Pourquoi la retraite jeune?

Lorsque je dis que je veux me retirer jeune du rythme incessant du 9@5 corporatif, je reçois toutes sortes de regards et de commentaires. Pourtant, pour moi le 9@5 n’est rien d autre qu’une version moderne du servage ou de l’esclavage. Nous avons amélioré nos conditions d’esclavage mais nous n’avons pas libéré l’homme de lui-même.

L’homme, du moins certains hommes, s’arrogent le droit de restreindre la vie des autres pour leur propre profit. Ils le font aussi avec la nature et avec les animaux car il n’y a aucune conséquence sinon celle d’améliorer leur sort personnel.

Lorsqu’on sait que 80 individus possèdent 50% de la richesse mondiale alors que les autres 50% détenus par les plus de 7 milliards d’individus. On peut se questionner et se demander dans quel régime on vit vraiment.

Les eaux sont polluées, les animaux élevés en batterie en faisant fit de leur droit d’être et de vivre. On les traite comme des arbres ou des roches… Ils sont devenus des ressources exploitables.

On n’exploite pas que les animaux et la nature. On exploite aussi les vices de l’homme pour l’enfermer dans une boite et le contrôler. Vous aussi vous êtes devenu une ressource, de la main d’oeuvre, un payeur de taxes etc… On contrôle l’homme par sa voiture trop chère, par sa maison trop grande, par sa télé payée par mois, par sa capacité à rêver d’un monde meilleur et à persévérer dans la misère en s’accrochant à ce rêve ou à cette image. L’homme participe à son propre esclavage en entrant dans le cycle de la surconsommation et fait donc fonctionner le système automatiquement en imitant les autres.

Plusieurs comprennent le non-sens de ce système mais ne maîtrisent pas les outils qui permettent de s’en sortir et adoptent donc un comportement de résignation en se disant : « c’est la vie! »

Alors que la vie pourrait être bien autre chose. Nous sommes des êtres doués d’imagination, mais nous nous en servont si peu.

Je résume la vie d’aujourd’hui : dodo, brosser les dents, habiller les enfants pour l’école à la course, mettre toute la troupe dans la voiture, se dépêcher, manger du fast food sur la route, se droguer au café pour réussir à maintenir le cap, atteindre le bureau pour faire les mêmes gestes et actions qu’hier, qu’avant-hier, qu’il y a deux ans et que nous ferons encore dans 5 ou 10 ou 20 ans à peu de choses près. Courrir le soir chercher les enfants, les devoirs, le souper, le dodo, deux heures de télé à se remplir la tête d’idioties ou de divertissements si le temps le permet et on recommence jusqu’à être au bord de l’épuisement.

Nouvelle tendance… instaurer la crainte constante de perdre son emploi, son gagne-pain et de ne plus arriver à subvenir aux besoins de sa famille. L’individu effrayé est plus servile.

Cadeau… 2 ou 3 semaines de vacances (après avoir fait du surtemps pour vider notre bureau) pour décrocher… Abus de bonheur, abus d’activités, abus de nourriture et d’alcool aussi parfois. Le début d’une prise de conscience que notre mode de vie ne fait aucun sens et hop! Pas le temps de réagir, il faut retourner dans le moule!

Voilà où mène la résignation. C’est d’être l’esclave d’un systême minuté, c’est d’être aux ordres, c’est de sacrifier sa vie pour qu’un autre puisse vivre pleinement la sienne. C’est de se rendre compte que le temblement de terre qui a ravagé Haïti s’est produit il y a déjà 5 ans… c’était pourtant hier dans ma tête. Et puis on se met a penser au tsunami en Inde (11 ans), à l’explosion de la centrale au Japon (4 ans), aux attentats de New York (14 ans). Le temps file et file et file sans se soucier de vous ou moi. On ne peut pas l’arrêter. On ne peut pas l’épargner. On ne peut que le vivre pendant qu’il passe ou pas…

Il y a pourtant tant d’autres choses auxquelles nous pourrions consacrer plus de temps en commençant par nos êtres chers. Mais il y aussi tant de langues à apprendre, de pays à visiter, de gens à rencontrer, d’étoiles à observer dans le ciel, de livres à lire…

Certains trouvent un immense bonheur à vivre ce rythme incessant… ou du moins c’est ce qu’ils en disent. Ils cultivent le « positivisme » et essaient de voir toujours le bon côté des choses en niant la réalité. Rien n’est noir ou blanc… tout est gris. Il ne faut pas penser dans l’absolu.

Pour moi, échanger toute ma vie contre 3 semaines de liberté par an… 90 semaines dans toute une carrière… ne fait aucun sens. Dire que bien des gens n’osent même plus prendre tous leurs crédits de vacances. Ils ont peur…

Quelles autres avenues reste-t-il?

Combattre le système? Ahahah bonne chance. Notre système est érigé en psychose collective. Chaque membre du système étant un agent qui le protège comme dans le film « La matrice ». Essayez de dire : « Hey, j’aimerais prendre ma retraite à 40 ans, qu’en pensez-vous? » Vous verrez les gens se braquer contre vous, vous traiter de paresseux, vous dire que vous vivez dans votre tête.

Paresseux? J’ai un emploi à temps complet, je fais fréquemment du surtemps, je passe entre 15 et 20 heures dans le traffic, je gère de nombreux sites webs, je dois m’occuper d’une maison âgée et la retaper, j’aide mes amis à retaper la leur etc… je n’ai pas une minute à moi. Jamais…

Les gens ont de drôles d’images dans leur tête lorsqu’on parle de liberté financière. Pour moi, atteindre la liberté financière c’est de gagner le droit de gérer mon temps et ma vie au lieu de laisser un autre la gérer à ma place. Ça n’est pas passer mes journées à manger des chips devant la télé comme beaucoup s’imaginent lorsqu’ils me disent bêtement « tu vas t’ennuyer ».

Mon père est à la retraite depuis un peu plus d’un an. Il sourit à nouveau. Il n’a pas assez de temps pour réaliser tous ses projets. Son imagination s’est remise à fonctionner à plein régime et il trouve toujours de quoi s’occuper. J’ai aussi beaucoup d’imagination et des intérêts variés. C’est drôle car pour moi c’est de ne pas pouvoir imaginer faire autre chose que de répéter de façon incessante les même tâches jour après jour qui est triste…

Si la résignation ne fonctionne pas avec moi. Si le combat contre le systême est vain quelle option me reste t-il? La fuite!

En utilisant le système en place il est faisable de fuir le système et de se sortir de la « rat race ». Comment? En devenant « riche » et en cessant de s’enfermer dans une cage. En profitant du fait que les gens sont prisonniers de la société de consommation, que ça n’est pas près de changer et qu’en fait ça ne doivent pas changer pour que mon plan fonctionne. Car je veux être de l’autre côté… Je veux être un capitaliste… pas faire partie de la « main d’oeuvre ».

Combien de fois avez-vous entendu de votre patronat que les coupures sont dûes au rendement demandé par les actionnaires?

C’est ironique car les actionnaires c’est vous… Où croyez-vous que l’argent de votre fonds de pension est investi? Où croyez-vous que la caisse de dépôts et de placements place ses milliards. Vous voulez du rendement sur vos investissements? Il faut resserrer vos conditions de travail… être plus productif et rentable. Qu’elle ironie non? Si on vous coupe c’est de votre faute en partie… Vous avez confié vos épargnes à un gestionnaire de fonds de placement et lui est dans l’obligation de générer du rendement s’il veut garder ses clients.

Nous avons beaucoup plus de contrôle sur nos vies que nous ne voulons bien le croire. À 32 ans, j’ai pris conscience que je valais moins financièrement que le jour de ma naissance. En effet, même en vendant tous mes actifs, je me retrouvais dans le rouge… En 32 ans de vie, j’avais réussi à atteindre uniquement ça… me creuser une prison de dettes qui allait m’enchaîner pendant des décénnies à mon poste de travail jour après jours…

J’ai lu récemment qu’aux Etats-Unis, avec aucune dette et 10$ en poche vous faisiez parti des 25% les plus riches du pays! Incroyable non? Le pays le plus riche du monde…

Personne ne m’a forcé à payer mes voyages à Cuba avec ma carte de crédit. Personne ne m’a forcé à signer un contat de prêt à long terme pour une voiture ou à acheter une maison avec uniquement 5% de mise de fonds et à signer une entente hypothécaire qui allait me forcer à payer 1200$ par mois pendant 30 ans pour habiter dans « ma » maison… Je l’ai fait par moi-même. Les autres le font… C’est ce qu’on doit faire non?!

J’ai suivi le troupeau et voilà où ça m’a mené. Pire, je connais bien des gens de 50 ou 60 ans qui ont des situations plus effrayante que la mienne.

Depuis deux ans, j’ai choisi de suivre une autre voie et de changer ma vie. Je veux vivre une vie sans dettes. Je veux vivre une vie où perdre mon emploi ne sera pas une catastrophe et même une vie où éventuellement je pourrai décider de ne pas travailler pour quelqu’un d’autre ou de ne plus travailler du tout. Je veux amasser du capital car avec du capital on peut acheter la force de travail des autres… vous!

Il n’y a pas de recette magique pour devenir riche instantanément. Je l’ai cherché longtemps en vain. Mais il y a par contre une recette pour atteindre la liberté financière éventuellement avec beaucoup de patience et de persévérance.

Elle est très simple et pourtant si difficile à suivre.

1. Dépenser moins que ce que l’on gagne.

2. Éviter l’endettement personnel, c’est ce qui nous rend esclave.

3. Épargner beaucoup.

4. Investir dans des actifs qui génèrent des revenus passifs en croissance (entreprise, actions, immeubles à revenus etc)

Récemment, le gouvernement a annoncé son intention de hausser le plafond du CELI à 10,000$ par an. Plusieurs ont crié au scandale. Moi j’ai crié de joie. Car mon intention est d’économiser beaucoup plus de 10,000$ par an. Je connais des gens qui économisent jusqu’à 85% de leur salaire dans le but d’atteindre la liberté financière.

Ça veut dire que chaque année je vais pouvoir investir 10,000$ dans des actions de sociétés Canadiennes qui à leur tour me verseront une partie de leurs profits que je pourrai dépenser libre d’impôts!

Vous allez me dire « mais c’est impossible d’épargner… après avoir payé la voiture et l’hypothèque et l’épicerie il ne reste plus rien ».

C’est ce que bien des gens disent… C’est ce que je disais aussi il y a peu de temps et pourtant…

Je vous répondrai maintenant… ça dépend. Aviez-vous besoin d’acheter un véhicule neuf ou désiriez-vous un véhicule neuf? Aviez-vous besoin d’une maison à 260 000$ ou désiriez-vous une telle maison? Le homard, les plats préparés d’avance, les fromages fins et le vin à 18$ la bouteile étaient-ils nécessaires ou les résultats de vos désirs. Était-ce réellement nécessaire de dépenser 25,000$ pour rafraîchir votre cuisine?

Si on vit selon ses désirs plutôt que selon ses besoins les choses peuvent être drastiquement différentes. En louant un petit appartement à côté du travail on sauve peut-être 800$ par mois en dépenses de voiture (entretien, assurance, essence, paiement du prêt) et peut-être encore 800$ en dépenses de gîte (taxes scolaire et municipale, entretien et hypothèque).

Maintenant si on mangeait mieux et qu’on préparait nos plats nous-même au lieu d’acheter tout fait d’avance parce qu’on est pressé après deux heures de traffic. Encore une fois on peut économiser beaucoup sur l’épicerie et on gagne du temps en évitant le traffic… ce précieux temps qui peut être investi à faire quelque chose de plus constructif que d’attendre pour avancer d’un mètre à la fois encore et encore jusqu’à ce qu’enfin on soit à la maison.

Voilà au moins 1500$ par mois à investir. Vous venez de maximiser votre CELI… et même plus.

Bien sûr, si vous gagnez le salaire minimum et que vous avez 3 enfants à charge votre situation est différente de la mienne. Mais un individu qui gagne le salaire moyen devrait être capable d’épargner et même d’épargner beaucoup en révisant ses choix et ses objectifs. Rien n’est gratuit et certains rêves méritent des sacrifices.

En travaillant dans le domaine de la finance et en bloguant sur ce sujet j’ai réalisé une chose. La plupart des millionnaires que j’ai rencontré et qui ont bâti leur fortune eux-mêmes gagnaient entre 40 000$ à 60 000$ par an. Ils n’étaient ni médecin, ni astronaute, ni star de cinéma. Ils étaient comme vous et moi mais leur rapport avec l’argent était différent de celui que le commun des mortels entretient.

L’argent est là, c’est notre façon de la gérer qui fait la différence. Le savoir est une chose, le mettre en application une autre.

C’est difficile de subir la pression des pairs. J’aimerais moi aussi me gaver de restaurants, rouler en 4×4 de l’année, habiter une luxueuse maison des beaux quartiers… Mais je désire encore plus être maître de ma vie et de mon temps.

Ce que les gens ne comprennent pas dans ma démarche c’est que ça n’est pas une démarche de cheap, j’ai au contraire des goûts très luxueux… Certains ont le rêve de se payer une Lamborghini flambant neuve, moi je veux me payer le luxe extrêmement dispendieux d’atteindre la retraite à 45 ans! Ça prend beaucoup de capitaux pour y arriver et c’est là que la persévérance et la magie des intérêts composés entrent en ligne de compte.

Ça demande des sacrifices mais chaque fois que j’épargne et que j’investis je sais que je le fais pour me rapprocher de mon rêve.

J’essaie d’acheter chaque mois ou mois et demi pour 1500-2000$ d’actions de grandes compagnies qui paient un dividende en croissance chaque année. Parfois c’est plus, parfois c’est moins. Une bouchée à la fois, je dévore l’éléphant qu’est mon rêve car c’est de toute façon la seule façon d’avaler un éléphant!

Chaque mois j’augmente ma position d’actionnaire dans une multitude de compagnies. Ainsi, maintenant lorsque j’achète un café chez Tim Hortons ou des Tylenols chez Jean-Coutu, je sais qu’une part (infime) de tout ça me revient. Je sais aussi que lorsqu’ils coupent vos avantages sociaux et vos fonds de pension, ils le font un peu pour moi, l’actionnaire qui demande du rendement sur ses capitaux investis.

C’est injuste je sais. Mais c’est de cette façon que le système est fait. Que je sois actionnaire ou pas, ça arrivera. Soit on est capitaliste… soit on ne l’est pas. J’ai décidé de jouer le jeu afin qu’il tourne à mon avantage car de toute façon le jeu se joue sans moi et j’en deviens alors une victime.

J’ai lu quelque part une phrase qui m’est restée en tête mais je ne sais plus de qui elle est :

Lorsqu’on est jeune, il faut dépenser son argent à acheter des armes et des munitions. On achètera le beurre ensuite.

Le capitalisme est une guerre constante entre ceux qui détiennent le capital et ceux qui sont la main d’oeuvre. Chacun veut tirer le maximum de l’autre. La beauté du capitalisme est que, dans une certaine mesure, elle laisse une petite chance à l’homme du peuple d’accumuler des capitaux et de devenir à son tour un capitaliste.

À vous de tenter de saisir cette chance… ou pas.

Image courtesy of Stuart Miles / Freedigitalphotos.net

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