Le mouvement du early retirement extreme prend de l’ampleur

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Une société où la vie ne se résume qu’à faire aujourd’hui ce qu’on faisait hier, qu’à faire demain ce qu’on faisait aujourd’hui et qu’à faire après demain, le mois prochain et pour les années à venir ce que l’on a toujours fait, travailler, accomplir les même tâches jour après jour, plusieurs jeunes d’aujourd’hui n’en veulent plus!

C’est une société basée sur des non-sens… travailler toute sa vie contre un salaire à peine suffisant pour continuer à travailler et passer la majeure partie de sa vie à espérer que le cycle cesse… se « gâter » en gaspillant notre argent sur des biens matériels pour tenter d’oublier notre sort. Nous en finissons par oublier que nous n’avons qu’une seule vie à vivre et en sacrifions la majeure partie à subir « l’esclavage » et les contraintes d’un emploi salarié et de l’endettement.

Le coup de pied au cul est plus payant que la carotte

En plus, les promesses passées nous sont volées (fonds de pension). La carotte nous a été retirée… Pourquoi l’âne voudrait-il alors continuer d’avancer? On utilise alors la peur pour le contrer et le forcer à se bouger le derrière. La peur de perdre son gagne pain. La peur de ne plus pouvoir nourrir sa famille ou la loger. La peur est un meilleur levier que l’espoir. C’est plus efficace et c’est moins dispendieux. La peur c’est dans le présent alors que l’espoir d’être libre dans 30 ou 35 ans c’est si loin… Et il a été maintes fois prouvé que l’humain privilégiera la souffrance potentielle future à la souffrance garantie présente.

En échange nous obtenons trois semaines de vacance par an… 35 ans à travailler, peut-être plus… pour finir usé à se demander ce qu’on aurait pu faire autrement. Le temps perdu ne peut jamais être récupéré. Toute notre existence échangée contre seulement 105 semaines de pseudo-liberté, même pas deux ans sur 35 pour profiter de la vie. N’est-ce pas cher payé pour pouvoir user du cadeau de la vie? Échanger nos plus belles années pour se transformer en zombie gâteux qui survit grâce au café matinal.

Le progrès technique et la société ont détruit la plus grande partie des joies du travail. Les préceptes du Fordisme et du Taylorisme, le travail parcellisé poussé à l’excès par les grandes corporations ont fait perdre sa fierté à l’homme créatif, la fierté de fabriquer quelque chose de ses mains de A à Z, la fierté de posséder sa petite épicerie, sa cordonnerie, sa ferblanterie, d’être son propre maître. Même les professions autrefois dites libérales commencent à perdre leur essence. Les pharmaciens doivent se raccrocher à des bannières et en dépendre, les ingénieurs travaillent pour des multi-nationales, les notaires et avocats doivent bosser pour d’immenses bureaux s’ils veulent réussir à tirer leur épingle du jeu… Quant aux petits commerçants, la majorité doivent se franchiser s’ils veulent espérer survivre et ils abdiquent de ce fait bien trop de leur liberté.

Le monde a changé!

Naît-on libre?

On nous fait croire que nous naissons libre, mais il n’en est rien. Nous naissons dans un monde construit, un monde basé sur l’exploitation des hommes, des animaux, des ressources et où cela nous a-t-il mené? Les finances publiques de biens des grands pays sont au bord du gouffre, trop d’espèces animales sont en voie d’extinction, la plus grande partie des forêts sont rasées, les éco-systèmes sont en péril… Est-ce réellement la seule façon de vivre? Est-ce réellement la bonne façon de vivre? La croissance infinie dans un espace fini n’est pas durable et à moins que le Capitaine Kirk ne revienne des tréfonds de l’espace pour nous indiquer où trouver une nouvelle planète habitable et surtout, comment s’y rendre, cette façon de vivre prendra un jour fin, inévitablement.

Au cours des derniers siècles, le monde occidental a imposé son mode de vie à la planète entière pour le meilleur et pour le pire. Il l’a imposé aussi aux enfants à naître et à ceux qui n’ont même pas encore été envisagés par leurs parents. Il y a des régimes bien pires bien sûr et cette société permet tout de même énormément plus de liberté que bien d’autres avant et à venir.

C’est toutefois difficile d’en imaginer une autre meilleure puisque la nature humaine finit toujours par mener l’homme à ce qu’il est… un singe méchant! Tant qu’il existera un humain pour vouloir s’approprier ou jalouser ce qu’un autre homme possède, toutes les sociétés seront basées sur le pouvoir et la force. Tant qu’il y aura un homme prêt à enchaîner un autre homme ou un animal pour son propre profit, l’exploitation continuera d’exister.

Le meilleur régime

Nous ne vivons pas selon le principe du « ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même » mais plutôt sur celui du « il vaut mieux que je le fasse sinon on me le fera à moi-même ». Ainsi, comme le pouvoir existe, comme il peut être détenu par quelqu’un qui pourrait vouloir me priver de mon pouvoir, de ma liberté et de mon droit d’exister, il vaut mieux que je tente coûte que coûte de m’approprier ce pouvoir car une personne pire que moi pourrait le prendre. Après tout, le seul et unique meilleur régime serait la monarchie… La mienne, moi comme Roi incontesté du monde.

Mais, s’approprier le pouvoir ne peut être une fin en soi. Ça n’est qu’une victoire… Car ensuite le vrai combat commence, celui de maintenir son pouvoir! Voilà la nature humaine. Voilà ce qu’est la vie humaine. C’est un éternel combat pour acquérir et pour préserver les acquis.

Un mouvement idéaliste est né

Pourtant à travers tout cela un mouvement idéaliste est né. C’est celui du « early retirement extreme », de l’atteinte de la liberté financière à un jeune âge.

Les gens de ce mouvement disent non à la surconsommation. Ils disent non à une vie passée à faire des tâches répétitives pour le même employeur. Beaucoup sont végétariens car ils sont contre l’exploitation industrielle des animaux. Nombre d’entre eux sont autodidactes, très cultivés, curieux, polyvalents et ils débordent d’imagination. Ils s’ennuient rapidement dans le monde routinier qu’est devenu le travail où la créativité passe trop souvent au second rang et ou un enfant de 12 ans brillant pourrait probablement réussir à faire le même travail que bien des gens qui possèdent un MBA. Ils sont très souvent dotés du gêne de l’idéalisme. Plusieurs ont même fini par démarrer de petites entreprises grâce aux opportunités nouvelles qu’offre internet et grâce à la notoriété qu’ils se sont bâtis.

Atteindre la « retraite » jeune ne veut donc pas dire qu’ils veulent paresser oisivement une fois la « retraite » atteinte. En fait, plutôt que de parler de retraite, on parle de liberté financière. Car, tout homme a besoin d’un but à atteindre pour donner un sens à sa vie. Ainsi, au contraire, ils veulent cultiver leur richesse intellectuelle, ils veulent s’impliquer dans la communauté, aider les plus démunis. Ils veulent lancer leur propre entreprise peut-être aussi. Bref, ils veulent mettre leur créativité à leur service mais aussi au service de la communauté plutôt que de passer leur vie à faire des tâches répétitives et insipides.

Ainsi, bien que leur parcours soit égoïste en soi. Leurs objectifs futurs sont généralement de contribuer à bâtir un monde meilleur. Après tout, Ghandi disait « incarne le changement que tu voudrais voir se produire. »

Toutefois, bien qu’ils rêvent à un monde meilleur pour eux-même et pour tous, tous utilisent les bases du capitalisme pour s’en libérer. Ils investissent dans la propriété et deviennent des capitalistes eux-même qui grâce aux leviers de la masse des travailleurs et des consommateurs, s’enrichissent suffisament pour pouvoir se passer d’un emploi salarié. Ainsi, le mouvement ne serait probablement pas possible sans le capitalisme.

Le paradoxe de l’idéaliste

C’est un beau paradoxe! Être contre la surconsommation et l’exploitation et pourtant miser sur ceux-ci afin d’atteindre la liberté financière.

Prenons mon exemple. Pour être libre, j’investis dans des titres de grandes compagnies qui versent un dividende en croissance. Ainsi bien que je sois contre la surconsommation, je base ma stratégie sur un pari… celui que l’homme ne changera pas facilement. L’homme moderne continuera à surconsommer et même s’il ne le fait pas, il n’en demeure pas moins que les ressources diminuent et que la population grandit. D’une façon ou d’une autre, le prix des ressources et du fond de terre iront en augmentant à moins que l’un de ces éléments fondamentaux changent. L’instinct de survie de l’humain est très prononcé. Les prochaines décennies et les prochains siècles seront probablement houleux. Un combat acharné contre les ressources se livrera. Les populations du tiers monde veulent leur part du gâteau, les super-puissances veulent maintenir et étendre leur main-mise et jouent du coude.

Le propriétaire de ces ressources aura beaucoup à gagner bien sûr. Et j’ai décidé de devenir propriétaire pour m’assurer à moi et à ma descendance un avenir meilleur.

Nous rêvons tous d’un monde où tous seraient égaux, où chacun serait libre et où on aurait tout en abondance comme de joyeux larrons en foire, mais ce monde n’existe pas et il ne peut pas exister dans le cadre de l’humanité alors vaut mieux être réaliste, peut-être égoiste aussi un peu et tirer son épingle du jeux!

Quoiqu’il en soit, le mouvement du « early retirement extreme » prend de l’ampleur. On y retrouve surtout des américains mais aussi de plus en plus de Québécois, d’Australiens, de Suisses, d’Allemands, de Français et de gens de tous les pays du monde. Ils lancent des blogs pour faire partie de la communauté, partager leurs progrès et se garder motivés. Il ne se passe pas une semaine sans que de nouveaux blogs soient lancés.

En ferez-vous parti? Je cherche à rassembler les blogueurs Québécois qui parle de frugalité, de liberté financière, de early retirement en une communauté en ligne. N’hésitez pas à me faire connaître votre blog!

Article récent paru dans les médias :

La retraite à 35 ans

4 Comments

  1. Yan Fortin
  2. Yan Fortin

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