Pourquoi ment-on aux enfants à propos du Père-Noël?

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J’attends impatiemment l’arrivée d’un petit bout de choux et j’avoue prendre de plus en plus conscience de l’énorme responsabilité d’être parent.

Nous vivons dans un monde extraordinaire rempli de merveilles… mais aussi d’humains cruels qui au lieu de s’extasier sur le miracle et la beauté de la vie, préfèrent détruire ce qui est beau pour leur propre profit.

En tant que parent, doit-on préserver nos enfants du mal qui règne dans ce monde et leur mentir afin de le leur rendre plus beau. Ou alors doit-on leur dire la vérité et leur donner à la fois les outils pour s’extasier devant ce qui est beau tout en s’assurant qu’ils soient suffisament préparés pour affronter ce qui est mal?

Petits, en plus du Père-Noël et de la fée des dents, on nous a fait croire à bien des choses fallacieuses, apparemment pour nous préserver de ce mal. Que de mensonges éhontés.

Pourquoi ment-on constamment aux enfants? Qu’est que ça leur apporte sinon des déceptions et des désillusions? Qu’est-ce que ça nous apporte à nous? Pourquoi en faire les dindons de la farce?

Le faire croire au Père-Noël?

Récemment, je discutais avec des amis de la pertinence de mentir à un enfant à propos du Père-Noël et plusieurs étaient outrés que je soulève même la question.

On m’a dit : « C’est une tradition voyons, il faut la respecter. »

Les gens se choquent toujours lorsqu’on pose des questions pertinentes qui remettent en question leurs croyances qui sont basées sur… rien? la foi…? Avez-vous remarqué? Ça lève les baguettes en l’air mais ça ne connaît rien sur l’histoire de la fête, ses origines, ses justifications…

Et puis, je n’ai jamais dit que je ne voulais pas mentir à mes enfants à propos du Père-Noël. J’ai simplement demandé pourquoi il faut le faire? Peut-être que ça ne sert à rien sinon qu’à honorer une tradition. Je ne fais que me poser la question.

À quoi sert cet apprentissage au juste? On me dit soit sage et un gros barbu obèse va rentrer dans la maison par la cheminée (good luck), boire un verre de lait, manger un biscuit (il peut ben être gros) et te laisser des cadeaux.

Ça semble bien anodin. Pourtant, il y a beaucoup de messages encodés dans cette légende.

D’abord, soit sage = recevoir des cadeaux.

Stimuli / récompense dans le but de créer un comportement souhaité ou attendu.

Encore du conditionnement behavioriste… Décidemment, on en fait grand usage dans notre éducation.

Ensuite : Promotion du lobby et de l’industrie du lait, du sucre et des oeufs. Si le père-Noël en mange pourquoi moi je n’en mangerais pas après tout? Un autre sujet sur lequel on nous a menti à tous car ces trois industries sont parmi les plus dévastatrices de la Terre. Cela pourrait être le sujet d’un autre article, mais si ça vous intéresse, je vous invite à écouter Gary Yourovsky : le speech le plus important de votre vie. Il va vous falloir l’écouter plusieurs fois car votre esprit va combattre fortement ce qu’il dira. Comme dans le film La Matrice…

Et qui a inventé ces sornettes de toute façon? Coke, l’une des plus grandes multinationales au monde comme bien des gens semblent le penser? Il semble que non.

L’origine de la légende du Père-Noël est mythique et tire ses sources de plusieurs origines en fait. Selon le pays, on l’appelle Santa Claus, Sinterklass, Saint-Nicholas et selon wikipedia, la légende du Père-Noël serait inspirée de légendes plus anciennes à propos du dieu viking Odin, du celte Gargan et de Julenisse un lutin nordique qui donnait des cadeaux.

Bien sûr, au fil des ans, les courants religieux et les multinationales se sont appropriés et ont façonné puis altéré la légende pour leur propre profit. C’est ainsi que le 25 décembre est devenu « la fête du petit Jésus » et en occident par la suite, la fête des cadeaux. On utilise de nos jours le mot-clé Noël (stimuli) à toutes les sauces pour justifier l’acte d’acheter (comportement souhaité). Noël des campeurs, soldes de Noël, soldes d’après Noël etc…

Alors que c’est tout simplement un événement lié à un cycle astronomique : le solstice d’hiver (le soleil invaincu) calculé autrefois par des gens qui observaient le ciel et qui en connaissaient probablement beaucoup plus que vous et moi sur les cycles et l’astronomie (des affreux païens). Le solstice d’hiver, c’est un point tournant, soit le jour le plus court de l’année à partir duquel les journées se remettent à allonger jusqu’au solstice d’été. Le 25 décembre aurait en fait été choisi comme date de la naissance de Jésus afin de remplacer les anciennes fêtes païennes qui vénéraient le soleil et ses cycles.

Bien sûr, le solstice d’hiver est plutôt aux alentours du 21, mais à l’époque de Cesar, Sosigene d’Alexandrie, un astronome de l’époque qui a été consulté pour le calendrier, aurait fait une erreur de calcul. Était-ce réellement une erreur? Qui sait?

Je trouve que cela en soi représente déjà une belle occasion de fêter! C’est comme le phoénix qui renaît de ses cendres. C’est la célébration du cycle de la vie et des saisons qui se déroulent devant nous inlassablement.

Alors pourquoi raconter des idioties aux enfants? Pourquoi ne pas plutôt en profiter pour leur expliquer la vie, la mort, la renaissance.

En quoi cela serait-il si terrible ou moins beau?

Sont-ils trop jeunes pour comprendre? Je ne crois pas… De trois à cinq ans, bien des enfants sont très allumés et sont dans leur phase du « pourquoi ». Leurs neuronnes se multiplient à vitesse grand V et ils ont une curiosité intellectuelle insatiable. Alors pourquoi ne pas nourrir cette curiosité avec des vérités plutôt qu’avec des mensonges?

On me répond alors, laisse-le vivre sa vie d’enfant.

C’est quoi la vie que souhaite un enfant qui a le cerveau en ébullition et une soif d’apprendre? Qu’on lui explique la vie et la réalité ou qu’on lui construise un monde mythique afin qu’il tombe plus tard en bas de son nuage pour vivre de grandes déceptions comme certaines femmes qui ont trop écouté Walt Disney et qui vers 30 ans se rendent enfin compte que le prince charmant n’existe pas réellement et qu’elles ne sont au fond pas des princesses qui doivent vivre dans un château orné d’or et de diamants?!

Certains psychanalistes disent, selon wikipedia, que cette légende sert à nourrir leur imaginaire et à se construire… Ne serait-ce pas là de la rationalisation car la légende existait bien avant la psychanalyse…

De toute façon, supposons que je suis d’accord! Supposons qu’on leur ment afin qu’ils construisent leur imaginaire. Et si je leur parlais du cycle des saisons, du système solaire, de l’univers, du soleil, des planètes, des galaxies lointaines, des sondes qu’on a envoyé dans l’espace, du programme SETI, de Hubble, de l’infini, du voyage qu’on aurait fait sur la lune, des questions que l’homme se pose sur la vie extra-terrestre et sur sa destinée… cela ne cultiverait-t-il pas leur imaginaire?

Jules Vernes a écrit des tonnes de sapré bons romans qu’on lisait aux enfants autrefois au lieu de les scotcher devant la télé et de leur bourrer le crâne d’histoires surréalistes. Moi je les ai lu et même à l’âge adulte, 20 000 lieux sous les mers m’a fait rêver, ainsi que le tour du monde en 80 jours ou voyage au centre de la terre. Lire un livre à haute voix à un enfant le force à visualiser (imaginer) l’histoire dans sa tête. N’est-ce pas une aussi bonne façon de l’aider à construire son imaginaire?

J’ai beaucoup d’imagination, peut-être même plus que la moyenne des ours et pourtant, mes parents n’ont pas mis l’emphase sur la légende du Père-noël.

Au fil du 20e siècle, les compagnies ont de toute façon perverti cette fête et se la sont appropriée pour en faire la célébration de l’acte d’acheter.

Aussi, dès le tout jeune âge, on conditionne un enfant à surconsommer. On le conditionne à comprendre qu’il doit écouter ses désirs plutôt que ses besoins. On l’aide à cultiver des listes de désirs même et on lui apprend qu’on peut mériter une récompense si on agit « bien »… et désormais même si on agit mal car priver un enfant d’un cadeau à Noël est un sacrilège impardonnable de nos jours. Qui oserait faire ça?

On va même plus loin en lui apprenant la théorie de l’attraction qui stipule qu’on peut « attirer » quelque chose ou quelqu’un dans sa vie en y pensant très fort… car le Père-Noël voit tout, saît tout et peut tout entendre (tiens tiens… ça me rappelle Dieu). Encore de la pensée magique et peut-être même les bases de la croyance en l’être suprême?! Car croire en Dieu est définitivement un comportement appris.

C’est ainsi que le travailleur qui n’en a pas les moyens, considère qu’il a bien agi toute l’année en se rendant chaque jour au travail et que peu importe les conséquences à long terme, considère qu’il « mérite » une récompense… un voyage tout inclus à Cuba sur la carte de crédit par exemple! Qui ne s’est pas acheté quelque chose de façon compulsive en se disant « qu’il le méritait »? Je vais me gâter pour une fois qu’on se dit.

À Noël l’an dernier, j’ai été outré de voir combien de cadeaux les enfants peuvent recevoir de nos jours. Mon grand-père s’estimait heureux de recevoir une orange. Moi, un ou deux cadeaux. Maintenant, certains enfants reçoivent 7-8 voir même 10 ou 12 cadeaux à Noël et l’un est à peine fini d’être déballé qu’ils le lancent de côté pour en déchirer un autre, sans même prendre le temps de profiter de leur chance.

Pire, j’ai même vu l’un des petits convoiter le cadeau de son cousin et lui voler littéralement. Ses parents ont dit, laissez-le faire. Il le veut et va faire une crise sinon. On va t’en acheter un autre demain pour remplacer celui qu’il t’a pris, ont-ils dit au cousin. Inquiète-toi pas…

Incroyable non? Quel genre d’adultes ces enfants deviendront-ils?

Je crois qu’il est faux de croire que ces mensonges n’auront pas de répercussion sur leur vie d’adulte. Ce sont parmis les premières choses qu’on leur apprend et on choisit de leur apprendre la pensée magique. On choisit de leur apprendre à convoîter, à désirer et à s’attendre à des récompenses. On choisit de les faire croire aveuglément en un être mythique omniscient. Et on le fait de façon à les impressionner en inventant ces histoires magnifiques et surréalistes afin de les marquer à vie.

Sommes-nous même conscient de cet enseignement qu’on transmet par tradition? Sommes-nous même conscient de la manipulation (approche hautement théâtrale) qu’on utilise pour inculquer des comportements et des modes de pensée à de jeunes êtres qui ne demandent qu’à croire leurs parents?

Je crois que ce sont de bonnes pistes de réflexion car ces traditions sont devenues les bases qui justifient et jalonnent notre système de surconsommation. Ça n’est pas anodin. C’est carrément l’un des premiers enseignements d’importance qu’on transmet aux enfants.

Bien sûr, Noël a aussi du bon. On y transmet la valeur de générosité, l’importance de la famille etc… Mais il n’en reste pas moins que Noël est un événement impressionnant pour un enfant et que ça le marquera à jamais. Alors aussi bien réfléchir aux valeurs qu’on veut réellement transmettre non?!

Conclusion

L’une des plus grandes merveilles du monde est notre cerveau, si complexe, si puissant, si facilement manipulable… Le problème c’est que le « créateur », quel qu’il soit, a oublié de nous en fournir le mode d’emploi!

Au fil des siècles et des millénaires, bien des penseurs ont cherché à le comprendre souvent en vain mais tout de même avec un certain succès.

Puis, au 20e siècle, des milliardaires avides d’encore plus de pouvoir ont décidé de pallier à ces lacunes et ont chargé les hommes les plus intelligents du moment d’étudier son fonctionnement et les effets de groupe afin de trouver des failles qu’ils pourraient exploiter (marketing, politique) et ils ont malheureusement réussi à en trouver des tas.

Notre éducation a été transformée. Nos motivations manipulées. On a crée l’individualisme, la société de consommation, les enfants rois, les bases de nos systèmes…

On doit maintenant vivre avec les répercussions de ce que nous avons bâti pour le profit de quelques-uns.

Est-ce cet avenir que nous voulons pour les générations futures? Voulons-nous que nos enfants continuent à vivre selon des principes et des systèmes qui ne sont pas durables, qui méprisent l’humanité, la faune, la flore, l’environnement et toute notre planète?

Mentir à un enfant à l’aube de sa vie est-il réellement un comportement pieux et sans conséquence? Sommes-nous seulement conscient des valeurs cachées et des comportements que nous transmettons aux générations futures?

Qu’en pensez-vous?

Image courtesy of Stockimages / FreeDigitalPhotos.net

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