur cheminement pédagogique, et même faire la différence entre la réussite et l’échec.

Apprentissage № 6 : Toute tâche ne nécessite pas nécessairement rémunération.  C’est tout à votre honneur de donner de votre temps à l’occasion pour aider des gens qui en ont besoin.

Mon septième emploi (actuel) : Dépisteur agricole

À la fin de mes études, depuis mes 23 ans, j’ai choisi de travailler, à temps plein, avec mon père et d’autres membres de ma famille sur l’entreprise agricole familiale.

J’ai pris la décision de combiner la famille, le travail et une passion! Je suis la 5ème génération à faire le choix de travailler dans l’agriculture.  Et oui, même en 2017, pour s’alimenter, il faut encore produire sa nourriture!

J’ai donc opté pour une spécialisation plus spécifique dans le suivi agronomique et la phytoprotection des champs.  Aux États-Unis, ils surnomment ça un ‘’ field man ‘’.  Je marche beaucoup dans les champs durant l’été.  C’est un travail d’observation complexe et exigeant, mais que j’aime bien faire!

Apprentissage № 7 : Puisqu’on consacre les meilleures années de notre vie à travailler, c’est passablement important de trouver un emploi qui nous stimule et nous passionne.

L’immobilier :

À 24 ans, j’ai franchi une nouvelle étape grâce à un important achat immobilier d’un lot comprenant deux maisons, un terrain, une cabane à sucre et un lac.  Ce coin là est un vrai petit paradis sur terre.

Pour moi, jusqu’à maintenant, dans le contexte actuel de ma situation financière, c’est le meilleur investissement que je pouvais faire et qui va me permettre, si je gère bien mes affaires et que je contrôle bien le risque, de tirer un bénéfice important de cette acquisition.

Évidemment, en immobilier locatif, il y a beaucoup d’imprévus à gérer ainsi que le facteur humain, mais le jeu en vaut la chandelle et il faut persévérer.

Et c’est fort agréable d’avoir un actif qui s’apprécie dans le temps et qui nous rapporte de l’argent.

Les dividendes :

À 25 ans, j’ai commencé à investir dans des titres de grandes sociétés canadiennes et américaines versant des dividendes en croissance depuis plusieurs décennies.

J’adore recevoir mes dividendes sur une base quotidienne.  Voir cet argent rentrer dans son compte sans avoir à bouger le petit doigt, c’est quelque chose.  Ça aide à mettre en perspective l’avantage que l’investisseur a sur le salarié dans un système capitaliste.

Mon objectif est de me constituer, avant mes 40 ans, un revenu de dividendes annuels de +/- 20 000$  et grâce auquel je serais complètement indépendant financièrement pour en arriver à avoir un plus grand contrôle sur mon temps et mes occupations.

Le terrain :

À 26 ans, j’ai fait l’achat d’un terrain à côté du miens afin d’agrandir mon érablière et de pouvoir potentiellement y construire une autre résidence plus tard, si je le juge opportun.

Ça me permet aussi de diversifier mes actifs et de m’assurer de n’avoir aucun nouveau voisin trop près de mes installations.

Cet actif ne me rapporte aucun revenu pour le moment, mais ne me coûte pas cher non plus.

Le non-dit et l’arrière scène:

Bien évidemment, je ne vous ai pas tout raconté dans les moindres détails, car dans ma vie personnelle, j’ai eu des hauts et des bas. D’ailleurs, ça arrive à tous et notamment durant la période névralgique des grands questionnements de l’adolescence!

Vous connaissez d’ailleurs ces étapes par lesquelles on passe après la première peine d’amour ou bien lorsqu’on est confronté à un deuil ou encore suite à un échec brutal.  Ce n’est pas facile pour tout le monde et on n’a pas tous la même force et les mêmes aptitudes à dealer avec ces choses-là.

Malgré tout, je crois que l’important dans tout ça, au travers de mon cheminement et de mes expériences de vie, c’est que, peu importe la situation dans laquelle je me retrouvais, je n’ai jamais abandonné, je n’ai jamais cessé de faire des efforts et de croire en une possibilité d’améliorer mon sort, même lorsque le vent venait de face et qu’il soufflait fort.

Heureusement pour moi, dans mon parcours jusqu’ici, j’ai eu la chance d’être entouré de gens qui m’ont aimé, qui m’ont encouragé, qui m’ont aidé et qui ont cru en moi, souvent plus que moi-même…  Juste l’amour, à lui seul, peut parvenir à accomplir des miracles.

Je me souviens d’ailleurs des paroles de ma mère qui m’a déjà dit lors d’un grand moment de découragement : «Merde, vas-y Max, fais toi confiance et défonce des porte, tu es capable, je le sais.» Je garde souvent cette phrase en tête quand j’hésite, je doute ou je bloque devant un obstacle.

Alors voilà, une tape dans le dos ou un mot d’encouragement, parfois c’est tout ce que ça prend pour remettre le vent dans les voiles du navire.

Comme le chantait Dédé Fortin : ‘’ La vie c’est court, mais c’est long des petits boutes! ‘’

Apprentissage № 8 : Entourez-vous des personnes avec qui vous vous sentez bien, à qui vous voulez ressembler et qui apportent du positif dans votre vie. Soyez pour eux, la personne que vous voudriez qu’ils soient pour vous. 

En rétrospective :

Dès mon plus jeune âge,  le travail m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur moi-même, sur mes capacités, sur mes points forts et ce que j’aime faire ou pas.  Il m’a également enseigné la valeur de l’argent, la difficulté de l’amasser et l’importance de l’épargne.

À la mi-vingtaine, je suis déjà en bonne posture financière avec une valeur nette de plus de 100 000$.  Par contre, je ne compte pas me reposer sur mes lauriers, loin de là.  Je continue mon travail de samouraï de l’épargne et je reste à l’affût d’autres opportunités qui croiseront ma route.

Grâce à mes choix, à ma discipline, à mon travail, mais aussi au support de mes parents et avec un peu de chance,  je regarde devant et je me dis que le meilleur est à venir!

Qu’en dites-vous?

3 Comments

  1. Maxime

Leave a Reply