Revoir ma stratégie : un tiens vaut-il mieux que deux tu l’auras?

Lorsque j’ai échafaudé ma stratégie de croissance du dividende, je me suis fixé l’objectif d’obtenir un rendement initial du dividende de 3,5% globalement dans mon portefeuille et une croissance annuelle du dividende de 8%. Le « tiens » est donc ce 3,5% et le « tu l’auras » est le dividende futur bonifié du taux de croissance composé de 8%.

Mon objectif dans cet article est donc de déterminer si dans ma situation un « tiens » plus élevé, vaudrait mieux que de miser sur un tu l’auras aussi élevé et donc d’abandonner quelques % de croissance potentielle pour un peu plus de dividende initial.

Honnêtement, je ne me rappelle plus trop sur quelle base j’ai établi ces chiffres au départ… J’ai fait quelques simulations, j’ai regardé l’historique des compagnies qui m’intéressaient et ces prévisions faisaient du sens pour moi et semblaient réalistes tout en me forçant à faire attention au choix de mes titres et au moment de les acheter. Avec ce plan, me retirer à 45 ans de la rat race est possible.

Mais, avec le temps qui passe, je prends de plus en plus conscience de deux choses. D’abord, de la valeur du temps. Ensuite, je prends de plus en plus conscience que ma vie doit changer… Je n’en peux plus de cette routine et si je le peux, j’aimerais accélérer les choses un peu.

La stratégie de l’investissement par croissance du dividende est un excellent moyen de prendre avantage de la magie de l’intérêt composé. Sachant que la formule de l’intérêt composé est une combinaison de trois ingrédients : l’argent investi, le temps durant laquelle elle est investie et le taux de rendement, il est évident que je dois manipuler ces ingrédients d’une façon ou d’une autre si je veux modifier mon plan. Bien sûr, tous ces ingrédients travaillent de concert et s’influencent les uns les autres.

Ainsi, si je veux réduire le temps durant lequel j’injecterai du capital pour prendre ma retraite plus tôt, il est évident que les deux autres ingrédients seront impactés négativement. Aussi, je m’attends à deux choses. Soit je devrai augmenter le montant annuel à investir, soit je devrai augmenter le rendement initial de mes dividendes ou encore, je devrai faire les deux simultanément.

Voyons voir avec de vrais chiffres à l’appui quelle serait la stratégie à privilégier :

La simulation actuelle sur laquelle est basée mon plan de retraite

planretraiteconservateurActuellement, mon plan de retraite implique d’épargner 16,000$ par an jusqu’à la fin de mes 45 ans et d’investir cet argent dans des titres qui versent un dividende initial (globalement à travers mon portefeuille) de 3,5% et qui offrent une croissance potentielle du dividende de 8% par an.

Évidemment, durant toutes ces années, je réinvestirai 100% de mes dividendes dans l’achat d’actions de compagnies qui offrent les mêmes perspectives.

Mon objectif actuel est de me retirer à 45 ans avec au moins 15,000$ en revenu de dividende qui continuera de croître de 8% par an.

Tel que vous pouvez le constater dans cette simulation, mon revenu projeté de dividende est de 17,500$ à 45 ans et en réalité, je pourrais me retirer à 44 ans, car lors de ma première année, j’ai pris de l’avance en investissant bien plus que 16,000$. C’est d’ailleurs l’explication qui justifie pourquoi mon revenu de dividende est inscrit à 1200$ à l’âge de 33 ans, puisque c’est le revenu que j’ai réussi à générer.

Vous constaterez aussi que ma projection 2015 est de 1898$ alors que mon revenu de dividende actuel dépasse déjà ce montant. J’ai donc encore de l’avance sur ma projection.

Gagner du temps en investissant plus d’argent?

plan retraite cotise plusEn plus d’épargner à un rythme effréné, mes autres objectifs consistent à rembourser toutes mes dettes rapidement. Si bien qu’à la fin 2018, j’aurai terminé de remboursé toutes mes dettes personnelles et d’ici la fin 2020, j’aurai fini de rembourser mon hypothèque, ce qui me libérera beaucoup d’argent supplémentaire à investir.

Je pourrais donc facilement ajouter 13,680$ par an (peut-être même plus) à mes cotisations et ainsi atteindre mon objectif de 15,000$ par an plus rapidement.

En modifiant mon plan de cette façon, je peux gagner 2 ans et atteindre la liberté financière à 43 ans.

En fait, j’avais déjà cette idée en tête depuis le début, mais je ne l’avais jamais couché sur papier…

Deux ans de liberté supplémentaires!!! C’est pas mal!

Gagner du temps en modifiant mon dividende initial et la croissance attendue des dividendes en plus d’investir plus d’argent?

plan retraite taux plusDans cette simulation, j’ai tenté de vérifier si un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et donc de privilégier un dividende initial plus élevé au détriment de la croissance potentielle future du dividende. Car l’un ne va généralement pas sans l’autre! C’est comme une balance…

Ma situation prend donc comme postulat que le dividende initial recherché ne serait plus de 3,5%, mais bien de 4% et que la croissance du dividende ne serait plus de 8%, mais bien de 6%. J’ai choisi ces chiffres sur la base de mon expérience des titres qui versent un dividende en croissance.

De plus, j’ai décidé d’intégrer à cette simulation les 13,680$ annuel que je pourrai investir à partir de 2020.

Comme vous pouvez le constater, en haussant mon dividende initial (et en baissant ainsi le taux de croissance du dividende), je pourrais aussi me retirer 2 ans plus tôt, soit à l’âge de 43 ans, mais la différence de revenus est mince entre les deux simulations, soit d’environ 400$ de plus…

Et, déjà, à 45 ans, cette stratégie perd du terrain sur la première puisque après ma retraite, je ne prévois pas réinvestir d’argent dans mon portefeuille (ou si peu) et plutôt compter sur la croissance du dividende pour maintenir mon revenu à l’inflation et m’enrichir. Avec la première approche, mon revenu serait de 17,995$ cette année là, alors qu’avec cette simulation, il serait de 17811$.

Pas de quoi en faire un plat vous me direz, mais le problème s’aggrave au fil du temps à cause de l’effet de l’intérêt composé. Composer mon revenu à un taux de 6% au lieu de 8% peut avoir de graves conséquences sur mes projections futures tels que l’attestent la suite des deux tableaux. Celui de gauche, c’est la projection en composant mes revenus de dividendes à 8% et celle de droite, à 6%.

planretraitecomparé

À 50 ans, il y aura un écart annuel de 2500$ ou 208$ par mois. À 60 ans, l’écart se sera gravement creusé, passant à environ 14,500$ par an ou 1208$ par mois!! Ouf!! Et à 70 ans, c’est un total gouffre financier, près de 47,000$ ou 3900$ par mois!!!

Quoi en conclure?

Je crois que la conclusion est plutôt évidente. En investissant 13,680$ par an de plus à partir du moment où mon hypothèque sera remboursée, je pourrais soit me retirer 2 ans plus tôt de la rat race et atteindre tout de même mon objectif de 15,000$ en dividendes par an ou encore, me retirer tout de même à 45 ans et avoir un revenu initial plus élevé. Mais, comme mon objectif est de gagner du temps, 43 ans m’appelle!!

Toutefois, il ne sert à rien de chercher à augmenter mon dividende initial à 4% plutôt que 3,5% au détriment de la croissance du dividende, puisque mon horizon d’investissement est trop court et l’horizon durant lequel je compterai sur la croissance du dividende, trop long…

J’aurais bien sûr pu faire d’autres simulations avec un dividende initial plus élevé, de l’ordre de 5% par exemple, mais le problème, selon mon expérience, est que les titres qui versent un dividende aussi élevés offrent généralement une croissance du dividende encore plus basse (2-4%) par an et ainsi le problème empirera encore davantage et j’aurai probablement aussi un problème de diversification puisque les titres qui paient un dividende aussi élevé se font rares…

Ainsi l’adage « don’t chase the yield » (ne courre pas après les dividendes élevés) prend tout son sens!

Qu’en pensez-vous?

Leave a Reply